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Cette fiche vous est proposée par : Siegfried


Paradise Chapter

Approchant la vitesse de la lumière, Shun et Deimos avaient traversé la Maison des Poissons et se dirigeaient maintenant vers celle du Verseau. La concentration de chacun était presque palpable et éclairait le regard des deux Chevaliers. Ils ne se quittaient pas des yeux tout en esquivant les obstacles de la route bien connue des marches du Sanctuaire. Deimos détruisit plusieurs jarres remplies de fleurs du revers de la main pour ne pas à avoir à modifier sa trajectoire et se rapprocher du jeune Andromède. Les chaînes de celui-ci pointaient vers leur adversaire, mais Shun les retenait. Les deux ennemis sautaient dans le ciel comme des dieux pris dans une danse macabre, s’étudiant, cherchant la faille dans la défense de l’autre.

Dépassant maintenant presque la vitesse de la lumière, les deux hommes sautèrent sur le toit de la Maison du Verseau en prenant appui sur un banc de marbre blanc veiné de gris et recouvert d’une fine pellicule de mousse. Il explosa sous la pression des deux combattants s’élançant comme des étoiles filantes. Shun et Deimos dérapèrent sur le toit en tournant sur eux-mêmes, et durent en labourer la surface pour réussir à s’arrêter dans un nuage de poussière de marbre. Le cosmos de Shun brûlait de toute sa détermination et celui de Deimos se répandait déjà dangereusement sur le sol de cette arène de combat improvisée. On pouvait voir presque tout le Sanctuaire baigné dans la pénombre, quelques flambeaux criblant la nuit de tâches claires. L’air sentait l’herbe fraîchement coupée, la fleur de thé et la poussière de craie…

• Tu es plus rapide que moi, mais tu as bien compris que si tu l’étais trop, ta vélocité te nuirait, commença Shun.

• Effectivement, Chevalier, répondit le Gardien. Si je bouge trop vite, j’éprouve de la difficulté à déplacer ma masse avec fluidité et à prendre des virages serrés. Ta chaîne pouvant prendre des virages à angles droits, je dois rester agile et pas simplement rapide.

• Ce qui va t’obliger à te battre à mon niveau de vitesse…

• Et toi à mon niveau de force et de précision.

• Exact, conclut Shun avec un petit sourire nerveux.

Le jeune Andromède devait mettre tout son courage et toute sa détermination dans ce combat. Si Deimos n’estimait pas le niveau d’investissement de Shun suffisant, il en conclurait à une rupture du pacte et ferait tout pour le faire taire à jamais. Non. Shun devait tout donner, quitte à blesser son adversaire mortellement. Avec de la chance, il n’en arriverait pas là. La question était de savoir, si Deimos, lui, ferait quelque chose pour éviter d’avoir à blesser à mort le jeune Chevalier de Bronze. Lorsque le Gardien leva un bras vers le ciel et qu’une lance d’Or rappelant le trident de Pandore apparut, l’heure ne fut plus à la réflexion mais à l’action.

• La Lance d’Arès ! annonça Deimos comme une sentence, à la manière de son frère.

Shun ferma les yeux et se concentra sur sa chaîne défensive. Il avait eu une idée il y a plusieurs minutes et comptait bien la mettre en pratique. Il n’avait pas eu la chance des autres enfants d’aller à l’école et d’apprendre toutes ces choses, mais il avait été entraîné par un Maître juste et savant. Il ne connaissait certainement pas le fonctionnement de la lumière aussi bien qu’un spécialiste, mais il savait que c’était une onde, une radiation, et qu’elle avait une fréquence, solide ou non. L’extrémité de sa chaîne commença à tourner en spirale autour de lui, formant des cercles dont Shun était le centre, et dont pas un n’avait le même rayon que le suivant. Certains étaient très larges, et d’autres touchaient presque le corps du jeune Andromède qui restait immobile.

• Chaîne Nébulaire, protège-moi ! lança-t-il avec une petite voix très concentrée.

