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La Nécropole du Nil

Trame par Ménélas et Matsya & rédaction par black dragounet


Philista de Cassiopée était allongé dans la poussière du désert, à la limite de la conscience. Son plus puissant coup, la Vague d’Athéna, qui lui avait été enseignée par la déesse aux yeux pers elle-même, venait de désintégrer l’invincible Khnemu de Ptah, victime de son assurance. Le coup était si puissant que même l’âme de la momie avait dû être probablement anéantie.
Chacun des muscles du chevalier de Bronze était tétanisé et son crâne était le théâtre d’une tempête de douleur. Son corps et son esprit n’étaient en effet pas faits pour manipuler et contenir la quantité d’énergie qu’il avait dû utiliser pour vaincre. Seuls les chevaliers d’Or et les dieux étaient à même de manipuler sans conséquence une telle puissance.
Au profit d’un effort presque surhumain, il parvint tout de même à se relever. Il devait vérifier que ses compagnons étaient bel et bien hors de danger, ensuite il serait grand temps de répondre à l’appel de l’inconscience. Il s’approcha en titubant du corps de son élève et ne put retenir un hoquet de surprise. La nécrose qui dévorait les chairs de Yaga d’Orion depuis que celui-ci avait été victime du Hurlement de l’Oubli n’avait pas disparu, elle semblait au contraire avoir accéléré. Les tâches sombres progressaient à vue d’œil sur le corps du jeune chevalier d’Argent sous le regard impuissant de Philista.
Le vétéran se tourna alors vers ses deux autres amis et constata que leurs corps étaient également comme dévorés vifs par la dégénérescence des tissus. C’est alors qu’il sentit le cosmos de Khnemu, toujours aussi puissant.
- C’est impossible ! hurla Philista en manquant de perdre connaissance.


Un puissant vent se leva soudainement, emportant le sable et se mettant à tournoyer comme une tornade au-dessus de l’endroit où s’était tenu Khnemu avant d’être anéanti. Le tourbillon se concentra alors en diminuant de rayon, puis Philista commença à distinguer une silhouette à travers le sable.
Non, ce n’était pas tout à fait ça… Il comprit que le sable devenait la silhouette, les grains s’agglutinant petit à petit et se métamorphosant. Bientôt, le chevalier de Bronze distingua le corps nu et desséché de la momie, le reste du sable tourbillonnant se transformant ensuite en bandelettes et en armure.
La momie ouvrit alors les yeux et ce fut comme si la Vague Sacrée d’Athéna n’avait jamais été portée : Khnemu de Ptah se dressait de nouveau, totalement indemne et entouré d’un cosmos dont l’intensité était toujours aussi terrifiante.
- Heqa Nekhekh, dit l’ancien pharaon, ce qui matérialisa une centaine de fouets.


Trouvant dans son désespoir des ressources insoupçonnées, Philista parvint à esquiver une première volée de coups en bondissant en hauteur. Il effectua une acrobatie pour atterrir sur ses pieds. Ses jambes faillirent se dérober sous lui, mais il parvint à rester debout et à esquiver d’autres attaques. Il se rendit alors compte que le nombre d’armes augmentait à une vitesse alarmante et, encore pire, que la vitesse de chaque attaque s’accroissait également.
Depuis le début du combat, il soupçonnait que son adversaire pouvait sans doute attaquer bien plus rapidement qu’il ne se contentait de le faire. Néanmoins, lorsque le premier coup de fouet l’atteignit sans même qu’il n’ait pu le voir, le fait d’avoir vu juste ne lui fut que d’un réconfort limité.
Les coups claquèrent sur son corps et son armure beaucoup trop de fois pour qu’il ne les compte, pourtant il sut au moins une chose : cela dura très, très longtemps.
L’armure de bronze ne supporta d’ailleurs pas longtemps ce traitement, et les miroirs qui la constituaient se couvrir bien vite de profondes fissures. Le casque fut ainsi rapidement réduit en miettes, de même que la ceinture et une des genouillères.
