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Poséidon – Origins

Sheratan se relevait timidement alors que ses genoux lui faisaient horriblement mal. A quelques mètres de là, Alrisha, devenu Poséidon, l’observait sans donner d’expression particulière à son visage. La magnifique toge blanche qu’il portait était portée par le vent mais pas une seule goutte de pluie ne venait s’y déposer tandis que Sheratan subissait de plein fouet la colère du ciel. Au sol, Ascella gisait, inconscient.
Poséidon : Je pensais qu’il saurait tirer profit du pouvoir que je lui ai octroyé… Au final, il n’est pas capable de terrasser un vieillard.
Sheratan : J’ai commis une terrible erreur…
Poséidon : En effet, pensant avoir affaire à Ascella, tu as laissé un de mes Généraux s’approcher au plus près d’Athéna… Et je dois avouer que pour un humain, mon protégé a beaucoup de capacités, suffisamment pour tromper un cosmos Divin. Peut-être devrais-je m’en méfier moi-même, tu ne penses pas… ?
Sheratan : Alors je t’ai facilité la tâche…
Poséidon : Si l’on peut dire… Comme tu peux le voir, je n’ai aucun mal à franchir la barrière protectrice du Sanctuaire. Je suis un des plus puissants dieux de l’Olympe, Athéna ne sera jamais rien d’autre qu’une divinité… de seconde zone pour moi.
Sheratan : Alors pourquoi autant d’intérêt ?
Poséidon (souriant et levant le bras en direction du chevalier) : Pas de questions hâtives…
Sheratan reçut un coup violent de face qui le projeta en arrière sans toutefois lui faire perdre son équilibre. Il put se rattraper mais il savait que la tache allait être compliquée.
Ulrey (arrivant sur les lieux) : Maitre Sheratan !!
Poséidon : Quelle résistance…
Ulrey (observant Alrisha) : Quel cosmos… Mais qui est-ce ?!
Sheratan (en garde) : Ulrey, reste en dehors de ça… Je n’ai pas l’intention de me laisser faire Poséidon, dussé-je abattre le frère de ma propre déesse !
Poséidon : Avec toutes tes blessures, tu me tiens encore tête. Je reconnais bien là un ancien guerrier d’Asgard !
Ulrey (surpris) : Asgard ?!
Poséidon : Oh, tu n’étais donc pas au courant jeune impétueux… Dommage. De toutes façons Sheratan, je ne suis pas sûr que tu en sois capable, Odin n’est plus là pour t’aider vu que je l’ai moi-même vaincu avant d’attaquer ce Sanctuaire, ce qui reviendrait au même pour toi soit dit en passant. Je suis un dieu et tu es un homme, cela fait tout…
Sheratan : Je n’ai pas besoin de dieu pour m’en sortir !
Poséidon : Réfléchis, cela m’ennuierait de te tuer, tu n’es pas ma cible… Je veux ta déesse ou plutôt ton ancienne déesse désormais !
Sheratan (ironisant) : Je suis terriblement confus votre Majesté mais vous allez devoir rebrousser chemin !
Poséidon (souriant) : Je vois… Apparemment tu possèdes toujours cette fougue en toi que tu as légué à ton fils et qui aujourd’hui est en passe de te remplacer dans les contrées du Nord. Très bien chevalier, je vais respecter ta volonté !
Sheratan : Mon fils sera parmi le plus grand Guerrier Divin d’Asgard, héritier des Dubhe !
Poséidon (enflammant un terrifiant cosmos) : Trèves de discussions !
Poséidon dégageait un puissant cosmos à travers le corps d’Alrisha. Il émanait si haut qu’il semblait passer à travers les nuages. Sheratan se préparait, confiant tandis qu’Ulrey, effrayé, restait à l’écart. Alrisha leva les bras vers le ciel tandis que Sheratan passa à l’offensive de la même manière que précédemment face à Ascella.
Sheratan : STARDUST REVOLUTION !
