Bienvenue sur Saint Seiya Animecdz
  






Cette fiche vous est proposée par : Siegfried


Paradise Chapter

• Notos est mort ! Jamais plus il ne reviendra ! Et tu voudrais que je reste tranquillement assis là ? Tu es devenu complètement fou, Borée (1) !

• Euros, calme-toi. Je n'ai jamais dit qu'il ne fallait rien faire. Nous défendrons la Plaine d'Hersilie jusqu'à notre dernier souffle. Je te conseille simplement de réfléchir avant d'agir.

• C'est vrai, je suis si imprévisible ! Je suis si malade ! aboya Euros, les yeux injectés de sang.

• Je n'ai jamais dit que tu étais malade, mais ne pas écouter mes conseils ou ceux de Zéphyre (2) reviendrait à signer ton arrêt de mort.

• Et pourquoi cela ? C'est vrai, vous êtes si intelligents... Cela nous a bien aidés lorsque Notos a hurlé à la mort ! Tu n'étais pas dans la Sphère Lunaire ! J'y étais, moi ! poursuivit le Vent divin en hurlant de plus en plus fort.

• Oui, tu y étais... Tu as vu avec quelle déconcertante facilité Altéa d'Oligol a réduit notre frère en poussière. Elle s'est baignée au milieu des flammes de son attaque comme si elles n'étaient rien. Elle a tué Notos sans aucun effort, effaçant toute trace de son existence et même de son Armure, pourtant forgée par Héphaïstos lui-même.

• Je le sais très bien, espèce d'imbécile ! J'ai tout vu ! hurla Euros.

• Si tu n'étais pas mon frère, je te tuerais pour le ton sur lequel tu viens de me répondre... déclara Borée les yeux fermés.

• Ex... Excuse-moi... Je ne voulais pas...

• Tu ne te battras pas avec elle. Tu l'éviteras. Tu tueras qui tu veux, puisque tu ne peux t'en empêcher, mais tu ne toucheras pas à Altéa d'Oligol. Aucun d'entre nous ne le peut. Ce serait courir au suicide et notre Maître a besoin de nous.

• Alors... Alors je tuerai tous les autres ! Je tuerai tous ses nouveaux amis, jusqu'au dernier, pour qu'il ne lui reste plus personne à protéger. Je me laverai dans leur sang ! pleura presque de colère Euros.

• C'est une meilleure idée, en effet. Nous attaquerons les anciens Chevaliers de Bronze en priorité. Il faudra éviter Hypnos et les Gémeaux, tout comme le Titan. Hypnos n'essaiera même pas de se battre contre nous, à mon avis. Ce n'est pas après nous qu'il en a. Il ne sera pas un problème pour toi, ni pour moi.

• Il reste tout de même Canon et ce traître de Deimos.

• Deimos n'est pas un traître. Si tu te souvenais de l'époque où notre vie avait encore un sens, où nous étions libres et heureux, où nous servions les hommes, tu penserais différemment.

• Les hommes sont tous des chiens ! Ils doivent tous mourir, comme ces Chevaliers de malheur ! Tu as perdu l'esprit, mon frère !

• Oui, bien entendu, où avais-je la tête... ironisa Borée, un triste sourire sur les lèvres.

Contrairement à celle d'Euros qui était à dominante verte, l'Armure de Borée était bleue comme une mer claire et limpide. A chaque endroit où celle de Volturnus arborait des feuilles taillées dans un métal céleste vert émeraude, l'Armure du Vent du Nord présentait des motifs aquatiques et des gouttes d'eau finement ciselées. Les cheveux du troisième Vent étaient d'un bleu plus clair que celui de son Armure de Septentrio. Lisses, ils descendaient jusqu'au milieu de ses jambes. Ses pupilles étaient du même bleu ciel et la forme de son visage rappelait celle d'Arès, le dieu de la Guerre. Bien qu'étant aussi minimaliste que celle de son frère, l'Armure de Borée ne laissait aucune partie du corps de son porteur nue. Il regarda fixement le Vent du Sud-Ouest.

