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Cette fiche vous est proposée par : Aqualudo


Les ages mythologiques

Dans l’épisode précédent …

Résolus à rejoindre le Tombeau de Kragden afin de reprendre la Main de Sotar, artéfact nécessaire à la fermeture future d’Astragoth, les Ases s’enfoncent au cœur des Montagnes Noires. Echappant de peu à la mort dans la Passe de Bergelmir, ils parviennent enfin dans l’antre de Kragden. Loin de crier victoire, les Ases découvrent alors un champ de ruine et les corps sans vie des Guerrières Noires du démon. Dans une vision, Akurgal découvre en effet que deux Rois des Mers, mystérieux serviteurs du dieu Poséidon, les ont devancés. Pourquoi ? Quels mystères se cachent derrière ce retournement inattendu ? Résolus à découvrir la vérité, c’est à présent sous la conduite d’Yshba qu’ils s’élancent vers la plaine mythique des Elivagar …



Chapitre IX – La disparition d’un dieu

***

Le chant de Gjallarhorn



Suspendu au-dessus du sol humide, Yshba poursuivait sa lévitation sous le regard incrédule de ses compagnons. Sans comprendre ni comment ni pourquoi, les serviteurs d’Odin étaient à présent au milieu d’un chemin de pierres noires et brillantes, cernés par les flots tumultueux des Elivagar. L’air ambiant était glacé mais étrangement, des ondes de chaleur venaient caresser la peau des guerriers. La voie pierreuse scintillait ici et là sous les effets du gel, tandis que par endroit des volutes de vapeur faisaient fondre ce carcan de glace. Serrés dans leurs capes, les Asgardiens contemplaient un paysage impossible où le feu et la glace semblaient se confondre dans une alchimie incohérente.
« Ainsi, Slidr, le Péril glacé et Gjöll, la Tumultueuse, nous accueillent dans leurs bras.
- Yshba, qu’est ce que tu racontes ?
- Bjarnulf ne comprend pas, Ulv, mais toi tu le sais, mon doux compagnon.
Bjarnulf se prit la tête entre les mains.
- Il a craqué. Il a complètement perdu la tête.
- Il est possédé oui, suggéra Dimitre. Comment ferait-il sinon pour voler au-dessus du sol ?
- Pas idiot, Dimitre. Oh, tu descends ? Qui que tu sois, quitte ce corps et viens te battre !
- Tais-toi donc Bjarnulf !
Meijuk, agacé, se rapprocha d’Yshba.
- Que se passe-t-il, mon ami ? Qui sont Slidr et Gjöll ? Que faisons-nous ici ? »
En guise de réponse, Yshba se contenta de sourire.
« Des Elivagar, intervint alors Nibel. Ce sont deux des onze Elivagar. Nous sommes proches de leur source, Hvergelmir, le Chaudron Bruyant. Ces rivières charrient leur lot de glace, de sang et de morts.
- Nibel, ne me dis pas que nous sommes …
- Non Memnoch, nous ne sommes pas en Niflheim. Nous sommes dans une des vallées où coulent les Elivagar. Nous sommes en face de la demeure de Loki ! »
Nibel pointa du doigt la Forteresse émeraude qui se détachait petit à petit du brouillard nébuleux qui flottait au-dessus de la plaine. Fascinés par le spectacle, les compagnons ne pouvaient détacher leur regard des éclats lumineux qui parcouraient les murailles lisses de la demeure du Fourbe. Loki. Celui qui menaçait Asgard depuis si longtemps. Loki. Celui qui conduisait une guerre sans fin contre Odin ; voilà que les Ases étaient enfin face à leur pire ennemi. Les visions d’Erda avaient beau les avoir prévenus, les guerriers tremblaient de tout leur être au rythme des radiations de leurs Armures. Le premier, Inyan caressa son front et toucha la gemme de sa couronne.
« Les âmes des Ases se sont réveillées. Je sens que mon Armure réclame sa part de vengeance. Bragi appelle le sang. Bragi n’est que colère, et je suis le bras de sa vengeance.
- Suivez-moi ! »
Yshba se dirigea en silence vers la Forteresse, flottant au-dessus de la brume. Ses compagnons ne cherchèrent pas d’explication et lui emboitèrent le pas, tout en se préparant au pire. Tous savaient que Loki était un adversaire redoutable. Sa ruse légendaire, son statut de divinité aussi ancienne qu’Odin, en faisait un adversaire plus redoutable encore qu’Allani-Ettitu.
« Regardez la voûte de la grotte : on voit le ciel !
- C’est une illusion, objecta Rahotep, il ne peut y avoir de ciel ici, dans les entrailles de la Terre.