Poséidon (souriant) : Hum Hum Hum Hum…
Poséidon stoppa net l’attaque de Sheratan et en prit le contrôle dans ses mains. Les étoiles du Stardust Revolution étaient devenues une boule de cosmos dans les mains du dieu. Celui-ci s’amusa avec le long de ses bras avant de reprendre le chevalier du Bélier.
Poséidon : Tu es trop faible Sheratan, exactement comme le Grand Pope, ton cosmos n’a pas le moindre effet sur moi !
Le dieu s’envola dans les airs, guidé par un cosmos turquoise beau et fort. Hésitant, il renvoya la décharge sur Ulrey qui n’eut pas le temps d’esquiver voyant la boule arriver à la vitesse de l’éclair. Sheratan usa de ses pouvoirs télépathiques en se téléportant devant Ulrey pour le protéger. La boule de lumière frappa le sol juste derrière lui, le projetant loin en avant. L’explosion avait creusé un large trou devant le temple du bélier et temporairement, la pluie avait cessé avant de reprendre de plus belle.
Poséidon (satisfait) : Je dois vous laisser, je suis attendu…
Poséidon laissa les chevaliers à leur sort et s’envola en direction de la statue d’Athéna, là où se trouvait sa cible. La barrière protectrice qui entourait le Sanctuaire cédait au moindre mètre dans un fracas d’éclairs et de tonnerre mais le dieu avançait bien, lentement mais surement, dans les airs, la toge portée au vent, au nez et à la barbe des temples du Zodiaque.
Poséidon : Athéna, ensembles nous règneront depuis l’Atlantide et grâce à toi, je vais réaliser mon rêve le plus cher…

Le corps de Céphée gisait encore sur le sol quand une première vague vint lui asperger son visage, provoquant un réveil brutal. L’eau envahissait la ville et le Pirée était déjà en proie à la mer déchainée. Le jeune homme se releva timidement, au milieu des fragments de son armure à moitié déchiquetée. Sa chaine offensive n’était plus qu’un morceau de métal mais sa chaine défensive, à l’extrémité ronde avait encore son pouvoir. Après avoir récupéré ses esprits, il aperçut non loin de lui la statut de bois de son compagnon d’armes. Apeuré, il accourut à ses côtés mais il comprit bien vite qu’il était trop tard. Le cosmos d’Euryale avait totalement disparu, ainsi que sa présence. Du chevalier d’argent, il ne restait plus que du bois dont l’écorce s’effritait sous l’effet des vagues. Près de lui, l’armure de Médusa s’était reconstituée, elle aussi un peu fêlée de toutes parts. Refusant de l’abandonner, Céphée s’agenouilla à ses côtés.
Céphée (triste) : Pardonne-moi, je n’ai su te protéger… Mais pourquoi as-tu décidé de te battre seul ?! Alors qu’en conjuguant nos efforts, nous aurions peut-être pu gagner…
Céphée (séchant quelques larmes) : Depuis ce jour, tu as toujours eu le sentiment d’avoir eu une dette envers moi… Alors que c’est moi qui en ai une envers toi, c’est grâce à toi que j’ai rejoint les rangs d’Athéna !... Souviens-toi !
Les habitants du Sanctuaire ne chôment pas lorsque le soleil offre sa lumière. Euryale était un fils de famille modeste vivant dans le village à proximité. Parti pour représenter sa famille, il désirait surtout pouvoir les protéger. Il passait ses journées à s’entrainer, taper dans la pierre avec son poing, faire des tractions au pied des falaises ou encore trainer de lourdes charges. Il y passait le plus clair de son temps, sans maître attitré.
Un jour, il eut la permission de quitter temporairement le Sanctuaire. La nuit était tombée et il faisait très chaud cet été là. Au cours de sa marche, il aperçut au loin le village. Certaines lumières éclairaient encore les maisons malgré l’heure tardive. Euryale reconnaissait facilement la maison de ses parents, c’était l’une des plus reculées du village et potentiellement l’une des plus exposées au banditisme. Il fallait être courageux pour commettre des actes malveillants aussi près du Sanctuaire mais l’ambiance guerrière qui envahissait ce dernier était propice à un laisser-aller niveau sécurité. Le jeune homme s’arrêta brièvement sur sa route pour admirer au loin la falaise sous un ciel parsemé d’étoiles. La mer était proche et les petites vagues se faisaient déjà entendre. Profitant de sa liberté temporaire, il inspira profondément quelques bouffées d’air avant de reprendre sa route.
