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Cette fiche vous est proposée par : Siegfried


Paradise Chapter

Shiryu finit de rouler sur le sol immaculé dans un fracas assourdissant. Retrouvant son souffle, il s'allongea sur le dos et leva un peu la tête pour voir sur combien de mètres il avait volé. La porte de la Sphère de Mercure n'était nulle part en vue. Il leva le bras gauche pour examiner son bouclier céleste et vit qu'un petit trou y avait été percé, comme si un foret avait essayé de le pénétrer en son centre. Le trou avait été foré sur plus de deux centimètres de profondeur. « Incroyable. Si la langue du Lion avait touché mon ventre ou tout autre partie de mon Armure Céleste, il l'aurait transpercée... Ne meurs pas, Hyoga ! »

Alors qu'il essayait de lever les yeux vers son ennemi, Hyoga éprouva une douleur qui devint si forte que le Cygne ne la sentit plus du tout. Fo l’avait frappé en traître dans le dos, juste entre les ailes alors qu'il essayait de se relever, et Hyoga put entendre son Armure Céleste s’éffriter sous les griffes de la Chimère à l’endroit de l’impact. Il prit un faible appui sur sa jambe gauche et se dégagea. Il se retourna tant bien que mal et tituba sur quelques pas. En dépliant son corps pour se relever, la douleur se fit moindre et Hyoga put rassembler ses esprits. Fo avait toujours le poing tendu en l’air, dans sa position d’attaque, comme s’il n’avait pas vu Hyoga se dégager et qu’il avait toujours le poing fiché entre les ailes du Cygne.

• Est-ce là l’honneur d’un Chevalier Céleste, Fo ? Est-ce là tout l’honneur dont est capable le Gardien de la Sphère de Mercure ? aboya Hyoga. Je ne sais pas ce qui t’est arrivé, mais je suis certain d’une chose : l’homme qui vient de m’attaquer comme un lâche ne peut être celui dont la Princesse Myliana était éprise !

Le visage de Fo se transforma. Il passa du rictus amusé de l’animal malade à celui de l’animal touché d’une flèche en plein cœur. Ses traits redevinrent presque normaux, le sang injectant ses yeux arrêtant de pulser dans sa tête. Sa bouche s’entrouvrit avec difficulté.

• My…liana… essaya-t-il.

• Oui, Myliana. Celle que tu aimes et qui t’aimait. La Princesse Myliana.

Fo de Tirynthe porta sa main à sa bouche comme s’il allait vomir, puis son regard retrouva la méchanceté dont il savait faire preuve depuis peu. Il regarda Hyoga sans vraiment le voir, ne distinguant qu’une tache blanche et argentée. Il sentit son cœur brûler comme un feu d’Enfer et le poison affluer dans chaque veine de son organisme. « Hyoga… Je… », eut-il juste le temps de penser avant que les ténèbres ne reprennent totalement possession de son être. Il revit très clairement le Cygne, qui ne semblait plus d’accord pour jouer avec lui. Hyoga baignait dans un cosmos blanc comme un lac gelé. Il exhalait de l’air froid et Fo put entendre son souffle rauque.

Le Cygne commença une danse bien connue. Ses bras fouettèrent l’air glacial avec grâce et élégance et il se releva pour s’étirer vers le ciel, ailes déployées. Il sembla à Fo que son adversaire frappait le ciel avec ses poings et il perdit le Cygne de vue à chaque coup porté de la sorte, à cause du brouillard givrant qui rebondissait sur le plafond pour l’envelopper. Le sol de toute la salle gela et le cosmos de Hyoga empêcha bientôt le Guerrier de voir le fond de sa pièce.

Il se remit à genoux et planta ses griffes dans la glace. Son corps enveloppé dans sa cape, sa position ne permettait à Hyoga de voir que son regard à travers les cornes de la Chèvre diabolique. Les yeux de cette dernière scintillèrent imperceptiblement et Fo se rua vers le Chevalier du Cygne dans une comète rouge comme le sang. Le sifflement strident de l’attaque fit penser au Poing du Titan de Thor de Gamma. La comète se rapprocha dangereusement à une vitesse impensable et Hyoga arma son poing droit avant de tendre tout son corps vers l’avant.

• À moi, La Poussière de Diamant !!! hurla-t-il.