- Mais nous sommes peut-être ailleurs. Nous sommes devenus Ases en plongeant dans le Ginnungagap. Yshba nous y a peut-être conduits à son tour. Nous sommes peut-être dans un autre monde.
- Akurgal, je me fous de savoir où nous sommes. Je vois juste qu’Yshba, notre compagnon, marche sur la brume et se propose de nous conduire directement chez Loki. Ce type n’est pas digne de confiance. Il parle à un loup, il a débarqué après sa mort … Bon sang, Allani-Ettitu l’a tué sous nos yeux ! Yshba n’est pas digne de confiance ! répéta Bjarnulf.
Thrall banda l’Arc d’Ull et menaça directement son compagnon en serrant les dents.
- Bjarnulf : Yshba est mon ami. J’ai confiance en lui parce que nous sommes liés par un même destin, depuis le début. Alors un mot de plus et je te perce de mes traits !
- Thrall, Bjarnulf, ça suffit. Gardez vos forces, nous y sommes ».
Rahotep n’eut pas besoin de répéter ses paroles. Alors qu’elle semblait l’instant précédent encore très éloignée, la Forteresse était à présent juste devant eux. La porte monumentale devant laquelle ils se tenaient n’avait rien de commun avec ce qu’ils avaient déjà vu. Lisse comme la glace, elle irradiait une force qui semblait entrer en contact avec les Armures des Ases sous forme de filaments de lumière qui les pénétraient et venaient à leur tour disparaître dans la porte.
« Te rappelles-tu, Odin, quand autrefois, tu mêlas ton sang à celui de Loki ? Boire de la bière, tu déclaras que tu ne le ferais pas si elle ne vous était pas offerte à tous deux. Partager les femmes, tu fis au nom de notre fraternité jurée ».
Glacés par les paroles d’Yshba, les compagnons assistèrent stupéfait au charme qui suivit. Comme il rejoignait le sol, l’Armure d’Yshba se mit à disparaître sous les traits émeraude de la Forteresse qui enlacèrent le guerrier, sous le regard brillant d’Ulv. En quelques instants, Yshba porta des pieds à la tête une Armure proche de celle des Ases, même si elle évoquait plus un monstre aux traits de loup et d’un dragon terrifiant.
« Il est temps de savoir », lâcha l’Hindou en sondant ses compagnons incrédules. Il siffla. Sans comprendre pourquoi, Memnoch s’empara de son Cor.
« Il est temps, Memnoch, d’entrevoir si Gjallarhorn a décidé de nous venir en aide », murmura Yshba.
Memnoch souffla dans son Cor au moment même où les deux Elivagar gonflaient. Les flots furieux des artères de Niflheim se rejoignirent en une vague dévastatrice qui se déversa sur les compagnons. Blocs de glace et de sang, corps décomposés et squelettes, tourments et cauchemars, langue de feu et tornade de grêle, le tumulte s’abattit dans un chaos indescriptible. Il flottait une forte odeur de mort, les effluves humides de la vallée se mêlaient à la puanteur des corps en décomposition sous la forme d’un brouillard poisseux qui s’immisçait dans les moindres failles des Armures. Memnoch ne voyait rien. Il soufflait, déversait ses poumons à en perdre haleine dans Gjallarhorn. A bout de souffle, il voulut reprendre sa respiration et, machinalement, rouvrit les yeux. Le tumulte des Elivagar s’écrasait contre un mur invisible qui entourait les compagnons.
« Continue de souffler ! Heimdall vient à notre aide. Souffle par Odin, souffle !!! »
Au bord de la panique, Inyan tira son ami de sa stupeur et Memnoch reprit de plus belle.
« Alors Slidr et Gjöll  n’ont pas voulu de nous. C’est donc au tour de Loki de nous saluer ! »
Les deux Elivagar se retirèrent aussi vite qu’elles s’étaient gonflées de l’ire de Niflheim. La brume froide et pénétrante les accompagna dans leur lit, découvrant un spectacle qui ne rassura pas les Ases : loups enragés, Géants de givre et de feu, mort de toute nature s’avançaient à présent vers les guerriers. Au dessus de leurs tête, le ciel s’assombrit jusqu’à l’extrême. Soudain, le tonnerre gronda tel un géant courroucé, des gouttes d’une pluie glaciale se mirent à fondre sur leurs proies. Un frisson envahit Rahotep : « Tu voulais un combat Dimitre ? Et bien te voilà servi ! » lâcha l’Egyptien en se mettant en garde.