Depuis leur alliance maudite avec Éris de la Discorde, son frère n'était plus le même. Sa soif de sang envers des êtres humains, qui n'avaient jamais rien fait d'autre que le louer, ne l'avait plus quitté depuis des centaines d'années. Il ne se souvenait même plus pourquoi il ressentait autant de haine envers la race humaine, dont il provenait pourtant, tout comme ses trois frères. La seule chose qu'il savait encore, c'était comment détruire de maigres récoltes, retourner des champs entiers, raser d'innocents villages... Borée l'avait vu couler tant de navires de pêcheurs au large de leur lieu de naissance, qu'il en avait perdu le compte. Son frère était malade et il ne pouvait rien faire pour lui. Le Vent du Nord avait tout tenté pour ramener un peu de joie dans la vie de son frère malade, pour le libérer de sa démence, pour le rendre à nouveau heureux. Au fur et à mesure des années, un éclat de bonté avait commencé à réapparaître dans le regard d'Euros, pour la plus grande joie de son frère protecteur. Mais c'était avant aujourd'hui. C'était avant la mort de Notos. Maintenant, Borée ne réussirait jamais plus à sauver son frère.

Le Vent divin du Nord était celui des quatre sur lequel le pacte passé avec Éris avait eu le moins d'effets. Il y avait gagné en puissance, mais son esprit n'en avait presque pas été affecté. Il avait eu des comportements et des penchants meurtriers durant quelques dizaines d'années, mais avait vite réussi à contrebalancer l'influence de la misérable déesse. Il avait eu par contre tout loisir de voir son frère dériver vers la violence et la haine, puis vers la rage de l'homme malade, en tant que dernière expression d'un pouvoir qu'Euros ne savait plus contrôler. Il avait commencé par transformer une pluie d'avertissement en orage funeste, par mégarde et par manque de maîtrise de ses nouveaux pouvoirs. Puis il y avait pris goût. Les pluies se sont toutes transformées en averses, les averses en orages, les orages en tempêtes, jusqu'au stade cataclysmique où Borée ou Zéphyre eux-mêmes avaient à intervenir pour éviter un massacre. Borée, lui, faisait toujours ce qu'on lui demandait, mais en essayant de minimiser les pertes. Fort d'une grande sagesse et d'une érudition sans pareil, il haïssait la violence et avait souvent subi les foudres de Zéphyre pour s'être opposé à un ordre d'Éris. La deuxième chance accordée par Baal de Syracuse était inespérée, et Borée regrettait chaque jour que son frère ne puisse s'en rendre compte.

• Ils arrivent... déclara Borée.

• Oui. Je les sens aussi... pleura Euros de bonheur.

• Ne te réjouis pas si vite. Ce ne sera pas facile. Ce n'est jamais facile... répondit-il, plein de tristesse devant l'expression démente de son frère.

• Bien sûr que si ! Ce sera très facile et très rapide. Protégés par notre frère, nous ne craignons rien ! Ils ne sortiront jamais d'ici vivants.

• Oui, tu as certainement raison.

« Zéphyre, ils sont là. », dit mentalement Borée à l'intention de son autre frère. « J'arrive. », lui répondit le Vent d'Ouest. Avec les vertus protectrices incroyables de l'Armure de Favonius que portait Zéphyre, Euros et Borée ne craignaient virtuellement aucune attaque. Pourtant, au fond de lui, repensant aux dernières lignes d'un écrit de Virgile qu'il aimait tant, Borée sentit que c'étaient eux qui ne sortiraient jamais d'ici vivants...

Canon fut le premier à poser le pied de son Armure Divine sur le sol de la Plaine d'Hersilie. Il se retourna et vit ses camarades descendre l'étroit chemin de lumière, brillant comme un arc-en-ciel. Ils avançaient tous en file indienne, menés par Saori dont le masque d'Or était éclairé par la lune rousse. La constellation du Sagittaire brillait tellement au-dessus de la tête du Chevalier des Gémeaux qu'on ne voyait presque qu'elle. Canon promena ses yeux sur l'étendue de la Plaine, les arrêtant tantôt sur une colonne éventrée de marbre indien, tantôt sur les restes d'un vieux temple bouddhiste dont l'Or des toits brillait comme un soleil. L'herbe sur le sol était fraîche et sa surface était régulière, enrichie par endroits de massifs naturels de fleurs inconnues aux senteurs exotiques. Certains arbres fruitiers nains poussaient sur la bordure d'un début de sentier, avec une étrange variété d'iris. « La végétation est si parfaite... Est-il possible que toutes ces plantes poussent grâce à la lumière de la lune ? », se demanda Canon, avant de sentir un faible courant d'air glacial lui caresser le dos.

