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Cette fiche vous est proposée par : Dyvimm


Le Jugement dernier

Congo, la jungle

Le bruit d’une cascade d’eau se répercutait au loin, dissimulé par les cris perçants d’oiseaux tropicaux. Gaboria arpentait depuis des jours la jungle dense du Congo. Son exceptionnelle condition physique compensait sa fatigue, mais qu’il était difficile de se frayer un chemin parmi cette végétation touffue. Aucun animal sauvage ne l’avait inquiété durant son périple, mais de quel être vivant pouvait-il craindre les attaques ?

Son maître Borée lui avait dit qu’il n’avait que peu de chance de réussir. La proie qu’il traquait était aussi rare qu’exceptionnelle, ce qui justifiait son absence au moment où leur Empereur partait guerroyer en Grèce. Borée, ex-Séphire de Yésod avait insisté à tel point qu’une entrevue directe avec Diomède avait été organisée pour obtenir l’autorisation de s’absenter quelques jours et rejoindre seulement ensuite, les Armées de l’Equilibre au Sanctuaire d’Athéna. La demande avait longtemps été débattue mais Borée s’était entretenu spécifiquement avec Diomède pour que cette faveur soit accordée à son disciple. Il n’avait cependant pas voulu dévoiler le but de cette mission et avait seulement évoqué l’existence d’un des plus puissants Combattants de Mars au Congo et la nécessité de le retrouver.


Gaboria accomplissait donc son devoir en parcourant la jungle. Aussi puissant que pouvait être ce guerrier, Gaboria n’en ressentait pas la présence et son maître lui avait seulement précisé qu’il vivait dans cette forêt. Il lui faudrait peut-être des mois pour le trouver, voire plus si ce dernier était décidé à se cacher.


Au détour d’une fougère, le regard du combattant se porta à l’horizon. Il était parvenu à l’extrémité du plateau végétal et à sa droite retentissait le fracas d’une cascade brouillée d’écume. Gaboria s’avança sur le rebord de la falaise, profitant d’une vue imprenable sur toute la jungle, une forêt à perte de vue dans laquelle serpentait le fleuve qu’il avait suivi jusqu’ici. A quel méandre parviendrait-il à rejoindre sa cible ?


« Sans doute plus tôt que cela. »


Gaboria se retourna immédiatement, sur ses gardes ! Un homme sortit de la forêt, recouvert de la tunique rouge et orange d’une tribu indigène, qui lui recouvrait un bras, une partie du buste et le haut des cuisses. L’homme noir, d’une trentaine d’année et aux muscles saillants stupéfia Gaboria. Ses cheveux étaient très longs, ondulés et d’une blancheur immaculée, presque scintillants.


« Es-tu le combattant de Mars que je suis venu trouver ?

_ Je pense que tu fais erreur, mais je suis bien celui que tu cherches.

_ Je suis le Séphire de Yésod, disciple de Borée, lui-même ex-Séphire de Yésod, combattant au service de Sanosuke, Empereur de l’Equilibre des armées de Mars. Mon maître m’a chargé de vous retrouver. »


L’inconnu marqua un temps de pause.


« Quel est votre nom ?

_ Je m’appelle Antarion et je suis un indigène de cette jungle. Que veux-tu de moi ?

_ Nous allons bientôt entrer en guerre contre le Sanctuaire d’Athéna. J’ai été chargé de vous retrouver, sans doute dois-je vous ramener pour combattre à nos côtés.

_ Le doute doit nous permettre d’agir et de parler de façon plus réfléchie. Je ne suis pas disposé à t’accompagner. Que vas-tu faire ?

_ Dois-je vous convaincre par la force ? Est-ce là ce que vous attendez de moi ? Me croyez-vous assez naïf pour m’attaquer à un Séphire ? Je ressens parfaitement l’aura que vous essayez de dissimuler. Mon maître ne s’était pas trompé en disant que vous étiez un des plus puissants combattants de Mars.

_ Tu devrais apprendre à mieux écouter les autres. Borée ne te l’a donc pas appris ? Je ne suis pas un combattant de Mars.

_ Dans ce cas, vous êtes un traître et mon devoir m’impose de vous combattre en tant que tel. En garde, renégat ! »


Gaboria accentua son aura mauve qui se répandit dans la jungle et au dessus de la cascade. Antarion n’esquissa pas le moindre geste et ferma les yeux.


« Puisque cet affrontement est inévitable, préparez-vous ! Vous connaissez le sort réservé à deux Séphiroth qui s’affrontent ? La Terre s’entrouvre et ils sont aspirés aux Enfers ! Nous allons voir si la légende dit vrai ! NAKED MOND !!! »


Toute la région s’obscurcit lorsqu’il invoqua la technique. Plus aucun bruit ne perçait alors qu’un disque blanchâtre était apparu derrière Gaboria, tellement luminescent que le combattant disparaissait au centre de l’incroyable énergie qui se condensait vers Antarion. Ce dernier faisait face, sans sourciller, prêt à encaisser le choc titanesque.

Au dernier instant, l’indigène ouvrit les yeux et hurla une invocation incompréhensible pour Gaboria. Antarion disparut dans la lumière et un fracas sans précédent se fit entendre. La terre se mit à frémir, puis trembla avant d’imploser sous les pieds du Séphire ! Toute la falaise s’effondrait et Gaboria fut entraîné dans l’éboulement ! La chute qui ne dura pas plus de quelques secondes parut une éternité au combattant avant qu’il ne sombre dans l’inconscience…


Quand il se réveilla, Gaboria ne sentait quasiment plus son corps. Le jour ne filtrait pas jusqu’à ses yeux et des tonnes de roches le recouvraient, pas suffisamment pour l’arrêter. Il intensifia son aura jusqu’à ce que les pierres commencent à frémir et, libérant son énergie, il s’extirpa à la lumière dans une explosion de gravas. Lumière, le mot était fort puisque la nuit était tombée. Au dessus de lui, la lune ronde et argentée surveillait son guerrier.


