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Cette fiche vous est proposée par : Ex-Floodeur


Terre des hommes

Retour de glace

- Mais…. Comment…? Noooooooooooon
- Ben alors, que t’arrive-t-il Kiki ? Hahaha !
- C’est vous !!!! Vous voilà juste à temps.

Un sourire jovial imprégnait le visage encore tellement enfantin du disciple de l’Ariès Saint.

- C’est incroyable ! J’ai été aveuglé par la force de vos cinq cosmos réunis : j’ai pu ressentir leur puissance traverser ma chair. Votre entraînement a dû être particulièrement éprouvant. J’ai eu peur pendant un instant qu’un ennemi fort puissant ne tente d’envahir le Sanctuaire sacré…


C’est alors que sans crier gare nous fûmes tous pris d’un énorme fou rire. Décidément, Kiki ne manquait pas de me surprendre à chacune de nos rencontres, autant par ses facéties que par son courage. Je me demandais encore comment il avait trouvé la force de résister aux coups brutaux de celui qui partagea naguère avec moi l’entraînement de mon maître: Isaak. Aussi jeune je n’aurais jamais pu trouver une aussi grande force de caractère. Enfin il était vrai que Kiki était l’élève de Mû, et que celui-ci l’avait à sa charge depuis sa plus tendre enfance. Pourtant, je me demandais s’il était bien judicieux de lui attribuer une armure, il était si jeune et insouciant… Je lui ébouriffai alors les cheveux quand Ikki mit un terme à ces instants de retrouvailles.

- Il est temps d’aller voir ce que le Grand Pope a de si important à nous raconter !

Il était vrai que Dohko venait de contacter Shiryu pour nous sommer de rentrer au plus vite, et selon ce dernier, nous n’avions donc pas le temps de nous attarder…

- Kiki, sais-tu pourquoi le Grand Pope tient absolument à nous rencontrer au plus vite ? Les trois mois ne sont pas encore écoulés, alors pourquoi ce rappel ?
- Suffit d’aller le voir et tu le sauras déjà.

Tirant la langue, il disparut. Kiki ! Si je te tenais ! Mes quatre frères me regardèrent et se mirent à rire de moi.


Quelques instants plus tard, sur le perron du onzième Temple

- Dis-moi Hyoga, quel est donc ce bruit assourdissant dans le temple de ton maître ?
- J’ai bien l’impression Shun qu’un combat s’y déroule. Je peux sentir ma peau se tendre sous l’action du froid des glaces polaires. Seiya que fais-tu ? Attends !

Seiya, suivi d’Ikki et de Shiryu, se précipitèrent dans le temple du Verseau. Je fis signe à Shun de m’y suivre lui aussi. Ce que je vis me parut incroyable ! Alors que quelques instants plus tôt un terrible choc entre deux cosmos se faisait ressentir, je voyais à présent mon maître bras croisés, yeux clos.

- Camus, que s’est-il passé ici ? J’ai bien senti un affrontement à l’instant, où est donc votre adversaire ?

Camus me fit un signe de la tête. Nos regards à tous se dirigèrent simultanément vers un coin sombre du temple où se trouvait… Non ! Comment était-ce possible ?

- Pourquoi ? Pourquoi Maître avoir enfermé ce pauvre Ichi dans un cercueil de glace ? Vous savez bien qu’il n’est pas un Chevalier des glaces comme vous et moi ! Il mourra si vous ne le libérez pas sous peu !
- Camus ! Hyoga a raison. Il m’aura fallu la légendaire épée de la Balance pour le libérer de sa prison de gel lors de l’affrontement des douze Maisons. Comment voulez-vous qu’un Chevalier tel qu’Ichi puisse survivre à pareille température ?
- Vous avez toujours cru en votre fraternité, en cette volonté de vivre pour aider autrui, mais aussi de survivre pour ne pas vous décevoir l’un l’autre. Ichi lui aussi à présent est habité par ces sentiments qui vous ont fait avancer et vaincre toujours. Cela fait à présent un peu plus de deux mois que vous êtes partis et, depuis ce temps chaque Chevalier de bronze a subi de multiples épreuves, non seulement pour atteindre l’ultime cosmos, mais aussi pour apprendre que la victoire est le fruit de nombreux paramètres : la volonté, la persévérance, le courage, la maîtrise de soi, la foi, l’observation, l’analyse, et bien d’autres facteurs que vous autres Chevaliers divins êtes à même de connaître. Observez, ne ressentez-vous pas ce cosmos grandissant ?