Le prix du passage



Les guerriers d’Odin regardèrent, paralysés d’effroi, la multitude se rapprocher en silence.
« Ils sont trop nombreux. Il y en a des centaines.
- Inutile de nous lamenter, Nibel. Il va falloir serrer les rangs. Formons un cercle. Nous nous protégerons les uns les autres.
- Non, Rahotep. Mauvais calcul. Chacun pour soit.
- Dimitre, bon sang, ce n’est pas le moment de jouer le guerrier invincible : ils sont beaucoup trop nombreux ! martela l’Egyptien. Si nous nous battons seuls, nous serons submergés.
- Tu fais comme tu veux. Moi, je fonce seul. Il y a des morts, des Géants, des loups. D’après ce que je sais, Bjarnulf dispose d’une hache qui brise les sens : c’est inutile contre les morts. Toi, Rahotep, tu peux juger les Hommes avec l’épée de Forseti. Crois-tu que cela te sera très utile face aux loups enragés ? Tu vas leur dire quoi ? Attention, restez tranquilles ou je vous tue, les Morts ? Non, le mieux c’est de nous répartir les cibles en fonction de nos armes. Je me charge des Morts.
- Dimitre a raison, répliqua Akurgal. Formons de petits groupes : je veux bien m’attaquer aux Géants avec Mjöllnir. Qui vient avec moi ?
Rahotep serra son épée et fit quelques mouvements rapides.
- Moi, dit-il. Je viens avec toi. Je crois que le moment est venu de tester les possibilités de nos Asu ; Dimitre a raison, nos Armes risquent de ne pas suffire.
- Je vous suis », dit Nibel.
Inyan fixa ses doigts irradiés d’arcs électriques et fut pris par un frisson malsain.
« Je vais me charger de ces Loups monstrueux. Comme ils sont grands, je pourrais toujours leur passer en-dessous et les éventrer avec mon arme. Si ça ne suffit pas, je déverserai mon Asu dans leurs chairs et je me repaîtrai de leurs cris d’agonie. En fait, je crois que j’attendais ce moment depuis longtemps. La boucherie sera absolue.
- Je te suis, fit Bjarnulf à son tour. Je vais écraser ces gueules fétides sous les bottes de Vidar. Ma hache sera leur libération. L’éveil du Guerrier nourrira ma colère au-delà de l’imaginable. Quitte à crever ici, je vais prendre mon pied ».
Plantant sa lance dans le sol, Meijuk fit un pas en avant.
« Je suis avec vous ».
Les tons étaient secs et définitifs comme des couperets. Une véritable mise à mort, laconique et bestiale, allait se dérouler au cœur d’Asgard. Où qu’il était, Odin pourrait certainement apprécier le spectacle.
« Très bien. Inyan, Bjarnulf et Meijuk pour les Loups. Dimitre, je me joins à toi pour les Morts.
- Avec joie Memnoch, mais je te préviens : je ne vais pas t’en laisser beaucoup !
Thrall se tourna vers l’Ase d’Heimdall.
- Je reste ici, auprès d’Yshba. Il n’est visiblement pas en état de se battre, constata le Germain en voyant l’Hindou s’adosser à la porte, les yeux fermés. Je vais vous couvrir de mes traits. Qu’Odin veille sur nous.
Le silence qui précéda la bataille fut terrifiant. Les premiers, les Loups le brisèrent en déversant leur rage à travers un hurlement qui aurait fait reculer le plus valeureux des guerriers. Ici, il n’y avait point de salut. La victoire ou la mort. Les règles étaient claires. Memnoch saisit Gjallarhorn et souffla de toutes ses forces dans le Cor d’Heimdall. Galvanisés par ce son de guerre, les Ases d’Odin se ruèrent dans la bataille avec la rage des désespérés. Dimitre fut le premier au contact ; pulvérisant un premier squelette en armure d’un coup de bouclier il sauta dans les airs et atterrit au milieu de dizaines de cadavres en armes. Avec un cri effroyable presque palpable, au bord de la folie, l’Ase de Tyr se mit à tournoyer sur lui-même et à frapper dans tous les sens, bientôt rejoint dans la tourmente par Memnoch qui se mit à rivaliser de frénésie. Les corps, pulvérisés sous les coups des armes divines, volaient dans tous les sens. Quelques instants suffirent à maculer les deux guerriers du sang noir de la mort. On ne savait plus qui des morts ou des deux compagnons venaient de sortir des entrailles de Niflheim.
D’un revers de boulier, Meijuk débarrassa sa lance du corps d’un Loup qu’il avait transpercé de part en part. Le monstrueux animal s’écroula un instant mais tenta de repartir à l’assaut, dans un grognement fétide. Rageusement, Meijuk enfonça sa Lance dans le sol et quatre de ses images jaillirent sous l’animal, le déchirant de par en part.
« Joli coup Meijuk ! Mais garde la tête froide, il en reste quelques-uns », fit Inyan, tandis qu’à quelques pas de là Bjarnulf abattait avec fureur sa hache sur le crâne d’une bête aux crocs acérés.
Ayant fait appel au pouvoir de son Asu, l’Ase se déplaçait à une vitesse vertigineuse, au point de disparaître par instants du champ de vision de ses compagnons.
« Comment fait-il cela ?
- J’en sais rien, fit Inyan admiratif. Il a simplement hurlé « Eveil du Guerrier » et il s’est mis à briller plus fort que le soleil. Je veux le même pouvoir !
- Dans ce cas, il faudra déverser ton Asu autrement que dans tes décharges d’énergie », tança Meijuk.
La soif du combat le submergea à son tour et il chargea tête baissée contre un nouveau monstre au pelage noir. Un coup de griffe parvint à se jouer de son bouclier, lui entaillant le bras gauche. La plaie béante arracha un râle au guerrier qui enfonça la pointe de sa lance à travers le crâne de l’animal. De son bouclier, il para un nouvel assaut, avant qu’Inyan lui vienne en aide, éventrant un Loup qui tomba au sol en hurlant. Tout n’était que chaos. Le sang giclait dans tous les sens, celui des guerriers se mêlait à celui des bêtes furieuses. Dans ce tumulte, Inyan s’amusait à présent à déverser des charges d’énergie pure sans prendre la peine de viser ; seule comptait l’adrénaline. Meijuk, libéré de ses dernières hésitations, se lâcha à son tour.
« CARESSES DE LA PIERRE ! »
L’incantation prit quatre monstres au dépourvu ; sous leurs pattes, le sol pierreux se hérissa de pointes acérées. Au contact des coussinets, des milliers de particules de poussière s’engouffrèrent à travers les pores de la peau, se gorgeant petit à petit du sang et de l’eau de leurs victimes. Peu à peu déchiré, le pelage ensanglanté laissa apparaître la chair puis les entrailles. Loin d’être épanchée, la colère de l’Ase redoubla. Et le carnage se poursuivit.

