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Cette fiche vous est proposée par : Alwaïd


La Trilogie Gaïa



Prologue – Enfance



 



22 Septembre 2217





 



- Merci d’être venu si vite.



- Elle est née, n’est-ce pas ?



- En effet. As-tu décidé ?
Doit-on la tuer dès maintenant, avant que tous ne ressentent sa présence ?



- Non. Ce serait encore trop risqué.
Son heure viendra, espérons qu’elle y soit prête.



- Comment pourrait-on jamais être
prêt à cela ?



- Athéna est une déesse, mon ami, et
notre plus intense cosmos demeurerait poussière en sa chevelure libre et
flottante. Faisons-lui confiance.



- Bien. Peut-être ainsi…  Peut-être
aurons-nous une chance d’assister à leur réunion.



- Oui. Je dois avouer que j’aimerais
en être témoin, moi aussi. De tout mon cœur.  



 



 



~---~



 



Année
sainte 2227



 



Grèce
– Zeuxis



 



Une centaine de personnes entouraient
le jeune Zeuxis trônant fièrement devant son tableau à dévoiler. Adulé depuis
sa première toile, les artistes d’Athènes venaient en nombre admirer les
nouvelles créations du peintre.



 



Si Zeuxis n’avait que onze ans, il
n’en détenait pas moins l’art de se mettre en scène. Il monta sur une estrade
et plaça un pinceau en face de sa bouche pour appeler le silence. Lorsque seul
le chant des oiseaux s’entendit, Zeuxis retira sans un son le tissu couvrant sa
toile.



 



Des raisins… Il avait fallu six mois
à Zeuxis pour peindre… des raisins. Certes les couleurs étaient superbement
agencées, mais tout de même… quel intérêt ? Leur perplexité fut bientôt
levée : au milieu d’un silence religieux, des moineaux aventureux vinrent
se poser sur la toile pour picorer les fruits. Ils s’acharnaient en vain à becqueter
ces baies délicieuses. Zeuxis trompait les oiseaux.



 



Devant l’ovation du public, Zeuxis
déclara : « Au nom des Arts, je donnerai vie aux natures
mortes. » 



 



 



~---~



 



Amérique du Nord – Altaïr



 



Une année s’était
écoulée depuis l’enlèvement d’Altaïr. Arraché à la tribu Oglala par les Blancs
à l’âge de huit ans, le jeune Indien apercevait enfin le feu sacré de son
peuple après des mois de travaux forcés puis des semaines de fuite. Un esclave
s’avérait précieux en ces temps difficiles, un Indien représentait donc une
parfaite occasion d’ajouter un travailleur à son effectif d’asservis. Les
riches payaient chers la prise de nouveaux captifs.



 



Les Sioux dispersés
en tribus demeuraient frères avant tout, ainsi aucune barrière ne séparait les
cimes montagneuses, les forêts chantantes, les plaines fertiles et les gorges
profondes de leurs territoires. La tribu d’Altaïr demeurait dans une caverne
aussi large qu’un sourire, flanquée dans la montagne plus haut que les derniers
bois d’altitude. Au bord du vide, le feu des Oglalas brûlait
continuellement ; pas une intempérie ne rivalisait avec le don des Sioux
pour maintenir le foyer et valser avec les flammes pour transmettre aux fumées
l’apparence de messages. Si les dialectes indiens différaient d’une contrée à l’autre,
ce langage de feu demeurait universel. Pourtant aujourd’hui Altaïr ne
comprenait pas les signes de sa tribu.



 



Le garçon courait dans les bois sans
un bruit, il épiait tout mouvement alentour. Il avait semé les gardiens, perdus
les cinq hommes à sa recherche et évité les embuscades tendues sur son chemin.



 



Depuis son échappée des mines, un
aigle veillait sur Altaïr. Le jeune Indien recevait la protection d’Anukasan,
aigle noir, coucher de soleil annonciateur d’obscurité. Du haut des cieux,
Anukasan repérait toute présence humaine et la signalait d’un cri discret à son
protégé.



 



Une lueur de joie dans les yeux,
Altaïr atteignit finalement l’entrée de sa grotte. Un brusque haut-le-cœur
stoppa net sa course. Ses épaules se contractèrent, ses bras se mirent à
trembler et des larmes s’échouèrent sur ses mains fatiguées. D’un cercle dans
les cieux, Anukasan appela de lourds nuages pluvieux, linceul de mort des
Oglalas.



 



Les tipis enflammés libéraient une
forte odeur de sang. Les cadavres criblés de balles brûlaient en exhalaisons
écœurantes de mort. L’Indien coupa ses tresses et les jeta dans les
flammes en hommage aux esprits de sa tribu. Lorsque Altaïr découvrit les restes
de sa famille, l’aigle Anukasan poussa un dernier cri d’alerte et d’adieu puis
retourna dans sa demeure céleste.



 



Altaïr n’eut pas le temps de saisir
son arc et ses flèches, déjà trois silhouettes de détachaient derrière les
flammes, leur long fusil pointés vers lui. L’un d’eux cracha :



 



- T’es fait comme un rat sale
peau-rouge.