Je n’en croyais pas mes yeux : un cosmos d’une aura aussi blanche que la mienne englobait de son pouvoir le cercueil de glace éternelle.

- Ce matin j’ai pris l’implacable décision de faire subir à Ichi cette ultime épreuve. Je sais que les chances de survivre à cette épreuve sont très minces, mais la réussite de ce défi prouvera non seulement que le Chevalier de l’Hydre est à présent apte à vaincre un ennemi de puissance non négligeable, mais aussi que son mental est à présent doté d’une force à toute épreuve. Si Ichi ne peut sortir vivant de ce piège, c’est que jamais il ne pourra sortir vainqueur d’une prochaine guerre : autant qu’il meurt alors de mes mains. La mort glacée est une douce mort…

Faisant face à ce spectacle, totalement impuissants, nous ne pouvions qu’espérer la réussite d’Ichi. Je vis Shun verser une larme. Peut-être ne comprenait-il pas la véritable nature des enseignements prodigués par mon maître, celui que l’on nomme encore le magicien de l’eau et de la glace. Glace, aussi destructrice que les flammes… J’observais en silence ce spectacle macabre, mes frères et moi retenant notre souffle face à cette ironie du sort. Dire qu’il y avait encore un peu moins d’un an, c’était moi qui me tenais à cette place.
Soudain, arraché à mes propres pensées par une puissance inouïe, je fus stupéfait de voir le cercueil de glace se couvrir de multiples petites fissures provenant du cœur même de cet édifice mortuaire, érigé à la gloire du Chevalier de l’Hydre. Faisant exploser de manière ascendante son cosmos, il me semblait qu’Ichi n’avait jamais été aussi puissant. Je me souviens encore de ce pitoyable affrontement lors du tournoi galactique, ce tournoi qui me semble s’être déroulé il y a des années lumières à présent… Courage Ichi, courage ! Si tu avais su faire preuve d’autant de détermination lors de nos batailles passées pour défendre la Terre et sa protectrice, tu nous aurais été d’une aide plus que précieuse. Je sais ce qui te pousse à faire preuve d’autant d’obstination : non la peur de mourir gelé en ces lieux, mais l’espoir de te racheter de tout ce que tu n’as pas pu accomplir lors des précédents affrontements.
Inimaginable ! Apparemment le linceul de glace se fissurait sous la pression de ce pouvoir qui émanait de ton corps Ichi, de ton cœur devrais-je dire, car c’est véritablement de l’essence même de l’homme que l’ultime cosmos tire sa puissance.

- Je sais que tu peux y arriver.
- Ne t’inquiète pas Shun, regarde bien.

L’on sentait bien dans l’énergie d’Ichi toute sa détermination à triompher de cette épreuve. Soudain, sous nos yeux étonnés, son cosmos prit la forme de l’Hydre, sa constellation protectrice. S’élevant de son corps elle se dirigea droit vers le sommet du cercueil, brisant ainsi une bonne fois pour toutes ce monument gelé devenu son tombeau, laissant ce brave Chevalier s’écrouler au sol, presque sans vie. Il avait atteint le suprême septième sens. Regardant mon maître, je vis un léger sourire à peine perceptible éclairer son visage, ultime preuve de la satisfaction que lui apportait la victoire d’Hydra. Mes frères, à l’exception d’Ikki, se précipitèrent vers lui pour le secourir. Je regardais alors Camus.