« Et bien, jeune combattant, il t’en a fallu du temps pour sortir de là-dessous. »


Gaboria se retourna vers la voix. Son adversaire était toujours là, les yeux clos, mais il portait des marques du précédent assaut. Sa tunique était en lambeaux et une goutte de sang perlait de son front.


« Avant que tu ne déclenches à nouveau la malédiction de la légende, peut-être serait-il bon de parler. J’avoue avoir commis l’erreur de ne pas te prendre au sérieux, je le regrette et te présente mes excuses. Je suis le Séphire de Kether et un vieil ami de ton maître. Je vois que le disciple a dépassé le maître dans sa maîtrise de l’astre de nuit.

_ Vous connaissez donc Borée ?

_ Oui. Autrefois nous avions le même professeur, mais nous avons choisi des chemins différents.

_ Pourquoi as-tu renié ton devoir ?

_ Je ne l’ai pas renié. Je reste fidèle à mon arcane, mais les apparences sont parfois trompeuses. Je suppose que si Borée t’a dirigé vers moi, c’est qu’il voulait que je t’apprenne quelques vérités. Es-tu prêt à les entendre ?

_ Je suis prêt à t’écouter.

_ Dans ce cas, suis-moi Séphire de Yésod, tu dois ouvrir les yeux. »


Antarion s’enfonça dans la jungle. Aussi curieux que cela aurait pu paraître, Gaboria lui emboîta le pas, comme si cet homme était effectivement dépositaire d’un immense savoir…


Les paroles de la Pythie

Urani


Mon Dieu ! Nan Li s’est effondré au sol et se tord de douleur, et moi, je ne peux rien faire ! Je savais que l’épreuve de la Pythie serait dure, mais pas à ce point… Comment puis-je ainsi participer à cette séance de torture sans réagir ? Qu’imaginent-ils donc ? Pendant sept ans je serais resté auprès d’un garçon qui ne serait pas Apollon !? Ils doivent pourtant ressentir son énorme potentiel.

Il est trop tôt pour que le Dieu se réveille, son corps n’est pas prêt. J’ai peur qu’Apollon me prenne celui que je considère comme mon fils, qu’il s’accapare son corps et annihile son esprit. Je sais qu’Apollon n’est pas mauvais, mais il n’aura peut-être pas d’autre solution pour revenir parmi les Hommes. Si seulement Nan Li avait été plus âgé, plus mâture, il aurait pu accueillir le Dieu de Lumière en toute quiétude, la fusion aurait été naturelle. Je te déteste déjà, toi Mars, le Dieu maléfique qui nous oblige au sacrifice de ce jeune garçon. La Pythie connaît les risques, peut-être est-ce pour cela qu’elle a refusé de le rencontrer avant le test, ne pas être affaiblie par la vue de l’enfant, pas de compassion, ni de remords. N’existe-t-il donc pas un autre moyen ?


Nan Li est toujours par terre et tout le monde le contemple sans réagir ! Ses yeux, mon Dieu ! Ils sont complètement exorbités ! Et que faisons-nous, protecteurs de sa majesté ? Thali et Euterpe ont détourné leur regard, eux non plus ne supportent pas. Calliopé en revanche est indifférente à la douleur de Nan Li. Terpsichore et Melpomène baissent la tête. Voici donc mes compagnons d’arme.

D’eux, je ne connais que Calliopé et Euterpe, rencontrés avant que la Pythie ne m’envoie vers Nan Li. Terpsichore est muet à ce que j’ai cru comprendre. Thali est le plus jeune d’entre nous, il sort à peine de l’adolescence et il a déjà commencé à se battre, cet imbécile ! Quant à Melpomène, son attitude m’intrigue. Il porte son masque à la main, mais sa présence est évanescente, il est ailleurs en ce moment… Où sont donc les trois autres Muses, Écriture, Poésie Lyrique et Histoire ? Nous aurons besoin de toutes nos forces pour combattre le Mal !

Le corps de mon protégé est soulevé de spasmes. La douleur semble moins violente, soit qu’il s’y habitue ou qu’au contraire, son jeune corps ne peut plus en endurer d’avantage… Hippocrate le surveille attentivement. Il est sceptique… Ses talents de guérison suffiront-ils ?

Il ne bouge plus ! Son corps s’est raidi dans un ultime sursaut !...



Urani se précipita devant tous les autres pour prendre le corps inanimé dans ses bras. Hippocrate aurait dû l’en empêcher puisque tels étaient les ordres de la Pythie, mais la Muse avait réagi plus vite que n’importe lequel d’entre eux.

Le jeune garçon avait perdu connaissance, à moins que… Non, sa poitrine se soulevait toujours, péniblement, mais il respirait encore. La douleur avait sans doute été trop forte pour un corps si frêle. Être le réceptacle de l’âme d’Apollon n’était pas à la portée de tout le monde et Hippocrate était bien placé pour le savoir. Il se souvenait de quand Esculape avait tenté de prendre possession de son corps. Le Sacrificateur avait eu besoin de toutes ses forces pour contenir le Dieu et garder le contrôle de sa personne. Nan Li n’avait pas la même chance, Apollon devait revenir sur Terre, sa présence était rendue nécessaire.

