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La Nécropole du Nil

Par black dragounet


Myrina fut totalement engloutie dans les souvenirs d’Aswald, sa personnalité commençant presque à se noyer dans celle de l’Egyptien. Elle sentit furtivement une autre présence mais ne put en savoir plus, tombant dans les images et les sensations comme dans un tourbillon.
La Grecque eut l’impression d’une chute sans fin, sans cesse de plus en plus bas, jusqu’à être finalement transportée à l’endroit où tout avait commencé.
C’était un souvenir universel, une expérience partagée par toute l’humanité mais que pourtant chaque être finissait par oublier au moment de sa première bouffée d’air.
La matrice originelle, où l’on est encore à l’abri du monde extérieur, où l’on n’a même pas encore à se soucier de se nourrir ou de respirer…


Myrina était de retour dans le ventre de sa mère et elle eut envie de rester dans ce souvenir à tout jamais, de ne plus avoir à retourner à l’extérieur, de laisser son intelligence et ses souvenirs du monde réel s’effacer.
Il lui fallut un grand effort de volonté pour ne pas sombrer dans l’oubli de soi et prendre le recul suffisant pour réaliser qu’elle se trompait. Ce n’était pas le ventre de sa mère mais celui de celle d’Aswald.
Et, surtout, elle n’était pas seule… Un autre enfant grandissait à ses côtés…
Deux frères, unis dans une proximité et une intimité aussi bien physique que mentale, leurs esprits encore balbutiants déjà raccordés par le lien si particulier qui rattachent les jumeaux entre eux.
Ainsi, même en étant toujours dans l’esprit d’Aswald, Myrina sentit qu’il se passait quelque chose d’anormal avec son frère : une étrange sensation autour du cou fragile de cet être humain en devenir…
Myrina dut reprendre pendant quelques instants un peu de recul et récupérer ses facultés d’adulte pour comprendre ce que cela signifiait : le cordon ombilical qui nourrissait Aswald s’était enroulé autour du cou de son frère.
Et le mouvement des deux jumeaux l’un par rapport à l’autre fit que le cordon commença à se tendre, coupant petit à petit l’arrivée du sang et de l’oxygène dans le cerveau du second bébé.
La Grecque sentit qu’une moitié de la conscience primitive formée par les jumeaux commençait à s’écrouler.
Toujours hôte de l’esprit d’Aswald, elle constata que contre toute logique le futur chevalier du Nil comprenait ce qui était en train d’arriver à son frère.
Pas encore né, et pourtant déjà conscient du concept de la mort… Le cordon serra encore jusqu’à ce que la vie quitte le second corps… A travers les yeux d’Aswald, Myrina vit l’âme de l’enfant mort quitter son corps, tentant vainement de se raccrocher à la chair qu’elle n’avait habitée que pendant bien trop peu de temps.
Néanmoins aucun retour en arrière n’était plus possible…