- Je n’ai plus rien à lui enseigner à présent. Quiconque brise le cercueil de glace est capable de faire face à des hommes égaux aux Chevaliers d’or. À présent Ichi a le pouvoir, il lui faudra encore apprendre à le maîtriser. Malheureusement pour lui, la véritable expérience ne s’acquiert que lors de véritables affrontements dont la fatale issue est bien souvent la mort…

Me tournant le dos il s’en alla, rejoignant probablement l’un ou l’autre des dix Chevaliers ayant leurs temples en aval du sien. Shiryu revint avec Ichi sur le dos, un Chevalier qui, afin de prouver sa valeur, avait accepté l’ultime épreuve du Verseau : le supplice glacial. Il était bien tard pour prouver ta valeur mon frère, mais mieux valait tard que jamais… Sur ces dernières pensées, nous nous dirigeâmes promptement vers le treizième temple : nous avions déjà pris assez de retard. Nous en profiterons pour déposer Hydra à l’infirmerie, basée dans ce même temple.


Environ 1 heure plus tard

J’avais à présent la certitude que nous la reverrions. D’ici une dizaine de jours environ, nous partirons, nous les Chevaliers divins, avec nos frères de bronze. Dohko nous avait dit tout ce qu’il savait : l’urne d’Athéna serait bientôt de retour dans le véritable Sanctuaire, celui où l’amour de ses Chevaliers règne en maître. Bientôt, bientôt Saori : ta présence à nouveau fera s’inonder nos cœurs de liesse. Athéna, encore une fois nous triompherons pour toi… Il se peut toutefois que des ennemis tentent de se dresser sur notre route, et si tel est le cas, quel genre d’ennemis sera-ce ?



Vers un autre monde…

Voilà huit jours que nous sommes rentrés de notre ultime lieu d’entraînement… où un unique but nous était soumis : la survie. La mort rodait sur les flans de l’Himalaya, elle nous attendait au tournant, aucune erreur n’était permise. La sérénité malgré tout régnait dans nos cœurs, une quiétude et un bien-être avaient empli mon être, alors qu’il y avait peu de temps je ne connaissais pas leur sens premier. J’étais auparavant toujours fougueux, perpétuellement prêt à bondir sur mon ennemi, mais j’eus vite conscience que perpétuellement j’agissais avant de réfléchir : je me jetais tête la première dans les combats, mais jamais je ne renonçais. Peut-être était-ce cela qui, presque toujours, me tirait d’affaire ? Ces deux mois passés avec mes frères étaient les plus rudes, pénibles, ardus, éreintants, mais dans un sens les plus enrichissants, instructifs, voire même agréables moments de ma vie : une vie faite essentiellement de combats, de morts, de déchirements, de peines, une vie hors du commun. Mais qu'appelle-t-on le commun ? Une vie, seul… sans foi… sans but précis ? Je ne m’étais jamais senti seul durant ma vie entière. Certes j’étais un orphelin mais je possédais un bien précieux : mes frères. Ils étaient ma force, mon second souffle, mon espoir, un soutien considérable. Et j’avais retrouvé ma sœur à présent, Seika.
Toutes ces années de recherches avaient enfin porté leurs fruits, et ce vide que je ressentais en moi depuis mon départ en Grèce avait enfin était comblé ! Ma sœur à présent était auprès de moi. Me revinrent alors quelques bribes de souvenirs…

Lorsque, ce jour là, je me réveillai sur le sol caillouteux du Sanctuaire, voyant Shun sourire, je crus que le paradis enfin m’avait ouvert ses portes. Mais rapidement je compris qu’en réalité une ultime chance m’avait été offerte par ma déesse : cette chance s’appelait la vie. Elle m’avait fait ce don inestimable.

Des larmes se mirent alors à couler le long de mes joues. Je ne m’en étais absolument pas rendu compte jusqu'à ce que Shiryu m’interpelle :

- Seiya…ça ne va pas ?
- Mais qu’est ce que tu racontes ? Je déborde d’énergie, tout va bien.
- Je ne sais pas si tu t’en es rendu compte mais… tu pleures Seiya…
- Oh! Mais… ce n’est rien… Juste une poussière… Ralalala Dohko pourrait faire un effort pour le nettoyage… Il y a tellement de poussière.
- Hé hé ! Attention à ce que tu dis ! Il reste mon maître !!