 



Ils se
mirent en joue et ne bougèrent plus. Ils restèrent un moment figés sur place,
comme morts. Leurs bustes vacillèrent et se scindèrent, déchirés. Une simple
brise semblait avoir eu raison des chasseurs.



 



Un homme aux
cheveux gris avança de quelques pas. De ses épaules à ses chevilles plongeait
une large cape aux couleurs de forêt verdoyante.



 



 



~---~



 



Angleterre – Bayer



 



Bayer salait
sa nourriture pour pallier la fadeur de sa vie. Enfant adopté par une famille
bourgeoise londonienne, il ne se reconnaissait pas dans cette culture fermée,
ces pensées paranoïaques enfermées derrière des murs à alarmes et des jardins
clôturés de barrières électriques.



 



Curieux,
Bayer rêvait de voir la vie de ses propres yeux. Certes il avait peur de ces
« étrangers » dont lui parlaient Tony et Elisabeth, ses parents
adoptifs. Il redoutait aussi que quelqu’un lui adresse la parole, car il ne
devait aucunement parler à des inconnus. Eviter les coins sombres, les rues
étroites, toujours être vigilant, bien tenir sa sacoche et ne pas oublier le
cadenas. A la moindre alarme, se coucher sur le sol et fermer les yeux. La
règle d’or, éviter tout risque. Rester chez soi autant que possible. Il y a
déjà tant à faire…



 



Une fois ses
parents endormis, le petit Anglais faisait le mur. Il désamorçait les alarmes
et partait à la découverte de Londres. Chaque semaine il déambulait dans de
nouvelles rues en espérant que personne ne le remarque dans son costume trois
pièces. Ce soir, alors qu’il longeait avec appréhension une file de noirs et de
gens habillés de pauvres habits, un étranger aux cheveux si gras qu’ils
formaient de longues masses répugnantes saisit Bayer par la main puis tendit
deux billets à un homme au sourire complice. Il entraîna l’enfant médusé dans
une vaste salle aux éclairages verts, jaunes, rouges, chargée de fumée, emplie
d’une musique incroyablement différente des opéras auquel il était habitué.



 



Sans
comprendre ce qui lui arrivait, Bayer se retrouvait dans un concert de reggae.
Bien vite, la fumée omniprésente grisa ses perceptions. Les tremblements de
peur se transformèrent en vibrations d’harmonie avec la musique, et les rythmes
chauds ballottaient le corps de l’Anglais qui se surprit à danser. Tout le
monde semblait heureux ici, chacun se souriait avec complicité, s’offraient de
longues cigarettes, rigolait et surtout, leur unité sous l’étendard de musiques
pacifiques résonnait telle un battement de cœur dans l’esprit de Bayer. Avec un
petit rire, il enleva ses chaussures cirées, il fit de sa cravate un turban et
retroussa son pantalon en short. Bayer ferma les yeux, abandonné corps et âme
dans une impensable transe musicale.  



 



Inutile de
dire qu’à son retour chez lui, la discrétion ne fut pas son fort. Oubliant que
le portail était ouvert, il escalada les murs de la propriété et s’écrasa de
l’autre côté au milieu des rosiers. Les habits déchirés, il s’immisça dans la
maison endormie et réenclencha si bien l’alarme qu’elle sonna dans toute la
demeure.



 



Consternés
de découvrir leur protégé dans un tel état, Tony et Elisabeth décidèrent de le
châtier immédiatement selon les règles.



 



Les mains
liées, torse nu, Bayer s’apprêtait à recevoir les coups de fouet de celui à qui
il devait respect et obéissance. De colère envers ce gamin dépravé, Tony frappa
avec force et cria instantanément. Le fouet s’était retourné contre lui. Les
dents serrées de douleur, il fouettait, fouettait encore, mais chaque fois son
dos s’en trouvait lacéré à la place de Bayer. De rage il tenta de lui fouetter
le visage. La joue déchirée, Tony s’évanouit.



 



Bayer
hallucinait. Avait-il rêvé ou son père venait-il de se flageller ? Et qui
est cet homme aux cheveux gris ? Les feuilles sur son bâton peuvent-elles
se fumer comme celles du concert ?              



 



 



~---~



 



Turquie – Hipparque



 



(1)« Le Chevalier Pégase était en train
de succomber lentement dans les bras de sa princesse, au milieu de ses frères
en larmes. Le silence dans lequel ce drame se déroulait était presque
affligeant, mais lourd de sens. Personne ne put se résoudre à voir disparaître
un tel compagnon. Seiya avait pourtant au coin de la lèvre ce petit sourire
apaisé qui semblait signifier « qui
d’autre plus que moi peut partir aussi sereinement ? »
En
effet, Saori était sauvée, sa sœur Seika, ses amis, son monde. Seiya avait
réussi sa mission de Chevalier d’Athéna mais il le payait de sa vie. Tout
Chevalier en connaît le prix. On pouvait lire sur ses traits toute la
satisfaction du devoir accompli. Qui se sera relevé plus souvent que lui 
pour combattre ? Tous s’attendaient à le voir se relever encore une fois. Ce
n’était qu’une épreuve supplémentaire, rien de plus. « Allons, debout Seiya ! Lève-toi ! Encore une dernière
fois. »
pensions-nous.