Le temps s’accéléra alors et Myrina fut transporté à la venue au monde du chevalier du Nil. Elle pleura avec Aswald lorsqu’il inspira pour la première fois… Le nouveau-né n’était toutefois pas le seul à verser des larmes puisque les parents venaient de découvrir le corps sans vie de leur second fils. Et tandis que le nouveau-né oubliait petit à petit tous ses souvenirs d’avant son premier souffle, les années commencèrent à défiler devant les yeux de Myrina…
Aswald grandit dans un milieu pauvre, mais, malgré cet environnement précaire, il devint un adolescent intelligent et fort, faisant la fierté de ses parents. S’il ne lui restait au mieux qu’un souvenir inconscient et refoulé de son frère mort-né, dont nul ne lui parla jamais, il avait conservé ce sentiment de proximité avec la mort.
Rejoindre le temple d’Anubis fut ainsi la chose la plus naturelle du monde pour lui. Là, les prêtres du dieu canidé ne mirent pas longtemps à réaliser que les talents du garçon allaient bien au-delà d’une simple disposition au rite de l’embaumement.
Aswald reçut ainsi l’instruction qui fit de lui le plus grand chevalier du Nil Noir de l’histoire. Non seulement fabuleusement puissant, il était bon et respecté par tous ceux qui le fréquentait. Sa seule erreur fut de tenter de trouver l’origine de ce lien favorisé qu’il avait avec l’après-vie et qui le distinguait des autres mortels. Une autohypnose le fit remonter à l’orée de l’existence et lui donna la certitude que ses parents lui avaient dissimulé un événement à l’importance si capitale qu’il l’avait défini en tant qu’homme.
Myrina vit Aswald demander des explications à son père et entendit les aveux honteux.
- S’il avait vécu, nous l’aurions appelé Merari, lui dit son père. Comprends qu’à cette époque nous étions plus pauvres que nous l’avons jamais été. Et à ce moment-là, les dieux n’avaient plus foulé le sol de l’Egypte depuis des siècles, au point qu’il était facile de les prendre pour contes de vieilles femmes. Nous ne pouvions tout simplement pas nous permettre d’accueillir un enfant tout en supportant le coût d’une cérémonie et d’un embaumement auprès des prêtres, surtout en pensant que le Livre des Morts ne contenait peut-être que des inepties. Je l’ai donc enterré moi-même parmi les sépultures anonymes à l’orée du désert. Quand plus tard j’ai voulu récupérer son corps afin de lui offrir une sépulture plus décente, les chacals avaient depuis très longtemps fait leur œuvre.
Le chevalier d’Or vit Aswald partir sans adresser une seule parole à son père et prendre le chemin de l’ancien cimetière sommaire où son jumeau avait été enterré vingt ans plus tôt.
Arrivé sur les lieux, Aswald détecta presque instantanément la présence d’une âme en peine, et son instinct de jumeau lui dit qu’il avait trouvé ce qu’il cherchait. La colère et la douleur de cet esprit qui n’avait connu la vie que trop peu de temps lui parvinrent, et Aswald commit sa deuxième erreur.
Son côté rationnel lui ordonnait d’utiliser en cet instant ses pouvoirs afin d’envoyer son frère auprès d’Osiris. Pourtant, Aswald n’en fit rien, submergé par la honte d’avoir été celui qui avait vécu, honte d’avoir été celui que la fatalité avait épargné, honte d’avoir été en vie et heureux alors que la dépouille son frère avait été abandonnée au désert.
Et dans ce moment d’égarement, il attira l’âme de Merari en lui… Il voulait simplement accorder à son jumeau une expérience de la vie physique avant de lui faire quitter ce monde…
Néanmoins Merari ne voulait pas se contenter de cela… Son esprit avait été rendu vorace et ivre de vengeance, et il n’avait aucune intention de quitter ce monde avant d’avoir pu infliger à d’autres ce qu’il avait subi.
Au moment précis où l’âme de son frère effleura la sienne, Aswald comprit l’ampleur de l’erreur qu’il avait commise. Il ne pouvait pas contenir son frère, il ne pouvait pas dominer cette fureur primale et obsessionnelle.
Comme Myrina avait été engloutie par les souvenirs d’Aswald, celui-ci avait été noyé par ceux de son frère, la seule différence étant le caractère volontaire de la chose.
La femme-chevalier découvrit alors le point de vue de Merari. Ce fut à travers ses yeux spectraux qu’elle vit le père emmener le cadavre enveloppé dans un tissu usé pour tout linceul puis qu’elle découvrit comment il fut enterré sans cérémonie dans une tombe sans nom, creusée en quelques minutes dans le sable. Son corps ne devait en fait même pas rester en terre une nuit avant d’en être extrait par les chacals…
Pendant toutes ces années où Aswald avait grandi et suivi sa formation, l’âme de Merari hantait les cimetières et les nécropoles, consciente de ce qui lui avait été refusée, et rendue folle par sa solitude.
Néanmoins, à présent, Merari n’était de nouveau plus seul, et il voulait goûter à tout ce dont il avait été privé. Les essences vitales des jumeaux se mélangèrent en une nouvelle entité, une symbiose totale. Deux frères dans le même corps, un pied dans le monde des vivants, un autre dans le monde des morts…
Un être d’un pouvoir dépassant l’imagination, qui au lieu d’offrir aux âmes le repos éternel commença à abattre sans distinction hommes, femmes et enfants, prenant un plaisir pervers à voir leurs âmes hurler alors qu’il les condamnait à une éternité d’errance…
Myrina vit le chevalier du Nil errer dans le désert, tel le prédateur amoral et dépravé qu’il était devenu…
Une errance qui dura jusqu’à ce qu’une créature encore plus maléfique et puissante ne vienne à sa rencontre… Un combat s’engagea, que même l’union d’Aswald et Merari ne pouvait remporter. La créature ne souhaitait toutefois pas la mort du serviteur égaré d’Anubis et, toisant son adversaire vaincu, elle lui proposa de servir un nouveau dieu.
- Seth a besoin de personnes telles que toi… Rejoins-nous au côté du dieu du Mal, et tu ne manqueras jamais de proies. Tu n’auras jamais de meilleure occasion de te venger de l’humanité.