Nous éclatâmes de rire. Ikki derrière la porte s’esclaffa et entra tel un pacha pénétrant dans son harem.

- Et bien je vois qu’on s’amuse ici !! Allez, levez-vous, le Grand Pope nous demande de nous rendre tous auprès de lui ! Il a quelque chose d’important à nous montrer.

Sur ces mots notre frère aîné tourna les talons et se précipita vers la treizième maison du Sanctuaire. Shiryu et moi échangeâmes un regard furtif. Il sourit. Tous deux revêtîmes nos armures et nous précipitâmes à sa suite.

- Mais où courez-vous ainsi ? cria alors Shun accompagné de Hyoga.
- Suivez-nous, vite…

Dans un bruit fracassant nous entrâmes alors. Tous les regards se tournèrent vers nous.

- Vous voilà enfin… On ne vous attendait plus ! dit cyniquement Masque de Mort.

Une main derrière la tête, je rétorquai :

- Vaut mieux tard que jamais, n’est ce pas vieille branche ?

Kiki éclata de rire, mais l’heure n’était pas aux plaisanteries. Je fis un grand sourire à Masque de Mort comme en signe d’excuse pour mon insolence envers lui. Le Vieux Maître prit alors la parole comme à son habitude.

- Lors de notre dernier conseil je vous annonçais que l’espoir de revoir Athéna nous était à juste titre permis, mais nous ne savions où se trouvait l’urne la retenant captive. Après de longues recherches fastidieuses Aiolia, Mû, Aphrodite et moi-même avons découvert l’emplacement de l’urne. Néanmoins nous ne savions comment y parvenir. Toutefois, où aurait bien pu se trouver le lieu menant à l’urne sacrée de notre déesse, si ce n’est l’endroit même où celle-ci est représentée ?…
- Vous voulez dire que… le coupa brusquement Aioros.

On pouvait lire sur son visage une formidable surprise. Etrangement il paraissait moins serein, comme perturbé, préoccupé par un fait qui lui aurait échappé.

- … que le passage se trouve dans… continua le Chevalier du Taureau aussi troublé que le Sagittarius Saint.
- … Dans la statue d’Athéna ? acheva Camus, moins imperturbable qu’il n’y paraissait..

Des chuchotements inondèrent la salle. Je n’arrivais pas à y croire : si proche d’elle, je n’arrivais pourtant pas à la ressentir proche de moi. Shura laissa alors paraître son impatience :

- Laissons finir le Vieux Maître !
- Merci Shura, c’est exact ! La statue d’Athéna est la porte qui nous conduira vers l’urne sacrée.

Milo prit alors la parole :

- Dohko, en tant que Grand Pope vous êtes le mieux placé pour savoir que détruire la statue érigée en l’honneur de notre déesse serait un impardonnable sacrilège Certes, elle est la clé qui nous conduira vers Athéna, mais nous ne pouvons pas même l’ébrécher, ce serait un déshonneur !!

Le Grand Pope sourit. Je regardai alors en direction de Shiryu. Je ne comprenais pas pourquoi mais il avait l’air confiant, comme s’il avait compris ce que son maître avait derrière la tête. C’est alors que Dohko se leva et sortit brusquement de cette salle où nous étions tous réunis. Il fut rapidement suivi par Saga. Étrange comportement… Je décidai de les suivre et bientôt tous mes frères firent de même.

- Shiryu, dis-moi ce qui se passe s’il te plaît !
- Écoute Seiya, je n’en sais pas plus que toi… Mais je reste confiant. Mon Maître a presque toujours eu réponse à tout ! À plusieurs reprises il nous a aidés, guidés, conseillés sagement, alors je ne m’en fais absolument pas

Ces paroles me réchauffèrent le cœur. Néanmoins je restais perplexe quant aux événements qui allaient suivre.