Deimos vit l’étrange danse de la chaîne d’Andromède au moment où il serra le poing droit et éclata son mortel faisceau en une myriade de rayons à la précision parfaite. Une grappe de lumière fondit sur le Chevalier de Bronze et Deimos faillit hurler à son adversaire que cela ne servait à rien de rester immobile, que sa lumière solide allait le détruire ! Mais Shun n’était pas son ami et c’était un combat à attaques réelles. Le cadre du pacte avait été posé, et tout meurtrier qu’il fut, Deimos n’était plus homme à revenir sur sa parole donnée.

Il avait passé une vie entière à détruire et semer la discorde au nom de son dieu, afin de construire une nouvelle ère. Une période bénie où la force dominerait l’idée. Une période mémorable où le combat dominerait la paix. Une période faste où les puissants domineraient les faibles. Il ne trouva qu’une période terne où la laideur dominait toute noblesse. Il était responsable de la chute de Rome et de l’avènement du Moyen-Âge, cette régression historique inutile. Altéa avait raison. Il lui avait fallu trouver du sens à sa destinée afin de s’y opposer. Il n’était plus une machine de destruction, encore moins à la solde d’un dieu corrompu et d’un frère malade.

La centaine de rayons bleutés déchira la nuit en se dispersant sur l’étrange protection d’Andromède. La majorité fut déviée vers les cieux dans une nuée éparse d’étoiles filantes, et le reste plongea au hasard vers le reste du Sanctuaire, le criblant au loin de petits impacts de lumière. Deimos resta médusé par la scène. Il comprit que la chaîne devait vibrer à une fréquence troublant celle des rayons pour en changer la course. Son visage hésita entre un sourire d’admiration et un regard de colère lorsque Shun contre-attaqua.

• Vagues de Tonnerre ! hurla le jeune Chevalier de Bronze.

Une multitude de chaînes argentées fondit vers un Chevalier Céleste qui n’était déjà plus là. Deimos avait commencé sa course vers l’autre côté du toit, et les chaînes de Shun le suivaient comme sa propre ombre. Elles étaient nombreuses, et le Gardien vit plusieurs pointes triangulaires le frôler lorsqu’il dérapa en arrachant plusieurs dalles de marbre du toit de la Maison du Verseau. Tel Fo de Tirynthe, il se propulsa en avant, jambe arrière tendue et genou avant replié, en direction d’Andromède. Une trentaine de chaînes offensives prirent un virage serré dans le dos du Chevalier et tentèrent de le rattraper avant qu’il n’atteigne leur Maître.

Deimos arriva au contact de Shun en moins de temps qu’il n’en fallut à ce dernier pour ouvrir la bouche d’étonnement, et l’esquiva par la droite avant de passer dans son dos. Une tempête de chaînes déferla tout autour de Shun, comme si une nuée de flèches essayait de le terrasser. Aucune ne le toucha, bien entendu, mais il fut contraint de fermer les yeux pour ne pas être aveuglé par le nuage de poussière de marbre déplacé par la course de son adversaire. À chaque enjambée effectuée à la vitesse de la lumière, Deimos arrachait encore un peu plus de la surface du toit rendue poreuse par l’action du temps.

Sa main transpercée lui faisait mal, mais cela n’avait rien de comparable avec les centaines de blessures qu’il avait reçues dans le passé. Il s’immobilisa en dérapant accroupi sur un coin du toit, pour laisser passer plusieurs flèches au-dessus de sa tête. Il se releva instantanément et frappa le sol de son pied gauche, suffisamment pour créer un petit cratère, mais pas assez pour que le plancher improvisé ne s’effondre. Des éclats de pierre rebondirent sur sa jambe droite. Il bougea son pied gauche dans le trou comme pour y écraser un insecte, et trouva l’appui nécessaire à sa course. Le toit explosa sous la pression lorsque Deimos s’envola littéralement vers l’avant, les traits tirés et les dents serrées.