 



Une larme de Saori perla sur sa joue et
échoua sur le front de Seiya.



Petite goutte d’éternité.



A ce moment précis, le Chevalier Pégase
s’est éteint. »



 



Hipparque
referma les mémoires de Shun d’Andromède intitulées ‘Saint Seiya’. Décidément,
quelle histoire incroyable. A dix ans, Hipparque se délectait de ces textes
fantastiques desquels il aurait aimé être un héros. Les contes apparaissaient
toujours plus beaux que la réalité, surtout lorsqu’on débutait sa vie orphelin
et qu’on la continuait sans plus d’encadrement que ceux des murs hérissés par
notre propre conscience alimentée telle une rivière par la perception d’une
communication de parole si limitée et d’un dialogue de l’esprit si étendu et
constructif.



 



Par Saint
Seiya, Hipparque s’évadait, soulageait les bouillants questionnements
intellectuels de ses autres sujets d’étude afin de mieux y revenir. La science
s’enfermait parfois si profondément dans les détails qu’une échappatoire
restait toujours nécessaire pour briser ces frontières logiques et découvrir
des concepts déstabilisants. L’opinion venait aussi s’ajouter à toutes ces
incertitudes générées par tant de savoir. Plus Hipparque apprenait, plus il
semblait rapetisser dans cet univers, conscient qu’il n’était qu’une poussière,
et encore… notre planète ne serait-elle qu’un atome de la molécule galactique,
qu’un électron de vie autour d’un trou noir mortel ? Comment savoir ?
Dans quelle alchimie d’ouvrages se trouvent les pièces du puzzle maladroitement
agencé ?



 



Malgré son
jeune âge, des lectures quotidiennes et une observation fréquente du ciel
amenaient Hipparque à des réflexions perpétuelles. Il tentait de lier science
astronomique et Saint Seiya dans l’espoir de prouver scientifiquement
l’existence d’un monde imaginaire.



 



Hipparque
pensait tout haut, comme si entendre l’aidait à visualiser ses concepts.



 



- Artémis provoque de sa présence discrète
la force des marées, Gaïa tourne autour d’Apollon source de vie… Si les jumeaux
de Zeus partagent le même sang divin qu’Athéna, leur parenté aurait-elle une
influence cosmique ?



- En effet. Ce phénomène est appelé
la précession des équinoxes, c’est-à-dire le changement de direction de l’axe
de rotation de la terre.



 



Un homme aux
cheveux gris s’assis devant Hipparque. Il tenait à la main un bâton de chêne
paré de gui et gravé de runes ésotériques. Un Celte…



 



- Cette variation est issue du couple
de force exercé par la Lune et le Soleil. La précession des équinoxes entraîne
vu de la Terre un changement de position des étoiles sur la voûte céleste.
Selon la position des astres au moment où l’injustice menace notre planète, les
constellations choisies par Athéna éveillent les armures des ses futurs
protecteurs. Aujourd’hui la Justice appelle ses nouveaux chevaliers.



 



 



~---~



 



Chine
– Asae



 



- J’ai… j’ai froid…



- Encore dix minutes, Asae.



 



La neige battait les Cinq Pics de
Chine, laissant tel un baiser glacial sa marque sur les cimes. Le vent
soufflait en bourrasques et de bas nuages obscurcissaient les plaines comme un
linceul tissé par Hypnos. Assise en tailleur au bord d’une rivière, légère
comme les flocons n’osant pas même fondre sur ses épaules, Asae tentait
d’atteindre une transe libératrice. Ses jambes bleuies à peine visible sous
l’épaisseur de neige témoignaient de leur résistance vacillante par des
tremblements inutiles.



 



- Je… j’en peux plus… j’y arriverai
pas ! grelotta Asae.



- Très bien, baigne-toi et reviens.



- Merci…



- Ne me remercie pas trop vite. Dès
ton retour tu termines cette épreuve ; le vent gèlera alors l’eau sur ta
peau et les morsures glaciales pénétreront tes chairs irrémédiablement.



- Mais… protesta faiblement Asae,
j’ai que dix ans !



 



Elle se rendit pourtant à la rivière
et s’y baigna puis reprit sans gémir sa place sous les flocons épais, serrant
les dents de peur qu’elles se brisent sous les à-coups de ses mâchoires. Chaque
seconde pesait de ses centaines de sabres de glace sans parvenir à arracher à
la jeune fille un cri de souffrance. Sa confiance en son père adoptif ne
laissait place à aucun doute, ainsi Asae focalisait sa concentration sur
l’enseignement dissimulé derrière cette épreuve.