De son côté, Rahotep éprouvait de plus en plus de mal à résister aux assauts de son adversaire. Le Géant de givre qui lui faisait face enchaînait coups de poings et salves de glace. L’Ase de Forseti évitait tant bien que mal ces assauts jusqu’à ce que le colosse ne s’empare d’une cheville ; profitant de sa prise, le Géant le souleva de terre, tournant sur lui-même, et le jeta à plusieurs pas. Rahotep, loin de s’écraser lamentablement, se réceptionna sur ses deux pieds. Il fixa froidement son adversaire. L’Egyptien venait de faire tomber l’ultime barrière qui le séparait du cœur de son Asu. Une sensation nouvelle l’inondait, une sensation de puissance et d’harmonie. Ce n’était plus la seule énergie de Forseti qui courait en lui ; il était la source de ce pouvoir. Il se campa sur ses deux pieds et écarta les bras vers le sol.
« NOUN »
Ce seul mot suffit à terrasser le Géant. Tout autour de lui un vortex s’était constitué, générant une porte temporelle. Là, tapis dans le néant attendait Noun, créateur de Monde. L’âme de la créature fut aspirée et le corps s’effondra, sans vie. Rahotep s’élança alors en avant pour porter secours à Nibel qui était en fâcheuse posture. Lorsque l’Epée de Forseti s’abattit sur le Géant de givre et lui fendit le crâne en deux, le colosse lâcha sa massue et s’effondra en arrière. Rahotep venait de sauver la vie de Nibel qui avait les jambes prises dans un carcan de glace.
« Tout va bien ?
- Oui, souffla le skald en utilisant son arme pour défaire l’emprise du givre. Il m’a lancé un sort. J’étais certain de l’avoir évité. Merci.
- Ce n’est rien ; réveille ton Asu et nous triompherons. Viens, Akurgal est seul ».
A quelques pas de là, au milieu d’une meute agonisante, le massacre se poursuivait. La hache d’Heimdall dessina sa trajectoire de mort dans un silence assourdissant. Sa victime se transforma en une torche vivante en quelques instants à peine. Le Loup mugit de douleur et s’agita dans tous les sens sous le regard enragé de ses congénères.
« Memnoch est un guerrier redoutable, lâcha Nibel.
- C’est une certitude, mais en ce moment je crois qu’Akurgal n’est pas en reste ! »
Sans efforts apparents, le Mésopotamien faisait périr les Géants alentours. On aurait dit que Thor lui-même s’était emparé du scribe. Il était devenu une machine à tuer, froide, terrifiante. Un nouveau Géant tentait de le prendre à revers ; Mjöllnir le traversa de part en part, déversant un flot d’éclairs qui consumèrent les chairs de l’être millénaire. Un par un, les monstres tombaient. Yshba ne bougeait pas, se contenant de calmer Ulv. Thrall, de son côté, alignait les cadavres au bout de ses traits, portant la fureur d’Ull au cœur de la bataille. La puanteur de la mort emplissait à présent la vallée. Le combat dura des heures. Un à un, les Ases s’ouvraient à l’Asu et repoussaient les assauts de créatures qui ne cessaient de sortir de la brume.
Enfin, Yshba ouvrit les yeux. Il embrassa la bataille et sourit. Se retournant, il souffla quelques mots et posa ses deux mains sur les portes de la Forteresse qui, dans un silence inquiétant s’ouvrirent. Le souffle qui se dégagea des entrailles de l’antre de Loki balaya les derniers adversaires des représentants d’Odin. Seuls restèrent les morts. Dimitre, un crâne fiché sur son bouclier, fut le premier à se retourner. Il vit Yshba pénétrer la Forteresse. Dans cet instant fugace, sans qu’il comprenne tout de suite pourquoi, le souffle qui avait balayé ses adversaires lui serra la poitrine. Les yeux de l’Ase de Tyr s’embuèrent et il tomba à genoux, en larmes.



