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Cette fiche vous est proposée par : Ex-Floodeur


Terre des hommes

Le miracle de la volonté

- Allez Nachi frappe plus fort ! Mais quel paresseux ! Qui t’a appris à te battre ainsi ? Je me demande en quoi tu es digne de porter ton armure… Regarde, tu n’arrives même pas à t’approcher de moi ! Et tu penses qu’avec tes ridicules coups tu vas réussir à te surpasser ? Athéna elle-même aurait honte de toi ! Je me demande encore pourquoi j’ai accepté de t’entraîner, tu n’en vaux vraiment pas la peine !

J’essayais de pousser à bout ce pauvre Chevalier du Loup encore si faible. Jamais il n’allait être prêt, j’en avais bien peur. Mes méthodes étaient certes hors du commun, mais j’étais confiant et pas encore résigné à abandonner. Moi, Masque de Mort, j’allais lui montrer la voie de l’ultime cosmos, j’en avais fait la promesse à Dohko, mais c’était avant tout en l’honneur d’Athéna.

Elle… Elle m’avait pardonné mon infidélité… Elle m’avait ramené à la vie alors que j’avais trahi sa confiance, alors même que j’avais utilisé mes pouvoirs pour servir les desseins du mal. À présent je me devais de racheter mes erreurs. Jamais je ne pourrai me pardonner à moi-même le mal que tant de fois j’avais causé. Mes fautes passées allaient toutefois devenir mes forces de demain, et je saurai tirer avantage de ma dette envers Athéna, pour le bien de l’Humanité. Ma cruauté et ma folie avaient fait de moi un Chevalier déchu, même mon armure avait fini par m’abandonner lors de ma première défaite face au valeureux Chevalier du Dragon. Le mal alors s’était emparé de mon âme… A présent je me devais d’expier mes pêchés. Tant d’innocents avaient péri à cause de ma soif de sang et de mort. La mort m’avait aveuglé, elle était devenue mon unique obsession, elle m’avait guidé dans cette impasse qui provoqua ma déchéance passée. Aujourd’hui, la déesse m’avait offert une ultime chance : je devais prouver que j’étais sincèrement digne de revêtir l’armure d’or du Cancer.
Au fond Nachi était plein de bonne volonté, mais il n’avait toujours pas compris le véritable sens de la cosmoénérgie. Je me devais donc de le lui enseigner.

- Jeune guerrier, je vais abréger tes souffrances. Tu ne peux pas continuer à te battre ainsi. Tu n’y arriveras jamais, c’est certain, Tu n’as absolument pas le niveau des autres Chevaliers, tu leur es dix fois inférieur et je pèse mes mots.
- Je ne te crois pas ! Tu es un être mesquin, cruel, arrogant, fier et cynique. Je ne vais pas me laisser faire sans rien dire, je vais te porter ma plus terrible attaque : Death Howling ! Mais… tu n’as même pas bougé… J’avais pourtant mis toute ma force en cet assaut…
- Sache Chevalier que tu n’arriveras à rien avec une attaque si faible portée avec si peu de conviction. À chaque erreur que tu feras, je te priverai d’un de tes membres : je vais commencer par le bras gauche.

A peine avais-je prononcé le dernier mot qu’il se retrouva à terre, gémissant de douleur et se tordant de souffrance.

- Que comptes-tu faire à présent, Nachi ?

Il se releva comme s’il avait enfin compris, une expression déterminée peinte sur le visage. Mais il n’en était rien… Il essaya en vain de me décrocher un coup de pied latéral. D’un seul doigt je lui paralysai alors le flux sanguin qui descendait jusqu’à sa jambe droite.

- Je pense que ta jambe va vite perdre vie. Tu devrais avoir honte, tu nous fais perdre à tous un temps précieux : ce temps tu le payeras de ta vie !!

Je voyais l’indolent se traîner à terre, toujours aussi mou. Il n’y avait, en son regard, aucune volonté de se battre.

- Pourquoi… Masque de Mort ? Me battre… je ne saurai jamais, toi-même tu l’as dit.

Je lui portai alors un troisième coup, qui lui coupa toute circulation de sang au niveau de la jambe gauche, et lui assénai de violentes frappes.