 



A la septième
minute, à bout de force, avant de sombrer dans l’inconscience et de s’effondrer
dans la neige, Asae murmura : « J’ai compris… »



 



 



Du haut de ses huit
décennies, Liao démontrait un dynamisme exemplaire. Quand elle ne travaillait
pas dans les rizières, elle se rendait dans la demeure du sage et préparait ses
repas ou entretenait les lieux comme sa propre maison. Sensible à la jeunesse
et à l’amour lus dans les yeux de cet ancien chevalier, elle s’était attachée à
ce vieil homme dont la méditation quotidienne occupait presque l’ensemble de
ses journées.



 



Depuis l’arrivée
d’Asae aux Cinq Pics, Liao prenait soin de cette petite avec l’attention d’une
grand-mère, ainsi elle n’hésitait pas à exprimer son désaccord lorsque
l’entraînement d’Asae se révélait trop éprouvant pour son corps frêle. Penchée
sur sa protégée confortablement installée dans un lit chaud, Liao saisit la
tête d’Asae et lui fit boire une potion fumante aux saveurs de bambou.



 



- Vous lui menez la vie trop dure,
Shiryu. Asae n’est qu’une enfant et regardez-la, elle tremble de fièvre et ma
concoction ne lui garantit le sommeil qu’après de longues heures. Qu’a-t-elle
fait pour mériter cela ?



 



- Liao, je sais combien tu tiens à
Asae. Sois sûre que je l’aime aussi… d’une façon différente. Depuis dix ans
elle égaie sans relâche notre vie, irradie un optimisme et une insouciance que
je me dois de préserver en lui accordant tant de temps libre où elle vagabonde
en riant. Cependant, mon devoir est aussi de lui montrer la voix de son âme
au-delà de ses perceptions.



 



La main posée sur le
front d’Asae, Shiryu mit fin à ses spasmes pour la plonger dans un sommeil
réparateur.



 



 



~---~



 



Irlande – Oisin



 



Oisin poursuivait sa tournée des bars
sous la pleine lune. Il pédalait comme un fou le long des routes d’Irlande, et
rejouait dans sa tête les airs entraînant des pubs. Enfant de tous, ami de
chacun, il aimait dériver d’un groupe de gens heureux à des musiciens inspirés.
Dans le ciel d’Oisin scintillaient les étoiles de sa vie auxquelles
s’ajoutaient celles de ses nouveaux amis.



 



Oisin freina brusquement. Un hérisson
dormait au milieu du sentier, et ce ne fut qu’au prix d’une cabriole dans les
buissons qu’Oisin parvint à l’éviter. Il s’ébroua comme un chat puis s’approcha
de l’animal.



 



« Dis donc monsieur le hérisson,
c’est pas bien prudent de rêver sous les étoiles ! »  



 



A peine sa phrase terminée, un
ricanement se fit entendre. Une pixie surgit des fourrés et s’empara du vélo
délaissé. Quand Oisin se lança à sa poursuite, il entendit un nouveau rire,
tout proche de lui. Le hérisson se transformait en pixie. C’était un piège, il
aurait dû s’en douter ! Ces farceuses adorent voler les vélos pour les
chevaucher sauvagement. La pixie tira la langue à Oisin et improvisa une courte
danse de victoire. Ses cheveux bleus et en pointes battaient dans le vent alors
qu’elle s’enfuyait dans la forêt.



 



L’Irlandais élancé à sa recherche fut
rapidement semé. Pire, la route du retour avait disparu sans crier gare.
« I’ve been pixie-led ! » pensa Oisin, un sourire aux lèvres.
Une fée au dos couvert de touffes d’herbe s’amusait à le perdre. Mais Oisin
connaissait les légendes de son pays, et savait comment lever le sort. Il
retourna son manteau pour le porter à l’envers.



 



De nouveau sur le chemin, il
n’oubliait pas que les fées demeuraient les plus malicieuses créatures de
ces terres. Pour se protéger d’elles, Oisin cueillit du millepertuis et en orna
ses habits.



 



Lors de son avancée, il découvrit un
cercle de champignon. Certaines de ces couronnes occupaient la même place
chaque année depuis plus de six cent ans… Sachant qu’il était plus prudent de
voir les fées avant qu’elles ne vous voient, Oisin s’empara de primevères afin
d’en déguster les effets. Ces fleurs contenaient un pouvoir unique : celui
de rendre visible l’invisible. Et ce à quoi Oisin s’attendait apparut sous ses
yeux.



 



En une ronde effrénée, un anneau de
fées valsait et chantait dans le cercle de champignon. Des musiciens coiffés de
feuilles jouaient de la flûte et des cymbales, des violons et des harpes, des
tambourins et de la guimbarde. Tous dansaient sans relâche, ivres de plaisirs
et d’extase.



 



Une fée rieuse enjamba une tige de séneçon et cria « Horse and
Hattock ! » Son hippocampe des airs s’envola en spirale, vint frôler
le nez d’Oisin puis s’évapora derrière un saule. 