- Soyez attentifs à présent. Aujourd’hui est un grand jour pour nous tous, mes chers amis : il est temps de rejoindre le monde où se trouve Athéna. L’heure de sa libération est proche. Vous vous êtes entraînés durant plus de deux mois avec acharnement, volonté et détermination. Aucune récompense ne vous attend, si ce n’est… elle ! Le plus grand trésor que la Terre recèle !! Saga…

Le Vieux Maître jeta un regard pétillant au Chevalier des Gémeaux. Sans rien dire celui ci se précipite alors frénétiquement vers la statue d’Athéna.

- Mais tu es fou Saga... Arêêêêêêête tout de suite ! criai-je violemment.
- Noooooooooon ! hurlèrent mes frères d’une même voix. Tu ne peux pas faire cela, tu ne dois pas !

Presque tous, à l’exception de quelques Chevaliers tels Shaka, ou encore Masque de Mort, baissèrent alors la tête, résignés. C’était une folie pure… Mais un grand halo de lumière nous éblouit alors brutalement.

- Mais…

Je m’étais terriblement trompé sur les intentions de Saga. Au pied de la statue s’était ouverte une embrasure temporelle et spatiale. Il venait d’ouvrir une autre dimension dans la statue d’Athéna ! Une lumière noire entourait cette brèche béante créée dans la statue qui n’avait pas même une égratignure. Rien ne paraissait à l’intérieur de l’abîme: le vide semblait y régner en maître.

- Écoutez-moi bien Chevaliers de bronze et Chevaliers divins ! Vous n’aurez que sept heures pour ramener l’urne ! Sept heures avant que la dimension entre notre monde et cet autre monde ne se referme. Je ne pourrai en recréer une autre et vous serez alors à jamais perdus entre ces deux univers. Vous n’appartenez pas à l’autre dimension, donc de multiples contraintes joueront en votre défaveur. Si vous y restez prisonniers, vous mourrez… Bonne chance, nous savons que vous parviendrez à sauver Athéna ! Nous autres, Chevaliers d’or, restons comme prévu au Sanctuaire, pour le défendre de toute éventuelle attaque extérieure… Nous comptons sur vous.

Sur ces mots nous, les onze Chevaliers chargés de récupérer l’urne sacrée, nous donnâmes la main et, sans même réfléchir, nous précipitâmes dans ce trou noir, cette autre dimension qui nous séparait de notre déesse.

J’avais l’impression que mon corps était broyé. C’était comme si une dizaine de taureaux me passait dessus, que toutes mes cellules se déchiraient… Mon souffle en était presque coupé, mes yeux exorbités laissaient couler des larmes de sang. Nous tombions vers l’inconnu en une vertigineuse chute. Une terre hostile nous attendait sûrement… Cela parut durer une éternité, c’était une chute sans fin… Non ! Impossible ! Pas si près du but… Nous ne pouvions nous perdre ainsi…

C’est alors que je m’éveillai dans une chambre inconnue, allongé sur un lit couvert de soie. Avais-je rêvé ? Que m’arrivait-il ? Où étaient passés Shun, Shiryu, Ikki, Hyoga et les autres ? M’avaient-ils accompagné… ou était-ce également un rêve ? Je me levai brusquement de ce lit que je ne connaissais pas et me précipitai à la fenêtre lorsque… non… Je n’en revenais pas du spectacle qui s’offrait à mes yeux… impossible… je… non…


La Gardienne du sommeil des dieux

-Qui êtes-vous vieille femme ?
- Je reconnais bien là l’impatience de la jeunesse humaine. Sache, jeune fille, que je ne vous veux aucun mal, ni à toi, ni à tes compagnons.
- Vous voulez dire que… Mais où sont-ils ? Dite-le moi immédiatement !
- Bien fougueux restent les hommes, parfois plus encore les femmes… hé hé. Viens avec moi mon enfant.