Un fracas se fit soudainement entendre au pied de la maison. Une voix masculine résonnait à l’intérieur comme un appel de détresse. C’était le père d’Euryale, la bâtisse était prise d’assaut par un petit groupe de bandits. Effrayé, le jeune homme accourut.
Père d’Euryale : Je vous en supplie, prenez ce que vous voulez mais partez !
Bandit (frappant le brave homme) : Silence vermine ! A ton âge, on devrait te servir en pâture aux dieux !
Autre bandit (fouillant les meubles) : Ils n’ont pas grand-chose, juste quelques objets de bronze…
Bandit : Fondu, cela vaudra bien quelque chose, dépêche-toi et filons d’ici !
Père d’Euryale (protégeant sa femme choquée) : Vous avez ce que vous voulez, partez maintenant !
Bandit : C’est bon, on peut y aller !
Le premier des deux bandits, chargé d’objets de valeur dans un sac fait de peau de bête s’en alla vers la sortie quand quelqu’un se mit à toquer.
Bandit (murmurant) : Par la barbe de Zeus, qui peut venir à cette heure-ci ?
Autre bandit (sortant son couteau de fer) : Laisse-moi faire !
Tandis que le premier bandit reculait, le deuxième approcha lentement de la porte de bois sans l’ouvrir. Il colla son oreille sur celle-ci quand la porte se mit à lui exploser à la figure. Le bandit fit un vol de plusieurs mètres en arrière, s’écrasant au sol comme une vulgaire amphore. Euryale pénétra alors dans la pièce. L’éclairage y était faible du fait de la lampe à huile qui arrivait bientôt à son terme mais il n’avait pas vraiment de difficulté à trouver ses repères.
Euryale : Que faites-vous chez moi ? Dégagez !
Autre bandit (brandissant son arme) : De quoi tu te mêles toi ?
Euryale répondit en lui décochant un formidable direct dans la mâchoire. Résistant, le bandit se releva tout comme son collègue.
Bandit : D’où viens-tu ?
Le jeune homme ne répondit pas à la question tandis que les brigands s’affairaient pour sortir par l’arrière. Euryale ne s’y opposa pas à l’inverse de son père mais celui-ci joua l’imprudence et reçut un coup de couteau en plein ventre. Euryale ne s’en aperçut que trop tard et voulant atteindre les assaillants, son élan fut interrompu par sa mère qui l’avertissait. Il se retourna et fut soudainement frappé en plein visage par un troisième brigand et sa masse de bois. Sonné, Euryale s’écroula, le corps parcouru de réflexes.
Chef bandit : Tu aurais mieux fait de rester dans ton Sanctuaire…
Acharné, le bandit continua son carnage en frappant le dos d’Euryale encore et encore jusqu’à ce que celui-ci arrête de bouger. Grand et massif, le chef bandit avait une allure de vieux combattant avec une large barbe rousse et un casque au faux air de Gaule. Il constata la présence d’une bague brillante dans la main du jeune homme inconscient et la lui arracha.
Chef bandit : Venez, on s’en va ! C’est ton jour femme, on te laisse une chance de sauver ta famille… Haha ! Prépare ton corps la prochaine fois, il se peut que mes hommes et moi ayons très « faim » !
Le groupe de malfrats s’en alla dans une foire de rires sauvages. Aussitôt, la mère d’Euryale appela à l’aide et commença à s’occuper de son compagnon.
Père d’Euryale : Ne t’occupe pas de moi, ce n’est rien… Va voir notre fils, il… a besoin de toi !
Quelques heures sont passées. Les voisins les plus proches alertés, certains sont venus porter secours à la famille attaquée. Euryale se réveilla avec un sévère mal de tête. Sa robustesse acquise au sanctuaire lui permit de reprendre rapidement ses esprits. Tout de suite inquiet pour ses proches, il s’en alla à leurs côtés.
Euryale : Père, père !!