 



Ce n’est qu’à cet instant, après des
heures de contemplation intemporelle, que l’Irlandais remarqua la présence d’un
homme aux allures de chêne. Sa ramure était grise. Ses yeux reflétaient
l’essence des forêts, le mystère des arbres nocturnes, le grincement d’une
branche. Un druide…



 



 



~---~



 



Suisse – Tito



 



Les
engueulades ne surprenaient plus les voisins. C’était monnaie courante dans cet
immeuble, et il devenait rare qu’une semaine passe sans entendre des éclats de
voix d’un appartement ou d’un autre. La mère de Tito avalait d’une traite son
quatrième whisky pendant que son fils et son mari finissaient en silence leur
repas froid.



 



Le bulletin scolaire de Tito ne
présentait pas des notes mirobolantes et sa mère en jetait encore la faute sur
le laxisme de son géniteur apathique. Le père avait depuis longtemps appris à
se taire, mais cela ne calmait en rien les fureurs de sa femme, surtout lorsque
l’alcool envenimait ses propos.



 



Seulement, ce soir là fut différent.
Une frustration trop longtemps contenue ? Une overdose de malaise ?
Lorsque le père soupira à sa femme de lui foutre la paix, elle devint comme
folle. Elle se jeta sur lui, le martela de coups de poings en lui hurlant de se
réveiller, de bouger son cul et d’assumer enfin son rôle de mâle. Elle continuait
à le frapper sans se rendre compte qu’une flaque de sang s’écoulait du crâne de
son mari. Tito ne put s’empêcher de vomir à ce spectacle. Son père venait
d’être battu à mort. Il sortit en trombe de l’immeuble et courut sans se
retourner.



 



Il croisa les flics certainement
alertés par ces délateurs de voisins. Sa mère serait emmenée en prison et
n’apparaîtrait dans les faits divers des journaux que pour alimenter les ragots
et la psychose de la ville. Elle passerait des années en tôle avec des cinglés,
laissée à l’abandon au lieu que quelqu’un la prenne par la main pour essayer de
la comprendre et de l’aider à redevenir cette femme douce et aimante qu’un jour
elle avait été.



 



Au premier
échafaudage croisé, Tito grimpa frénétiquement les échelles jusqu’à la tour de
l’église, mais une nouvelle fois, selon l’adage « en chaque citoyen suisse
il y a un flic qui dort », un anonyme venait d’appeler la police.



 



A dix ans, Tito ne risquait pas
lourde punition, mais il ne voulait que sombrer seul dans les limbes de l’oubli,
effacer l’image de son père sans vie et de sa mère psychopathe.
« Saloperie de vie » pensa Tito.



 



Quand les policiers atteignirent la
tour, leurs torches n’éclairèrent que des fientes de pigeon.



 



- Encore une fausse alerte, s’exclama
l'un des flics. J’en ai marre de ces connards.



 



 



~---~



 



Nouvelle-Zélande –
Maui-tikitiki-a-Taranga



 



Taha, Roto, Pae, Waho et Maui se
camouflaient dans les forêts pluviales d’Aotearoa. Ils se cachaient derrière
les fougères argentées en bordure de rivière, là où le coulis de l’eau
dissimulait le bruit de leurs mouvements. Ils guettaient l’arrivée d’un Moa,
ces grands oiseaux sans ailes n’ayant que leurs hautes jambes pour fuir. Il ne
restait de cette espèce qu’une vingtaine de représentants chaque fois plus durs
à dénicher. Mais les enfants avaient faim et la chasse les grisait.



 



A l’instant où Pae s’apprêtait à
envoyer sa lance, le Moa s’affola et tenta de prendre la fuite, les pattes
emmêlées de panique, et son cri de sang glacé lui brisa la nuque. Son regard
figé témoignait encore de sa frayeur mortelle.



 



Roto et Waho ne demandèrent pas leur
reste et décampèrent à toute allure. Le lézard géant Kaiwhakaruaki déchira les
broussailles. Ce reptile albinos de la taille d’une maison terrorisait les
Maoris depuis des générations. Il faisait partie des Taniwha, étranges monstres
mangeurs d’homme.



 



Taha et Pae avaient trop peur pour
s’enfuir. Ils semblaient pétrifiés comme devant le regard de Méduse.



 



Maui-tikitiki-a-Taranga, le plus
valeureux des enfants, ne craignait aucun danger. Il jubilait à les affronter
et savourait plus encore ses cris de victoire. Son visage couvert de tatouages
apparaissait gravé de courbes forestières, de pointes acérées et de douces
spirales. Ses muscles étaient déjà ceux d’un homme, si bien que pas un adulte
ne se risquait à manquer de respect à cet enfant de douze ans à la puissance si
précoce.



 



Lorsque Maui jaillit des fougères
pour faire face au lézard, un rictus ornait son visage. Il fit ce à quoi le
lézard s’attendait le moins : il se jeta dans sa gueule ouverte.
Kaiwhakaruaki tenta de refermer ses crocs sur sa proie suicidaire mais Maui
soutenait par la force de ses bras le palais du lézard. Il saisit la dent la
plus pointue du Taniwha et l’arracha d’un coup. Il se jeta ensuite dans le ventre
du monstre et planta son arme à travers la peau de Kaiwhakaruaki. Maui sortit
couvert de sang par la faille béante du géant. Il poussa un cri de victoire,
les yeux exorbités et la langue tirée en dernière insulte au vaincu.