Sa vue se troubla lorsqu’il arriva à deux fois la vitesse de la lumière en quelques mètres, et il eut toute la peine du monde à armer son attaque en luttant contre la pression exercée sur son corps. Son bras se leva avec difficulté et il concentra son cosmos dans son poing droit. Il affronta les chaînes d’Andromède de face et profita de sa vitesse supérieure pour noter l’exacte trajectoire de chacune d’elles. Il les vit presque au ralenti. Il en restait treize. Il pourrait en détruire neuf avec sa Lance d’Arès, mais les quatre dernières seraient difficiles à éviter. Il calcula son attaque avec méthode et précision, et déchaîna l’Enfer. La pression était telle qu’il ne pouvait même pas prononcer le nom maintenant bien connu de son attaque.

Deimos n’envoya pas une attaque concentrée qu’il aurait dû faire exploser par la suite. Il n’en avait pas le temps. Deux salves de cinq rayons partirent directement du bout des doigts de sa main droite, les neufs premiers étant dirigés vers les dangereuses pointes acérées, et le dernier vers son adversaire. Deimos voulut sauter pour éviter les chaînes d’Andromède maintenant que son attaque était lancée, mais savait bien qu’avec sa vitesse actuelle, il finirait trois Maisons plus bas dangereusement blessé. Tant pis. Il risquerait le tout pour le tout !

Il continua sa folle course en direction du jeune Shun, toujours en train de fermer les yeux, perdu au milieu de toutes les chaînes horizontales le dépassant à une vitesse supérieure à celle de la lumière. Deimos glissa sur le sol en labourant le toit, les jambes en avant et la main gauche arrachant des pans entiers de marbre pour freiner sa vitesse. Il passa entre les jambes écartées d’Andromède alors que son attaque pulvérisa les neuf pointes acérées dans une débauche d’explosions et de poussière d’étoile. Lorsqu’il eut dépassé le corps d’Andromède finissant de se retourner, il planta totalement son bras dans le toit et en creva la surface. Il s’immobilisa dans le dos de Shun, allongé, un doigt tendu vers la nuque du jeune Chevalier.

Shun se retourna et vit toutes ses chaînes exploser dans un déluge orangé. À moitié aveuglé par la lumière, il ne vit pas le dangereux rayon restant se diriger vers son visage dans une frappe mortelle. Sa chaîne défensive bougea d’elle-même et le détruisit alors qu’il allait vriller le crâne du Chevalier de Bronze. Rouvrant les yeux, Shun laissa la poussière retomber. Le fracas des pierres tombant en contrebas l’empêchait d’entendre la course de Deimos et de savoir où il pouvait bien se trouver. C’est alors que Shun remarqua la trace de labour sur le sol, et un pied d’Armure violette. Il sentit une violente douleur lui déchirer l’épaule droite, et tomba à genoux. Les quatre dernières chaînes s’éparpillèrent en manquant totalement leur cible, Shun ayant perdu toute sa concentration. Il vit un fin filet de sang s’écouler d’une piqûre arrogante sur son épaulière droite. On aurait dit que l’Aiguille Écarlate du Scorpion l’avait frappé. La douleur lui vrilla le crâne, et il tomba sur le côté. Deimos se releva.

Regardant le jeune Chevalier à terre, le Gardien repensa à son deuxième affrontement contre Altéa d’Oligol. Il avait pratiqué sur elle toutes ses techniques, y compris la plus puissante, quitte à y laisser sa vie. Il avait été rapide, très rapide. Cela n’avait pas été suffisant. Il revit le visage chaleureux du Chevalier Céleste, ses paupières maquillées d’un rouge écarlate. Elle lui avait dit que son attaque était splendide, et qu’elle avait eu de la chance de pouvoir l’arrêter. Deimos savait bien que c’était faux. Elle avait stoppé la Terre Obscure comme s’il s’était agit d’une brise d’automne. Elle était humble, et elle était bonne. Il se souvint de ses paroles : « Tu dois combattre avec ton âme et ton cœur, et non avec tes poings. Sinon, un jour, une simple fleur réussira à t’emporter… »

• Tu étais à ma merci, Chevalier, s’amusa Deimos avec un certain respect. Je pouvais te tuer.