Philista savait qu’il aurait fini par mourir si telle avait été la volonté de Khnemu, mais l’attaque s’arrêta et les fouets retournèrent au néant.
Le serviteur d’Athéna s’écroula, baignant dans son sang et des éclats de sa protection.
Comme il aurait été bon de perdre connaissance et de se laisser emporter par l’appel d’Hadès…
Pourtant, il ne pouvait pas se le permettre. Il était l’unique chance de survie de ses amis et ne pouvait donc pas renoncer. Ignorant ses blessures et la douleur, il se releva, dans un état second.
- Tout est fini, pensa-t-il dans une brume de souffrances. Dans cet état, mon armure ne peut plus me protéger de son Hurlement de l’Oubli. Tout ce qu’il a à faire pour en finir c’est simplement de le vouloir.


Le chevalier de Bronze effectua un exercice de respiration et de contrôle de son rythme cardiaque pour reprendre totalement ses esprits. La situation était certes désespérée, au moins fallait-il l’affronter avec le maximum de lucidité possible.
- Gagne du temps, fais-le parler et récupère, tu n’as que ça à faire, pensa-t-il.
- Comment as-tu survécu ? demanda-t-il à la momie.
- Ce n’était pas réellement plus difficile que de guérir mes blessures comme précédemment, seule la quantité d’énergie nécessaire était bien plus élevée. Sans la réserve d’énergie que constituent tes compagnons, j’aurais mis bien plus longtemps à revenir. Mais ton attaque ne pouvait en aucun cas m’éliminer, même si elle est certainement assez puissante pour anéantir un être jusqu’à son âme. En effet, dès que j’ai réalisé la dangerosité de ton coup, j’ai envoyé mon essence spirituelle dans la dimension de l’après-vie, puis j’ai attendu patiemment la fin du déluge pour rassembler mes forces et revenir. Comment as-tu d’ailleurs pu entrer en possession d’un arcane aussi redoutable ?
- C’est un don de la déesse Athéna. J’ai combattu à ses côtés pendant de nombreuses batailles et suis devenu son serviteur préféré. Lorsqu’elle apprendra que notre mission a été un échec et que j’ai péri, elle viendra en force pour me venger et anéantira vos projets.
- Vraiment ? J’en doute, à vrai dire. Je ne pense pas que votre « mission » vous ait été officiellement confiée par votre déesse. Mon opinion est que vous êtes là de votre propre initiative, sans doute même à l’encontre des ordres. Je n’imagine en effet pas une seconde qu’Athéna prendrait le risque de s’impliquer dans les affaires internes d’un pays aussi lointain avec tous les conflits qu’elle doit déjà mener en Grèce. Ou bien, si elle le faisait malgré tout, elle enverrait directement des forces très importantes. Quitte à se créer de nouveaux ennemis, autant en effet les écraser directement et ne pas leur laisser l’occasion de venir se venger plus tard. Elle n’a tout simplement rien à gagner ici, et je pense que seule une recherche romantique et désuète de la « justice » vous a poussés à suivre Khemmis en ces terres. Lorsque je vous aurai tués, la seule chose que fera Athéna sera de vous désavouer pour éviter des représailles de Seth et vos noms deviendront ceux de parias.


Philista n’avait laissé paraître aucune réaction pendant la tirade de son adversaire. Il ne pensait de toute façon pas que son bluff marcherait et était déjà satisfait qu’il lui ait permis de consacrer les dernières secondes à élaborer un plan d’action. Cependant à part une attaque suicide et vouée à l’échec, aucun stratagème ne lui était venu en tête.
Le mort-vivant regarda le corps brisé de son adversaire, s’attardant sur les dégâts de l’armure de Cassiopée.
- A présent la fin est proche, sache toutefois que tu auras gagné mon respect, Philista de Cassiopée. Jamais je n’aurais cru que tu te révélerais un adversaire aussi coriace, que tu sois encore debout après avoir reçu ma dernière attaque prouve toute ta valeur. C’est pourquoi je vais te faire l’honneur de t’envoyer dans l’autre monde avec le plus puissant de tous mes pouvoirs.