 



Derrière le cadavre du lézard, les
fougères s’agitèrent de nouveau. Maui redressa les épaules, en appela à ses
amis qui joignirent leurs lances de chasse à la dent du monstre expédiée sur
l’inconnu. Les armes se brisèrent sous l’impact sans le moindre effet.
Lorsqu’un homme aux cheveux gris se révéla à la lumière, Maui discerna sous sa
cape une armure aux reflets d’argent.



 



 



~---~



 



Arabie –
Sheliak



 



Son ombre le suit, comme d’habitude,
seule présence inlassablement fidèle. Elle apparaît immense au matin, vole de
dune en dune vers des horizons inespérés, puis au fil des heures elle ne cesse
de s’amoindrir jusqu’à devenir un ridicule chaos d’ombres de jambes éreintées
et de bras couverts de sang séché.



 



Des lambeaux
de chair de son père soufflé par un missile parsèment les haillons de Sheliak,
aussi secs que ses lèvres, aussi pâles que son regard aveuglé par un soleil
omniprésent. Ses paupières ne se ferment plus sur ses yeux desséchés.



 



Une semaine
de dérive dans le désert d’Arabie, une semaine d’espoir qu’enfin la mort vienne
le chercher à son tour. Qu’importe dans quel enfer il sombrera, aucun ne peut
être plus cruel que la Terre des hommes.



 



Marche-t-il
encore ? Quelle monotonie l’attend maintenant ? Un plateau de sable
infini ou une dune épuisante ? Sheliak ne veut plus savoir. Il s’assied au
milieu du néant, et attend. Un vent brûlant souffle sur le désert. Le sable
recouvre le corps de Sheliak, sa bouche, ses yeux ouverts, et stoppe les
derniers ondoiements de ses cheveux.



 



 



Dans
l’encadrement d’une arche de pierre, Sheliak ne sent plus son corps. Aucune
souffrance ne le harcèle. La soif, la faim, la sécheresse du corps et de l’âme,
et surtout, la peur… tout cela a disparu. Un pas et il est libéré du calvaire
de la vie, de la peine inutile d’être venu au monde, de ses souvenirs comme
autant de venins.



 



Un flocon de
cosmos traverse les collines fleuries derrière le jeune Arabe, volette en
douceur devant ses yeux aveugles et vient fondre dans sa main. L’enfant se
retourne et de sa vue nouvelle discerne une silhouette, main tendue. Une aura
blanche entoure cet homme, ce saint…    



 



 



~---~



 



Egypte – Neferia



 



Un homme aux cheveux gris fut annoncé au palais de Deir el-Bahari. De ses
épaules à ses chevilles plongeaient une large cape aux couleurs de forêt
verdoyante. Il tenait à la main un bâton de chêne paré de gui et gravé de runes
ésotériques. Ses yeux reflétaient l’essence des forêts, le mystère des arbres
nocturnes, le grincement d’une branche. Sous sa cape, une armure aux reflets
d’argent.



 



Le vizir Rekhmirê accueillit le saint
avec joie. Il l’escorta jusqu’aux chambres du palais puis l’entraîna jusqu’à un
lourd rideau qu’il entrouvrit discrètement afin de montrer au visiteur une
jeune Egyptienne en cours de danse.



 



- Voici Neferia, commenta Rekhmirê.
Elle fut découverte aux portes de Deir el-Bahari il y a onze ans. A n’en pas
douter, Neferia est la descendante de la déesse Hatshepsout. Sa précocité
intellectuelle, ses capacités de mémoire et sa sensibilité en sont autant de
preuves. A ses dix-huit ans, son destin la mènera sur le trône d’Egypte, alors
la lignée divine des pharaons retrouvera sa splendeur perdue.



- En quoi puis-je vous aider ?
demanda le chevalier.



- Neferia n’est pas en sécurité.
Beaucoup en Egypte ont intérêt à ne jamais voir refleurir les ères
pharaoniques. Je crains de ne pouvoir accorder ma confiance qu’à peu de
personnes ici, et cette atmosphère tendue ne favorise pas l’éducation de
Neferia.



- Vous désirez donc la cacher jusqu’à
sa majorité.



- En effet. Le Sanctuaire d’Athéna
est protégé du mal, et je connais assez votre réputation pour avoir foi en
votre loyauté. Cependant vous devrez vous assurer que les habitants ne la
remarquent pas. Parez-la d’un voile peut-être.



- Ces artifices ne seront pas
nécessaires. Votre requête est un signe du destin qui ne me laisse aucun doute.
Neferia mérite la meilleure des formations, celle qui lui apportera les
capacités de se défendre en toute circonstance et d’œuvrer plus tard en votre
pays selon des ambitions pacifiques. J’aimerais accorder à Neferia
l’entraînement des saints d’Athéna.