Hyoga vit sa poussière glacée destructrice partir dans un faisceau volontairement large. Le but était de ralentir suffisamment le Guerrier Céleste avec le souffle de la Poussière pour que sa vitesse perdue permette à Hyoga de trouver la faille. Il devait y en avoir une ! La progression de Fo se fit imperceptiblement moins rapide, les yeux de la Chèvre fixant toujours leur objectif, et lorsque le Cygne put enfin voir apparaître le visage de Fo au centre de la comète rouge, il comprit.

• Ça y est ! Je l’ai vu ! lança-t-il toujours concentré.

Hyoga sentit son corps reculer de lui-même en arrière dans une vision surréaliste. Ses pieds ne touchaient plus le sol et il volait vers le fond de la pièce, le regard figé sur Fo de Tirynthe qui rétrécissait à mesure que Hyoga se rapprochait d’un dangereux mur.

• J’ai compris ! Je l’ai vu ! s’exclama Hyoga en déployant ses ailes dans une explosion de cosmos blanc.

Il freina sa course instantanément, à moins de deux mètres du mur qu’il aurait éventré, puis posa son pied droit sur le sol. La main sur son flanc droit cette fois, Hyoga éteignit son cosmos. La marque des trois griffes était plus que visible, mais la douleur était dérisoire face à celle du premier coup reçu. « J’ai compris, pensa-t-il. Il attaque comme certains Samouraï qui donnent un coup de pied avant de frapper au sabre. Il se sert de la force de ses cornes pour éperonner l’ennemi et casser sa garde à la vitesse de la lumière. Une fois que l’adversaire n’a plus sa position de défense et qu’il commence à reculer sous l’impact, les griffes du Lion peuvent mordre à loisir presque n’importe quelle partie de l’Armure à une vitesse supérieure à celle de la lumière. J’ai vu les yeux du Lion scintiller sur le casque de Fo au moment où il m’a percuté… »

Hyoga sentit son courage revenir face à cet adversaire au comportement erratique. Il ne comprenait toujours pas pourquoi Fo avait changé du tout au tout en revêtant son Armure de la Chimère et voulait en avoir le cœur net. Il sentait bien que l’Armure était possédée par le mal et qu’elle infectait son hôte. Mais alors, comment Fo avait-il pu la quitter la dernière fois qu’il l’avait portée ? C’était ce qu’il fallait découvrir pour arrêter ce combat sans le tuer, comme il l’avait promis à Saori.

• Fo ! Souviens-toi de la Princesse Myliana ! Souviens-toi de qui tu étais ! As-tu oublié ton Amour ?

Le Guerrier eut un nouveau temps d’hésitation. Hyoga pouvait presque entendre le sang affluer et refluer dans sa tête. Il porta les deux mains à son visage et un cosmos maintenant trop connu suinta par les jointures de l’Armure de Fo. Le jeune Cygne fut pris de maux de tête à lui fendre le crâne alors qu’il fixait les yeux du Lion sur le casque du Guerrier. Il vit, comme Saori avant lui, une série de scènes se dérouler devant ses yeux. Il vit Fo et Myliana graver tous les deux les fresques qui ornaient les murs de la Sphère, Fo se moquant avec amour du manque de finition de la Princesse et elle de lui taper sur l’épaule dans un éclat de rire. Hyoga vit ensuite l’Armure de la Chimère trôner sur une stèle, à l’exact endroit où s’était trouvée la statue d’Athéna sculptée par Fo. Elle semblait observer son Chevalier rire et danser avec sa bien-aimée.

Les yeux de l’Armure scintillèrent, puis le Cygne vit Fo vêtu de son Armure devant la Princesse, trois griffes fichées en son cœur. Il riait comme un meutrier en demandant encore plus. Myliana lui sourit et posa sa main sur sa joue. Il se figea, prit d’une incompréhension soudaine et elle l’embrassa en rendant son dernier soupir. Il fit un pas en arrière, lâchant la Princesse qui tomba à terre comme une poupée morte dans un fracas épouvantable. Fo regarda ses mains, sentant le poison ralentir dans ses veines. Le sang injectant ses yeux disparut lentement et il porta sa main tachée de sang à son visage, le couvrant partiellement du liquide rouge. Les lèvres pleines de sang derrière sa main prise de spasmes, Fo tomba à genoux et hurla tellement fort qu’une étoile dut mourir quelque part. Peut-être était-ce celle de Myliana, ou peut-être était-ce déjà la sienne…