Urani dévisageait Hippocrate.


« Sacrificateur, allons-nous laisser sa Majesté gésir au sol ? Où pouvons-nous l’allonger ?

_ C’est que… La Pythie nous a dit de l’amener devant elle dès que le garçon aurait surmonté le test…

_ Dans l’état où il est, Nan Li sera incapable de voir qui que ce soit avant plusieurs heures !

_ On peut le conduire dans le Palais d’Esculape ? Il y a de nombreuses pièces où il pourra récupérer... »


Urani se tourna vers Thali, le jeune garçon avait été le seul capable de répondre et de s’interposer entre Urani et Hippocrate. Urani voyait bien qu’il n’était pas là depuis longtemps.

Hippocrate ne savait que faire. La Muse de l’Astronomie était très en colère et l’énerver d’avantage ne mènerait à rien de bon. Des liens avaient été tissés entre le garçon et la Muse, plus forts que ceux du simple devoir. Et puis Urani avait raison, dans son état il valait mieux que Nan Li se repose avant de voir la Pythie.


« Et bien soit, allons dans mon Palais. La Pythie devra attendre avant de voir le jeune homme. »


Nan Li


La douleur a enfin cessé… Cette eau n’était pas bonne du tout, j’ai cru mourir tant la douleur était forte ! Urani ne m’avait pas préparé à ça ! C’était comme si mille aiguilles m’avaient transpercé de part en part jusqu’à ce que je m’abandonne totalement à la souffrance.

Je ressens maintenant leur présence à tous, autour de moi, mais je suis incapable de faire le moindre geste et d’ouvrir les yeux. Mon corps est une prison où je suis enfermé…

« N’aie pas peur… »

« Qui est là ? Qui parle dans ma tête ?! »

« Je suis la gardienne de cette cité en l’absence d’Apollon. Je m’appelle Erophile. »

« Vous êtes la Pythie ? Celle qui m’a empoisonné ?

_ Effectivement. Je sais que c’est un dur moment, mais tu es obligé de passer par là. Apollon doit s’éveiller en toi, mais tu es trop jeune pour l’instant.

_ Est-ce que ça veut dire que j’ai échoué ?

_ Non. Cela prendra juste un peu plus de temps. Urani va te conduire dans un endroit où tu seras à l’abri, mais tu dois le savoir, non ?

_ Je… oui, j’ai l’impression que j’arrive à voir dans l’esprit d’Urani… et dans les autres aussi…

_ Ce sont les pouvoirs d’Apollon qui se développent en toi. Ce que tu perçois, ce ne sont pas directement leurs pensées mais ce qu’on appelle l’Élan Vital. Il s’agit de leurs émotions et des sensations qui les agitent. Tu dois apprendre à t’en servir mais également à t’en méfier. Il existe certaines personnes qui ont appris à contrôler leurs élans.

_ Combien de temps est-ce que je vais rester comme ça ?

_ Je ne peux le dire. Il te faudra plus que le cycle de vie du Phoenix, et moins que l’éclair qui frappe la Terre… Quand on s’ouvre aux Dieux, la notion de temps n’a plus de valeur.

_ Est-ce que je vais devenir Apollon ?

_ Tu es Apollon et en même temps tu n’en es qu’une infime partie. Ton corps ne peut accueillir un Dieu dans son ensemble. Tu es comme une image. Peu à peu Apollon se dessine en toi et tu deviens lui. Mais en même temps Apollon est bien plus qu’une image. Tu es sa représentation et sa volonté. C’est pourquoi tu ne seras jamais complètement Lui. Pourtant tout ce que tu seras, sera Lui.

_ J’ai du mal à comprendre…

_ Apollon a vécu bien plus que ce qu’un homme pourra jamais vivre. L’esprit d’un homme est limité, alors que celui d’un Dieu ne connaît pas de limites. Peu à peu toute l’essence d’Apollon t’envahira, mais tu ne pourras pas accueillir toutes ses informations. C’est pourquoi tu dois apprendre à être toi et à être Lui. Il faudra filtrer ce qu’il te donne pour n’en garder que l’essence, ce qui te sera utile. Tu auras toujours accès à l’ensemble de Lui car tu es Lui, mais il ne faudra pas s’y perdre… Parallèlement, tu enrichiras le Dieu par ton propre vécu.

_ Comment savez-vous tout ça?

_ C’est toi qui me le dis, j’entends la voix d’Apollon à travers la tienne. Vous avez déjà commencé à vous fondre l’un dans l’autre. Ecoute ce qu’il y a au plus profond de toi et tu te découvriras… »


La voix de la Pythie avait diminué jusqu’à disparaître. Nan Li avait du mal à saisir la signification de tout ce qu’elle avait voulu lui dire, mais il savait devoir se montrer à la hauteur d’Urani et devenir un Dieu.


Remerciements…

Jabu s’entraînait sans relâche depuis des semaines, dans les vallées escarpées du Sanctuaire. Il avait laissé les gardes à leur propre entraînement, inutile de toute façon.

Il avait fallu longtemps à Jabu pour accepter ce qui s’était passé lorsqu’il avait découvert la belle étrangère. Pourtant, la réaction de Marine aurait dû le mettre plus vite sur la piste. Geki avait immédiatement fait le rapprochement, comment avait-il pu être aussi aveugle ?