• Vous comprendrez que je ne vous souhaite pas la bienvenue, Chevaliers, déclara une voix portée par le vent.

• Zéphyre... jubila Hypnos.

• C'est exact, dieu du Sommeil. Je suis Zéphyre de Favonius, Vent divin de l'Ouest. Je suis le gardien de cette Plaine magique.

• Magique ? demanda Shiryu.

Zéphyre apparut en haut d'une petite colline toute proche, caché dans l'ombre d'un arbuste pleureur. On ne voyait que très peu de ses traits, mais il semblait porter exactement la même Armure bicolore que ses frères. Il fit un pas dans la lumière. Toujours forgée d'un métal céleste presque blanc, nacré, l'Armure de Favonius était d'un jaune doré, rappelant les rayons de soleil finement ciselés sur ses épaules, son torse, ses avant-bras, sa taille et ses jambières. Zéphyre portait une longue jupe de lin blanc, presque identique à celle d'Euros. Ses cheveux étaient longs et blonds, coupés au milieu du dos. Les yeux du Vent d'Ouest étaient comme pour ses frères, de la même couleur que son Armure et que ses cheveux. Son visage était presque celui d'une femme. Il arborait un sourire désabusé dans la pâle clarté de la lune.

• Oui, Dragon. Magique. Sur cette Plaine se trouvent des restes de toutes les mythologies entretenues par la main de l'homme, depuis la nuit des temps : quelques marches d'une pyramide égyptienne à l'orée d'un bosquet, plusieurs colonnes d'un vieux tombeau germanique devant la chute d'eau du Palais de Cristal, des statues de divinités lituaniennes au pied de la montagne dont vous arrivez...

• Il existe donc une représentation, un fragment de toutes les mythologies du monde dans cette Plaine ? demanda Hyoga.

• Exactement, Chevalier du Cygne, répondit le Vent divin en regardant le dieu du Sommeil.

• Zéphyre... enragea ce dernier.

• Hypnos ! Tu ne dois pas être très heureux de me retrouver. J'en suis navré.

• Au contraire. Bien au contraire... sourit le dieu au Surplis. C'est même un grand plaisir.

• Ah oui ?

• Oui... Celui de pouvoir enfin séparer ta tête de ton corps... déclara-t-il avec un regard absent et une voix qui n'était pas la sienne.

• Oh... Je suis impatient de voir... commença à répondre Zéphyre.

Hypnos disparut pour réapparaître au-dessus du Vent d'Ouest, à l'horizontale du sol, bras et jambes écartés, formant comme un X. Les yeux de Saori et de ses Chevaliers n'avaient pas encore perçu qu'Hypnos avait bougé, bien au-delà de la vitesse de la lumière. Son visage défiguré par les cicatrices souriait au-dessus de Zéphyre, qui n'avait pas encore eu le temps de bouger. Il vit le Vent divin commencer à tourner la tête, avec une lenteur affligeante. Son Surplis vomissait un cosmos noir, épais, alors que son bras droit se chargeait d'une énergie tantôt écarlate, tantôt pourpre. L'énergie affluait toujours, alors que le temps était presque suspendu. Hypnos était un excellent stratège. Il connaissait les règles du monde et celles de la physique. Il savait ne pas pouvoir suspendre le temps dans un endroit où il était déjà arrêté, alors il s'était contenté de l'accélérer, mais seulement pour lui. Quand Zéphyre finit de tourner la tête et capta le regard de l'horrible visage du dieu du Sommeil, son expression de terreur excita Hypnos encore plus. Son bras droit baignait dans un halo s'étendant du rouge au violet, encerclé par une spirale de volutes noires.

• L'Assassin de l'Ombre !!! hurla Hypnos comme une sentence de mort.