 


- Myrina !
Le cri de Léonidas fit reprendre ses esprits à Myrina alors que les chiens des morts arrivaient sur elle.
Oubliant toute sa fatigue, le chevalier d’Or enflamma son cosmos avec une vigueur renouvelée. Son voyage à travers la psyché de son adversaire lui avait donné un plan d’action et si elle n’avait toujours aucune garantie de vaincre son adversaire, au moins allait-elle pouvoir tenter quelque chose et n’était plus sans solution.
Contrairement au précédent assaut des bêtes spectrales, cette fois-ci Myrina avait à sa disposition les âmes du fleuve et elle utilisa son pouvoir pour les attirer de nouveau autour d’elle. Néanmoins, au lieu de s’en servir en tant qu’armes comme précédemment, elle les fit tourner autour d’elle de plus en plus vite.
Les chiens chargèrent et sautèrent sur le chevalier, mais ils rebondirent sur les âmes tourbillonnantes qui formaient un véritable mur défensif totalement infranchissable.
Ils insistèrent et revinrent à la charge plusieurs fois, cependant Myrina attira de plus en plus d’âmes jusqu’à être définitivement à l’abri de cette menace.


Constatant que les chiens étaient inefficaces, Aswald leur intima du geste de se retirer. Ils s’exécutèrent et reculèrent jusqu’à former un grand cercle autour de la barque, laissant ainsi la place aux âmes en peine. Sur l’ordre du chevalier du Nil, les spectres sombres se heurtèrent avec violence aux âmes défensives du chevalier d’Athéna, et il s’avéra très vite que les essences corrompues commençaient à disperser leurs homologues saines.
Myrina s’était doutée que sa protection ne tiendrait pas longtemps face à la furie de ces nouveaux assaillants, mais cela n’était pas un problème et, se concentrant comme jamais, elle passa à la deuxième partie de son plan.
Elle avait subi suffisamment longtemps les images envoyées par Aswald pour être capable à présent d’imiter le procédé. Ayant toujours dans son esprit l’ensemble de la vie du couple Aswald/Merari, elle sélectionna tous les souvenirs concernant les meurtres qu’ils avaient commis une fois réunis, toutes les images des victimes auxquelles les derniers sacrements avaient été refusés, les condamnant ainsi à la damnation éternelle au mépris total du rôle supposé d’un chevalier du Nil représentant Anubis. Myrina les rassembla en une seule idée qu’elle envoya directement aux âmes en peine. Même si ces essences spirituelles avaient été rendues folles par leur sort, il subsistait en elles un reste d’intelligence qu’un chevalier du Cancer pouvait atteindre, et elle ajouta donc un message.
- Je ne suis pas votre ennemie, ce n’est pas moi qui vous ai condamné à ce triste sort, ce n’est pas moi qui exploite votre fureur comme une arme ! Votre colère est grande et justifiée… Il est temps qu’elle soit dirigée vers celui qui la mérite réellement !
Les âmes en peine s’arrêtèrent soudain d’attaquer le tourbillon défensif et se mirent à flotter à quelques dizaines de centimètres du bouclier de Myrina.
- Laissez-moi vous aider à obtenir votre vengeance !
Le chevalier d’Or reçut en retour une seule pensée, une réponse collégiale.
Elle était positive.