Philista songea que paradoxalement cette ultime attaque de son ennemi ne pouvait pas être pire que les autres. Si Khnemu avait utilisé le Hurlement de l’Oubli à cet instant, cela en aurait été fini instantanément…
- Jusqu’à ce qu’Isis me renverse, j’étais Pharaon, et en tant que tel je fais partie d’une lignée exceptionnelle d’hommes choisis par les dieux pour diriger ce pays. Grâce à mes capacités me permettant d’aller et venir à ma guise entre les plans d’existence, j’ai pu m’assurer le soutien de quatorze de mes prédécesseurs, quatorze des mythiques Rois Scorpions qui régnèrent sur l’Egypte quand ta Grèce n’était encore peuplée que de sauvages.
Le cosmos de Khnemu augmentait de nouveau, atteignant un niveau proprement désespérant. Il entra en lévitation et plaça ses bras sur son torse, comme lorsqu’il utilisait le Heqa Nekhekh.
- Les Quatorze Ka ! lança le mort-vivant tandis que quatre vagues d’énergie jaillirent de la croix formée par ses mains.
Les projections filèrent à la vitesse de la lumière, bien trop rapidement pour que Philista réalise simplement quand le coup avait été porté. Néanmoins, la douleur atroce qui le frappa lui fit comprendre que l’attaque avait bien eu lieu. Ses deux mollets et ses pieds avaient été touchés, et la souffrance que ressentit le chevalier de Bronze n’aurait pas été pire si chacun de ses os avait été réduit en miettes et sa chair brûlée vive. Il ne tomba néanmoins pas, l’attaque ayant apparemment paralysé, presque pétrifié, les parties touchées.
- Khemmis t’a peut-être raconté l’histoire de la rivalité entre Osiris et Seth, et comment Seth tua son frère jalousé, puis découpa son corps en quatorze morceaux qu’il dispersa à travers le pays. Isis finit par en rassembler suffisamment afin de ressusciter son amant et frère avec l’aide d’Anubis et de Nephtys mais l’histoire resta. Et depuis, chaque Egyptien considère que le corps humain est constitué de quatorze parties. Ce sont ces dernièress que chacun des Rois Scorpions va donc frapper. A la fin de l’attaque, les morceaux de ton corps se détacheront d’eux-mêmes et ça en sera fini de Philista, chevalier de Bronze au service d’Athéna. J’ai bien peur que le processus ne soit très douloureux, pourtant je suis persuadé que tu relativiseras cette souffrance face à l’honneur que je te fais de te porter un tel arcane.
Malgré ses jambes paralysées, Philista pouvait encore potentiellement attaquer, mais à quoi bon ? Même s’il parvenait à le toucher, Khnemu n’aurait qu’à puiser dans les forces vives des amis du Grec pour réparer tous les dégâts. Tout ce que pouvait espérer accomplir le vétéran était d’accélérer la mort de ses compagnons. Pendant une seconde, il pensa que cela ne serait déjà pas si mal, puis il se reprit.
- Je ne comprends pas, si tes ancêtres ont choisi de t’apporter leur aide c’est qu’ils estiment que tu es juste. Comment peux-tu alors être au service de Seth ?
- En effet, tu ne comprends rien, répondit Khnemu.
Deux nouvelles rafales d’énergie filèrent vers le chevalier de Bronze et le frappèrent aux cuisses. Cette fois-ci, Philista ne put retenir un hurlement de douleur.