Canon n'eut pas le temps de se cacher derrière ses avant-bras, ni Saori et ses autres Chevaliers. Hyoga et Shiryu furent les premiers à être balayés par le souffle de l'explosion. Quand ces derniers s'enfoncèrent de plusieurs dizaines de centimètres dans la roche dure de la montagne, les pieds de Shun et de son frère étaient en train de quitter le sol à leur tour, en même temps que ceux de Saori. Ikki atténua l'impact avec son épaule afin de préserver sa jambe fragilisée, mais le jeune Andromède n'eut pas le réflexe de faire quoi que ce soit. Ikki le regarda éventrer la surface de roche noire... puis retrouver immédiatement son équilibre et faire quelques pas en avant, captivé par le combat. « C'est impossible... Shun aurait vu ce qui vient de se passer ? Je ne sens plus mon épaule et lui... n'aurait rien senti ? Cela n'a pas de sens : il n'a pourtant pas eu le temps de se protéger ! Ou alors... Il a estimé le choc tellement négligeable... qu'il n'a même pas pris la peine de bouger ? », se demanda Ikki, abasourdi. Shun semblait passionné par ce qui se passait, un sourire adulte sur son visage, un sourire que son frère ne lui connaissait pas.

Zéphyre ne savait pas ce qu'était la douleur. Il n'avait jamais été touché en combat, et ne connaissait que des techniques défensives utilisables sur lui-même, ou afin de soutenir ses alliés. Jamais il n'avait été frappé au visage, au ventre ou ailleurs. Il ne connaissait pas la brûlure d'une plaie ouverte, n'avait jamais goûté le sang, ni ressenti le froid qui s'empare d'un combattant lorsqu'il va perdre connaissance. Quand l'attaque d'Hypnos le percuta de plein fouet, alors qu'il n'avait eu le temps de ne dresser aucune protection, il ne comprit donc pas ce qu'il ressentait. Il eut seulement mal. Très mal. Mal à un point tel qu'il crut qu'il avait perdu un membre, que son corps avait été déchiré. La colonne d'énergie envoyée par le poing d'Hypnos le percuta au niveau du thorax. Le Vent divin eut la sensation qu'on lui arrachait les poumons et faillit perdre connaissance. Allongé au fond du cratère creusé par la puissance du dieu du Sommeil, Zéphyre aurait voulu tousser, ou cracher, mais il ne pouvait plus respirer. Quand son souffle revint petit à petit, accompagné de brûlures horribles, il trouva la force de se tourner sur le côté et de vomir du sang, augmentant encore la douleur qui le mettait au supplice. Effrayé, terrorisé, sali, Zéphyre regarda Hypnos se pencher au-dessus de lui et l'attraper par la gorge, pétrifié. Les yeux morts du dieu se plongèrent dans ceux de sa victime et Hypnos éclata de rire.

• Qu'est-ce... qui s'est passé ? demanda Canon.

• Je n'ai rien vu venir non plus, constata amèrement Hyoga.

• Princesse ! Princesse ! aboya Shiryu en essayant de réveiller sa déesse.

• Elle a perdu connaissance, constata Shun. Ce n'est rien, elle n'a subi aucune blessure sérieuse.

• Shun... murmura Hyoga.

• Je n'ai jamais vu quelqu'un porter un coup d'une telle violence, poursuivit le jeune Andromède.

• Tu as vu ce qui s'est passé ? demanda Canon, incrédule.

• Oui.

Le rire d'Hypnos parvint jusqu'aux oreilles du Chevalier d'Or et de ses compagnons, puis le bruit d'un fracas effroyable. Le dieu du Sommeil fut éjecté du cratère avec une violence impossible et s'immobilisa en plein vol, le regard plein de colère. « Il a la même expression que Fo possédé par son Armure », constata Hyoga. Ce ne fut pas Zéphyre qui sortit du cratère en fixant le dieu au Surplis, mais Borée de Septentrio. Les deux hommes se fixèrent longuement, puis Hypnos se posa. Euros sortit à son tour, soutenant son frère. L'Armure et les vêtements de lin de Zéphyre étaient tâchés de sang. Le Vent d'Ouest n'arrivait presque plus à respirer et ses yeux étaient fermés. Il était impossible de déterminer lequel des quatre hommes avait le visage le plus déformé par la haine, mais Shiryu nota que celui d'Euros était celui d'un fou, dépossédé de toute humanité. Ikki resta bloqué sur le regard vitreux d'Hypnos et sur les cicatrices qui lacéraient son visage. « Voilà donc... sa véritable apparence... », constata le Phénix, impressionné.

• Je suis pressé de voir comment votre chien de frère va vous protéger, maintenant que des échardes de ses côtes ont crevé ses deux poumons, s'amusa le dieu du Sommeil.