- Cette proposition nous honore.
Athéna est juste, et nos dieux respectifs sont certainement amis dans
l’au-delà. J’accepte votre offre. Durant l’automne et l’hiver j’enverrai le
scribe Senmout afin de poursuivre l’enseignement royal de Neferia, et dans sept
ans, après des siècles d’attente, le peuple d’Egypte accueillera enfin son
pharaon, esprit divin dans un corps de femme. 



- Elle en a déjà la grâce, conclut le
druide en regardant la danseuse.



- Neferia est le trésor d’Egypte. Je
vous la confie, Myrddin d’Avalon.



 



 



~---~



 



Grèce
– Sanctuaire d’Athéna



 



Spectacle inhabituel
à l’arène de combat du Sanctuaire, onze enfants discutaient, jouaient à
s’inventer ceux qu’ils deviendraient, ceux sur qui le Destin était venu poser
sa main en proclamant : « Suis-moi, je ferai de toi un Chevalier
d’Athéna. »



 



Maui propulsa son poing dans le
ventre de Bayer qui s’envola sur plusieurs mètres vers Altaïr assommé. Le petit
Anglais s’écroula, les mains sur le ventre pour contenir sa douleur. Maui
approcha et l’enjamba afin de prévenir toute tentative de retraite.



 



« T’as perdu ! »
déclara-t-il, une lueur de fierté dans les yeux.



 



Sur les gradins, Tito arborait un
rictus satisfait. Lui aussi battu par cet enfant déjà musclé comme un homme, il
se rangeait naturellement du côté de Maui car chacune de ses victoires
justifiait un peu plus sa défaite.



 



- On n’a pas le droit de se
battre ! intervint Zeuxis de sa voix encore immature.



- On est dans une arène de combat,
non ? rétorqua Maui. Viens plutôt te battre, Zeuxis, c’est pas en
tremblant devant trois gouttes de sang que t’auras ton armure. Aller, viens
m’affronter !



 



A côté du discret Elsighorn,
Hipparque dessinait les constellations dont chaque soir sa mémoire s’imprégnait
à force d’observation. Rigoureux, il légendait et datait chacune de ses
esquisses. La lutte ne l’intéressait guère ; son excitation l’étreignait
lorsque son esprit partait sonder les mystères de l’univers. Ses meilleurs
amis, il les tenait dans la main : un carnet et une plume, afin qu’à chacun
de ses pas il conserve la liberté de rejoindre les cieux de son imaginaire, les
méandres de ses réflexions et les trésors miraculeux de la logique humaine.



 



Si Hipparque s’isolait parfaitement
du bruit des combats, il perdit toutefois sa concentration au sein des rires de
deux enfants atteignant l’arène à bout de souffle. En constatant l’absence de
Myrddin, les fillettes partirent d’un fou rire qui laissa perplexe la plupart
des garçons. Neferia et Asae prirent place sur les gradins, les mains sur la bouche
et fuyant le regard de l’autre pour ne pas tordre une nouvelle fois leur ventre
en ces contractions incontrôlables et douloureuses du rire.



 



Oisin, survolté à l’idée de se lancer
dans sa formation de saint, ne tenait pas en place. Il chantonnait à loisir, il
souriait et rêvait tout haut. Comment la vie pourrait être plus belle ?
L’honneur et la gloire constituaient les pavés de son futur, et à voir ses
nouveaux compagnons, une amitié prochaine déversait déjà en lui les saveurs des
moments de bonheurs partagés entre amis.



 



En voyant Neferia prête à s’esclaffer
de nouveau, Oisin déforma son visage en une grimace comique et l’effet
attendu ne tarda pas. Les marches de l’arène firent de nouveau écho aux rires
estivaux de Neferia, égyptienne aux allures de reine, au visage aussi frais et
opaque que l’eau du Nil.



 



« Hé Neferia, dit Asae, on
dirait qu’on est dans un théâtre et on est des danseuses,
d’accord ? » Il n’en fallut pas plus pour lancer le duo en une danse
improvisée. Au sommet de l’arène, les fillettes immergées de plaisir et de
simplicité apportaient à ce lieu une inspiration pacifique. Maui s’assit et
Altaïr resta allongé, les yeux perdus dans les nuages, les voix de celles qui
porteraient bientôt un masque comme tremplin de ses pensées.



 



Le regard tourné vers les ruines de
l’arène, Asae fronça les sourcils. Pourquoi cet enfant reste à l’écart sans
même nous regarder ? Il a décidément pas l’air heureux, mais c’est pas une
raison pour bouder dans son coin. Asae saisit une olive au pied de l’arbre séculaire
du colisée puis l’envoya avec précision sur la chevelure dense et sans couleur
du garçon… qui se retourna.



 



Aucun
sourire ne perturbait ce visage. Sa peau hâlée exacerbait la blancheur de ses
yeux assombris d’iris aspirant ceux qui s’y jettent, vides de toute
manifestation de joie. Asae ne bougeait plus. Cette silhouette lointaine,
intériorisant si calmement son énergie ; ces yeux néanmoins si proches,
portes inaccessibles vers une âme étouffée.