- La seule personne qui ne m’ait compris était Umn de Bastet, ma bien-aimée, poursuivit Khnemu comme si de rien n’était. Mon unique objectif est la grandeur de l’Egypte, sans moi il ne s’écoulera pas longtemps avant que le pays ne tombe sous le contrôle de forces étrangères. Lorsque j’étais Pharaon, je menais une politique visant à créer un âge d’or éternel le long du Nil et à nous mettre à tout jamais à l’abri des convoitises. Mais pour atteindre cet objectif, les faibles devaient disparaître, car ils ne sont rien d’autre qu’une gêne et affaiblissent toute la nation en la tirant vers le bas. C’est pour cela que l’on m’a qualifié de tyran et que les prêtres se sont retournés contre moi.
- Ils ont appelé les dieux à l’aide, et Isis est revenue sur Terre, dit Philista malgré la douleur.
Continuer de faire parler la momie, coûte que coûte, attendre l’opportunité, tel était le dernier objectif du chevalier de Bronze, l’ultime espoir auquel il s’accrochait.
- Oui. J’ai lutté vaillamment, et même si j’en avais beaucoup appris sur elle pendant le combat, j’ai fini par mordre la poussière.
Un nouveau coup frappa le bas-ventre du vétéran, qui hurla à nouveau.
- Cela sera peut-être difficile à croire dans ta situation présente, pourtant les douleurs que tu subis ne sont rien par rapport à ce que j’ai enduré dans la Fresque des Châtiés, l’endroit où Isis m’a envoyé tandis qu’elle prenait la régence de l’Egypte en attendant de pouvoir placer la réincarnation de son fils, Horus, sur mon trône. Pendant dix ans, j’ai souffert sans interruption en espérant avoir l’opportunité de me venger. Néanmoins, malgré tous mes pouvoirs, je n’aurais pas pu m’échapper de la Fresque sans l’aide de Umn et de Seth.
- Pour te ramener, toi et ta compagne n’avez donc pas hésité à offrir l’Egypte à Seth.
- Oui, elle n’aurait pas pu accomplir ce prodige seule. Et tu as tout à fait raison quand tu dis que nous avons offert l’Egypte à Seth. C’est moi qui ai conçu intégralement le plan qui a fait tomber le pays dans nos mains comme un fruit mûr. C’est moi qui ai pu lever le bannissement dans les terres arides qui avait été prononcé à l’encontre du dieu de la Foudre il y a si longtemps. L’intervention illégale d’Isis n’avait en effet pas pu me dépouiller de mon statut de légitime Pharaon.
Deux nouveaux coups, et se furent les deux avant-bras de Philista à être touchés et paralysés à leur tour. Désormais, le chevalier de Bronze n’avait plus aucun moyen pour attaquer. Avait-il trop attendu, aurait-il dû jouer son va-tout malgré des chances de succès infimes ?
- Après avoir acquis Aswald à notre cause, une douce revanche car c’était Anubis qui m’avait enfermé dans la Fresque à le demande d’Isis, c’est moi qui ai envoûté Horus et l’ai placé dans une stase temporelle éternelle. Seth voulait le tuer, ne réalisant pas qu’il s’exposerait ainsi au retour futur de son ennemi par le biais d’une autre réincarnation. De même, c’est moi qui ai imaginé l’artifice qui permettra à Seth d’épouser Isis sans que la déesse ne puisse rien faire.
- Comment as-tu fait ? demanda Philista, sentant que son adversaire était dans un état d’esprit à faire des confidences.
- Très bonne question. J’ai conçu un sortilège capable de séparer Isis de son essence divine, ce qui fait d’elle l’épouse toute-puissante d’Osiris : ses pouvoirs et ses attributions. Les dieux ne sont au fond guère différents des êtres humains, certaines parties de leur âme ont simplement accès à des perceptions et des ressources qui nous dépassent, nous autres mortels.
- C’est impossible, personne ne peut faire ça, dit Philista qui savait que Khnemu ne se serait pas laissé aller à livrer une telle information dans d’autres circonstances.
Evidemment, le plus probable était que jamais le chevalier de Bronze ne pourrait faire usage de ces révélations… Deux coups frappèrent les biceps de Philista, qui se retint cette fois de hurler, tandis que la momie répondait.