Mère d’Euryale : Ne t’inquiète pas mon enfant, il est hors de danger maintenant… Le coup qu’il a reçu n’était pas assez profond pour l’atteindre mortellement !
Allongé au sol sur plusieurs niveaux de peaux, le père d’Euryale était peu conscient, drogué par les boissons à base d’herbe qu’il avait bu pour calmer la sensation de douleur. Il était âgé, chauve et avait une petite moustache grise. Sa toge marron était tachée de sang au niveau du ventre mais il ne se plaignait pas. Il demanda toutefois à son fils de venir et lui demanda de réparer ce méfait. Mais le jeune homme culpabilisait, tout ce temps passé à s’entrainer et incapable d’arrêter trois bandits… Comment cela se serait-il passé si cela avait été un spectre, un marinas ou encore un ange de Zeus ? Ravi de voir son père tiré d’affaire mais fou de rage contre lui-même, il quitta la maison avec colère. Ses parents compréhensifs, ne firent rien pour le retenir. Sa mère, d’une grande bonté, tenta de se mettre à sa place. De petite taille, brune, portant une robe blanche et un foulard de peau, elle resta aux côtés de son conjoint, priant pour sa guérison rapide.
Le soir venu, avant la fin de la permission, Euryale marcha dans les rues de la ville. Il commençait à pleuvoir. Tout était silencieux, les gens s’affairaient dans leurs maisons, sauf ceux qui avaient eu l’idée de partager un verra à l’échoppe de la ville. Intéressé, Euryale s’y dirigea pour noyer ses soucis. La petite pancarte de bois située près de la porte indiquait « Retsina ».
Euryale : Bien, je pense que je vais trouver mon bonheur…
Il s’engouffra à l’intérieur. Personne ne prêta attention à lui et vint s’installer près du bar, commandant une Retsina, un vin local. Le temps passa, les heures aussi. Euryale s’était envoyé 2 amphores pleines de Retsina et commençait à voir en double voir en triple. Ce vin étant particulièrement aromatisé, il n’en faudrait pas beaucoup plus pour perdre totalement ses esprits, d’autant qu’il n’avait pas beaucoup mangé. Sa seule consolation était la survie de son père. Il restait assis, encore et encore…
La porte se mit à battre fortement. Trois silhouettes de forte corpulence firent leur apparition. Connues du quartier, tous trois s’installèrent et hurlèrent au gérant de leur apporter du vin. Il était tard et il ne restait plus grand monde dans l’échoppe.
Bandit : Chef… Le gamin là-bas… Il ne vous rappelle pas quelqu’un ?
Chef bandit (attentif) : Hum… ?
Troisième bandit : Hé mais oui !
Chef bandit : Par les flammes d’Hadès ! Le freluquet que j’ai tabassé hier !
Bandit : Il s’en est vite remis quand même… Je suis étonné qu’il ait survécu même !
Chef bandit : Il parait qu’il est du Sanctuaire, je n’ai jamais pu encaisser ce tas d’incapables ! Si cela est un chevalier alors moi je suis un dieu !
Bandit : Si le Sanctuaire apprend ce qu’il s’est passé hier, nous aurons de gros ennuis car il pourrait facilement nous identifier…
Troisième bandit : Cela fait peu de temps que nous sommes ici mais à la base, cela devait être une escale !
Chef bandit : Je sais ! Ne t’inquiètes pas, tu l’auras ton Prince… (1) mais chaque chose en son temps, un coup d’état ne se prépare pas à la légère, surtout à nous trois !
Bandit : Pari stupide, nous étions mieux à Sparte !
Chef bandit : Pour l’instant, nous sommes ici, venez avec moi, on va s’amuser un peu ! Il a tellement bu l’autre qu’il ne nous reconnaitrait même pas… HAHAHAHA !
Le trio se leva avec brutalité. Euryale ne les calculaient même pas. Le chef ordonna au gérant, un petit homme chauve corpulent, d’aller voir ailleurs. Ils s’approchèrent d’Euryale qui était assis, la tête posée sur ses bras, comme s’il dormait. Le bandit attrapa l’amphore sur la table et en versa le contenu sur la tête du garçon. Réveillé, Euryale ne faisait cependant pas plus attention que cela à ses interlocuteurs. Le chef bandit le prit alors par le bras.