Peu après, le Grand Pope en personne avait réuni tous les Chevaliers d’Athéna. Cette réunion avait vraiment quelque chose de solennel puisque très peu de personnes étaient habilitées à le rencontrer. Jabu n’avait pu l’approcher que lors de son serment d’allégeance. Les Chevaliers Divins étaient peut-être plus proches de lui, mais rien n’était moins sûr. Pourtant, tout le monde ressentait sa présence de par le puissant cosmos qu’il irradiait sur le Sanctuaire tout entier.


Tous les Chevaliers avaient donc été réunis dans le grand Colisée. Le Grand Pope avait annoncé la nouvelle, qui était tombée sur tous, telle un couperet : une nouvelle guerre, en l’absence d’Athéna.

Arès avait décidé de refaire surface à cette époque et nul ne doutait que cette apparition était due à l’affaiblissement de la garde d’Athéna. Il lançait un défi au Sanctuaire. Si ses troupes parvenaient à franchir les douze Maisons du zodiaque en moins de douze heures, alors il obtiendrait le contrôle de la Terre. Tout le monde s’était écrié contre ce défi stupide, mais le Grand Pope avait gardé un silence pesant. Selon la loi instaurée par les Dieux, si une divinité parvenait à détrôner Athéna en douze heures, alors son incapacité à protéger la Terre serait démontrée et elle serait contrainte de lui céder sa place. Les érudits s’étaient penchés sur les écrits et le défi d’Arès ne pouvait être remis en cause.


Il n’existait donc aucune échappatoire. Le Sanctuaire ne disposait que de quelques mois pour se préparer alors même que l’on pensait enfin être entré dans une période de paix durable après la défaite de Poséidon et d’Hadès. Qui plus est, l’absence d’Athéna et des Chevaliers d’Or était gravissime dans cette situation. Certes, le Sanctuaire disposait de trois Chevaliers Divins à la force incomparable et qui avaient réussi à mettre en échec les Dieux eux-mêmes, mais les Bersekers d’Arès étaient réputés pour leur cruauté et malheureusement, également pour leur force et leur bravoure. Comment faire face avec si peu de Chevaliers opposés à tant de Guerriers ?

Très vite, le décompte des forces avait été fait. Seuls Kiki, dont les progrès étaient, parait-il, phénoménaux, Ikki, Shiryu, Hyoga, Marine et Shina seraient à même de garder une maison du Zodiaque. Seulement six chevaliers pour douze Maisons. Tous les autres, malgré leurs efforts, seraient incapables d’en assurer la protection et devraient donc, comme le voulait la tradition, défendre les abords des Maisons par tous les moyens.


Depuis ce jour, Jabu n’avait cessé de s’entraîner avec une nouvelle fougue, accentuée lorsque Geki lui avait appris que la belle inconnue du rivage se trouvait toujours sur l’île et qu’elle l’évitait soigneusement depuis des semaines. Shina était de retour d’une mission confiée par le Grand Pope.

Cette nouvelle avait bouleversé le Chevalier de Bronze de la Licorne. Ainsi donc ce visage si gracieux, ces traits si fins étaient ceux d’une femme si dure, si intraitable et impitoyable, celle qui avait voulu tuer Seiya en son temps, même si elle s’était depuis largement amendée. Jabu n’était pas sans savoir les sentiments qui unissaient la femme Chevalier au défunt Chevalier Divin. Il l’avait compris par lui-même en voyant sa réaction lors de l’annonce de la mort de Seiya aux Enfers.


Décidément, ce Saint n’en finissait pas de récolter les lauriers. Jabu connaissait sa propre jalousie vis-à-vis de Seiya, il la maîtrisait encore mal, surtout depuis que son frère de Bronze était devenu un véritable et éternel héros.

Au fond de lui, Jabu sentait les prémices d’un amour passionné qui était né pour la belle étrangère aux cheveux émeraude. Apprendre qu’il s’agissait de Shina venait de détruire ses rêves et ses espoirs. L’acharnement qu’il mettait à l’entraînement était la seule façon qu’il avait trouvée de libérer sa rage. Finalement, ces nouveaux combats ne tombaient pas si mal. La bataille était prévue dans quelques jours maintenant et il serait prêt à mourir pour Athéna, la déesse qui s’était sacrifiée pour les Hommes, en les abandonnant.



Jabu reprit sa pose et se concentra sur la paroi en face de lui. Après quelques secondes, celle-ci se mit à frémir et s’effondra sur elle-même. Les progrès qu’il avait accomplis étaient eux aussi très importants. Son point fort par rapport aux autres Chevaliers de Bronze était sa vitesse. Malheureusement il était encore loin d’atteindre celle des Chevaliers d’Or.


« Tu as énormément progressé Jabu ! »


Le Chevalier se retourna vers cette voix qu’il n’avait plus entendue depuis longtemps. Shina l’observait à quelques mètres de lui, à travers son masque.


« Ça faisait longtemps que je ne t’avais pas vue. Comment vas-tu ?

_ Bien, comme tu peux le constater, je suis prête à me battre.

_ Tant mieux. Qu’est-ce qui t’a fait quitter ta Maison ? J’ai appris que le Grand Pope t’en a confié la garde ? C’est un grand honneur pour toi.

_ Effectivement. Je voulais te voir avant d’engager un combat où nous allons risquer nos vies. »


La voix de Shina était pour le moins troublée. Éprouvait-elle, elle aussi quelque chose à son égard ?


« Je t’écoute.

_ Je voulais te parler du jour où tu m’as recueillie sur la plage…

_ Oh, ce n’est pas la peine de me remercier, je n…

_ Je ne suis pas là pour te remercier ! »


Le ton de Shina n’avait soudainement plus rien d’hésitant. Il était devenu méchant et cassant.