Paroles divines



Des couleurs confuses se bousculèrent, un hymne funèbre, douloureux, geignard, tournoyant, lui vrilla le cerveau. Les formes revinrent. Les tonalités s’affadirent. Il faisait sombre. Une lueur rougeâtre éclairait doucement, presque imperceptiblement la pièce. Les étincelles sonores reprirent leur rythme macabre. Cette musique annonçait la mort. Non, cette musique était la mort. Et cette voix, sombre, guturale. Il s’en dégageait une telle douleur, teintée de fureur et de mélancolie à la fois. Où était-il ? Il se souvenait du Géant qui avait succombé sous les coups de l’épée de Forseti. Un de plus au cœur de cette bataille. Un de plus dans cette multitude qui revenait par vagues à l’assaut des guerriers d’Odin. Etait-il mort ? Au cœur de ce tourbillon de fureur, sa quête avait-elle pris fin ? Finalement, la mort n’était pas si terrible. Il avait quitté son Egypte natale pour rejoindre Argos. Là, le destin avait mis sur sa route des frères. D’Hattousa à Asgard, il avait appris à vivre avec un destin extraordinaire mais si lourd. Il avait vu les portes de la Mort s’ouvrir. Nombreux étaient les ennemis qui avaient péri sous ses coups. Il avait trouvé une terre à défendre, des amis à protéger. Hélas, il avait échoué ici, quelque part entre les bras des Elivagar. Et les autres ? Akurgal et Nibel étaient proches au moment où ce souffle avait emporté leurs adversaires. Tout reprenait forme. Ils avaient marché vers la Forteresse. Yshba n’était plus là. Dimitre, Meijuk, Bjarnulf, Memnoch, Inyan … ils étaient en sang, mais en vie. Oui. Il vivait. Les fourmillements au bout de ses doigts le rappelaient à la vie. Ouvrir les yeux. Mais ils étaient ouverts ! Pourquoi cette tristesse ? Pourquoi ce chant ?
« Etes-vous là ? Mes compagnons, êtes-vous là ?
- Nous sommes tous ici, Rahotep.
- Yshba ?
- Oh, Yshba, c’est quoi ce cirque ? »
Cette voix. Dimitre. Oui. Vivants. Mais alors …
« Vous avez su réveiller votre Asu. Mes frères, il est temps de vous livrer la vérité.
- On ne voit rien Yshba. Qu’est-ce que ça signifie ? Où sommes-nous ?
- Inutile de geindre, Inyan. Nous sommes au cœur de la Forteresse de Loki, là où je vous ai conduits. C’est Loki qui m’a conduit ici, pour vous livrer la vérité. Je sais que certains d’entre vous se demandent comment j’ai pu revenir de la mort. Moi-même je me suis posé la question. Erda, notre prêtresse bien-aimée, m’a dit qu’un jour je comprendrais. Aujourd’hui, je comprends. Si je vous ai conduit ici, c’est parce que Loki me l’a demandé. Lorsque Akurgal est revenu à lui dans la salle où Kragden avait été tué, Loki s’est adressé à moi. Je suis celui qu’il a désigné pour porter son Armure, comme vous portez les Armures des Ases.
- TRAITRE ! Attends un peu que je retrouve la vue et tu vas voir !
- Laisse-le finir, Bjarnulf.
- Inutile de prendre ma défense, Rahotep. Lorsque vous saurez, vous comprendrez. Laissez-moi d’abord vous permettre de recouvrer complètement vos esprits. Vous avez été touchés par le souffle de Loki, moi-seul peut vous aider ».
Un à un, les compagnons furent touchés par Yshba. L’Armure de Loki, majestueuse et inquiétante, vibrait à l’unisson des autres Armures d’Ase. La pièce était assez grande et portait les traces d’un combat terrifiant. Les murs étaient éventrés, les impacts avaient totalement dévasté les entrailles de la Forteresse.
« C’est ici qu’ils sont morts.
- De quoi tu parles ?
- Questionne-ton cœur, Bjarnulf, et tu sauras ».
L’Asgardien comprit et se rattrapa à un pan de mur. En réalité, tous comprirent avant même qu’Yshba ne leur dévoile la terrifiante vérité, s’adressant à eux avec une voix emprunte de tristesse.
« Lorsque les Rois de Poséidon brisèrent le sceau de Kragden, ils rejoignirent la Forteresse de Loki et y semèrent la mort. Les guerriers présents furent décimés. Il y avait là des soldats qui servaient Odin depuis des temps immémoriaux, des Géants et des Loups monstrueux au service de Loki. Car telle est la vérité. Odin et Loki avaient décidé de faire taire leurs querelles face au danger qu’ils avaient découvert : l’Indicible, en recouvrant sa Couronne Noire, représentait une menace terrifiante. Par sa magie, cet artéfact rendait les dieux mortels face aux simples Mortels. Les dieux conservaient leur puissance destructrice, mais ils pouvaient être tués sous certaines conditions. L’une des principales était que les Hommes éveillés à l’Asu pouvaient, grâce à cette Couronne Noire, affronter les dieux avec de réelles chances de l’emporter. Dans sa quête de pouvoir absolu, l’Indicible comptait sur les Mortels pour se débarrasser des dieux ! Hélas, Loki et Odin étaient loin de se douter du pire : Poséidon, le fier Olympien frère de Zeus, convoitait pour des raisons inconnues la Terre d’Asgard. Ce sont ses Rois des Mers qui ont terrassé notre souverain, avec son aide. Oui, Odin est mort ici, hors du temps. La fourberie de Poséidon l’a défait. Pendant tout ce temps, Loki fut notre seul lien avec lui ; alors que nous le combattions, il nous guidait, pour la sauvegarde d’Asgard. C’est ainsi qu’il put faire croire à Poséidon qu’il avait triomphé ; mais l’Olympien finit par découvrir cette ruse et il envoya deux de ses meurtriers ici. Comprenant qu’il était sage de disparaître pour poursuivre la lutte, Loki n’a pas résisté à la furie du Maître des Océans et il a à son tour quitté ce monde.
- Mais alors, sanglota Nibel, tout est fini.
- Non. Tout commence. Loki et Odin ont décidé de lutter ensemble pour qu’Asgard reste une terre de liberté. L’Âme d’Odin repose dans son anneau, Draupnir. Il t’incombera, Akurgal, de mener cet anneau à Erda. Elle saura quoi en faire. Il existe en effet un moyen de permettre à Odin et Loki de réapparaître en ce monde : les Pommes d’Or. Elles furent volées à Idunn et sont aujourd’hui entre les mains de Baal. Le Seigneur de Canaan s’en est emparé depuis son retour de Niflheim en terrassant le voleur en la personne de Môt, vieil adversaire et compagnon de celui que l’on nomme Nergal. Il nous faudra les retrouver. Mais il y a plus important encore. La Terre Oubliée que Poséidon revendique comme sienne abrite en son sein les Armes qui ont permis de terrasser nos dieux. Il nous faudra nous rendre sur cette Terre. Là-bas, Odin et Loki pourront forger les armes de notre vengeance. C’est à nous qu’incombera la charge de les ramener ici, en cette terre que nous chérissons.
- Ainsi, Yshba, tu veux dire que nous sommes les alliés de Loki, que nous avons combattu de toutes nos forces ?
- Loki a été manipulé, Rahotep, comme on s’est joué d’Odin depuis le début. Je ne suis que le rapporteur de ses paroles.
- Pourquoi te croire ! s’avança Bjarnulf menaçant.
- Parce que voici Draupnir. Et parce que les filles d’Odin sont incapables de le trahir et qu’elles nous attendent ».