Chef bandit (moqueur) : Alors comment vas-tu ? On est éclaté hein ?
Euryale : Hummmm… Dégage…
Chef bandit : Rôôô un peu de politesse mon gars !
Euryale tenta de résister mais le bandit, qui n’attendait que ça, en profita pour le retenir et le gifler. Les autres rigolèrent. De sa poche, le chef montra au garçon la bague qu’il avait récupéré la veille.
Chef bandit : Je crois que c’est à toi ! Tu ne veux pas la récupérer ?
Euryale ne réagissait pas. Le bandit prit alors l’initiative de lui mettre dans la bouche tandis que ses collègues tenaient les bras du jeune homme mais sentant le danger, Euryale eut un réflexe de défense et repoussa avec violence ses agresseurs avant de sombrer à nouveau.
Bandit : Il a de violents réflexes c’est dingue…
Chef bandit : Pas de panique, la vinasse dort et vu ce qu’elle a ingurgité, aucun risque de réveil ! D’ailleurs, je vais m’amuser. Reprenez-le…
Les bandits saisirent Euryale qui ne réagissait pas plus que cela, noyé dans l’alcool. Amusé, le chef des bandits préparaient ses poings et profitant des bras immobilisés du garçon lui asséna de terribles coups dans le ventre et au visage.
Chef bandit (motivé : Haha ! Cela fait longtemps que je ne m’étais pas amusé de la sorte ! J’aurais pu en faire de même avec ta chienne de mère, cela fait longtemps que je n’avais pas goûté au plaisir charnel mais ne t’inquiètes pas, je vais bientôt arranger ça, tellement qu’elle y restera sur place, se noyant dans son propre sang ! Aller, encore un peu…
Il poursuivit son œuvre. Euryale crachait du sang à profusion, incapable de rendre la pareille ni même de se défendre. Le bandit le prit par la nuque et lui adressa un avertissement.
Chef bandit : La prochaine fois que tu attaqueras mes copains, tu réfléchiras à deux fois !
Il se prépara pour un ultime coup, prêt à lui dévisser la tête. Mais il n’eut le temps de rien faire que le chef reçut à son tour un formidable direct du pied qui l’expulsa à travers l’une des fenêtres de l’échoppe. Un jeune homme était intervenu, vêtu de la tenue de combat des gardes du Sanctuaire. Sa chevelure blonde moyennement longue tombait dans son dos mais le plus étonnant est que sa carrure contrastait avec celle des assaillants, il était grand mais mince. Il fixa du regard les deux bandits restants.
Inconnu : Fichez le camp d’ici, tout de suite…
Bandits (lâchant Euryale) : D… D’accord, on s’en va… Du du du du… du calme !
Les hommes prirent leurs jambes à leur cou, et s’en allèrent en courant tout en trainant leur chef titubant. Le sauveur s’affaira alors auprès d’Euryale dont cette mésaventure avait eu au moins le mérite de lui redonner quelques esprits.
Inconnu : Comment vas-tu ?
Euryale (épuisé et gémissant, portant son bras au ventre) : Hum… J’ai mal…
Inconnu : Rien de plus normal vu ton état, tu as tellement vomi de vin et de sang que l’on ne fait même plus de différence au sol… Ne t’inquiète pas ! On va t’apporter de quoi te soigner…
Euryale (le regardant) : Hum… Qui es-tu ?
Inconnu : Je m’appelle Céphée, j’étais en permission moi aussi…
Euryale : J’apprécie le hasard… Merci de ton aide, je te dois la vie ! Je m’appelle Euryale !
Céphée : Ce n’est rien… Le vin ne te porte pas chance on dirait…
Euryale (avec humour) : Je dois être né sous une mauvaise étoile…
Gérant (s’approchant) : Merci de les avoir fait partir… Je vous offre une nuit ici si vous voulez. J’ai cru comprendre que vous étiez du Sanctuaire. Merci encore, cela fait plusieurs jours qu’ils me harcèlent et agressent mes clients !