- Moi si, avec l’apport de la puissance de Seth en tout cas. Nous avons scindé l’âme d’Isis en deux et envoyé sa partie divine vers les Jardins Divins, là où elle est inaccessible. C’est pourquoi votre tentative était vaine dès le début : en aucun cas vous n’auriez pu lui être du moindre secours. A l’heure actuelle et malgré son corps immortel, la déesse n’a pas plus de puissance que la dernière des mortelles et ne pourra donc rien faire pour s’opposer à la cérémonie qui la soumettra à tout jamais à la volonté de son nouveau mari, Seth. Cette cérémonie permettra également à ce dernier de répudier son ancienne épouse, Nephtys, qui avait pris fait et cause pour Isis et Osiris par le passé. Seth deviendra alors légitimement souverain de l’Egypte et aucun dieu ne pourra venir contester cet état de fait.
Les mains croisées de Khnemu libérèrent deux nouveaux coups et autant d’âmes de Rois Scorpions qui atteignirent les deux moitiés du torse du chevalier de Bronze. Tandis que les parties touchées se paralysaient, Philista sentit son cœur être comme pris dans un étau, sans toutefois cesser de battre. Le vétéran comprit que seul le quatorzième et ultime coup mettrait un terme à sa vie et à ses souffrances. Sa stratégie d’attente, dictée par son instinct, avait été un échec absolu. Même si son adversaire lui avait révélé des secrets vitaux, à aucun moment la moindre opportunité de renverser la situation ne s’était présentée. Et à présent, avec seule la tête non encore paralysée, il ne pourrait de toute façon plus saisir sa chance si elle se présentait par miracle.


A moins que…
- Nous voici à la fin, chevalier de Cassiopée. Le dernier Roi Scorpion va bientôt toucher ta tête et ton corps s’effondrera en morceaux. As-tu une dernière parole pour la postérité ?
- Oui, une question : tu m’as dit vouloir le bien de l’Egypte, pourtant tu as tout fait pour l’offrir à Seth. Penses-tu vraiment qu’il mènera ton pays vers un âge d’or ?
- A court terme, il sera parfaitement capable d’accomplir ce que je voulais en éliminant les faibles. A long terme, je suis en revanche parfaitement conscient qu’il n’est pas une bonne chose pour l’Egypte. Il ne veut dominer le pays qu’à cause de sa vieille jalousie envers Osiris et sa famille. Devenir le souverain incontesté des terres du Nil n’est rien d’autre qu’une façon de se venger. Une fois que ses frustrations seront guéries, l’Egypte perdra petit à petit tout attrait à ses yeux et le quotidien du peuple deviendra fort pénible.
- Tu reconnais donc avoir offert ton pays à un tyran qui le mènera à sa ruine.
- Certes, l’entente qui est la nôtre aujourd’hui n’est qu’une illusion. Nous savons tous deux que l’autre n’attend que le moment propice pour mettre fin à notre alliance. Un conflit est inévitable, et j’ai bien l’intention de le gagner.
- Tu joues l’avenir de ton peuple aux dés, tu ne peux pas être certain de triompher face à un dieu.
- Ne t’ai-je pas prouvé aujourd’hui que mes pouvoirs n’étaient pas à négliger ? Néanmoins ma meilleure arme est mon intellect, sache j’ai déjà commencé à bouger mes pièces depuis bien longtemps et à terme je pourrai vaincre Seth et redevenir Pharaon.
- Et que feras-tu alors ?
Khnemu marqua une pause, hésitant apparemment à en finir en envoyant le dernier coup au chevalier de Bronze. Pourtant, son envie de confier ses plans fut la plus forte et il continua.
- Je ne peux pas pardonner le sort qui a été le mien dans la Fresque des Châtiés. Le peuple qui m’a traité de tyran et a fêté à l’époque ma défaite face à Isis devra donc être châtié à son tour. Or, j’ai justement trouvé une punition qui me permettra d’accomplir mes objectifs et de faire de mon pays une nation invincible, capable de conquérir le reste du monde.
