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Cette fiche vous est proposée par : Siegfried


Paradise Chapter

Shaka n’eut pas besoin d’ouvrir les yeux pour saisir ce qui venait de se passer. Il vit très clairement le cosmos du Chevalier d’Andromède changer de structure.

Lorsque Shaka fermait les yeux afin de développer son cosmos, il possédait alors trois sens de moins que le commun des Chevaliers. Sourd et muet depuis son plus jeune âge, ce handicap était le résultat d’une triste blessure, infligée par son Maître pour que le jeune prodige devienne encore plus puissant. Et il l’était devenu. Il était de loin le plus redoutable des Chevaliers d’Or de sa réalité, et pensait également être le plus formidable qu’ait porté cette Terre. Mais, en voyant derrière ses paupières les atomes s’agencer différemment et la lumière changer de tons, il fut astreint à réviser son prétentieux jugement.

S’il fermait les yeux, il voyait l’agencement de toutes les particules d’énergie constituant le corps de son adversaire en nuances de jaune doré. Il vit très distinctement le corps du Chevalier d’Andromède, constitué de filaments d’énergie de diverses couleurs. Son Armure apparaissait dans des teintes moins vives, symbolisant une matière froide. S’il se concentrait assez, il pouvait même voir les flux d’énergie qui circulaient entre l’Armure et le corps de son hôte. Le visage de Shun se présentait dans des nuances orangées, plus sombres au niveau des yeux, et plus claires au niveau du nez, de la mâchoire, des oreilles…

La pluie tombait devant l’image du jeune Chevalier comme autant de traits parallèles d’un jaune très clair, presque blanc. Elle altérait l’image et la rendait plus difficile à filtrer. La Vierge dut alors polariser son attention sur son septième sens. C’est alors qu’elle vit les cheveux de Shun changer de ton pour devenir d’un jaune très pâle. « Ses cheveux viennent de changer de couleur… Du gris… Peut-être du noir… Qu’est-ce que cela signifie… », se demanda le Chevalier d’Or.

Aucun cosmos ne se dégageait du Chevalier de Bronze. Shaka percevait très nettement les contours de sa silhouette. Contrairement à celle de Deimos, elle n’était pas irisée et ne dégageait aucune effluve orangée. Shaka eut l’impression que le jeune Andromède souriait et se concentra plus encore sur sa vision. Il renforça son étreinte sur le cosmos et affina ses perceptions. Il altéra de lui-même le spectre des couleurs de sa vision, afin qu’il affiche plus de nuances. Alors, le sourire carnassier de Shun lui apparut. Le sourire amusé d’un adulte à qui un enfant adresserait un défi. Un sourire plein de confiance. Un sourire fort inquiétant.

S’il ne dégageait aucun cosmos, Andromède semblait pourtant bien résolu à se battre. Ou alors… Shaka voulut en avoir le cœur net. Il plongea son regard au niveau des atomes constituant le cœur du Chevalier et en examina la structure. « Impossible… Son cœur… Il fonctionne au ralenti… Non ! Il ne bat même plus ! Qu’est-ce que… », s’interrogea le Chevalier de la Vierge. Il ne comprenait pas ce qui se passait, mais était certain d’une chose : l’énergie qui faisait fonctionner le corps du jeune Chevalier de Bronze alors que son cœur ne battait plus était dangereuse. Très dangereuse.

• Que je te montre ? demanda Phobos. Petit insolent… J’ai déjà corrigé ton frère, qui est de loin le plus puissant de vous deux.

• Après des milliers d’années de combat, tu penses toujours que la puissance décide de l’issue d’un combat… Pauvre fou… Peut-être ne l’as-tu jamais rencontrée… la vraie puissance… répondit un Shun amusé.

• Qu’est-ce que tu dis ? Espèce de sale petit…

• Shun… Qu’est-ce qui t’est arrivé… demanda Ikki à voix basse. Est-ce que c’est bien toi ?

• Oui, mon frère, c’est bien moi.

• Tes cheveux… On dirait ceux de… commença Ikki.

• Oui, on dirait bien, sourit Shun avec sincérité.