 



- Laisse tomber il parle pas,
intervint Neferia.



- AÏE !! Ça fait mal !
geignit Bayer à la vue du sang le long de sa jambe entaillée.



- Le colisée reste volontairement le
seul endroit non rénové, prononça distinctement une voix que tous reconnurent.
Seuls des guerriers s’y réunissent et ceux-ci n’ont pas à se plaindre de
l’aspérité des roches.



 



Les
enfants se turent. Dans un silence solennel ou seuls quelques insectes osaient
rivaliser avec les chuintements du vent, Myrddin d’Avalon entra dans l’arène,
son bâton de chêne à la main. Il ouvrait la voie au Grand Pope, représentant
terrestre de la divine Athéna aux yeux pers. Derrière son masque aux teintes
dorées duquel ne s’échappait aucun cheveu, le Grand Pope, que beaucoup
croyaient immortel, déclara :



 



« Votre
entraînement a commencé à l’instant où vous avez franchi les portes du
Sanctuaire. Vous n’êtes donc plus des enfants, mais déjà les porteurs de
l’honneur et de l’espoir, les garants de la justice au nom d’Athéna.



 



« Depuis
l’aube de la Chevalerie, de simples hommes, de jeunes adolescents, ont porté
les armures des chevaliers d’Athéna, gardés par leurs constellations et
protecteurs de celles-ci. Chaque fois, sans exception, ils ont remporté la
victoire. Beaucoup marquèrent l’histoire et perdureront à jamais dans les
mémoires, dans les cœurs, et dans les armures qui colorent vos
aspirations. Néanmoins, ne vous méprenez pas. Si ces cadeaux d’Athéna
exacerbent votre motivation et seront les fouets et les caresses de vos
efforts, rappelez-vous que ce sera d’abord à vous d’apporter l’espoir à votre
armure, afin qu’elle rayonne en accord avec votre volonté, et que léger comme
l’air, vous puissiez vous envoler, pourfendre le ciel de vos poings et de vos
pieds entrouvrir la terre.



 



« Dans quelques temps cette
misérable sensation purement physique de vos chairs lacérées par l’arène ne
vous fera pas même ciller. Bientôt vous siégerez en ces lieux comme sur la plus
confortable des mousses, car votre cosmos parviendra à faire abstraction de la
douleur, à communier avec votre entourage pour s’enrichir des véritables
sensations qui l’entourent et qu’il génère, afin de s’en nourrir, de résonner
avec elles pour s’épanouir à l’infini. »



 



Le Grand Pope se tourna vers la
montagne du Sanctuaire, domaine sacré dont l’accès était réservé aux saints.
Des maisons magnifiques en parsemaient le flanc : les douze temples du
Zodiaque, derniers remparts contre les forces du mal, habituellement protégés
par l’élite de la chevalerie d’Athéna. Le silence du Pope laissa deviner la
nostalgie de temps reculés, lorsque les chevaliers d’or aux armures abreuvées
de soleil se trouvaient encore dans leurs temples.



 



« Les
armures d’or ne sont plus. Depuis la dernière guerre sainte contre Hadès, leur
souvenir demeure telle une lueur de vie dans la noirceur des Enfers. Quoiqu’il
en soit, l’entraînement qui vous attend sera plus dur que ceux imposés aux
précédents saints, car seule une dizaine d’armures d’argent se sont
manifestées, le plus bas nombre de l’histoire de la chevalerie. Ainsi, même
privés de l’honneur de porter une armure d’or, vous devrez faire jaillir cette
gloire de par vos actes, afin de démontrer comme l’ont prouvé les anciens
chevaliers de bronze que le rang n’est rien lorsqu’on est un protecteur de la
paix, un sage des mains duquel s’écoule une justice paisible venant abreuver d’une
fraîcheur saine les hommes apaisés et heureux.



 



« Tel est votre combat, telle
est votre cause, et n’oubliez jamais, l’amour restera toujours la plus fidèle
de vos armes. »



 



Le Grand Pope s’en alla, laissant à
Myrddin le soin d’annoncer les lieux d’entraînements désignés pour chacun des
apprentis.



 



« Zeuxis, tu vas en Italie.
Hipparque, tu embarques pour Rhodes. Neferia, tu t’entraîneras en Corse, Maui
en Ouganda, Bayer en Ethiopie, Asae en Chine, Elsighorn et Tito au Canada.
Oisin, Altaïr et Sheliak, vous resterez au Sanctuaire sous ma tutelle. Enfin
Saon, tu iras… Saon ? Où est Saon ? Comment ose-t-il ne pas se
présenter aujourd’hui ? Décidément il ne changera jamais… »



 



Myrddin conclut : « Je vous
souhaite bonne chance et courage, jeunes apprentis. J’espère tous vous revoir
dans six ans. D’ici là, puisse Athéna vous inspirer. »



 



 



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Note :



 



(1) Extrait de « Le  Sanctuaire
de Nyx », fanfiction de Stardust.



 



 



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