***

Des nuages s’amoncelaient dans le ciel, des nuages étranges. Il faisait bon. L’orage menaçait et, déjà, une sourde pluie s’attaquait à la neige fondante de la vallée qui menait à la Forteresse d’Odin. Dans un silence de morbide, les neuf Walkyries emportaient les compagnons à travers les cieux obscurs qui couvraient Asgard. Les plus désespérés, Nibel et Bjarnulf, ne parvenaient pas vraiment à y croire. Comment Odin, leur protecteur, Loki, que les Ases eux-mêmes redoutaient jadis plus que tout, avaient pu être terrassé par de simples serviteurs de Poséidon ? Pour Dimitre en revanche, la chose était entendue. Plus de temps de se lamenter. Il n’attendait qu’une chose : que Skögul le dépose au plus tôt au sol. Il fondrait alors jusqu’aux enfers pour traquer Poséidon et sa clique. Oui, sa vengeance serait terrible. Le maître des Océans ne perdait rien pour attendre. Akurgal était le plus songeur de tous. Il portait à son cou Draupnir, symbole de la vie d’Odin. Pourquoi lui ? Etait-ce parce qu’il portait l’Armure de Thor, son fils préféré ? S’attardant un instant sur l’orage qui commençait, Akurgal était certain de deux choses : Asgard n’avait plus de protecteurs mis à part lui et ses compagnons. Ensuite, les dires d’Ereshkigal étaient véridiques : la neige fondait. Shamash, par-delà les espaces gelés, poursuivait son travail de sape. Odin n’était plus là pour assurer l’équilibre. Le Mésopotamien croisa le regard de la Walkyrie qui le portait à travers les nuages. Elle était belle. Aussi belle que cette terre qui l’avait accueilli. Asgard méritait de vivre et il était déterminé à la sauver. Loki et Odin pourraient compter sur les Ases.