- Là tu ne peux plus bouger, que vas-tu faire Nachi ? Tu dois trouver par toi-même. Je ne suis pas de ceux qui soufflent les réponses, mais je vais te dire ce qui nous différencie toi et moi. Regarde moi et dis-moi : que vois-tu ?
- Je vois un tyran assoiffé de sang …

Avant même d’avoir achevé sa phrase, son bras droit était déjà paralysé.

- Tu vas mourir Nachi, tant pis pour toi ! Pour moi tu n’es qu’une âme de plus à ma collection de trophées !

Je n’en pensais pas un traître mot mais il me fallait me montrer dur avec lui.

- Alors !! Que vois-tu ?! Je vais te le dire ! Cela fait deux mois que je t’entraîne… mais m’as-tu déjà vu fatigué ou même seulement essoufflé par tes coups ? Ce qui fait que je suis beaucoup plus fort que toi tient en un concept : la cosmoénergie. La mienne est bien plus concentrée et puissante que la tienne. Tu ne puises pas ta force dans ton cosmos, tu comptes presque exclusivement sur ton armure et ta force physique. Ces deux choses peuvent vite te trahir et t’abandonner lors d’un combat, tes frères te le diraient ! Regarde Hyoga ! A demi-conscient, un pied dans l’oubli et l’autre dans la onzième maison : il a tout de même réussi à terrasser son maître Camus. Sais-tu que la volonté seule peut accomplir des miracles ? Vois comme Seiya à chacun de ses combats était meurtri, au bord du gouffre… et pourtant il se relevait toujours et se battait, tel un lion indomptable !

Sans même attendre la fin de ma leçon, le pauvre Chevalier tenta de me porter encore un coup... en vain. D’un revers du pied je lui brisai deux côtes. Plus mort que vif, gisant à terre, Nachi n’avait pas encore assimilé les enseignements que j’essayais de lui inculquer… Comprendrait-il un jour que je ne profère que des mensonges à son propos, pour qu’enfin il déchaîne tout son cosmos ?

- Mouhahahahaha ! Tu seras toujours un pseudo-Chevalier sans aucune valeur. Je vais t’envoyer rejoindre Athéna dans l’oubli…

C’est alors que Nachi, comme revenant d’entre les morts, se releva… Cela était impossible à concevoir. Je lui avais pourtant paralysé tous les membres…. Il avait un regard lointain, comme éteint. Debout, il semblait aussi frêle qu’un roseau, et pourtant, dans un dernier élan, il s’élança furieusement vers moi, aussi enragé qu’un loup. Il me porta son coup. Je l’avais évité de justesse. Le misérable alla s’effondrer quelques mètres plus loin. Étrangement, les pulsations de mon cœur s’étaient subitement accélérées. Je repris alors mes esprits et, empli de compassion, allai ramasser le blessé. Il avait assez souffert pour aujourd’hui. En le soulevant, j’eus une terrible douleur à l’épaule… m’avait-il touché ?

Deux jours plus tard, Nachi daigna enfin se lever.

- Et bien ! Avez-vous bien dormie princesse ?
-Très drôle… Depuis combien de temps suis-je inconscient ? Tiens, mais qu’as-tu à l’épaule ?
- Cela n’a pas d’importance ! Maintenant vas prendre le balai et les brosses vas nettoyer mon temple! Et n’oublies pas de classer les crânes par taille, tous les ossements par catégorie et tu les ranges bien surtout !! Je veux que tout soit propre !!! C’est compris ??? Mouahahahahahahaha.

J’avais guéri ses multiples blessures, il avait enfin repris vie. Un vif sentiment de fierté m’emplissait d’une étrange satisfaction, car finalement, au bout de quelques semaines de tortures et de souffrances, il avait entrevu la voie qui menait à l’ultime cosmos…

Ce Chevalier s’était vraiment montré valeureux ! Digne de la confiance qu’Athéna avait placé en lui. Je serai à jamais fier d’avoir un jour été son maître ! Le maître de Nachi, Chevalier de bronze du Loup.