• Comment... Comment as-tu réussi à frapper notre frère ! s'exclama Borée.

• Je pourrais te l'expliquer. Je pourrais aussi te dire comment je vais vous tuer, tous les trois, laissant vos cadavres pourrir sur cette Plaine que vous chérissez tant. Je pourrais te dire exactement de quelle manière tu vas mourir, Borée, mais je n'en ferai rien. Tu vas le découvrir par toi-même...

• Euros, emmène notre frère à l'abri, je vais m'occuper d'Hypnos.

• Jamais ! Je vais...

• TAIS-TOI ! hurla Borée. Emmène-le à l'écart ! Maintenant. Sans lui, nous sommes tous morts.

• Mais je...

Lorsque les yeux de Borée rencontrèrent ceux de son jeune frère, malgré tout la démence de celui-ci, Euros comprit qu'il fallait mieux qu'il s'exécute. Serrant les dents de rage, il emporta le corps de son frère en dehors du cratère d'impact, avant d'être stoppé par Hyoga. Des flocons de neige commencèrent à tomber sur la Plaine et un froid intense envahit l'arène.

• Je suis désolé, Euros, mais je ne peux pas te laisser passer.

• Le Cygne ! se mit à rire Euros, des larmes de folie dans la gorge. Je vais te tuer... JE VAIS TOUS VOUS TUER !!!

Euros éjecta le corps de Zéphyre comme s'il n'était rien, l'envoyant rouler dans la fine couche de neige qui commençait à recouvrir l'herbe verte. Zéphyre s'allongea sur le dos, retrouvant son souffle, et écarta les bras en grimaçant. Quand il réussit à entrouvrir les yeux, Euros s'était déjà jeté sur le Cygne Céleste. Les cheveux verts du Vent du Sud-Ouest flottaient dans l'air constellé de flocons blancs. Un cosmos vert émeraude, comme son Armure de Volturnus, explosa autour de lui jusqu'à en aveugler Hyoga. Les larmes de démence qu'il avait laissées dans son sillage s'évaporèrent toutes instantanément quand il posa ses deux poings sur son torse, chargeant ainsi une dangereuse énergie verte. « Il aurait mieux fallu que je me batte contre Borée qui doit comme moi maîtriser le froid. Celui-ci me déteste personnellement et est complètement fou ! », songea Hyoga en regardant Euros armer son bras gauche. En suspension dans l'air, Euros plongeait vers le Cygne pour prendre sa vie. Ses jambes se mirent à leur tour à se charger de l'étrange énergie. Hyoga prépara son bouclier et laissa exploser son septième sens.

Debout sous un arbre fossile, à l'endroit où l'Esprit du Sagittaire avait disparu, Altéa regarda avec attention et inquiétude le combat du Cygne. « Ne te laisse pas mourir, Chevalier », songea-t-elle en regardant la Plaine en contrebas.

• La Danse de Volturnus ! s'écria Euros.

Perdu au milieu d'un cosmos blanc comme les neiges éternelles de Sibérie, Hyoga encaissa le premier impact en plein milieu de son bouclier et sentit son bras se rompre dans une décharge de douleur. Il vit la jambe gauche d'Euros arriver au niveau de sa tête et monta son bras droit afin d'arrêter le coup de pied du Vent divin. Son autre avant-bras céda sous la pression. Il ne put éviter le deuxième coup de poing, dirigé cette fois-ci vers son visage. Il sentit son cerveau heurter les parois de son crâne et faillit perdre conscience. Il perdit l'équilibre et put dévier la jambe droite d'Euros avec sa main gauche. Il vit l'énergie disparaître autour de la jambière du Vent du Sud-Ouest, comme elle avait disparue après chaque coup porté. Euros recula de quelques pas, déséquilibré, un sourire sur le visage. Hyoga tomba à genoux sur le sol et reçut une décharge électrique atroce en posant ses deux mains sur le sol. Du sang reliait sa bouche à la neige du sol. « C'est incroyable... Il a réussi à briser mes deux bras. Pourtant, je n'ai senti aucun de ses coups, comme s'il s'était arrêté à chaque fois juste avant de me frapper. Juste une énorme pression, mais pas de choc... Se pourrait-il... qu'il m'ait frappé avec l'air qu'il déplace autour de ses poings et de ses jambes ? », se demanda Hyoga, la vue trouble.