Le continent oublié



Silencieux comme une ombre, Thenséric s’avança dans la pièce et s’assit aux côtés d’Erda. La Prêtresse d’Odin portait une superbe robe bleu nuit brodée de fils d’or et d’argent. Thenséric s’attarda un instant sur le visage soucieux de la belle qui, pensive, regardait Akurgal et Rahotep disserter doucement autour d’un texte.
« Avez-vous trouvé quelque chose ? demanda le guerrier en fixant le parchemin usé par le temps.
- C’est possible, c’est possible. Nous n’en sommes pas certains, mais je crois que nous avons une piste ».
Rahotep releva le menton et salua Thenséric d’un simple regard.
« Où sont les autres ? questionna l’Egyptien d’une voix rauque.
- Ils sont tous avec Isacivi. Ce dernier les conduit en compagnie des Walkyries en ce moment-même au cœur des Montagnes Blanches afin de perfectionner leurs techniques.
- J’aurais aimé être des leurs. A présent que tout repose sur nous, il faudra que nous maîtrisions notre Asu de manière plus naturelle.
- Rahotep, avec Nibel qui cherche dans la bibliothèque et Akurgal qui se tient à tes côtés, vous êtes les seuls à pouvoir étudier ces textes. L’Âme d’Odin veille toujours sur Asgard, j’en suis certaine. Comment expliquer sinon que les Einherjars aient été sauvés des tourments des abysses marins ? Seul lui a pu repousser cette attaque de Poséidon, car c’est bien lui qui a agi, je l’ai vu dans mes rêves ».
Le ton, glacial, contrastait avec le visage si doux de la Prêtresse. Elle se tourna un instant vers Thenséric, caressant Draupnir qui pendait à présent à son cou.
« Comment vont-ils ? Se sont-ils rétablis depuis leur retour ?
- Je reviens de Troudheim, Madame, et Gunther s’occupe d’eux et leur enseigne les secrets de la Magie des Anciens. Canagan est déjà sur pied, les autres ne tarderont pas. Ils sont revenus très éprouvés.
- On le serait à moins, murmura Erda.
La Prêtresse se leva de sa chaise et se rapprocha du feu, tournant le dos aux trois hommes.
« Alors, commença-t-elle, qu’avez-vous trouvé ? »
A la lumière du feu dansant, la Gardienne du rite sacré paraissait encore plus gracieuse. Elle dégageait une force spirituelle qui bouleversait ses hommes chaque fois qu’ils étaient en sa présence. Thenséric attendit que l’un des deux Ases lève le premier la tête pour prendre la parole. Ce fut Rahotep. Consencieusement, il s’appliqua à rassembler ses notes et exposa leurs découvertes.
« Nous sommes assurés d’une chose : le Seigneur Loki ne nous a pas menti. Nous avons trouvé un texte grec très ancien, qu’Isacivi a daté de l’époque qui suivit immédiatement la Guerre de l’Âge d’Or, évoquant Poséidon. Outre le fait qu’il rappelle ses origines olympienne, c’est le frère du grand Zeus, ce parchemin évoque également son Royaume, la Terre de Mü. Il s’agirait d’une terre préservée de ce grand cataclysme qui conduisit à la disparition de nombreux dieux. Il y est dit que Poséidon en a la garde.
- Ce texte dit-il où se trouve cette terre ?
- Non, pas celui-là Thenséric.
- Et l’autre ? Ce texte en papyrus que vous avez passé la nuit à étudier, que dit-il ?
- Eh bien, Grande Prêtresse, c’est la plus grande et étrange découverte que nous ayons faite.
- Nous t’écoutons, assura Erda sans se retourner.
- Akurgal, je t’en prie. Tu sauras mieux l’expliquer que moi ».
Le Mésopotamien, les bras à présent croisés sur la table, regarda ses pouces se percuter en rythme. Le regard perdu dans le vide, il réfléchit un instant.
« Ce que je vais vous dire, commença-t-il enfin, me laisse très perplexe. C’est Nibel qui a trouvé le texte. Il n’a pas son pareil pour se repérer dans les montagnes de savoir accumulées depuis la construction de cet édifice sacré. Qui sait s’il ne va pas, encore une fois, en dénicher un nouveau ? Toujours est-il que ce texte donc, est égyptien. Les caractères utilisés sont en grande partie inconnus. Ni moi, qui suis pourtant scribe et qui lit couramment les hiéroglyphes, ni Rahotep qui est Egyptien, ne pouvons tout saisir. A force de recherches, nous avons cependant réussi à nous mettre d’accord sur une traduction partielle. Le texte évoque le récit d’un homme qui, par le passé, entreprit de rejoindre la Terre Mythique du Dieu des Océans. Par recoupements, nous avons identifié Poséidon. Selon toute logique, cette terre évoque immanquablement Mü. Ce voyageur affirme qu’il y avait deux portes à son époque pour rejoindre cette Terre. L’une se trouve sous la protection du Seigneur Solaire de l’Egypte. Il s’agit de Râ. L’autre se trouve sous les larmes de la déesse qui porte les éclairs.