L’ancien Pharaon marqua une pause, laissant Philista réfléchir à ses paroles.
- Tu veux les rendre semblable à toi, dit-il finalement.
- Tu es réellement brillant, chevalier d’Athéna. Je te proposerais bien d’entrer à mon service, mais comme je ne pense pas qu’un homme aussi remarquable puisse renier son allégeance…
Il y avait une pointe de regret dans la voix de Khnemu qui disparut pourtant lorsqu’il reprit la parole.
- En effet, comme tu as pu le constater être un mort-vivant confère des avantages non négligeables au combat. Une partie de notre accord avec Seth stipule qu’il m’aidera à ressusciter véritablement, mais d’une je ne suis pas réellement pressé de posséder à nouveau un corps vivant, et de deux je n’ai plus besoin de lui, à présent. Je n’ai pas perdu de temps depuis mon retour et me suis plongé dans l’étude des arcanes de la nécromancie. Je suis ainsi parvenu à créer un maléfice qui se répandra sous la forme d’un nuage noir sur le pays et transformera chacun des habitants en non-mort. Je disposerai alors d’une armée constituée de soldats impossibles à tuer et rien ne pourra m’arrêter : même ton Sanctuaire et les dieux des autres panthéons ne feront pas le poids. Lorsque mon royaume sera le monde, je récompenserai les plus méritants de mes sujets en leur offrant de nouveau la vie et mon règne durera jusqu’à la fin des temps.
Philista sentit le cosmos de son adversaire se concentrer afin de porter l’ultime attaque.
- Reçois le coup du dernier Roi Scorpion dans ton quatorzième Ka, Philista de Cassiopée ! Adieu !


Contrairement aux fois précédentes, le chevalier de Bronze vit l’énergie se concentrer sur les mains de Khnemu sous la forme d’une boule blanche sur laquelle on distinguait les traits du visage du dernier Pharaon du passé.
La boule quitta les mains croisées de la momie, toutefois extrêmement lentement, ce qui sembla surprendre cette dernière. L’attaque ralentit même jusqu’à finalement s’immobiliser à mi-distance entre les deux ennemis.
- Quoi ? Philista, comment as-tu pu bloquer mon attaque dans ton état ?
Le vétéran ne répondit pas, laissant l’ancien Pharaon à sa stupéfaction. Pour la première fois, face à cet événement imprévisible et impossible de son point de vue, le doute semblait même avoir atteint l’invincible mort-vivant. A ce moment-là, tout se passa très vite, treize boules blanches surgirent du corps de Philista et filèrent à la vitesse de la lumière vers Khnemu, frappant treize de ses quatorze Ka.
Philista vit la terreur dans le regard de son adversaire à son tour presque entièrement paralysé et qui était totalement perdu face aux événements.
- C’est inconcevable ! Comment as-tu fait ? hurla le mort-vivant.
- Je n’ai rien fait, répondit finalement le chevalier de Bronze. Ce qu’aucune force mortelle au monde n’aurait pu accomplir, tu l’as toi-même fait par tes paroles qui ont causé ta perte. Tu avais la confiance de tes ancêtres, cependant en révélant la folie de tes ambitions délirantes tu les as fait se détourner de toi. Ils veulent que l’Egypte, non, le monde, continue à vivre. Ils t’ont jugé coupable et te hanteront jusqu’à ce que j’exécute la sentence, en leur nom et celui d’Athéna.
- Je suis tel qu’Isis m’a fait !
- Peut-être, mais ta démence doit néanmoins être stoppée. Je suis également persuadé que si ta compagne avait su le monstre que tu es devenu à cause de ta captivité, jamais elle ne t’aurait libéré.
- Non, tu te trompes !