Phobos bouillonnait de rage dans un nuage de cosmos écarlate. Il serrait les dents et semblait prêt à fondre sur sa proie pour la déchiqueter.

• Je vais te détruire, Chevalier… Je vais te réduire au silence, puis je m’occuperai de ton frère.

• Tais-toi, Gardien, je n’ai pas fini de m’adresser à mon frère.

• Comment ? demanda Phobos en explosant de fureur. Tu oses me…

• TAIS-TOI !!! Ou je te démembre sur place ! Qui es-tu pour m’adresser la parole ? Tu devrais être à genoux devant moi comme le chien d’Arès que tu es !!!

Lorsque Shun hurla ces mots, c’était avec une voix double, déformée, comme si elle venait du Tartare lui-même. Ses yeux devinrent rouges et son visage si froid que tout le monde pensa que la mort elle-même s’adressait à Phobos. Ikki fit un pas en arrière, et le cosmos de Phobos s’éteignit comme par magie. Il recula lui aussi de quelques pas, incapable de répondre quoi que ce soit, le cœur battant à en déchirer sa poitrine. Il était presque paralysé par la peur. Shaka, quant à lui, vit la structure énergétique du corps de Shun évoluer un bref instant, puis revenir à la normale, comme un morceau de métal chauffé à blanc puis plongé dans l’eau. « Quelqu’un d’autre habite son cœur et semble surgir avec l’adrénaline. L’Armure Céleste d’Andromède doit servir de garde-fou, ce qui permet à son hôte de garder le contrôle… Mais que se passerait-il si… »

• Chevalier d’Andromède, je serai ton adversaire ! lança Shaka de la Vierge.

Shun se tourna lentement, et Shaka de Vyâsa vit l’étrange phénomène se reproduire dans un changement de coloration arrachant le corps du jeune Andromède aux doux effluves jaunes, pour le plonger dans un brasier d’énergie rouge.

• N’AS-TU PAS ENTENDU TOI NON PLUS ? Je n’ai pas fini de m’adresser à mon frère !

Ikki et Esméralda n’eurent pas le temps de voir quoi que ce soit du déroulement de l’action. Seul Deimos y parvint, avec un temps de retard. La chaîne offensive de Shun fut lancée en direction de la Vierge à une vitesse incalculable, mais dépassant de loin celle du combat entre Deimos et Andromède. Elle creva la Sphère de Karm de Shaka, l’éteignant comme une chandelle démoniaque soufflée par un ange. La chaîne était déjà serrée autour du cou de Shaka lorsque celui-ci sentit sa protection s’effondrer. Il suffoqua et commença à voir des étincelles. La chaîne de Shun était nouée autour du col de l’Armure d’Or, et le déformait comme du carton. Dans un fracas de métal déchiré, l’Or torturé par la pression commença à pénétrer la chair de la Vierge. Aux portes de l’inconscience, Shaka eut à peine le temps d’ouvrir les yeux, et de se téléporter. Il réapparut aux côtés de Phobos, un genou à terre, le souffle court, du sang s’écoulant de son cou en plusieurs endroits. Shun avait déjà rappelé sa chaîne.

Ikki n’en croyait pas ses yeux. Il avait entendu un bruit de métal froissé, et avait vu Shaka, son ancien ami, ce traître, en train de suffoquer, son Armure d’Or déchirée par l’étreinte de son frère comme si elle n’était rien. Mais quel était donc le niveau atteint par son jeune frère ? De quelle part de cet exploit Hadès était-il responsable ? Habitait-il le corps de Shun ? Non, Ikki arrivait bien à sentir la présence de son frère. Si Hadès était encore là, quelque part, ce n’était pas lui qui tenait les rênes de la volonté d’Andromède. Il se contentait de supprimer certaines barrières qui jusque-là jugulaient son pouvoir réel.