Myrina laissa alors son mur défensif finir de se désagréger et enflamma son cosmos en tendant son index vers les âmes en peine qui vinrent s’y concentrer. Aswald, qui venait de comprendre que les spectres sombres ne lui obéissaient plus, déploya son cosmos pour renvoyer les chiens à l’attaque, mais son adversaire fut plus rapide.
- Prends ça ! cria Myrina en envoyant ses nouvelles alliées renforcées par son propre cosmos sur le chevalier du Nil. L’assaut prit la forme d’une vague d’énergie noire qui atteignit l’Egyptien en plein torse.
Les âmes en peine pénétrèrent à l’intérieur du corps de leur assassin et tortionnaire puis, guidée par le cosmos doré du chevalier, s’attaquèrent à l’âme cumulée d’Aswald et Merari.
Grâce à son voyage dans les souvenirs d’Aswald, Myrina avait compris qu’il lui fallait s’attaquer uniquement au lien qui unissait les essences spirituelles des jumeaux. Celles-ci étaient entremêlées en effet en une symbiose apparemment parfaite. Alors que les âmes en peine tentaient d’arracher Merari de l’étreinte d’Aswald, Myrina sentit soudain un point faible dans leur union. C’est ce qu’elle cherchait et concentra immédiatement l’offensive des esprits furieux sur la faiblesse.
La vague d’énergie noire ressortit alors par le dos du chevalier du Nil, les âmes en peine entraînant avec elles l’essence spirituelle de Merari qui apparut sous la forme de l’ombre d’un nouveau-né tentant vainement de se débattre.
Le corps d’Aswald s’écroula comme une masse inerte et les chiens s’arrêtèrent quelques mètres avant de s’abattre sur la femme-chevalier. Les créatures spectrales tournèrent alors leurs regards vers les âmes en furie qui étaient en train de s’acharner sur celle du jumeau mort-né comme des chacals se disputant une charogne.
- Les chiens… Il ne les contrôle plus, observa Léonidas.
- Je comptais dessus, répondit Myrina en posant un genou à terre à cause de la fatigue. Tout comme je savais que je ne pouvais pas séparer leurs âmes avec mes propres pouvoirs, j’espérais que les chiens me débarrasseraient de mon petit problème.
Les bêtes spectrales chargèrent en effet les âmes en peine en ignorant totalement le corps d’Aswald.
- Au final, je n’aurais fait que retourner ses propres pouvoirs contre lui.
En un instant, les chiens attrapèrent les esprits damnés dans leurs gueules, trois d’entre-eux s’occupant de la seule âme de Merari, et les emmenèrent au loin, disparaissant petit à petit dans le vide étoilé.
- Tous vont enfin trouver le repos, conclut le chevalier du Cancer.
Son attention quitta les chiens et se reporta sur Aswald : le chevalier du Nil était en train de se relever.
- Félicitations, chevalier d’Athéna… dit-il en levant sur elle un regard qui était enfin expressif.
Un étrange calme serein émanait à présent de l’Egyptien et Myrina eut l’espoir que le combat était enfin arrivé à son terme.
- La réputation de votre Sanctuaire n’est certes pas usurpée. Mais ce n’est pas encore fini.
- Comment ? Je pensais que maintenant que vous seriez libéré de votre frère…
- Je ne sais pas ce que vous pensiez et ne veut pas le savoir, coupa Aswald.
Et sans plus de cérémonie, Aswald chargea son ennemie. Surprise, Myrina eut à peine le temps de parer le coup de poing qu’il lui asséna. Il enchaîna avec une rapidité et une agilité qui n’avaient plus aucunes mesures avec ce qu’il avait démontré jusqu’à présent. Prise de court, Myrina préféra se dégager d’un saut en arrière.