Hyoga revint à lui en ouvrant les yeux avec la plus grande difficulté du monde. Ce n’était pas qu’il n’en avait pas le pouvoir, mais il ne voulait juste pas regarder le Guerrier en face. Il essuya ses larmes, mais cela ne changea rien. Il n’arrivait pas à ôter de son esprit la vision de Fo lâchant sa bien-aimée dans un éclair de lucidité. Il n’arrivait pas à oublier le bruit de la tête de Myliana cognant contre le marbre. Il n’arrivait pas à effacer de sa tête le sourire aimant de la Princesse. Hyoga ne comprenait pas pourquoi l’Armure de la Chimère lui avait transféré ces visions insoutenables et il ne le saurait jamais. Il ouvrit les yeux et vit Fo rire bêtement. Hésitant entre le chagrin et la pitié, Hyoga essaya d’arrêter ses larmes.

• Par les glaces éternelles de Sibérie, Fo… Quel est ce tragique destin que les dieux t’ont imposé… Il a fallu que tu tues de tes propres mains la femme que tu aimais, possédé par une Armure empoisonnée. Quel esprit malade a créé une Armure aussi toxique… Serait-ce le véritable visage de la Chimère?

Fo avança d’un pas vers le Cygne, souriant de nouveau comme un être désaxé. Hyoga ferma les yeux et inclina sa tête en arrière.

• Tu as dû emprisonner ton Armure d’une quelconque manière dans ce bloc de marbre que tu as sculpté à l’image parfaite de ta bien-aimée… Mais tu n’as pas pu l’emprisonner pour l’éternité. Notre arrivée l’a réveillée. L’Armure Céleste de la Chimère avait compris que tu t’éloignais de ton destin de Chevalier et que tu t’éloignais d’elle. Elle te voulait pour elle seule. Mon dieu, est-ce possible qu’une Armure puisse développer un tel degré de personnalité en ces Sphères Célestes ?

Un cosmos blanc commença à se dégager de l’Armure Céleste de Hyoga. Il ondula vers les quatre coins de la pièce, lentement, progressivement. Comme une nuit constellée d’étoiles, le cosmos de Hyoga passa par de multiples couleurs. Du blanc, il évolua vers le bleu polaire pour enfin devenir entièrement doré lorsqu’il eut rempli toute la pièce. Puis il disparut. Le Chevalier du Cygne avait toujours la tête renversée, les yeux fermés. Il leva ses bras lentement jusqu’à ce que les deux forment une ligne droite, mais à la diagonale de son corps. Cette étrange position faisait penser à une croix christique dont la barre destinée à porter les bras serait mal fixée. Plus aucun cosmos, ni aucune présence.

• Fo, reprit Hyoga. Je dois te ramener à la raison à tout prix. Cette Armure est toxique. Elle respire le mal et t’a déjà fait commettre des actes atroces que tu regrettes du plus profond de ton âme, je le sens maintenant. Je vais te frapper de toutes mes forces. Si ta volonté de vivre dépasse celle de retrouver Myliana, tu survivras. Sinon, j’aurais désobéi à ma déesse. Je laisse ma promesse entre tes mains, Chevalier de la Chimère. Arcane secret du Cygne : La Flèche Éternelle.

Un arc de glace commença à se former dans la main droite de Hyoga. Ou bien peut-être était-ce du cristal. Les molécules s’amoncelèrent les unes sur les autres à la vitesse de la lumière et un arc de plus d’un mètre apparut totalement. Il était constitué d’une multitude de facettes de cristal gelé, et irrégulier comme l’épée d’Albérich de Mégrez. Transparent par endroits et blanc comme la neige par d’autres, il arborait fièrement des ciselures magnifiques au niveau de la poignée. Une corde apparut, mais d’un aspect tout particulier. On aurait juré un fil d’araignée baigné dans la rosée du matin. Iridescent, ce fil conférait à l’arc des subtilités de brillance qu’un homme comme Fo aurait pu apprécier.