Shun avait été le premier à s’éveiller au septième sens en obtenant son Armure de Bronze, sans même le savoir. Son corps avait été choisi avant même cet exploit afin de servir de vaisseau à la réincarnation d’Hadès. Quant à la puissance destructrice du Courant et de la Tempête Nébulaire… Oui, Shun était de loin le plus puissant des Chevaliers de Bronze, et contrairement à Phobos, Ikki le savait bien. Si Hadès réussissait à supprimer ponctuellement les barrières du potentiel de Shun, sa puissance serait l’égale de celle d’un dieu. La question était dorénavant la suivante : comment son corps le supporterait-il, et combien de temps le frère d’Ikki réussirait-il à garder le contrôle de tout ce pouvoir d’essence divine ?

• Im… Impossible… cracha Shaka de Vyâsa avec du sang. Il a transpercé ma Sphère de Karm sans le moindre effort…

• Sans le moindre effort… Je n’en suis pas si sûr, répondit Phobos en montrant Shun du doigt.

La respiration de Shun était haletante et très bruyante, comme si ses poumons étaient obstrués ou brûlés par le froid. Il était en nage et tenait sa poitrine au niveau du cœur. Les jambes tremblantes, il fut obligé de fermer les yeux tellement la douleur qui lui déchirait le thorax était insupportable. Au bord de la crise cardiaque, ses cheveux retrouvèrent leur couleur normale. Shun tomba à genoux et posa une main sur le sable trempé. La pluie s’était calmée, mais le vent soufflait toujours très fort. Une main sur son cœur, il rouvrit les yeux. À peine conscient, des étoiles dansant devant ses yeux, il n’entendait que sa respiration rauque mêlée au bruit des rouleaux. « Il est reparti… À nouveau… La prochaine fois qu’Hadès s’emparera de mon cœur sera certainement la dernière… Je ne peux pas mourir… Pas maintenant… », songea le jeune Chevalier de Bronze.

• Shun ! hurla un Ikki inquiet en accourant vers son frère.

Un rayon de lumière traversa la cheville du Chevalier du Phénix alors qu’il était en plein élan. La précision chirurgicale de l’attaque ne laissa sur l’Armure Céleste qu’une minuscule trace de piqûre de part et d’autre de l’articulation. Ikki tomba en avant, comme un oiseau fauché par un carreau d’arbalète. Il roula sur le sable comme un pantin désarticulé et s’arrêta à côté de son frère, sans penser un seul instant à lui-même.

• Shun… Est-ce que ça va ? demanda le Phénix.

• Oui… Je… Je vais bien, Ikki, sourit Shun avec difficulté.

• Assez ! cria Deimos. J’en ai plus qu’assez ! Chevalier d’Or, puisque tu tiens tant à affronter Shun d’Andromède, alors soit ! Je suis déjà certain du résultat de votre futur combat. Je me chargerai donc de mon triste frère.

• Tu souhaites… Te battre contre moi ? demanda un Phobos brûlant de rage et d’indignation. Je vais… t’« éduquer » à nouveau, sourit-il enfin.

De colère, Deimos partit à la vitesse de la lumière en direction de l’océan. Une explosion de sable accompagna son départ en creusant un cratère impensable dans la plage. Phobos le suivit avec un temps de retard, et tous deux partirent vers l’horizon, dans la tempête. Leur passage à la surface de la mer souleva des trombes d’eau sur une bonne dizaine de mètres. Lorsque les flots reprirent leur place naturelle, Shaka était seul contre Ikki, Shun et Esméralda. Il serra les dents en croisant le regard du Chevalier d’Argent, puis lui sourit.

• Je suis désolé, Esméralda. Tout devait se passer différemment.

• Dis-moi que c’est faux, Shaka. Je t’en conjure. Dis-moi que je fais un mauvais rêve. Dis-moi que Seiya n’est pas mort par ta faute. Dis-moi que tu n’as pas pris possession du Sanctuaire et que tu ne formes pas tous les enfants à devenir tes serviteurs. Je t’en prie, Shaka, dis-moi que…

• C’est vrai, coupa Shaka. Tout est vrai. J’ai assassiné ou fait assassiner tous les Chevaliers d’Or et j’ai pris possession du Sanctuaire il y a plus d’un an. J’ai tué tous les Maîtres qui ne voulaient pas se joindre à moi, plus quelques autres qui me trahiraient plus tard. J’ai tué des Chevaliers d’Argent, et j’ai même causé la mort de Seiya…

• Non… C’est impossible ! Tu aimais Seiya ! aboya Esméralda.