- Surprise ? La disparition de mon frère me prive peut-être de certains pouvoirs, mais je retrouve la pleine mesure de mes moyens physiques.
- Aswald, je t’en prie, nous n’avons aucune raison de nous affronter. Tu es au service d’Anubis, l’un des plus fidèles allié d’Isis et Horus lors de leurs combats contre Seth. Pourquoi agis-tu sciemment à l’encontre des principes qui devraient te guider ?
- Je n’ai pas de temps à perdre à me justifier à une étrangère. Je pourrais t’abattre simplement avec mes poings, mais cette armure d’or qui te protège rallongerait par trop le combat. Je vais enflammer mon cosmos jusqu’à son extrême limite et tordre ton âme jusqu’à déchirer et détruire la structure même de ton essence spirituelle.
- Nous n’avons pas à en arriver là…
Cependant le chevalier du Nil n’écoutait déjà plus et brûlait son énergie cosmique avec une intensité qui, si elle était inférieure à ce qu’elle atteignait avec l’apport de son jumeau, restait toutefois considérable.
Résignée à devoir aller au bout de l’affrontement, Myrina enflamma à son tour son cosmos. Elle savait qu’elle n’aurait jamais pu utiliser avec succès les Vagues d’Hadès tant que les deux frères étaient présents dans le corps d’Aswald, quelle que soit la pouvoir à sa disposition. Désormais, même si elle ne pouvait pas envoyer l’âme de son adversaire dans la dimension de la Fontaine Jaune, peut-être pourrait-elle l’arracher à son corps. Elle leva ses deux bras et pointa ses deux index vers son adversaire.
Et, simultanément, les deux adversaires lancèrent leur dernier assaut. Aswald projeta sur Myrina une vague d’énergie noire avec sa main droite tandis que de son côté, Myrina tentait d’absorber l’assaut adverse sur son index gauche, alimentant ainsi en énergie les Cercles d’Hadès qui étaient lancés par l’autre bras.
Néanmoins le chevalier d’Or se rendit compte que son adversaire utilisait la même stratégie : de sa main gauche il attirait les Cercles d’Hadès et renvoyait leur force.
L’énergie déployée par les deux commença à tourner en cercle fermé, se concentrant de plus en plus pour augmenter d’intensité exponentiellement.
Un mælstrom de cosmos se forma entre les deux combattants qui étaient conscients que le perdant de la confrontation serait assurément balayé en un instant.
Myrina avait de plus en plus de mal à contrôler la puissance qu’ils dégageaient, ses muscles étaient contractés par l’effort et tiraient sur ses tendons jusqu’à la limite de rupture. Elle avait l’impression que si son corps n’avait pas été revêtu par l’armure d’or du Cancer il se serait totalement disloqué et que tous ses os se seraient déjà brisés.
Mais même si elle était sur le point de céder, l’idée que son adversaire était quant à lui sans la moindre protection la réconfortait. Il subissait sans aucun doute de façon encore plus dramatique les conséquences de la confrontation de leur puissance. Tout ce qu’il fallait c’était qu’elle ne cède pas la première, sinon tous ses efforts auraient été vains.
- Je ne mourrai pas aujourd’hui ! hurla-t-elle dans la tourmente en brûlant les dernières forces dont elle disposait.