« Tu n’ignores pas que les femmes chevaliers doivent porter un masque en permanence. C’est une règle fondamentale du Sanctuaire, or tu m’as vu sans !

_ Désolé si tu étais dans cet état ! Sache que je ne t’avais même pas reconnue…

_ Peu importe ! Une femme chevalier vue sans son masque n’a qu’un seul choix pour réparer la faute ! Elle doit éliminer l’homme qui l’a vue ! »


Jabu se mit aussitôt sur ses gardes.


« Alors tu viens m’affronter…

_ Il n’existe qu’une seule autre personne qui ait déjà vu mon visage… C’est… le Chevalier Pégase…

_ C’est donc pour cela que tu cherchais à tout prix à te débarrasser de lui… Pourtant tu as vite changé d’attitude à ce que je sache.

_ Il existe une seconde règle, mais qui ne s’appliquera jamais pour toi. Quoiqu’il en soit, je ne suis pas venue pour me battre. Une nouvelle bataille se prépare et nous aurons besoin de toutes les chances de notre côté.

_ Dans ce cas, que fais-tu ici ?

_ Si… si je viens à mourir, je voulais auparavant… te remercier… de m’avoir sortie des flots… »



Shina n’attendit pas la réponse de Jabu. Elle tourna aussitôt les talons et rejoignit immédiatement sa Maison à une vitesse proche de la lumière. Jabu, quant à lui, restait interdit après les paroles du Chevalier. Drôle de façon de remercier les gens et drôle d’histoire que le port de ce masque. Athéna n’était-elle pas une femme elle aussi, une déesse de la guerre ? Et pourtant elle ne possédait pas de masque. Pourquoi aurait-elle obligé les autres femmes à en porter ? Etrange tradition…


« Remerciements acceptés. »


Et il invoqua à nouveau son cosmos contre la falaise.



Asgard, le début de la guerre !

« Princesse, c’est affreux ! Des messagers rapportent que des femmes guerrières viennent de faire irruption dans le royaume ! Elles ont déjà massacré les gardes du Palais d’Asgorth ! Le Seigneur Haind a voulu s’opposer lui-même à ces femmes et y a trouvé la mort ! On dit qu’elles sont pires que les Walkyries des légendes ! »


Le garde qui venait de faire irruption dans la Salle de Thor était plus qu’alarmé. Sa femme se trouvait sur les terres d’Asgorth…

Hilda ne put que détourner la tête devant ce message de détresse, les larmes lui venant aux yeux. Seule la princesse Freya eut le courage de répondre au garde.


« N’aie crainte, le peuple d’Asgard ne se laissera pas envahir si facilement ! Odin veille sur nous et ne nous abandonnera pas ! Retourne auprès des autres et dis-leur de ne pas avoir peur, la prêtresse d’Asgard nous protégera tous… ! »


Mais le soldat n’était pas rassuré. Il voyait les larmes d’Hilda, aveu d’impuissance. Le cœur lourd, il rejoignit les autres membres de la garde. Si la destruction d’Asgard devait avoir lieu, le prix à payer pour ces barbares serait très cher. Jamais il n’abandonnerait la princesse.


« Freya, qu’allons-nous faire ? Je ressens l’incroyable force de ces femmes, ce ne sont pas de simples ennemies, mais bien des envoyées de Mars ! Jamais nous n’aurions dû nous opposer à lui, notre royaume court à sa perte…

_ Non, tu dois te reprendre ! Comment peux-tu dire ça ? Où est ma fière sœur, la Grande Prêtresse d’Odin ! Nous ne pouvons pas abandonner Athéna qui s’est sacrifiée pour nous !

_ Hélas, même si c’est vrai, nous n’avons personne ici pour nous défendre. Comment ferons-nous pour survivre ? Bientôt elles seront là, dans cette salle et pour notre peuple commencera l’esclavage…

_ Hilda, jamais Grande Prêtresse d’Odin n’a eu à prendre les décisions que tu as prises, je suis sûre qu’Odin nous viendra en aide !

_ Par ma faute les Guerriers divins, nos fiers protecteurs, sont tous morts ! Les Armures divines sont enfouies dans leur sommeil éternel et se régénèrent de leurs derniers combats. Personne ne dispose, dans tout le royaume, d’assez de force pour les arrêter… C’est la seconde fois que je concoure à la perte du royaume. Athéna elle, n’a pas hésité à donner sa vie pour lui et moi j’en suis incapable… »


Hilda tomba de son siège dans les bras de sa sœur. Sa sœur n’avait jamais été dans un état si déplorable. Ainsi, les choses étaient-elles sans espoir ? Asgard serait-il anéanti par ces amazones ? Les Guerriers Divins ne pourraient venir à leur secours… Le corps d’Hilda était secoué de sanglots, Freya ne savait plus quoi faire.


La prêtresse repensait aux combats qu’elle avait infligés à ses Guerriers. Son fier Siegfried n’était plus à ses côtés par sa faute. Il avait offert sa vie pour elle. Tous ces massacres se payaient aujourd’hui. La Grande Prêtresse, à genou, dans les bras de sa sœur, était incapable d’aider son peuple. Toute son énergie l’avait quittée. Son regard se porta sur la statue d’Odin balayée par la tempête à l’extérieur.

Les souffrances d’Asgard ne lui avaient donc pas suffisamment appris qu’il ne servait à rien de se lamenter ? Athéna s’était sacrifiée pour le Royaume d’Odin. Pouvait-elle rester dans ce palais sans réagir ?