• Sans doute… Mais là n’est pas la question. Nous avions besoin de lui encore un moment. De toutes façons, il était condamné après avoir récupéré l’Armure du Phénix.

• Tu mens, Shaka, s’interposa Ikki, le regard noir.

• Ah oui ? répondit un Chevalier intrigué.

• Oui. Si tu n’avais besoin de Seiya que pour récupérer l’Armure du Phénix, tu aurais pu l’entraîner comme tous les autres, à devenir un de tes soldats. Mais tu ne l’as pas fait. Tu l’as entraîné avec justesse et avec compassion. Il aurait pourtant été plus facile d’abattre Esméralda, et d’entraîner le petit comme les autres.

• …

• Cela n’a pas de sens, reprit Ikki. Pourquoi Seiya a-t-il eu un traitement de faveur, Shaka ?

• Réponds, Chevalier ! hurla Esméralda.

• Non, Esméralda. Contente-toi de l’appeler Shaka. Il n’a visiblement jamais mérité son titre de Chevalier, lâcha le Phénix avec dégoût.

• C’est cela, Phénix. Déteste-moi. Tu me détesteras encore plus quand je t’aurai dit que tous les enfants qui ne ramèneront pas d’Armure au Sanctuaire seront tués, comme des animaux. Tu me haïras lorsque je te dirai qu’Esméralda ne sortira jamais de cette île vivante. Tu souhaiteras arracher mon cœur lorsque tu apprendras que j’ai torturé le Chevalier du Sagittaire durant plus d’une année avant qu’il ne se suicide pour échapper au conditionnement que j’avais opéré sur lui.

• J’ai déjà le souhait d’arracher ton cœur, Shaka, répondit Ikki en se relevant…

Au beau milieu de l’Antarctique, Phobos s’immobilisa quelques fractions de seconde après son jeune frère. Le froid était absolu, mais aucun vent ne venait balayer la scène. Le ciel était totalement dégagé. Phobos fit un pas en avant.

• Sale traître. Tu oses te rebeller contre ton propre frère ! lança-t-il a l’intention de Deimos.

• N’inverse pas les rôles, mon frère. C’est toi qui salis le concept même de fraternité.

• Tu es un meurtrier, comme moi ! Ne nie pas ta vraie nature !

• Une personne chère à mon cœur m’a appris quelque chose que tu ne peux comprendre : c’est qu’à force de travail et de volonté, au bout de siècles de patience, on peut changer sa nature.

• Stupidités ! C’est impossible. Nous sommes des tueurs, et rien ne pourra jamais changer cela.

• Non. Nous ne sommes pas des tueurs. C’est ça que tu n’as jamais pris la peine de comprendre. Nous sommes des guerriers. Des combattants. Pas des assassins…

• Ne me fais pas rire ! Je vois que l’influence de cette courtisane d’Altéa transpire par tous les pores de ta peau ! Serais-tu épris de cette dictériade (1) des dieux ?

• Comment viens-tu de l’appeler ? explosa Deimos dans un cosmos bleu dévastateur.

• Exactement ! Arès, notre Maître lui-même, le disait. Elle était l’instrument des dieux, mais pas seulement leur assassin préféré. Elle était leur courtisane, leur prostituée, lâcha Phobos avec dégoût.

• Mensonge ! Tu vas payer pour ton affront, sale chien malade ! vociféra Deimos, les yeux transformés par la fureur.

Il laissa son cosmos se développer à l’infini, à perte de vue. Phobos en fit de même, la haine de son frère en moins. Il l’avait piqué au vif, et l’amenait exactement où il le voulait. Deimos arma son bras droit, et déchaîna tout son pouvoir.

• La Lance d’Arès ! hurla-t-il. Ta force contre ma vitesse, Phobos !

• L’issue est évidente, traître ! répondit le Gardien en abattant son bras à son tour.