Et tout à coup…


Tout fut fini.


Myrina sentit son adversaire soudainement arrêter son effort. L’énergie qui était jusque-là parfaitement équilibrée entre eux deux s’abattit sur le chevalier du Nil, qui ne fit pas un mouvement pour se dégager, et s’engouffra dans son crâne.
La Grecque sentit l’âme de son adversaire être littéralement foudroyée et déchiquetée par la somme de leurs deux attaques tandis que son corps étaient secoué par des spasmes violents. L’énergie se dissipa finalement mais le serviteur d’Anubis ne tomba pas et resta debout.
- Voici venir la fin… murmura l’Egyptien.
Myrina resta bouche bée : comment pouvait-il encore parler ? Son esprit venait de recevoir un coup qui aurait suffi à lobotomiser six chevaliers d’Or simultanément.
- Je suis déjà mort, dit-il comme s’il avait entendu les pensées de son adversaire.
- Pou… Pourquoi ? Nous étions à égalité peut-être même allais-tu me vaincre…
- Je n’avais pas l’intention de me battre avec toi. Seth est le mal incarné, jamais je ne lutterai pour lui. Mon dieu tutélaire, Anubis, et sa mère Nephtys ont été les plus fidèles alliés d’Isis dans leur lutte contre ce monstre. Sans mon frère je ne suis tout simplement plus assez puissant pour nous renvoyer sur Terre, cependant avec nos énergies cumulées, tout devient possible…
Il leva alors le bras et dévoila à Myrina une boule d’énergie blanche dans le creux de sa main droite.
- C’est moi qui t’envoyais ces images. C’était le seul moyen, l’âme de Merari me dominait totalement. Mon seul espoir… Que tu comprennes la situation et arrive à exploiter la faille dans notre symbiose que j’avais créée à ton intention.
- Pourquoi… Tu n’avais pas à sacrifier ta vie…
- Notre puissance à Merari et moi venait en partie du fait que nous étions dans les deux mondes simultanément. Mon corps est vivant tandis que mon âme est en train de mourir, c’était le seul moyen d’approcher de nouveau cet équilibre.
Aswald vacilla alors et commença à tomber mais Myrina courut pour le rattraper avant qu’il ne touche le sol. Tenant toujours la sphère blanche dans sa main droite, il regarda Myrina droit dans les yeux.
- C’est à cause de ma terrible erreur que tant de gens sont morts, reprit-il d’une voix plus faible. Si je m’étais contenté d’accompagner l’âme de Merari dans l’autre monde, j’aurais été au côté de Khemmis et Raia. Peut-être qu’alors Jibade n’aurait pas trahi, et cette guerre serait déjà terminée. Ma vie est un prix bien peu élevé pour réparer une partie de mes fautes. Et… Il faut que vous sachiez quelque chose. Il n’y a pas que Seth… Nous sommes quatre chevaliers du Nil à combattre contre notre patrie, mais si trois d’entre nous ne sommes guère plus que des serviteurs, le quatrième parle presque d’égal à égal avec le dieu du Mal. Il se nomme Khnemu, ancien chevalier du Nil au service de Ptah. C’est lui qui nous a amené, Jibade et moi, à trahir l’Egypte et sa puissance n’a pas d’équivalent parmi les mortels.
Ces paroles qui avaient été prononcées sur la fin avec à peine plus de force qu’un murmure rappelèrent à Myrina que Khemmis avait en effet évoqué un dernier adversaire dont il ignorait tout.
- Nous les vaincrons, je te le promets, dit-elle finalement avec gratitude. Est-ce que je peux faire quelque chose ?
- Oui… Quand nous serons revenus dans le monde des vivants… Envoie le navire par le fond.
- Pourquoi ?
Avant qu’il n’ait pu répondre, la tête de l’Egyptien s’affala et la sphère blanche commença alors à se dilater. Il n’était plus là.


- Un destin bien tragique, dit Léonidas qui se tenait à quelques pas de là.
Myrina regarda l’image de son ancien rival, consciente que c’était certainement pour la dernière fois.
- Ca aura été un plaisir de pouvoir te parler à nouveau, ajouta le souvenir.
- Merci pour tout, mon ami, répondit-elle alors que la lumière blanche l’engloutissait. Me sauver est presque devenu une habitude pour toi…
- Tu aurais trouvé la solution même toute seule, répondit le souvenir avec un sourire.
- Je n’ai pas fait grand-chose…
- Ce qu’il fallait. Et… Ce n’est pas un vrai adieu, je serai toujours à tes côtés.
Myrina rendit son sourire à Léonidas et les deux anciens concurrents se regardèrent dans les yeux pour la dernière fois.
- Tu avais raison, à mon propos… dit-elle finalement.
- Evidemment, répondit-il en lui faisant un geste d’au revoir.
Myrina ne vit plus que la lumière blanche tandis que le passage entre les mondes s’ouvrait puis elle perdit connaissance lorsqu’elle fut emportée.