Le corps de la momie commença alors à se flétrir encore plus que précédemment et Philista remarqua que simultanément la nécrose semblait reculer sur les corps de ses compagnons. Non seulement les Rois Scorpion immobilisaient son adversaire, mais ils l’affaiblissaient en outre en restituant les forces qu’il avait volées à ses victimes. Le chevalier de Bronze savait qu’il n’aurait pas d’autre chance, il devait en outre la saisir le plus rapidement possible, car rien n’assurait que Khnemu ne finirait par trouver une parade face au revirement de ses ancêtres.
Il se concentra, faisant appel à toutes les forces qu’il avait pu régénérer pendant tout le temps où il avait subi les Quatorze Ka sans rien faire. Néanmoins, cela serait-il suffisant pour déclencher une nouvelle fois la Vague Sacrée d’Athéna, la seule et unique attaque qui pourrait terrasser son ennemi ?
Il ferma les yeux et chercha au fond de lui toutes les raisons de sa présence en Egypte, toutes les raisons qui l’avaient poussé à se battre, toutes les raisons qui l’avaient amené à choisir la vie de Chevalier d’Athéna. Etaient-ce cet amour de la justice, cette volonté d’amener un peu plus de paix autour de lui ?
Philista était certes venu en ces terres avant tout pour aider Myrina, son amie. Mais n’était-ce pas aussi tout simplement par pur altruisme, car il avait senti au fond de lui que c’était la seule chose juste à faire ? Ne cherchait-il pas au fond à mener un dernier combat, une dernière croisade qui soit réellement légitime, plus encore que les querelles territoriales de sa déesse ? N’avait-il pas voulu mettre sa maîtrise de la Vague Sacrée d’Athéna au service du bien, tout simplement ?
Le cosmos du chevalier de Bronze se mit alors à progresser de façon impressionnante. Khnemu, quant à lui, était toujours paralysé par ses souffrances et par l’échec de son attaque. Comment se faisait-il qu’un simple chevalier de Bronze lui ait résisté aussi longtemps, à lui, l’égal des dieux ? La momie suppliait les Rois Scorpions de le libérer, se heurtant à un refus catégorique. Un duel de volonté commença alors entre le mort-vivant et les treize âmes, que le chevalier du Nil devait absolument remporter pour au moins parvenir à extraire son âme de son enveloppe charnelle et trouver refuge dans l’au-delà. Il pourrait alors reprendre des forces et revenir terrasser Philista avec son Hurlement de l’Oubli.


Cependant, tandis que l’étreinte des Rois Scorpion sur son corps et son essence spirituelle se desserrait à peine, le cosmos du vétéran devenait toujours plus menaçant. Cela ne pouvait pas être la puissance d’un chevalier de Bronze. Non, une autre aura enveloppait son corps, une aura divine, qui ne pouvait être que celle d’Athéna. Khnemu comprit alors qu’il s’était également trompé quand il avait pensé que la déesse aux yeux pers avait renié ses trois serviteurs. Le chevalier de Cassiopée lui-même ne semblait pas se rendre compte qu’il était enveloppé par l’aura de sa déesse.
- Philista, je t’en supplie… commença l’ancien Pharaon, bien trop tard.
Plein de puissance et fort de l’aide d’Athéna, le chevalier de Bronze lança pour la seconde fois son attaque ultime.
- La Vague Sacrée d’Athéna ! cria Philista tandis qu’une formidable vague d’énergie jaillissait de ses mains jointes.
Simultanément, la quatorzième âme fila à la vitesse de la lumière dans le crâne du mort-vivant. Khnemu tenta désespérément de s’échapper de son corps au moment où celui-ci se décomposa en quatorze morceaux, mais les âmes des Pharaons l’en empêchèrent.
- Umn ! cria-t-il quand la Vague Sacrée d’Athéna le frappa, pulvérisant instantanément les Ka, puis détruisant simultanément son âme ainsi que celles de ses ancêtres qui ne relâchèrent pas leur prise jusqu’à la fin.


Tout cela, Philista n’en vit rien car il avait sombré dans l’inconscience dès que son attaque avait été lancée.
Il s’écroula, inconscient et finalement vainqueur.


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