Un pas de plus vers l’avenir

Ca y est, enfin je la tenais ! L’explication concernant l’urne d’Athéna. Je n’arrivais pas à y croire !!! Cela faisait un peu plus de deux mois qu’Aphrodite, Aiolia, Dohko et moi-même nous affairions dans les bibliothèques privées d’Athéna… Athéna, nous t’avions enfin retrouvée ! Le Pisces Saint me trouva les yeux scintillants de larmes, alors que j’appelais mes deux autres frères d’armes.

- Grand Pope, j’ai découvert où se trouve l’urne d’Athéna ! Il est dit dans cet ouvrage que si lors d’une bataille il arrivait qu’un dieu essuie une défaite, il se verrait enfermé par son rival et demeurerait dans le domaine qui lui est propre…

Aphrodite prit alors la parole :

- Si je comprends bien, l’urne d’Athéna serait donc bel et bien sur Terre. Mais nous n’aurons jamais le temps de la retrouver, la planète est trop vaste. Cela serait tâche difficile, même pour un Chevalier d’or…

Dohko comprit alors que la vérité était toute autre.

- Aphrodite, tu te méprends. Le domaine propre à Athéna est bien sûr notre planète, mais son véritable domaine demeure le Sanctuaire sacré.

Le Chevalier du Lion s’inséra dans la conversation :

- Mais alors… Cela fait plus de deux mois que nos Chevaliers s’entraînent, que nos plus valeureux guerriers s’efforcent à trouver une solution, que nous ne dormons plus, par peur de ne jamais trouver de réponses, et vous voulez dire que depuis tout ce temps l’urne d’Athéna est là, dissimulée tout près de nous ?!
- Oui et non Aiolia, si ce que Mû a trouvé dévoile tous les secrets du lieu où repose l’urne, elle ne demeure pas pour autant dans le domaine sacré, tout du moins pas « physiquement ».

Calmement je me mis à réfléchir à ce que Dohko venait de nous dire. Moi, Mû de Jamir, comment se pouvait-il qu’avec mes dons de psychokinésie je n’aie pu ressentir la présence d’un tel objet dans l’enceinte de ces lieux ? Athéna est dotée d’un cosmos divin, aux limites mêmes de l’imagination. Un tel cosmos, même endormi, ne peut demeurer totalement éteint. Décidément… je ne comprenais plus rien. La tâche de Grand Pope ne devait pas être de tout repos, heureusement que celui-ci avait l’expérience de ses 261 ans…

- Écoutez-moi bien, faites convoquer tous les Chevaliers dans la grande salle de ce temple. Personne ne devra être oublié, est-ce bien clair ?

Nous hochâmes tous la tête et nous en allâmes exécuter ses ordres.

Une heure plus tard nous étions tous assis autour de la grande table qui, quelques mois plus tôt, nous avait vu nous réunir pour discuter du sort d’Athéna, du destin de l’Humanité.
À présent nous demeurions tous sans bruit, chacun de nous sachant qu’un aperçu de notre futur allait être dévoilé de la bouche même du Vieux Maître. Tout comme à son habitude il se leva et nous somma d’écouter ses propos.

- Chevaliers d’Athéna, si je vous ai réunis en ces lieux c’est pour vous faire part d’une nouvelle qui devrait vous intéresser au plus haut point. En effet, à la suite des recherches que Mû, Aphrodite, Aiolia et moi-même avons effectuées quant à l’emplacement de l’urne divine d’Athéna, de graves nouvelles sont tombées en nos mains. Je vais sans plus tarder vous annoncer où se situe notre déesse, afin qu’au plus vite nous allions la tirer de la dangereuse léthargie qui la glace. Comme vous le savez, immédiatement après nous avoir ramenés auprès d’elle, elle s’est laissée piéger et s’est littéralement volatilisée. À notre arrivée sur Terre, Shina et Marine nous ont retrouvés en l’enceinte même du Sanctuaire. Nous n’avons pu y parvenir seuls : malgré sa captivité, le doux cosmos d’Athéna nous y guidait depuis le départ. Affaiblie par toutes ses épreuves passées, sa conscience n’a pu permettre que l’urne nous accompagne… et notre déesse s’est retrouvée bloquée dans cette dimension glaciale où elle nous réunit après l’effondrement d’Elysion. Cependant, d’après les règles universelles érigées par les dieux tout puissants issus du Big Will, une divinité captive d’un sceau se verra immédiatement reconduite en son domaine. Athéna est donc bien au Sanctuaire !