Hilda comprit où était sa place et ce n’était pas ici, à pleurer. Ce garde qui l’avait vue effondrée n’avait pas plié sous le poids du désarroi ! Il se battrait jusqu’au bout pour son pays. Comment pouvait-elle rester sans bouger ?


Freya sentit un changement radical dans l’attitude de sa sœur. Cette dernière venait de passer des sanglots à une détermination absolue. Quand Hilda redressa la tête, les larmes s’étaient asséchées sur son visage qui rayonnait à nouveau de l’espoir et de l’assurance.


« Petite sœur, excuse-moi. Je sais à présent où est ma place, auprès de notre peuple, là où elle a toujours été. Je n’ai pas été capable de m’opposer à Poséidon, mais Athéna m’a pardonné. Freya, tu es ma sœur, mais surtout la plus humble des servantes d’Odin. S’il devait m’arriver quoi que ce soit, n’oublie pas que c’est à toi que reviendrait la protection d’Asgard ! Maintenant, allons prier Odin ! »


Hilda se dirigea résolument vers l’autel du Dieu. En quittant la salle, Freya eut un regard sur le royaume. Déjà au loin, des volutes de fumées montaient dans le ciel. Fidèles aux dispositions prises, les hommes d’Asgard avaient pris les armes pour barrer la route à l’ennemi. Ils préféraient brûler leurs villages que de les abandonner. Même si leurs efforts étaient ridicules face au pouvoir des assaillantes, leur ténacité offrait une résistance inattendue aux envoyées de Mars.

Quand Freya rejoignit Hilda, c’était pour voir cette dernière à genou devant la statue d’Odin en pleine tempête de neige.



« Ô, Grand Odin, j’ai péché par le passé en utilisant tes fidèles guerriers dans une bataille injuste et cruelle. Aujourd’hui je viens t’implorer de nous offrir à nouveau ton aide pour repousser l’envahisseur et pour cela, je t’offre ma vie ! Ce que je n’ai pas pu faire par le passé, permets moi de te l’offrir à présent pour tous les habitants d’Asgard ! »


Freya était effrayée par ces paroles. Sa sœur avait-elle décidé de s’offrir en sacrifice à Odin ?! Avait-elle perdu l’esprit ? La Grande Prêtresse répandait en volutes de bonté une aura azure qui prenait de plus en plus d’ampleur. Jamais elle n’avait vu sa sœur développer une telle énergie, sauf peut-être sous l’emprise de l’anneau des Nibelungen. Hilda se consumait et tout le royaume vibrait à l’unisson de cette onde bonne et généreuse. Les hommes et femmes d’Asgard se sentaient emplis d’une nouvelle ardeur, comprenant que leur Prêtresse venait elle aussi d’engager la lutte.

Alors que le corps d’Hilda s’offrait à la morsure du froid, Freya ne put s’empêcher de penser à Athéna. Elle assistait au même sacrifice que la déesse quelques années plus tôt. Hilda ne pourrait tenir aussi longtemps en développant autant d’énergie, tout au plus quelques heures. Freya s’agenouilla près de sa sœur et implora également Odin pour le salut des Asgardiens.


Une servante qui venait de ressentir l’effort de la représentante d’Odin, était accourue près de l’autel. D’habitude, on évitait de prier par tempêtes de neiges telles que celle qui se développait de plus en plus maintenant car le froid était trop intense. Mais Hilda de Polaris était bien là, agenouillée, sa sœur à ses côtés, implorant leur Dieu. Émue, elle comprit le sacrifice de leur prêtresse. Pour sauver Asgard des envahisseurs, tous ses habitants devaient s’unir. Cette pensée s’imposa à elle et elle s’avança malgré le froid, luttant contre les éléments, pour venir s’agenouiller et prier à son tour. Bientôt elle fut suivie par toutes les servantes et tous les prêtres du palais. Le peuple d’Asgard implorait Odin de leur venir en aide.


Hilda avait décidé de tenter l’impossible pour son peuple, comme Athéna par le passé. Même si elle ne réussissait pas à repousser leurs ennemis, au moins elle ferait tout pour, ne serait-ce que pour épargner quelques heures de supplice aux disciples d’Odin. Elle avait ressenti la présence de sa sœur près d’elle qui la soutenait. C’était ensuite les habitants du palais qui s’étaient agenouillés à leur tour. Les femmes et enfants des combattants d’Asgard, partis affronter les Amazones, s’unissaient à elle dans tout le royaume. Jamais une telle ferveur n’était parvenue jusqu’au Walhalla.


Village D’Ügl, sud d’Asgard

Les amazones s’étaient arrêtées dans le village D’Ügl juste avant les contreforts rocheux protégeant le Palais d’Odin. Elles avaient pu progresser à cinq en direction du palais sans trop de difficulté, abattant les remparts qui se dressaient devant elles. Bien que la résistance des guerriers d’Asgard était farouche, certains disposant même de la connaissance de la cosmo-énergie, elles n’avaient trouvé personne capable de les arrêter. Pourtant, à chaque nouveau village, les habitants se liguaient contre elles et préféraient mourir et brûler leur village plutôt que de les laisser passer. Mars ne leur avait pas donné l’ordre de détruire le Royaume d’Asgard, mais seulement de contraindre par la force la Grande Prêtresse d’Odin à s’incliner devant lui. A ce rythme cependant, Asgard ne serait bientôt plus que cendres et désolation, la résistance les contraignant à tuer hommes, femmes et enfants.


Lysippée de Thémiscyra, dépêchée par l’Empereur Morrigan avait la lourde tâche de diriger l’expédition, accompagnée de quatre Eloims. Se battre ne la dérangeait pas, mais tuer ainsi des dizaines de personnes sans distinction du sexe ou d’âge n’était jamais réjouissant ni glorieux.