Quelques minutes plus tard…


- Myrina… Myrina… Réveille-toi…
Le chevalier du Cancer reprit lentement connaissance. C’était la deuxième fois de la journée qu’elle se réveillait après un périple dimensionnel, mais si la première fois elle avait découvert avec surprise Léonidas, cette fois-ci ce fut le visage inquiet de Khemmis qu’elle vit penché sur elle.
- Que s’est-il passé ? demanda le Nubien en désignant le corps d’Aswald que tenait toujours Myrina.
- Nous nous sommes affrontés aux portes de votre royaume des morts. Il n’était pas totalement responsable de ses actes et… Je l’ai libéré et il m’a renvoyée ici. Et toi, tu as vaincu Jibade ?
- Je l’ai tué. Puis j’ai senti ta présence disparaître et je suis venu voir ce qu’il se passait.
La femme-chevalier lâcha le corps de son adversaire et se releva en s’appuyant sur Khemmis.
- Il est encore vivant, observa le chevalier du Nil.
- Son corps oui, mais son âme n’est plus. Il m’a dit plusieurs choses… Le dernier chevalier du Nil dont tu ignorais l’identité… D’après lui il s’agirait d’un certain Khnemu, serviteur du dieu Ptah.
Khemmis regarda son alliée comme si elle venait de dire une énormité totalement absurde.
- C’est impossible. C’est le nom d’un homme mort depuis plus de dix ans.
- Tout ce que je sais c’est ce que m’a dit Aswald. Qui était-ce ?
- L’ancien pharaon, celui dont le règne a provoqué le retour sur Terre d’Isis et d’Horus et qui avait conquis ma Nubie natale. Il a été vaincu et damné.
- Quoi qu’il en soit, je suis sûr qu’Aswald était convaincu de ce qu’il me révélait.
- Qu’est-ce que cela signifie ?
Le visage de Khemmis était plongé dans une grande perplexité. Une pièce importante et inattendue du puzzle venait de lui être révélée, mais il ne savait pas encore exactement où la mettre. Tandis que son allié réfléchissait sur ce nouvel élément, Myrina se concentra pour percevoir les cosmos de leurs deux autres compagnons. Ce qu’elle sentit ne la rassura pas.
- Il faut que nous rejoignions les autres sans tarder.
- Je sais, agréa Khemmis en hochant la tête.
Alors qu’ils s’apprêtaient à sauter dans le fleuve, l’ultime demande d’Aswald revint à l’esprit du chevalier du Cancer.
- Attends, il m’a demandé de couler le navire. Je ne sais pas pourquoi.
- Osiris, répondit Khemmis après une brève réflexion. Il est mort noyé et a toujours été bienveillant pour ceux qui partagent son sort.
Myrina se retourna pour regarder les corps inertes de l’équipage.
- Il veut que les âmes de ceux de qu’il a tués aujourd’hui soient acceptées dans le monde des morts.
- Il faudrait s’occuper des autres felouques également, alors, ajouta Khemmis en désignant du geste les autres embarcations qui avaient été affectées par le pouvoir du serviteur d’Anubis. Je ne suis pas sûr que nous ayons le temps de…
- Il faut le faire, coupa Myrina d’un ton qui n’autorisait pas la discussion.
La femme-chevalier enflamma une nouvelle fois son cosmos malgré la fatigue et leva ses bras vers le ciel. Une rafale de projections d’énergie cosmique semblables à des étoiles filantes fut projetée par ses mains et s’envola vers le ciel avant de s’abattre sur les embarcations, transperçant ponts et coques de part en part.
- Maintenant, nous pouvons partir.


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