Céphée : Je pense qu’ils sont allés voir ailleurs maintenant…
La nuit était passée. Euryale se remettait tranquillement de ses blessures. Son ventre ne lui tirant plus vraiment, il put retourner au Sanctuaire après un détour à la maison familiale. Céphée l’accompagnait, disposé à l’aider au cas où une mauvaise rencontre surviendrait. Le père d’Euryale était toujours couché mais commençait à avoir meilleur mine tandis que sa mère, d’abord déboussolée par l’état de son fils, se sentait rassurée en voyant qu’il était accompagné. La permission était finie, il fallait dès lors rentrer.
Au Sanctuaire, les choses s’étaient précipitées. La nervosité et l’affolement avaient peu à peu pris place à la sérénité. Les mois s’étaient écoulés et les futurs Saints n’avaient de cesse de s’entrainer. Euryale avait gagné en confiance, il veillait sur le village les jours de permission comme un ange gardien, empêchant tout méfait similaire à ce jour particulier mais jamais il ne revit ses agresseurs même si l’envie ne lui manquait pas. Céphée avait progressé de belle manière, il fut le premier à développer un cosmos et reçut alors la distinction de Saint avant son ami. Euryale lui était toujours reconnaissant de l’avoir sauvé à l’échoppe et il ne cachait pas sa fierté. Le jeune homme semblait parfois éprouver un sentiment particulier à l’égard du Saint de bronze mais il s’était promis d’aller encore plus loin que lui, au plus haut possible ! C’est ainsi qu’Euryale fut reconnu comme un Saint d’Argent, un défenseur avancé du Sanctuaire.
Désormais, la guerre avait éclaté entre Athéna et Poséidon, la guerre des dieux, telle qu’elle est nommée dans les textes devenait réalité. Ce jour-là, sous un orage incessant, les deux compagnons s’occupèrent de défendre le village, attaqué par des soldats Marinas. Le combat tournait vite à leur avantage. A peine Euryale avait-il explosé la mâchoire du dernier soldat qu’une voix forte les interrompit.
Sheratan (vêtu d’une armure d’or avec deux larges cornes de chaque côté des épaules) : Vous voilà enfin…
Céphée : Maitre Sheratan ! Quel honneur…
Euryale : Maitre… Que signifie cette armure ?
Sheratan (souriant) : Tu vas comprendre… Appréciez votre distinction, pour servir la déesse Athéna comme tel est votre devoir !
Le chevalier d’Or leva son bras gauche vers le ciel. Son cosmos doré se dirigeait vers les cieux, derrière les nuages, vers les étoiles.
Euryale : Ca alors…
Le sol se mit à trembler aux pieds du jeune homme puis se craquela. Il sentit brusquement des picotements partout sur son corps et plus particulièrement sur les points vitaux. Le sol de pavés se craquela et un visage en sorti, un visage brillant comme les astres, s’en suivirent des épaulettes dont une armée de pointes puis un corps vêtu d’un bouclier représentant une femme à la chevelure de serpent, les yeux fermés.
Sheratan : Euryale, tu as été choisi pour être le chevalier d’argent de Méduse ! Reçois cette protection !
Céphée était en pleine admiration tandis que ses pieds étaient gorgés d’eau. La mer était montée jusqu’à lui mais ce n’était pas une inondation. Tout comme Euryale, une légère douleur le toucha un peu partout puis des eaux sortit une magnifique armure entourée de chaines, avec de larges épaulettes et un diadème pointu.
Sheratan : Céphée, ti aussi, bénéficie de la protection de l’armure de bronze d’Andromède…
Les deux garçons restèrent là, bouche bée devant le spectacle. Les armures flambant neuves résonnaient avec leur propres cosmos désormais éveillés, comme désireuses de s’unir à leurs nouveaux propriétaires. Elles se craquelèrent et vinrent tour à tour les couvrir.
Céphée (admiratif) : Ca alors, ce sentiment de puissance qui s’en dégage…
Euryale (admiratif) : Formidable… Je me sens en pleine forme !