Les deux Chevaliers Célestes étaient perdus au milieu d’une fontaine de cosmos brûlant comme de la roche en fusion. Le visage d’Arès coiffé de son heaume d’Or à crête noire habillait l’horizon derrière chaque homme. Les deux adversaires éclatèrent leur attaque et le ciel fut constellé par des dizaines de rayons s’étendant du bleu polaire au rouge sang. Deimos avait un avantage de taille, ce qu’ignorait son frère : il venait de combattre le Chevalier d’Andromède. Il décida d’employer une tactique particulière, qui saurait faire la différence.

Il amorça sa course au moment où le premier rayon allait lui vriller le crâne. Dans une tempête de neige, il se propulsa en avant avec une telle violence que des pans entiers de glace furent éjectés vers le ciel. Beaucoup de rayons seraient perdus des deux côtés dans cette attaque, car chaque Gardien devrait se concentrer à la fois sur l’esquive et sur la précision des coups portés. Deimos y comptait bien. Son stratagème reposait en partie sur ce présupposé.

Phobos avait lui aussi commencé sa course, et avait choisi de partir en direction de son frère. Deimos ne voyait pas très bien l’intérêt d’une telle tentative. Les deux hommes s’étaient déjà entraînés maintes fois ensemble, et leur attaque commune n’avait aucun secret pour l’autre. Si Phobos arrivait au contact de son frère, celui-ci, fort de sa vitesse supérieure, n’aurait qu’à l’esquiver. De plus, si Phobos se rapprochait de lui, il se rapprochait non seulement de l’attaque de Deimos, mais aussi de la sienne.

Deimos continua sa course dans la même direction, acceptant le défi. Arrivé à quelques mètres de Deimos, Phobos sauta en l’air jusqu’à se retrouver au-dessus de son frère. Il écarta ainsi tous les rayons de Deimos en leur sautant par-dessus, et ceux-ci finirent leur course dans la croûte de glace éternelle, la criblant d’impact dans une fumée blanche noyant toute la scène dans un brouillard impénétrable. À la verticale de la scène, Phobos rappela ses rayons à lui, et les abattit vers le sol. Des dizaines de rayons de lumière disparurent dans le brouillard, puis une sphère d’énergie gigantesque le dissipa comme s’il n’avait jamais existé. Finissant son vol, Phobos redescendit vers le sol et dérapa sur presque une vingtaine de mètres, enfonçant ses pieds dans la glace sur la fin du mouvement. Un sourire sur le visage, il attendit que la sphère d’énergie révèle le cratère béant forcé dans la glace.

Phobos approcha lentement du bord du cratère, et posa le pied gauche sur un morceau de glace. Il croisa ses bras sur son genou, et examina avec un sourire démoniaque le fond de la plaie ouverte dans le continent. Il ne trouva pas le corps de son frère. Seulement de la glace brillante et de la neige fraîchement retournée. Levant les yeux, il vit Deimos debout, de l’autre côté du cratère. Malgré les cinq impacts de rayons visibles sur son Armure, il souriait. Phobos vit son frère fermer le poing, et n’eut pas le temps de se retourner.

Un rayon arrivant en traître lui déchira l’épaule droite, deux autres perforèrent son ventre, un broya son genou gauche, un autre sa cuisse droite, et enfin un dernier lui vrilla le pied droit. La Gardien les vit ressortir de son corps avant de sentir la douleur le fendre en deux. Il dévala le cratère et s’immobilisa au fond. Avec peine, il tenta de se relever pour jeter à son frère un regard plein de haine.

• Co… Comment… balbutia-t-il.

• C’est une technique qui m’a été montrée par le jeune Andromède. Je pense que c’est une de celles qu’il a utilisées contre Eo de Scylla. J’y ai laissé une main.

• Comment… fais-tu pour tenir debout ! Cinq de mes rayons t’ont transpercé le corps !

• Imbécile… Crois-tu réellement que cinq malheureux rayons pourraient m’arrêter ? Je me suis arrangé pour qu’ils ne touchent aucun point vital, comme ceux qui t’ont frappé, d’ailleurs.