Des voix pleines de stupéfaction d’élevèrent un peu partout dans la salle. Moi-même ne comprenais plus rien. Je ne pouvais concevoir que le Sanctuaire recelât en son enceinte ce précieux trésor. J’avais imaginé toute sorte d’emplacements plus terrifiants les uns que les autres, lieux où aurait pu se trouver l’urne sacrée, mais par tous les dieux de l’Olympe, je n’aurai jamais pensé au Sanctuaire !! Enfin, quelle nouvelle réconfortante c’était là. Il n’allait pas nous falloir plus d’une journée pour fouiller la moindre parcelle du domaine sacré. Autour de moi pas un Chevalier ne restait de marbre. C’est alors que Saga apostropha le Grand Pope.

- Vieux Maître, pourquoi alors cet air de résignation dans vos yeux ? Si l’urne se trouve en ces lieux, qu’attendons-nous pour la chercher et l’ouvrir ?

Dohko nous regarda alors, chacun notre tour, avec une lueur dans le regard qui en disait bien long sur la question.

- Saga, j’ai bien peur que la vision que vous vous êtes tous faite de la libération d’Athéna ne soit très éloignée de la réalité. Athéna est certes dans notre Sanctuaire, mais elle ne l’est pas comme vous l’entendez. Lors de notre fuite d’Elysion, Athéna nous a renvoyés par des voies extrêmement complexes sur Terre, et j’ai bien peur que lorsque l’urne fut replacée dans son domaine, elle n’atterrit pas dans un même plan de réalité que le nôtre. Athéna est probablement en un monde alternatif, une sorte de Sanctuaire déchu, accolé au notre et dans une dimension tellement proche de la nôtre que l’erreur a été jugée comme nulle. Donc oui Athéna est ici, mais pas exactement. De plus, un autre problème se pose à nous : de simples mortels, Chevaliers ou non, ne peuvent rompre un sceau divin fraîchement apposé, seul un dieu le peut, or Athéna n’a pas d’alliés divins en ce monde… Malgré tout, jamais nous ne devons perdre espoir, Athéna peut être récupérée, je laisse encore deux semaines aux Chevaliers de bronze pour se perfectionner auprès de leurs maîtres. J’ai bien peur que dans un monde alternatif, aussi proche de nous soit-il, Athéna ne soit tombée entre de mauvaises mains… De plus il me faudra bien deux semaines pour trouver comment rejoindre ce monde : cela ne devrait pas être tellement difficile, il est parallèle au nôtre : seule une fine couche les sépare. Qui sait ? Athéna avait peut-être tout prévu depuis le départ, c’est peut-être grâce à cela que nos armures ont su se régénérer dans le vide dimensionnel, c’est sûrement pour cela aussi qu’elle a voulu ressusciter tous les Chevaliers morts aux combats. La roue du zodiaque est à présent complète, les douze armures d’or ont chacune un propriétaire et les Saints bientôt seront prêts à la délivrer de son funeste sort. N’oubliez jamais que si nous sommes encore en vie, c’est grâce à elle, nous avons une dette envers elle, plus encore, nous lui devons la survie de l’Humanité. Allez, courage ! Bientôt, Chevaliers, nous aurons la joie de revoir la protectrice de la Terre.

Sur ces mots la réunion fut close, laissant de petits groupes de discussions se former. Je décidai de rentrer directement dans mon temple. La route était longue pour moi… Laissant Kiki avec June, j’entrepris de descendre les marches vers le temple des Poissons, quand Shaka me retint par la main et me posa cette question que plus jamais je ne pourrai oublier :

- Mû, pourquoi abriter en toi cette rancune envers Athéna ?