Un grand gaillard s’élança vers elle, une hache à la main, mais sa vitesse était bien trop faible et en une fraction de seconde, Lysippée avait fondu sur lui. L’homme s’effondra derrière elle, n’ayant qu’entraperçu cette femme drapée d’une étoffe noire.

C’est alors qu’elle ressentit la formidable énergie qui envahissait l’espace et les environs. Une aura si pure et généreuse qu’elle ne prêta pas attention au poing de l’homme qu’elle croyait avoir abattu et qui s’était relevé à son insu. Aussitôt sur ses gardes, elle invoqua son étoile gardienne et l’homme fut projeté contre un mur à moitié calciné, crachant une gerbe de sang et expirant sous l’attaque. Lysippée se rendit compte qu’une dizaine d’hommes l’entourait. L’incroyable ondulation qui flottait dans les airs leur donnait une nouvelle force, dans laquelle ils puisaient pour se relever des coups de leurs adversaires et venir à nouveau affronter les guerrières de Mars.

Lysippée frappa encore et encore tout en s’interrogeant. Était-ce Hilda de Polaris qui répandait une telle aura ? Cela semblait incroyable. Lysippée n’était pas féru de cosmologie, mais elle avait suffisamment appris pour savoir que même un Dieu ne pouvait ainsi faire brûler son cosmos sans très vite perdre toute ressource.

Quelque chose de plus troublant encore la tracassait, c’était la bonté qui se dégageait de ces ondes. Jamais encore elle n’avait ressenti pareille pureté, même lorsque Mars était apparu devant ses Combattants à Choquequirau.

La détresse et la ténacité de ses adversaires devant les gestes qu’elle accomplissait, avec tout le méthodisme qu’on lui avait enseigné, étaient décuplées. Autour d’elle, la combattante voyait ses compagnes qui avaient de plus en plus de mal à repousser les défenseurs d’Asgard. Tous se rassemblaient dans ce village, motivés et soutenus par leur prêtresse. La neige qui tombait maintenant, cinglait les visages et le froid engourdissait les membres des Amazones malgré leurs fourrures de loups. Elles n’étaient pas censées avoir besoin de leurs Arcanes contre ce peuple, sachant pertinemment que les Guerriers Divins étaient morts à l’exception d’un seul. Et voilà que leur présence aurait été plus que souhaitable.

Lysippée remarqua les femmes de leurs adversaires tombées à genoux dans la neige, les mains jointes, implorant Odin. L’énergie que dégageait ce peuple, réuni pour résister á l’oppression, était incroyable. Jamais Lysippée n’aurait cru voir un jour une telle ferveur, à tel point que ses convictions s’effritaient.


Lompado, à sa droite, lui jetait des regards furtifs alors que toujours plus d’adversaires apparaissaient. Pourtant, elles continuaient à progresser au milieu du village où des centaines de cadavres déversaient des rigoles de sang traçant des sillons dans la neige.

Bientôt, la tempête fut telle que le flot des adversaires s’amoindrit. Même eux étaient vaincus par les tourbillons d’air glacial qui se formaient depuis les montagnes et venaient s’échouer sur la plaine.

Les cinq envoyées de Mars se joignirent pour lutter contre le blizzard. Il leur fallait brûler de l’énergie pour pouvoir avancer et, à ce rythme, elles seraient fatiguées avant d’atteindre le Palais d’Odin…


« Lysippée, nous devons nous mettre à l’abri nous aussi ! Cette tempête n’est pas naturelle, jamais nous n’atteindrons le palais à ce rythme ! »


Lysippée regarda Tanaïs, Eloim d’Umabel, et acquiesça du menton. Cette tempête ne pouvait provenir que de la personne capable de répandre son aura sur tout un royaume, Hilda de Polaris, prête à tout pour sauver Asgard. Malheureusement, si la Grande Prêtresse d’Odin était incontestablement très puissante, elle ne pourrait les empêcher d’avancer indéfiniment. Son aura aurait vite fait de s’épuiser et alors Lysippée pourrait rencontrer la source d’une telle chaleur dans un pays si froid.

Le groupe avisa la première maison qu’il trouva et y prit refuge en menaçant ses habitants. Après que le mari se fut effondré en se jetant sur Lompado, sa femme et son fils préférèrent se perdre dans le blizzard que de céder aux envahisseurs.


L’Ancile de Mars

Les premiers rayons du soleil d’un jour décisif frappaient l’horizon. Sanosuke regardait loin devant lui, au-delà des flots qui frappaient la proue de l’Ancile, le navire spécialement affrété pour Mars et ses combattants. Cette embarcation avait été construite sur une île chinoise, dans le plus grand secret. Capable de transporter une trentaine de guerriers, elle n’avait rien à voir avec les moyens de transport habituels. Silencieuse, indétectable, elle était portée par le cosmos divin qui l’habitait, lui permettant de parcourir des miles en quelques heures.


Mars avait voulu les accompagner sur l’Île du Sanctuaire mais, au dernier moment, Sanosuke avait appris que le Dieu était réclamé pour une mission plus importante.