• Pourquoi… ne l’as-tu pas fait ? demanda Andromède.

• Les morts se battent beaucoup moins bien que les vivants.

• C’est certain… sourit Shun malgré lui.

• Je n’ai touché aucun point vital, mais j’ai détruit un nerf de ton épaule. Ainsi, il te sera beaucoup plus difficile de manœuvrer ta chaîne offensive.

• Je vois… répondit Shun en essayant d’ouvrir et de refermer sa main droite.

• Cette phase de combat était superbe. Tu t’es bien battu.

• Oui… Mais je ne suis pas assez rapide.

• En effet. Cependant, tes chaînes le sont. Il te suffirait de réussir à les suivre pour rendre tes attaques parfaites.

Shun se releva sans trop de difficultés, pour se retrouver à quelques mètres de Deimos. Son épaule lui faisait mal, mais rien de dramatique. Ce que le Chevalier Céleste ne savait pas, c’est que Shun n’avait pas besoin de ses chaînes pour attaquer. Il songea à son frère, probablement encore en train de se battre contre Phobos. Certainement en grand danger. S’il voulait le revoir un jour, il lui fallait gagner ce combat. Il en était conscient. Il développa un cosmos puissant, qui commença à tournoyer avec élégance tout autour de lui, dans des éclairs roses. Deimos fit un pas en arrière.

• Tu as voulu me priver de ma faculté d’attaquer, Chevalier, reprit Shun. Mais tu vas découvrir que je n’ai nullement besoin de mes chaînes pour cela…

• Que dis-tu ? répondit un Deimos piqué par la curiosité.

• Je sais bien que si je veux revoir mon frère, je dois remporter ce combat. Tu ne me laisses pas le choix, Chevalier. Je vais déchaîner contre toi l’attaque la plus puissante d’Andromède.

Shun était plus que jamais très concentré. Baigné dans son cosmos, il était presque bien. Il combattait un formidable adversaire, sans avoir aucune envie de le tuer. L’enjeu était de taille, certes, mais comportait une pression de moins qu’à l’accoutumée. Deimos n’était pas fou à lier, et Shun ne se battait pas pour le tuer ou l’empêcher de faire le mal. Il devait juste gagner et pouvait le faire sans tuer son adversaire. Cette perspective rendait pour lui la chose plus facile, alors que cela aurait été le contraire pour tout autre Chevalier. Il laissa son cosmos l’envahir et l’embrassa pour la première fois sans être dans un état de confusion. Il pénétra tout son être, et Shun vit toute la scène en doré.

Deimos était fermement campé sur ses appuis, les bras croisés devant son torse, les poings fermés. Le cosmos de l’ancien Berserker inondait le sol d’une énergie bleue et rouge. Le visage d’Arès apparut dans son dos : un visage aux traits durs et aux cheveux noirs, comme celui de Deimos. Il portait un casque doré gigantesque orné d’une crête. Les yeux de l’image spectrale se mirent à luire d’une lumière verte comme l’émeraude, et une planète apparut à sa place. Deimos était maintenant baigné par une image de la Terre vue du ciel.

Le toit de la Maison du Verseau disparut pour laisser place à un champ de bataille. Il faisait nuit, et la pluie frappait le sol boueux où l’eau se mélangeait au sang des morts et des blessés. Des corps de Chevaliers transpercés, démembrés, défigurés, tapissaient la plaine. Un inquiétant orage zébrait le ciel d’éclairs jaunes, se reflétant sur les Armures des guerriers tombés. Des femmes et des enfants faisaient également partie des victimes et gisaient à terre. Une mère, une lance fichée en son cœur, était tombée sur son enfant recroquevillé, en serrant sa petite main inerte. Certains Chevaliers étaient à genoux, sans tête, ou bien une épée plantée dans le corps. Des lances crevaient le sol à perte de vue, enfoncées dans des corps d’humains et de chevaux. Un vent portant des effluves méphitiques agressait les narines de Shun, qui dut porter sa main à sa bouche pour ne pas vomir. Toujours devant lui, Deimos trônait au milieu d’une Terre gigantesque.