• Félicitations, Chevalier. Tu as réussi à repousser ta mort de quelques minutes... Tu bouges aussi vite que moi et tu as même réussi à me geler une partie de la jambe. L'as-tu fait en déviant mon attaque avec ta main ? Pourtant, tu n'as touché ma jambe que quelques fractions de seconde... Je vais adorer te tuer !

• Tu es complètement fou...

• Tu as tué mon frère ! Je vais te faire endurer mille morts avant de prendre ta vie.

Euros chargea ses deux bras comme il l'avait fait auparavant. Des effluves de cosmos vert traversèrent son corps comme un courant d'air, faisant onduler sa jupe de lin tâchée par le sang de Hyoga et de son frère. Le Cygne se releva avec peine. Shiryu voulut aller aider son ami avec Ikki, mais Canon arrêta les deux hommes. Ikki regarda Canon sans comprendre.

• Tu dois le laisser combattre seul, Ikki, commença le Chevalier d'Or.

• Mais enfin...

• Ces deux hommes ont un compte à régler depuis la Sphère de la Lune, et Hyoga n'acceptera jamais que vous vous mettiez à plusieurs pour battre un seul homme.

• Mais il va se faire tuer !

• Si tu étais à sa place, permettrais-tu qu'il intervienne ?

• Non, je...

• Ikki, tu voulais le frapper il y a encore une heure. Que t'arrive-t-il ?

• Je ne sais pas, mais... je ne veux pas le laisser mourir !

Le froid qui s'abattit sur le Chevalier des Gémeaux et sur le Phénix les cloua sur place. Au loin, debout sur un manteau de neige taché de sang, Hyoga avait les deux bras joints au dessus de sa tête, dans la position du Verseau. Son cosmos était à la fois blanc et doré, les deux couleurs se succédant par vagues. Euros se jeta sur le Cygne à une vitesse folle, genou tendu vers l'avant et poing armé contre son corps. Hyoga abattit ses deux bras dans un souffle de cosmos glacial qui obligea Ikki et Canon et se cacher derrière leurs bras malgré la distance. Les bottes d'Ikki commencèrent à être prises dans la glace, tout comme celles de Canon. « Il arrive... à geler même en partie mon Armure d'Or Divine ? », songea le Chevalier des Gémeaux.

• La Danse de Volturnus ! hurla Euros.

• L'Exécution de l'Aurore ! lui répondit Hyoga.

L'attaque du Verseau partit avec une telle violence qu'Hypnos et Borée durent également se protéger, surpris par tant de puissance. Le poing droit d'Euros rencontra L'Exécution alors que le Vent divin était en pleine course en direction du Cygne. Le vent comprimé entre l'attaque d'Euros et celle de Hyoga divisa en deux le froid de Hyoga, permettant au Chevalier à l'Armure vert émeraude d'arriver en face du Cygne, perdu dans la tempête de glace. Hyoga ne sentit pas que le froid qui était en contact avec l'Armure de Volturnus n'était pas à la même température que celui qui partait de ses mains jointes. Il ne comprit pas comment son adversaire avait pu arriver jusqu'à lui en remontant un courant au Zéro Absolu. Il reçut un violent impact au ventre avant que son attaque ne meure totalement. Il vola sur plusieurs dizaines de mètres pour aller labourer la Plaine gelée en retombant sur le dos. Euros se tenait toujours debout, son Amure à moitié gelée, un sourire sadique sur son visage.

• Tu as presque réussi à geler mon Armure de Volturnus, Chevalier. Tu es décidément plein de ressources. Je vais devoir t'éliminer au prochain coup, car tu n'es pas mon seul ennemi... Seulement celui que j'ai le plus envie de voir mourir.

• Ce n'est pas possible... toussa Hyoga. Comment as-tu réussi à survivre au Zéro Absolu ?

• C'est très simple. Le vent chaud entourant mon poing droit à réduit presque de moitié la température de ton attaque. Mais dis-moi plutôt, Chevalier du Cygne, maintenant que tu es dans le même état que mon frère, comment vas-tu réussir à me battre ?