Dans la main gauche de Hyoga, une flèche de cristal glacé apparut à son tour, des plumes de Cygne gelées à la pointe taillée dans la glace éternelle. Le Chevalier du Cygne déploya ses ailes, toujours sans aucun cosmos. Il était le cosmos. Il banda l’arc, alors que de rage, Fo reprit la danse de Pégase. Son cosmos rouge bouillonna de plus belle et dégoulina par les paires d’yeux de l’Armure de la Chimère et par ses jointures. Ses yeux étaient presque révulsés et c’était à présent le cosmos de Fo qui emplissait la Sphère de Mercure. Un filet de sang coula de sa narine droite alors qu’il tendit son corps empoisonné vers l'avant, prêt à bondir à une vitesse supérieure à celle de la lumière, mais Hyoga ne le vit pas. L’arc du Cygne se tordait sous la pression exercée sur sa corde, comme si la glace n’avait pas été rigide. Il commença à dégager une fumée blanche qui descendait presque jusqu’au sol, comme pour démontrer la température de la pointe de la Flèche Éternelle.

• Pour revoir Myliana, Chevalier ! s’écria Hyoga.

Il lança sa flèche à une vitesse défiant l’imagination d’un dieu. Fo était pourtant déjà à quelques mètres de lui, perdu dans une comète si rouge et si brillante qu’il était difficile de la regarder sans être ébloui. Il hurlait de rage dans un dernier assaut. Quand la Flèche Éternelle traversa la tête du Lion démoniaque entre les deux yeux, Hyoga pensa que Fo hurlait plutôt de désespoir, comme pour se libérer. Les images se bousculaient dans l’esprit du Guerrier. Il revit le visage de Myliana lui sourire et rire aux éclats, et la seconde d’après sa tête heurter le sol, dans un bruit de robe froissée. Fo sentit un éclair lui traverser la tête et son cosmos s’éteignit totalement. Son hurlement fut étranglé par la flèche qui traversa sa gorge, juste dans l’alignement des yeux du Serpent qui sortait de la gueule de l'animal blessé. La langue monstrueuse fut brûlée par le froid. Fo fut foudroyé sur place et tomba en arrière, comme au ralenti.

L’arc de Hyoga disparut dans une sublimation discrète, comme si un mirage venait de s’effacer au cœur de sa main. Des larmes montèrent au bord de ses yeux. Ses ailes se replièrent d’elles-mêmes et vinrent toucher ses jambes en enveloppant ses épaules, comme une cape de Chevalier d’Or. Il avança doucement vers Fo, assez maladroit, avec la peur de découvrir le visage du Chevalier. La tête de Chèvre était gelée au Zéro Absolu, tout comme presque l’intégralité du haut du corps du Guerrier. Les yeux du Lion et du Serpent étaient brisés et reposaient sur le sol comme des joyaux d’Asgard. L’horrible blessure de Fo était totalement gelée et le sang ne coulait pas. Hyoga s’agenouilla devant la tête du Chevalier fauché par sa flèche et découvrit un visage heureux, les yeux entrouverts. Fo essaya de parler alors que Hyoga faisait tout pour ravaler ses larmes.

• Pour… revoir… Myliana… Chevalier… murmura Fo de Tirynthe en s’endormant pour toujours.

Lorsque Hyoga prit sa décision, Fo était allongé avec les bras croisés, un morceau du visage sculpté de la Princesse Myliana dans ses mains. Le Chevalier du Cygne jura qu’il ne tuerait plus jamais. Lorsqu’il était arrivé en Sibérie trois semaines auparavant après avoir appris que Jacob était malade, il était déjà trop tard. Le petit homme était couché de côté, une vieille photo de lui et de Hyoga dans ses mains jointes. Le feu de la cheminée s’était éteint et Jacob avec lui. Le Cygne s’était entraîné comme un Diable avec le cœur déchiré pendant des semaines, dans le froid, seul avec son chagrin. Il avait juré de devenir plus fort, comme Ikki du Phénix pouvait l’être, pour ne plus jamais laisser ceux qu’il aimait mourir.

En regardant Fo reposer sur le sol, gelé pour l’éternité, il comprit que c’était impossible. Il se leva et se dirigea vers la Sphère Lunaire. Il n’irait pas plus loin. Il retournerait en Sibérie, s’occuperait des enfants de son village et ne porterait plus jamais l’Armure Céleste du Cygne…

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