• La Terre Obscure ! lâcha le Chevalier lorsque la foudre éventra la tour d’un château lointain.

• Par la Tempête Nébulaire ! hurla Shun en faisant exploser son cosmos de dégoût et de rage.

Pour chaque vie prise par Deimos et son frère, un rayon partit de la Terre Obscure en direction de Shun. Une quantité incalculable de faisceaux émergèrent du continent européen, puis du Moyen-Orient, de l’Asie médiane, de l’Amérique du sud, de l’Afrique… Un rayon de lumière solide partit de chaque endroit où était tombé une pauvre âme sous les coups des Berserkers au cours de l’Histoire du monde. Des millions de rayons quittèrent l’image de la Terre Obscure derrière Deimos, comme autant de fusées tentant de fuir une planète condamnée, et fondirent vers Shun d’Andromède. Le Chevalier de Bronze, lui, déchaîna sa Tempête Nébulaire plus violemment encore qu’il ne l’avait fait sur Sorente de la Sirène. Le vent brûlant chargé de cosmos alla à la rencontre de la Terre Obscure. Il fut traversé par les rayons du Gardien, mais n’arrêta pas sa course.

Deimos en fut vite prisonnier et ne put plus bouger d’un pouce. Il vit le cœur de la Tempête se rapprocher de lui, totalement impuissant, tout comme Shun vit la quantité incalculable de rayons se rapprocher inexorablement de lui. Il repensa à June du Caméléon, à son frère, à ses amis… et laissa son cosmos le consumer jusqu’à la dernière cellule. Avant d’être emporté par l’attaque de son adversaire, Deimos put à nouveau voir les étranges cheveux de Shun devenir noirs comme l’ébène.

Il comprit alors. Mais peu importait. Il était trop tard pour stopper sa propre attaque, de même qu’Andromède, ou qui qu’il soit, ne le pouvait plus non plus. Un orage de cosmos rose et doré lézardé de lances bleutées constella la nuit sur le champ de bataille. Deimos était un prodige du combat. Il n’était pas nécessairement le plus puissant de tous les Chevaliers, mais il demeurait un excellent tacticien avec une expérience de la guerre hors catégorie. Il avait un instinct infaillible, qui jamais ne l’avait trompé. L’attaque d’Andromède allait l’emporter, et le tuer. Il le savait.

Son cosmos était partout et Deimos n’avait plus aucune force. La Terre Obscure était une technique risquée, et comme à chaque fois qu’il l’avait pratiquée, elle l’avait drainé de toute son énergie. Il n’avait plus la force de bouger, ni de maintenir son intangibilité et celle d’Andromède au sein de cette réalité. Il relâcha toute sa concentration et se laissa consumer dans une mort de rêve. C’est alors qu’il vit la Tempête d’Andromède faiblir et le Chevalier de Bronze tomber à genoux, ses cheveux de nouveau verts. Il se força à faire un pas en avant, et constata qu’il pouvait presque bouger librement. Il vit une Rose Blanche plantée dans le cœur du jeune Andromède, et sentit le sien comme frappé par une épine mortelle. Il eut le temps de voir une fleur pénétrer sa poitrine, puis tous les rayons de lumière explosèrent sur Shun, et le déluge de lumière fit perdre connaissance à Deimos.

Lorsque Shun se réveilla, Mû du Bélier se trouvait à ses côtés, dans une toge de coton cintrée ressemblant à une robe de cérémonie légère et discrète. Ses longs cheveux étaient attachés et tombaient sur une épaulière dorée. Shun portait les mêmes habits que le Chevalier d’Or. Son Armure divine d’Andromède trônait à l’entrée de la Maison du Bélier, à quelques mètres de là. Une violente douleur déchirait toujours le cœur du jeune Chevalier, mais aucune rose n’était plus fichée dedans. Plus loin, Deimos était allongé, Aphrodite des Poissons à ses côtés, une Rose Blanche plantée dans sa poitrine.