- Je connais Râ. Mais l’autre, qui est-ce ?
- Nous ne savons pas, Thenséric ».
Erda, jusque-là immobile, se retourna et laissa entrevoir un léger sourire.
« Vous avez bien travaillé. Rahotep et Akurgal, accompagnés de Nibel, vous partirez dès que possible pour l’Egypte. Vous allez trouver le passage menant à Mü. C’est là-bas que se jouera le destin d’Asgard. Vous n’échouerez pas.
- Bien, Madame, s’inclina Rahotep. Devons-nous enquêter sur la seconde piste ?
- Le temps n’est pas un allié dans cette quête. Allons au plus simple.
- Et pour le reste ? s’inquiéta l’Egyptien. Le Seigneur Loki a parlé des Pommes d’Idunn que Baal détiendrait à présent dans son domaine, en Canaan. Ne devrions-nous pas nous préparer à les récupérer ?
- Je rajouterai, Prêtresse, que les visions que j’ai eues se vérifient : dans le désert lointain, Shamash poursuit son labeur infernal. Bientôt, sans la protection d’Odin, notre terre sera submergée par le tumulte des flots ».
Sous les regards inquiets de ses trois serviteurs, Erda se mit à déambuler en silence. A présent, le sort entier de son peuple reposait sur ses épaules. Pourtant, malgré le poids de la charge, elle ne laissait entrevoir aucune faille. Sa détermination et son assurance se lisaient à travers son visage pourtant si doux.
« Je vais préparer une ambassade pour le Sanctuaire. Thenséric, tu te chargeras de cette question. L’assaut de Shamash menace Asgard mais aussi l’équilibre du Monde ; Athéna ne peut le laisser faire. En un sens, elle est aussi menacée dans la protection de son domaine. Ensuite, si Athéna veut refermer Astragoth, elle aura besoin de nous. Nous avons la Main de Sotar. Sans nous, Astragoth ne sera jamais fermée. Enfin, Poséidon est de sa famille. Je sais cependant que les Olympiens sont très divisés : j’ai vu le Sanctuaire assailli par Arès et le Maître des Tumultes. Je sais que Poséidon et Athéna s’opposent. Le Roi des Océans convoite le domaine d’Athéna depuis longtemps. Qui sait s’il n’a pas armé Arès ? Athéna sera heureuse de compter parmi ses alliés un adversaire mortel de Poséidon. Partez en Egypte, dès que possible. Bientôt, vos compagnons d‘armes vous rejoindront. Avec eux, vous en finirez avec Shamash. Dans un second temps, vous irez en Canaan récupérer les Pommes d’Idunn. Alors il sera temps de fermer Astragoth puis, enfin, nous nous tournerons vers Mü. Si le Seigneur Loki a dit vrai, les Armes de notre vengeance nous y attendent. Alors Poséidon paiera. Mais avant, trouvez cette Porte en Egypte ».

***

Le navire se profila dans la lumière du crépuscule. Nibel et ses deux compagnons avaient quitté Troudheim depuis près de trois semaines à présent. Le navire longeait la côte de l’Occident à présent, éclairé par quelques braséros qui résistaient aux assauts cumulés de la houle et des embruns. Le Skald chantait avec quelques marins une chanson pleine d’espoir, qui parlait de retour heureux auprès d’une famille que Nibel avait perdue depuis bien longtemps. Aujourd’hui, sa famille c’était Akurgal, Rahotep et l’ensemble de ses frères d’armes. Rahotep, emmitouflé dans son manteau de peau, écoutait en souriant le chant des marins tandis que, sous la tente centrale, Akurgal commençait une nuit pleine d’espoir. Le Mésopotamien ne se faisait pas au roulis du navire, mais il était heureux. Dans quelques semaines, il allait refouler l’Egypte. Il ne serait plus très loin de sa terre natale. Il ne serait plus très loin de Nin-Dingir. Comment allait-elle ? Avait-elle trouvé un époux ou attendait-elle le retour incertain de son scribe ? Cette nuit-là, Akurgal aima à penser qu’elle l’attendait toujours.



***



FIN DE L’ACTE PREMIER – LA FOLIE GUERRIERE



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