Céphée (s’adressant à Sheratan) : Je pensais qu’Athéna répugnait l’idée des armures.
Sheratan : Les temps à venir seront difficiles… Nous sommes confrontés à un adversaire que nous n’avons jamais affronté jusqu’à présent ! Athéna, comme nous tous, comptons sur vous et votre abnégation au combat… Sachez vous montrer dignes de ces armures…
Céphée (fixant Euryale qui le lui rendit) : On ne vous décevra pas !
Sheratan : Ma mission est accomplie, d’autres chevaliers vont vous relayer. Partez à Athènes, le conflit a débuté là-bas…
Euryale : Très bien, à vos ordres !
Sheratan (souriant) : Mais ne prenez pas de risques inconsidérés, nous sommes loin d’être au complet, les seigneurs Albali et Ascella seront sur place pour vous assister !
Céphée : Merci encore !
Euryale et Céphée prirent quelques instants pour admirer leurs nouvelles tenues de combat. Les armures brillaient de mille feux malgré la différence qui les séparaient. Céphée prit la parole.
Céphée : C’est la plus haute distinction d’un chevalier… Je suis fier !
Euryale : Même si malheur devait nous arriver…
Céphée (clin d’œil) : Je serai là pour te protéger !
Les deux chevaliers nouvellement promus se mirent en route en direction d’Athènes. Arrivés près de la falaise, ils pouvaient distinguer au loin les flammes qui parcouraient la ville malgré la pluie et l’orage battant. Euryale regarda Céphée avec mélancolie.
Euryale : Tu sais, si jamais il devait m’arriver malheur…
Céphée (l’interrompant) : Arrête, pourquoi dis-tu cela ?
Euryale : Eh bien, sait-on jamais… Mais si tel est le cas, je voulais que tu saches…
Céphée : Oui ?
Euryale : Promets-moi de ne pas me rejeter…
Céphée : Pourquoi ferais-je une chose pareille ?
Euryale : Eh bien…
Le chevalier d’argent se tourna vers Céphée et avant même que celui-ci eut le temps de réagir, Euryale l’embrassa avec passion sous la pluie, un long baiser que Céphée ne rejetait pas malgré une hésitation.
Céphée (surpris) : Euryale… Pourquoi… ?
Euryale : Tu es le seul à connaitre mon secret… Je voulais que quelqu’un le sache, quelqu’un en qui je peux avoir une confiance aveugle !
Céphée (gêné : Je… Ce n’est pas mon cas mon ami…
Euryale : Je sais, ne sois pas gêné mais j’avais une dette envers toi et je n’ai jamais su comment te remercier…
Céphée (émotif) : Euryale…
Euryale : Allons-y, on nous attend !...

Cette ultime image d’Euryale disparut peu à peu dans un trou noir, comme un souvenir. Céphée pleurait aux pieds d’Euryale devenu bois. Il se relevait tandis que les eaux envahissaient la ville. Bientôt elle allait atteindre ses genoux. Les derniers habitants qui avaient choisi de rester s’enfuyaient désormais vers le palais et la colline au coeur de la ville pour échapper aux flots. Andromède prit son courage à deux mains, tout comme sa chaine circulaire, seule survivante de son combat contre le Général.
Céphée (en larmes) : Je t’ai menti Euryale… Pardonne-moi ! J’avais peur… Je suis comme toi, je ressens la même chose que toi ! Mais je te protègerai encore une fois, tout comme je protègerai cette ville du désastre. Je vaincrai les eaux tumultueuses de Poséidon !
Les eaux atteignirent les genoux de Céphée. Face à lui, la pluie battante et une mer démontée qui s’apprêtait à les avaler lui et Euryale. Céphée sentait dans ces eaux l’influence de Poséidon. Il allait affronter la volonté de dieu, lui, un simple chevalier de bronze et faire face, comme celle qui porte le nom de sa constellation, à son destin.
Céphée (brulant son cosmos et serrant fort la chaine circulaire dans son poing) : Pour toi mon bien aimé, je déchainerai la plus puissante des tempêtes nébulaires !




(1) Voir Prologue.

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