« C'est vrai, songea Hyoga. Plusieurs de mes côtes sont brisées et un de mes poumons est perforé... L'hémorragie va me tuer en quelques minutes... » Le Cygne trouva tout de même la force de se relever alors qu'Euros était debout, droit, les mains jointes sur son torse comme pour formuler une prière. Un doux vent de la couleur de son Armure s'enroulait autour de tout son corps, comme une spirale d'émeraude. Ses yeux étaient ceux d'un fou et son sourire aussi sadique que celui du Masque de Mort. « Je n'ai pas le choix, pensa Hyoga. Il ne me reste que peu de temps. » Il posa sa main gauche sur son coeur et hurla de douleur.

• Qu'est-ce qui se passe ? demanda Shun. Je n'arrive pas à entendre ce qu'ils disent avec cette tempête.

• Je crois... Je crois que Hyoga va mourir... murmura Saori en revenant à elle.

• Princesse ! Que voulez-vous dire ? Comment pouvez-vous savoir que... commença Shiryu.

• Hyoga souffre d'une hémorragie interne très importante. Il devrait déjà être mort.

• Mais alors, comment se fait-il qu'il soit toujours debout et qu'il dégage un pareil cosmos ?

• Ne sentez-vous pas sa souffrance ? Il vient de geler un de ses poumons pour arrêter l'hémorragie et pouvoir lancer une dernière attaque... déclara Saori avec une voix différente.

• Athéna... murmura Canon.

• HYOGA ! hurla Ikki en se jetant dans la tempête de cosmos doré qui balayait la Plaine.

Le Phénix lutta contre le vent, chaque décharge du cosmos de Hyoga qui touchait son Armure l'envoyant rouler sur le sol. « Quelle force prodigieuse... Hyoga... », songea Ikki. Plusieurs fois il se releva et plusieurs fois il retomba, rouvrant ainsi sa blessure à la jambe. Canon essayait de le suivre et subissait les mêmes impacts. Il faisait tellement froid que Shiryu n'arrivait presque plus à bouger. Athéna se mit devant lui et le protégea avec son bouclier céleste.

• Restez là, Shiryu, ordonna Athéna. Sinon, vous allez mourir.

• Athéna, murmura Shiryu en fixant le masque de sa déesse. Mais Ikki ! Et Canon !

• Je ne peux rien faire pour eux. Même une Armure Céleste ne pourrait résister longtemps à un froid pareil...

Ikki continua d'avancer, son cosmos brûlant le protégeant du froid intenable. Canon était déjà tombé et ne s'était pas relevé. « Brûle, mon cosmos, brûle ! C'est impossible que Hyoga dégage un froid pareil simplement avec son cosmos ! Quel niveau a-t-il bien pu atteindre ! », pensa le Phénix en sentant ses jambes geler. « Avance, Ikki ! Avance, bon sang ! », hurla-t-il intérieurement. Jamais le cosmos du Phénix n'avait connu une telle ampleur depuis la Maison de la Vierge, et pourtant Ikki n'arrivait plus à progresser, le froid soufflant ses flammes de légende. Au prix d'un effort surhumain, il parvint à avancer encore de quelques mètres et vit son ami, le visage baigné de larmes gelées, bandant un arc de cristal fantastique. Tout le froid environnant convergea à plusieurs fois la vitesse de la lumière vers la main de Hyoga pour former une flèche finement ciselée. L'arc de cristal était lui aussi si finement ouvragé qu'on aurait dit une sculpture de glace divine. Une corde apparut, comme un fil d'araignée baigné de rosée, et le Cygne banda son arc magnifique.

• HYOGA, ARRÊTE !!! TON CORPS NE LE SUPPORTERA PAS !!! hurla Ikki dans la nuit.

• Ikki, ne sois pas triste, mon frère, déclara Hyoga en s'adressant à l'esprit du Phénix. Je suis déjà mort, de toutes façons...

• Non ! Rien n'est perdu, Hyoga ! Nous avons Altéa ! Et Athéna ! Nous pourrons te soigner !

• Non, mon ami. Personne ne pourra soigner le froid qui a arrêté mon coeur...

• Bien sûr que si ! Altéa le pourra. Ce n'est qu'une blessure ridicule pour elle !

• Je ne parlais pas de ce froid là, mon ami...

Entre la vie et la mort, faisant lutter son cosmos contre celui du Cygne, Euros ne comprenait pas comment son ennemi pouvait avoir une telle puissance, mais cela importait peu. Lorsqu'il aurait relâché son ultime attaque, tout le pouvoir du Cygne ne pourrait le sauver. Ses yeux devinrent presque blancs quand il hurla à la mort en relâchant l'énergie qu'il avait accumulée en même temps que le Cygne.