Je ne discernais en cet être aucun sentiment d’hostilité, pourtant c’était bien son arrivée à mon chevet qui me tira de ce sommeil lourd de conséquences. Je priai pour que le temps ne se soit pas écoulé trop rapidement durant cet étrange repos auquel la mystérieuse vieille femme avait mis un terme. J’aurais pourtant juré être en la présence d’un Chevalier au cosmos très puissant lorsque, quelques secondes plus tôt, j’avais ouvert les yeux. Mais où étaient donc les autres Saints ? Je la suivis (avais-je réellement d’autres choix ?) et nous arrivâmes devant une lourde porte de chêne dont l’imposante stature aurait rebuté tout brigand, aussi téméraire fût-il, qui aurait voulu pénétrer en ces lieux.

- Dites-moi ? Depuis combien de temps suis-je ici ?
- Depuis des milliards d’années, et pourtant je n’aurais pas eu le temps d’émettre un battement de cils.

Elle me dit cela un sourire aux lèvres, d’un ton que je trouvais totalement déplacé étant donnée la situation actuelle. Je ne pus m’empêcher de serrer mon fouet sous l’effet de la frustration.

- Reste sereine mon enfant.

Elle dit cela d’une voix si douce… Par Athéna ! Son regard… Ses yeux étaient de couleur verte comme l’émeraude la plus pure qui soit, elle ne possédait pas de pupilles. Soudain une tâche brune apparut au centre de cette étendue verte intensément hypnotisante pour s’étendre, telle des racines, sur toute la superficie de son regard. Les portes s’ouvrirent violemment et là, tel un reflet mirifique, je remarquai simultanément dix issues semblables étendre leurs battants dans cette colossale pièce ronde où je vis arriver tous mes compagnons accompagnés chacun de… Mais ! Comment ? C’était physiquement impossible ! Je devais probablement être sous l’emprise d’une illusion… Et pourtant chaque Chevalier arrivait en cette salle avec la même vieille femme si étrange qui m’accompagnait. Comme je la regardais de façon interrogative, elle laissa s’échapper un mot sous forme de brise légère.

- Patience.

On eut dit son dernier souffle… Réellement, elle me semblait si avancée dans l’âge. Ses cheveux, tels la terre aride de l’île d’Andromède, étaient semblables à des racines de couleur ocre, descendant le long de son corps en une multitude de cascades, semblables à des lianes suspendues le long d’un arbre plus que centenaire… Mais qui pouvait bien être cette mystérieuse femme ? Et pourquoi ses sosies accompagnaient-ils aussi les Chevaliers en ce lieu étrange ? Soudain, alors que j’allais la sommer d’enfin répondre à mes questions, elle disparut en même temps que tous ses semblables, s’évaporant en un instant pour réapparaître ensuite sous une unique forme, au centre de la salle.

- Approchez, preux guerriers.

Nous nous dirigeâmes tous d’un même pas pour arriver jusqu’à elle. Mais quelle étrange salle s’offrait à ma vue ! Les murs étaient ornés de fresques représentant, pour le peu que je pouvais en apercevoir, les différents dieux olympiens. Par ailleurs, une flore luxuriante, s’accordant à merveille avec ce lieu insolite, grimpait le long des murs jusqu’à la coupole cristalline, laissant apparaître ce qui ressemblait à un ciel pourpre. Shun m’avait parlé de la couleur de ces dimensions vides… Mais où étions-nous ? Mais qu’était-t-elle donc ?

- N’ayez crainte, je peux à présent répondre à toutes vos questions, Chevaliers d’Athéna.

Mais comment savait-elle qui nous étions ?