• Est-il… commença Shun.

• Non. Pas encore, répondit Mû. Tu n’es pas le Chevalier d’Andromède que j’ai connu. Il est mort dans la Maison du Capricorne, il y a plus d’un an. Qui es-tu, Chevalier ? demanda Aphrodite. Et qui est l’homme à l’étrange Armure que tu combattais ?

Rassemblant ses esprits, Shun entreprit de raconter toute l’histoire. Il raconta son épopée du Sanctuaire avec ses amis, leur descente dans le Royaume de Poséidon et en Hadès, ainsi que leur visite forcée en Asgard. Il détailla avec précision leur montée des Sphères Célestes et son combat contre Deimos de Télamon. Il supplia Mû et Aphrodite de sauver le Chevalier Céleste.

• Aphrodite, retire la Rose Blanche du cœur de cet homme, demanda Mû.

• Tu es sûr ?

• Oui. Shun ne souhaite pas que ses années à rechercher la rédemption soient réduites à néant et trouvent une fin grotesque dans une mort prématurée, et je suis d’accord avec lui.

• Très bien…

Deimos rouvrit les yeux pour voir une Rose Blanche sortir de sa poitrine. « Tu dois combattre avec ton âme et ton cœur, et non avec tes poings. Sinon, un jour, une simple fleur réussira à t’emporter… » Les paroles d’Altéa résonnèrent dans son esprit comme un ironique retour à la réalité, alors qu’un petit déchirement au niveau de son cœur le fit grimacer. Il regarda Aphrodite avec étonnement, cracha un peu de sang, et demanda :

• Pourquoi… me sauver ?

• Parce que le Chevalier d’Andromède l’a souhaité, ainsi que celui du Bélier.

• Comment… peut-il être encore en vie… J’ai vu la Terre Obscure le détruire…

• Non, répondit Mû. Tu as vu ton attaque détruire mes deux Murs de Cristal. Seuls quelques rayons ont traversé le second, et aucun n’a touché le Chevalier d’Andromède. Ton attaque était dévastatrice, Chevalier. Je n’avais jamais eu encore à dresser deux Murs simultanés.

• Oui… Je n’avais plus la force de nous garder intangibles…

Deimos tourna la tête pour regarder Shun dans sa toge de coton blanche. Ses longs cheveux verts tombaient sur ses épaules. Il lui sourit.

• Chevalier, aucun de nous n’a gagné le combat…

• Au contraire, s’interposa Mû. Vous avez tous les deux gagné.

• Pourquoi cela ? demanda Deimos.

• Parce que vous êtes tous les deux en vie…

Deimos rendit un sourire fatigué au jeune Andromède. Son souffle était court, mais ses jours n’étaient pas en danger.

• Shun… Durant la Terre Obscure… tu as vu l’étendue du mal que j’avais dispensé autour de moi avec mon frère. Je suis désolé. Je… Je ne veux plus être Deimos de Télamon. Je ne veux plus rien avoir à faire avec mon frère ou le meurtrier que j’étais. Je vais te conduire à ton frère et régler mes comptes avec le mien.

Le Gardien se saisit de la Rose Blanche d’Aphrodite, encore ruisselante de son sang écarlate. Au loin, vers le fond de la maison du Bélier, Deimos crut apercevoir Altéa, les jambes croisées, adossée à une colonne de marbre. Il ne pouvait voir que les contours de sa silhouette, mais il savait qu’elle lui souriait. Ou bien peut-être n’était-ce qu’un délire de son esprit fatigué.

• Deimos est mort aujourd’hui. Une simple fleur a réussi à l’emporter… termina l’ancien Berserker dans un murmure.

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