Je le regardai alors, fixant ses yeux toujours fermés, et lui répondis posément :

- Shaka, toi qui semble si différent de la plupart des êtres humains, comment fais-tu pour si bien lire en mon cœur ? Sache que cette rancœur est plus forte que moi… Devant le Mur des Lamentations nous ne formions plus qu’un, et j’ai vu ma mort, j’étais heureux de m’éteindre avec vous, en faisant mon devoir. J’ai ensuite dû assister à sa disparition, ô combien tragique !… Tu ne peux imaginer les nuits passées à me demander pourquoi ? Pourquoi n’avais-je pas été plus puissant ? Pourquoi n’avais-je été d’aucun secours lors de cet événement que j’aimerais tant oublier. Puis, sur Terre, nous nous sommes retrouvés. J’étais alors partagé entre la douleur d’être un Chevalier sans plus aucune cause à défendre, et le bonheur d’être vivant, avec vous tous, mes amis. Après plusieurs mois de doutes et de souffrance, je suis enfin parvenu à faire mon deuil de cette déesse que je chérissais tant, je suis enfin parvenu à apprécier la paix fraîchement restaurée… Je pouvais enfin rêver en un avenir que jamais je n’avais osé attendre. À présent tous mes rêves sont à nouveau brisés, et ce passé de batailles me rattrape, nous rattrape ! Ne comprends-tu pas ce que cela signifie ? Athéna, malgré ses bonnes intentions, ne pourra jamais nous rendre à une vie normale. Comprends-tu bien quelles sont les conséquences ? Athéna est la garante de la Terre mais sa réincarnation pousse involontairement le mal à se développer. Je me dis, depuis la nouvelle de sa prochaine délivrance, que peut-être le mal est endormi tout comme elle, et que sa décision de rester ainsi était fondée, sa disparition temporaire signifiant la disparition momentanée du mal. J’ai des doutes, et j’éprouve une rancœur envers celle qui tant de fois par le passé lutta contre le mal. Non que je n’aie foi en elle, oh non bien au contraire : elle est ma déesse et jamais je ne la trahirai ! Mais parfois je me dis que seule son apparition provoque l’apparition de malheurs menaçant notre Terre. Ces pensées me souillent. Je suis indigne de demeurer Chevalier d’or, Shaka…
- Non mon ami, tes doutes sont fondés, mais sache une chose : Athéna ne se réincarne que lorsque les dangers inhérents au mal sont imminents. Pourquoi as-tu toujours cru en elle et en sa cause ? Laisse-moi répondre. Si depuis ta naissance tu fus fidèle et fervent défenseur d’Athéna, que toujours tu as cru en elle, c’est que toujours tu as cru en toi. Après cette tragédie que le destin nous a imposée, tu as eu des doutes sur ta propre valeur, et ainsi tu t’es mis à douter de tout ce qui te faisait. Ainsi Athéna, celle à qui tu as dédié ta vie, est devenue le principal objet de tes doutes. Ne crains plus rien à présent, tes rancœurs s’envoleront d’elles-mêmes, laisse juste la confiance te regagner. Pars serein, Mû, tu mérites plus que quiconque de porter l’armure d’or du Bélier.

J’esquissai un sourire, Shaka demeurant, comme toujours, impassible. Descendant les marches vers mon temple, je lui fis un signe de la main en guise d’au revoir. J’étais libéré enfin, délivré de tous mes doutes, de toutes mes craintes, plus heureux, atteignant pour un instant la sérénité si chère à mon ami du signe de la Vierge.



Seul face à soi-même

Je descendais de la salle du Grand Pope où Shina venait de connaître une étonnante défaite face à son élève. J’allais rejoindre la maison du Capricorne lorsque je vis Shura emmener Ban vers un endroit reclus. En tant qu’observateur je décidai de les suivre discrètement. Avec tous cela j’avais presque oublié que je tombais de fatigue, ayant tant bien que mal suivi June et l’Ophicus Saint durant leur course à travers les douze Temples. Mais que ne ferais-je pas en l’honneur de notre déesse Athéna ?
Shura s’arrêta alors près d’une falaise en contrebas. Je l’écoutai parler :.