• Tu veux dire… que tu as eu le temps, au milieu de cette masse d’énergie, de bouger assez vite pour qu’aucun d’eux ne soit mortel ?

• Exactement.

• Impossible ! Même toi, tu ne peux te déplacer aussi vite !

• Bien sûr que si…

• Mais alors, pourquoi ne les as-tu pas évités, tout simplement ?

• Je savais que mon attaque allait te toucher, alors je voulais que nous soyons à égalité.

• Tu veux dire… que tu t’es laissé volontairement touché par cinq rayons… parce que tu m’en destinais cinq toi aussi ?

• C’est exact.

• Tu es complètement fou ! À quoi sert une victoire si elle n’est pas totale ?

• Oh, elle sera totale, mon frère… Pour moi, contrairement à toi, cinq rayons traversant mon corps équivalent à peu près à une douloureuse piqûre d’insecte…

• Non… Serait-ce…

• Bien entendu. Pendant des centaines d’années, lorsque je ne me montrais pas assez cruel à ton goût, tu m’infligeais des séances de torture interminables en me laissant dans les bras de la mort, certaines fois avec des organes perforés et mon seul cosmos pour m’éviter de succomber. Des centaines de fois j’ai reçu de ta main des rayons de la Lance d’Arès, et des centaines de fois j’ai survécu. J’ai survécu, Phobos ! Même la fois où après la campagne d’Athéna, tu avais criblé mon corps de 71 piqûres… 71, espèce de dément ! Je voulais te montrer que pour moi, cinq rayons ne représentent rien, et c’est grâce à toi, mon frère…

C’était la deuxième fois en quelques secondes qu’Ikki goûtait à son sang. Son dos lui faisait tellement mal qu’il avait l’impression que sa colonne vertébrale était brisée. Il venait de détruire une dizaine d’arbres avec son corps, et sa jambe était à nouveau brisée. Il ne la récupèrerait peut-être plus jamais complètement. Shun se tenait là, à quelques dizaines de mètres, toujours à genoux. Il fixait Shaka avec insistance, mais n’avait pas bougé lorsque la Vierge avait attaqué son frère par deux fois.

• Je sais bien que cela ne servirait à rien que j’utilise contre toi les 7 Livres du Râmâyana, Phénix, commença Shaka. J’ai vu ton combat contre mon double. Je connais tes attaques, de même que je connais les siennes. Te retirer tes sens ne ferait que te rendre plus fort. Je n’ai donc qu’une autre possibilité…

Ikki regardait le corps d’Esméralda, redevenue inconsciente. Elle avait essayé de protéger l’homme qu’elle aimait après que les Ailes du Phénix aient échoué quelques secondes auparavant. Les deux Chevaliers avaient été balayés comme des poupées de chiffon, la puissance de l’attaque d’Ikki retournée contre son déclencheur. Pour la première fois depuis… Phobos, Ikki se sentait impuissant. Il savait qu’il pourrait certainement emporter la Vierge avec lui, mais ce choix signifierait abandonner Esméralda et son frère à peine retrouvé. Il n’aurait pas hésité un seul instant quelques mois auparavant, mais maintenant… il avait changé. Shaka et Phobos avaient tout calculé pour qu’il en soit ainsi, et ils avaient réussi.

Ikki ne s’en voulait même pas. Il devait simplement trouver quelque chose afin d’abréger ce combat. Quelque chose d’autre que la colère ou la haine prévues par Shaka. Quelque chose qu’il n’attende pas. Mais quoi ?

• Moi aussi, je veux revoir le Phénix du port de Yokohama. Je souhaite affronter le Phénix qui m’a frappé avec toute sa haine lorsqu’il a découvert le corps du petit Seiya et qu’il a crû morte sa bien-aimée. Je vais donc m’en prendre à ton frère, Chevalier, lança Shaka en s’adressant à l’esprit d’Ikki.

• Non ! hurla Ikki. Je suis ton homme, dit-il en vacillant comme la flamme d’une chandelle. Laisse-le tranquille.

• Non… Il te faut plus de colère…


Note de l'auteur :

(1) Une dictériade est une prostituée, une courtisane, existant pour le plaisir des dieux.

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