- Je sais que vous êtes en quête de votre déesse et que vous n’avez que très peu de temps pour la retrouver. Demeurez tranquilles, vous êtes dans un lieu à l’abri de toute contrainte spatiale et temporelle. Maintenant que je vous sens moins pressés, héhé, je vais vous raconter mon histoire et tout ce que vous vouliez savoir.
Mon rôle actuel prit forme lors de l’avènement suprême des dieux. À cette époque, le monde était encore pur, en paix, tout comme l’Olympe. Le monde, comme vous le savez, fut alors partagé entre les détenteurs de la Big Will. En cette ère, l’amour régnait encore en maître, même si j’aurais dû me douter que, comme toujours, la spirale de la haine reprendrait ses droits, tôt ou tard… Peu à peu, les dieux se mirent à s’envier mutuellement, et Zeus, conscient de la valeur de la Terre, la légua à sa fille préférée, la sachant dénuée de vices et de haine, forte et sage. Ce choix fut fait non par lâcheté, mais Zeus décida qu’en tant que dieu suprême, il ne s’abaisserait pas à de vulgaires conflits familiaux. Il avait alors d’autres priorités que la guerre, ce qui lui valut souvent le courroux d’Héra, sa femme. Mais cela est encore une autre histoire… Enfin, excusez moi je me répète, cela fait bien longtemps que je n’ai eu de visiteurs. Reprenons.
Puis, ce qui devait arriver arriva, la première guerre sainte éclata, opposant alors Athéna à Poséidon, qui revendiquait les terres émergées qui, selon lui, n’aspiraient qu’à redevenir océans. C’est à l’issue de cette guerre fratricide que Zeus secrètement vint me voir pour me confier une tâche essentielle pour maintenir l’équilibre des dieux : la surveillance des essences meurtries des divinités défaites au combat. En effet, lorsqu’une déité se fait vaincre par l’un de ses pairs, la coutume veut qu’il se fasse enfermer dans un objet sacré pour un laps de temps prédéterminé. À l’issue de cette période, je peux laisser l’artefact libre de ma protection, son sceau divin étant souvent sur le point d’être rompu. En effet, le seul moment où un dieu est vulnérable et théoriquement susceptible de disparaître est lors de sa convalescence post-défaite. Athéna, en tuant son oncle Hadès, a réellement accompli ce qui normalement n’est applicable qu’aux humains : un miracle. Probablement les précédentes guerres saintes et l’amour qu’elle vous porte ont fait naître en elle une puissance incommensurable qui, au moment de la mort d’Hadès, devait être largement supérieure à la force d’un immortel, qui pourtant est censée être illimitée…
Si Athéna n’est pas rentrée en son domaine, c’est probablement qu’une puissance divine a dévié l’ordre naturel des événements instauré par les lois universelles. Mon rôle est de veiller à son repos, et je ne peux interagir pour déplacer l’urne à nouveau. Cela n’est pas dans mes attributions. Mais, malgré la pureté de vos intentions, je ne peux vous laisser accéder à l’urne. Mes descendants se sont déjà trop entretués : l’un a disparu, l’autre est à présent totalement annihilé, et le troisième erre entre deux univers, ni réellement captif de son sceau, ni réellement libre en votre monde. Zeus, Hadès, Poséidon, jamais mes larmes ne pourront tarir tant la peine que je ressens quand je pense à vous est inguérissable… Mes autres enfants, où êtes vous ? Athéna, qu’est-ce qui te donne tant de puissance ? Aurais-tu été la seule à comprendre que même pour les dieux l’amour fait toute la différence ?

Elle écarta les larges mèches de devant ses yeux encore humides de pleurs, quand Shiryu lui demanda:

- Ainsi vous seriez donc Rhéa, mère de tous les dieux, celle à qui Zeus lui-même doit la vie ?
- Oui, ainsi vous avez devant vous Rhéa, celle qui chaque jour assiste impuissante à la folie meurtrière et à la soif de pouvoir de ses descendants…
- Alors pourquoi ne pas nous permettre de libérer Athéna ? Vous-même avez dit qu’elle était la seule à avoir compris le véritable sens de l’existence : l’amour, s’exclama Jabu.
- Malgré cela Athéna n’échappe pas aux règles universelles : qui connaît la défaite connaîtra la temporaire réclusion. Nul n’est en droit de se soustraire à cette obligation. Lorsque Athéna s’est constituée captive, elle était en pleine possession de ces informations.
- Alors c’est qu’il existe un moyen de la ramener ! Sinon jamais elle n’aurait exécuté cet acte suicidaire. Pendant la bataille d’Hadès, elle a pleinement pris conscience de sa nature divine et ayant toujours fait passer ses devoirs sacrés avant le reste, jamais elle ne se serait sacrifiée ainsi.
- Seiya, repense à mes sages paroles : Athéna est déesse d’amour, envers l’Humanité toute entière. Mais ce qui la distingue des autres divinités, c’est qu’elle ne possède pas le corps d’un être humain, elle choisit de se réincarner en ce corps, voilà aussi pourquoi, à l’inverse de Poséidon, une fois son essence divine captive, son corps a suivi… Ainsi, par cet acte, elle accepte non seulement les faiblesses, mais aussi les forces que possèdent les hommes. Tel est ce qui la distingue réellement de ses pairs : ce respect et cet amour. Car finalement les immortels, restés trop loin des hommes, ont fini par oublier ce doux sentiment. Peut-être que lors de son sacrifice final s’est opérée la parfaite harmonie reliant la femme à la déesse : la symbiose idéale. Ce n’était plus l’Humanité qui était en jeu, mais ce qu’elle ressent pour vous, pour toi Seiya.
- Justement ! Après ces révélations comment pourrais-je encore la laisser ! Dites-moi, dites-nous, Rhéa, comment la retrouver ?
- Je vous le dis Chevaliers, si vous voulez récupérer votre déesse, vous allez devoir accepter l’épreuve ultime attenante à la loi du repos divin. Celle-ci stipule que quiconque cherche à éveiller un dieu de son sommeil subira le châtiment imposé par Eurythrée à Hercule : douze tâches à accomplir, toutes plus éprouvantes les unes que les autres. Je sais que vous n’aviez que sept heures pour retourner sur Terre, mais ici la perception temporelle est d’ordre divin : une heure sur Terre est égale à un jour ici. Vous disposez donc de sept jours pour accomplir votre destinée, celle de votre déesse. Juge suprême de cette épreuve et gardienne du sommeil des dieux, je regrette d’avoir à vous infliger ce terrible sort, mais si les Parques sont avec vous, vous triompherez. Êtes-vous prêts à accepter ce destin ?

Pas un Saint ne répondit par la négative, tous étant prêts à aller jusqu’au bout.

- Alors je ne peux que vous souhaiter bonne chance, Chevaliers. De toute manière, si votre cause est réellement justifiée, comme vous le pensez, votre réussite ne fait aucun doute.

Sur ces derniers mots, je vis ses yeux verts se teinter à nouveau de cette couleur ocre qui m’était si familière, puis, étrangement, je me sentis mue par une force colossale : une bulle me recouvrit, tout comme mes amis. Nous étions chacun dans une sphère opaque, en pleine lévitation. Soudain, levant ses bras elle fit exploser son cosmos. Ses cheveux flottaient au-dessus d’elle, électrisés par cette puissance titanesque (c’était le cas de le dire), et la faisaient ressembler à un magnifique vieil arbre robuste qui étendait son branchage majestueusement. Puis elle eut l’air de se concentrer de plus en plus, fronçant les rides de son front, les yeux clos à nouveau. Instantanément elle ouvrit grand les yeux, comme spectatrice d’un événement qu’elle seule pouvait apercevoir. Deuxième onde de choc. Cette fois elle me propulsa loin de mes compagnons vers un lieu dont j’ignorais tout. Aaaaaaah ! La puissance de son cosmos et la vitesse à laquelle j’étais transportée étaient trop intenses. Je n’en pouvais plus ! Si cela était la puissance d’un être divin, j’étais encore loin d’être au niveau de Shun. Shun !!!

Je m’évanouis en pensant à ce que mon destin me réservait : la mort probablement, pour la sauvegarde d’Athéna, pour la vie de milliers d’innocents…

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