• Le Souffle divin de Volturnus ! s'écria Euros alors que ses cordes vocales gelaient.

• Arcane suprême du Cygne : la Flèche de Cristal ! pensa Hyoga, devenu incapable de parler.

Ikki voulut regarder son ami jusqu'à la fin, mais les larmes qui gelaient dans ses yeux l'en empêchaient. Abrités comme ils le pouvaient derrière le bouclier céleste, Athéna et Shiryu ne virent rien de la fin du Cygne. Debout dans la tempête, à moitié gelé, Shun se concentrait sur la part d'Hadès qui sommeillait en lui pour ne pas s'évanouir et rester debout jusqu'au bout. Canon avait sombré dans l'inconscience et Borée était replié sur lui-même, son Armure de Septentrio n'arrivant plus à le protéger de la mort. Seul Hypnos, debout dans la tempête au Zéro Absolu, arrivait à rester conscient. « Quel imbécile... Il va tuer Euros avant même que ce Vent du malheur n'ait eu le temps d'emporter avec lui un autre Chevalier. Il ne restera plus que Borée et Zéphyre pour tuer tous les autres, ou je devrai m'en charger. J'ai encore besoin d'Euros... », pensa le dieu au Surplis. Il se concentra et fit appel au pouvoir de Morphée.

Au moment où Hyoga décocha sa flèche, il sentit une insoutenable brûlure dans son dos et dévia de quelques millimètres. La Flèche de Cristal déchira la tempête de neige au Zéro Absolu et manqua le cou d'Euros de plusieurs centimètres. Hyoga vit Camus du Verseau, les bras ouverts dans son Armure étincelante, qui l'accueillait avec un sourire triste. Le Cygne tomba en avant et traversa la dernière image qu'avait été capable de former sa volonté. Couché dans la neige, il s'endormit pour toujours, les yeux fermés, en serrant dans sa main gelée le médaillon de sa mère.

La tempête retomba immédiatement, tout comme le froid glacial. Euros avait le souffle court et son Armure Divine, protégée par le Vent du Sud-Ouest, était déjà en train de dégeler. Ses mains tremblaient comme des feuilles mortes. « Bien, se dit Hypnos, cet incapable n'est pas encore mort... ». Au pied de la montagne, une explosion tellement gigantesque qu'elle fit s'effondrer des pans de roche entiers, résonna dans la nuit. La neige recouvrant le sol était montée à une dizaine de mètres de hauteur, créant une averse de poussière blanche. Lorsqu'elle se dissipa progressivement, Canon revint à lui pour découvrir devant lui Altéa d'Oligol. Un genou à terre, les deux mains posées sur le sol au milieu de la fine averse de neige blanche, elle se releva pour quitter le petit cratère qu'elle avait créé en atterrissant. Canon ne vit pas son visage lorsqu'elle passa devant lui en se dirigeant vers Euros.

Arrivée devant le Vent divin qui commençait seulement à retrouver la faculté de bouger, Altéa baissa les yeux vers le petit homme. Les yeux d'un vert profond de la Guerrière étaient devenus rouges comme le sang qui tâchait le corps sans vie de Hyoga. Surlignée par le maquillage de ses paupières, la couleur des yeux du Titan était insoutenable. Paralysé par la terreur, Euros essaya de parler.

• Altéa... Je suis très heureux de...

D'un revers de la main, elle décapita le Vent divin avant de se retourner vers Hypnos...


Notes de l'auteur :

(1) Fils d'Éos et d'Astraeos, Borée est le vent du nord, Septentrio en latin. A l'origine bienfaisant, il fait partie des vents oridnaires comme ses frères et répond aux ordres d'Éole.

(2) Fils d'Éos et d'Astraeos, Zéphyre est le vent d'ouest, Favonius en latin. A l'origine bienfaisant, il fait partie des vents oridnaires comme ses frères et répond aux ordres d'Éole.

chapitre précédent - chapitre suivant







Recopier le nombre avant d'envoyer votre formulaire.


Fatal error: Call to undefined function dsp_crypt() in /home/sites/clients/animecdz/site/include/function-comments.php on line 222