L’Empereur revoyait clairement celui qui avait investi le corps d’un homme, nommé Diego au milieu de son armée. Une vingtaine de guerriers, l’élite des Monts Kouen Louen était rassemblée sur l’arène centrale, Diomède d’un côté et Diego avec ses trois conseillers et Ayar Manco, l’Empereur de la Miséricorde, de l’autre. Le regard courroucé que le Dieu avait lancé en direction de Numa, lui avait appris bien plus que ses paroles d’exhortation. De toute évidence, Numa avait fait comprendre qu’en tant que Dieu, Mars ne pouvait prendre le risque d’aller au Sanctuaire, où il serait affaibli par le cosmos d’Athéna. Il ne les rejoindrait donc qu’une fois leur mission accomplie, c’est-à-dire la déesse vaincue.

La discussion qu’il avait ensuite eue avec Diomède l’avait éclairé sur la situation tendue qui se jouait au plus haut niveau entre Numa et les prêtres saliens d’un côté, Mars et Ayar Manco de l’autre. Les deux parties n’avaient pas la même façon de concevoir les choses. Si Mars se sentait près de ses hommes, Numa voyait sa place plus en retrait des combats, également d’avantage près de lui pour pouvoir l’ « orienter ». Diomède, comme Sanosuke, n’était pas dupe du contrôle que ce dernier exerçait sur leur Dieu, mais n’était-ce pas aussi son rôle ?


Mars avait donc délégué deux prêtres saliens pour les accompagner : Klotar et Jurdan, deux hommes énigmatiques et secrets, dont Sanosuke ne savait toujours pas quoi penser. Après le discours du Dieu, Sanosuke et son armée avaient pris la mer, emportant leurs Arcanes. Mars leur avait préparé ce bateau unique, l’Ancile.

En quelques heures, ils avaient franchi la distance les séparant des côtes de l’île mythique du Sanctuaire. A présent que ses falaises surgissaient de l’horizon, Sanosuke était plus décidé que quiconque à protéger la Terre en renvoyant les chevaliers d’une autre époque dans l’oubli.

Derrière lui, deux de ses trois Séphiroth contemplaient avec appréhension l’île s’approcher. Sanosuke n’avait pas besoin de se retourner pour sentir leur concentration. Mintaka et Raphaël était prêts pour leur première véritable bataille, ce pour quoi ils s’étaient entraînés depuis leur plus tendre enfance. Gaboria, le troisième Séphire, qui avait été envoyé en mission spéciale par Diomède ne tarderait pas à les rejoindre.


Sanosuke se retourna vers ses hommes et aperçut les deux prêtres, dissimulés à l’arrière du groupe, le visage caché sous leur capuchon.


« Combattants ! Nous voici arrivés sur l’île du Sanctuaire dédié à la déesse Athéna. Notre mission est simple, nous devons parvenir jusqu’à elle et ainsi lui prouver notre bravoure. Ses Chevaliers ne sont plus à même de protéger la Terre, contre les menaces extérieures qui la guettent. Athéna est habituellement gardée par douze Chevaliers d’Or que l’on dit égaux des Dieux eux-mêmes. Mais ces Chevaliers ont tous péri lors des précédentes Guerres. C’est pour cette raison que Mars a décidé de reprendre le flambeau d’Athéna. Elle n’a pas l’humilité nécessaire pour reconnaître son incapacité actuelle. Ce défi divin lui en apportera la preuve et vous ne devez pas oublier que l’avenir de la Terre en dépend.

Je sais que pour beaucoup d’entre vous, il s’agira de vos premiers combats, mais j’ai confiance, ainsi que Diomède, et je sais que vous réussirez à atteindre son palais. Nous n’avons pas le droit d’échouer et je compte sur vous pour faire honneur à l’armée de l’Equilibre. Montrez que les espoirs placés en vous sont justifiés et montrez à Athéna que ses Chevaliers sont obsolètes !!

_ VIVE MARS ! VIVE DIOMEDE ! VIVE SANOSUKE, notre Empereur ! pour qui nous donnerons notre vie ! »


Sanosuke ressentit le choc de l’accostage de l’Ancile sur les côtes du Sanctuaire. Accentuant son aura, il appela à lui l’Arcane de l’Equilibre, couronne d’olivier, réalisée dans un métal imbibé de poussière de diamant, transparente et diffusant des raies de lumière multicolore. Il adorait cette protection intégrale qui décuplait ses forces et avec laquelle il se sentait en parfaite harmonie.

Dans un halo lumineux, Sanosuke brandit le katana d’or que lui avait remis Diomède à son départ : le symbole de l’Empereur de l’Equilibre, chef d’une armée de Mars. Un rayon se refléta à sa surface et illumina ses soldats.


A son tour, Mintaka invoqua l’Arcane de Malkuth, éclair transperçant un nuage dans un alliage de béryl jaune et blanc irradiant sous le soleil de Grèce. Enfin Raphaël revêtit sa protection aux reflets bleus d’opales.

Dans un éclair de cosmos, les Arcanes de chaque combattant les recouvrirent. La sensation de force qui se dégageait de l’embarcation était impressionnante et Sanosuke en tirait une satisfaction non dissimulée. Qui pourrait venir à bout de ses vingt et un guerriers, Ishims, Keroubims, Malachims et Séphiroth réunis?


Les soldats, accompagnés des deux conseillers de Mars, débarquèrent avant de se ruer vers les falaises et de s’engouffrer dans un étroit passage menant à l’intérieur de l’île. Au bout de quelques minutes, encerclés de falaises s’élevant à droite et à gauche de la procession, une arche gigantesque se profila, ouvrant une voie sur un terrain rocailleux où quelques touffes d’herbe rebelles s’entêtaient à pousser. Au dessus de l’arche, des lettres grecques étaient gravées que Raphaël traduisit :


« Sanctuaire sacré de la déesse Athéna, gardienne de la Terre ».


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