- Écoute Ban, je vais te faire subir un entraînement assez spécial et qui n’a rien à voir avec les entraînements que tu subis d’habitude…

Avant même d’achever sa phrase Shura intensifia sa cosmoénérgie et, d’un coup, brisa la falaise pour ne laisser qu’un morceau de celle-ci… là où se trouvait Ban. Du bas de la falaise il cria alors :

- Ban, tu ne peux plus descendre de cette falaise. Je vais m’asseoir à cet endroit et attendre que tu trouves comment déjouer le champ magnétique que j’ai créé autour de toi. Tu devras donc découvrir une parade pour t’en sortir. Tu n’auras rien à manger, tu te retrouves à présent seul face à toi-même ! J’espère que tu t’en sortiras vivant, je n’en doute pas, du moins je le souhaite…

Je vis Ban foncer droit devant lui, mais il se heurta très rapidement à ce mur invisible.

- Comment veux-tu que je parvienne à passer ?! C’est impossible ! Je ne suis pas un fantôme, je ne traverse pas les murs Shura…
- C’est à toi de discerner la solution, ne te sers pas que de ton corps. Tu as une tête sers-t’en ! Enfin je veux dire ne deviens pas bélier humain, héhéhé. Cela fait plus de deux mois que tu t’entraînes, à quoi cela t’a-t-il servi ?
- J’ai augmenté ma force physique et je suis prêt à tout.

Ban tenta alors de lancer son attaque pour détruire ce mur.

- Je dois réussir ! Lionnet Bomber !

Mais avant qu’il ne s’en rende compte son attaque s’était retournée contre lui. Le mur lui avait rendu son coup.

- Tiens, j’ai oublié de te prévenir Ban : aucune de tes attaques ne réussira à franchir le mur. Cette barrière est telle un miroir, elle renvoie les coups, donc tout ce que tu tenteras se retournera contre toi.
- Mais tu es ignoble Shura ! Je ne te savais pas ainsi.
- Rien de ce que tu pourras dire ne t’aidera, à toi d’agir à présent. Tu es prisonnier en haut de ce pic richeux, entouré de vide, et personne pour te sauver. J’espère que tu trouveras sur quoi compter, humble Chevalier.

Sur ces mots Shura, majestueusement, alla s’asseoir près de la falaise en miettes, d’où il ne restait d’ailleurs que ce pan où Ban se trouvait, captif.

- Kiki, tu peux sortir de là tu sais.
- Ooooh mais…

Comment avait-il su ? Sans un mot je sortis de ma cachette et allai le rejoindre.

- Dites-moi Chevalier, comment va-t-il réussir, c’est impossible. Ban est privé d’attaque, détruire la falaise risquerait alors de le précipiter dans sa propre mort… Que peut-il faire ?
- Kiki… Tu n’as pas encore compris que toute la force physique que peut posséder un Chevalier n’est rien face à l’étendu de sa cosmoénérgie ? Certes il doit être en bonne condition pour pouvoir résister face à son adversaire, mais seule la puissance du cosmos et son étendue, ainsi que sa foi inébranlable en les valeurs qu’il défend font d’un Chevalier un être redoutablement puissant, indomptable et c’est cela qui lui donnera la victoire finale. Je suis le plus fidèle serviteur d’Athéna, je pensais que ma foi en elle était immuable, et pourtant lors de la bataille du Sanctuaire… j’ai perdu face à la foi, encore plus inflexible, de Shiryu. Je n’ai pas su entrevoir toute la vérité au sujet de notre déesse… Voilà pourquoi aujourd’hui je souhaite que Ban comprenne que seul son cosmos peut lui permettre de sortir vainqueur de toute bataille. Son cosmos et la foi qui peut habiter son cœur.

Les yeux de Shura brillaient intensément, la certitude de revoir Athéna parmi eux lui avait redonné toute confiance. Cet entraînement était pour lui une seconde vie. Il était le Chevalier le plus malheureux, décontenancé et renfermé depuis la disparition de la Princesse. Mais à présent que tout espoir était permis, il avait retrouvé toute sa vigueur.
Je voyais Ban se donner à feu et à sang dans cette bataille contre le vide.

- Shura ! Je pense avoir trouvé la parade à cette illusion.

Il tenta de sauter très haut pour passer au-dessus du champ magnétique, mais rien n’y fit : il retomba très lourdement à terre.

- Shuraaaa, je crois que je me suis brisé la main !
- Je ne peux rien y faire Chevalier, tu t’es blessé tout seul.

Le Chevalier du Capricorne ne laissait transparaître aucune émotion sur son visage. J’avais l’impression qu’il était serein, rien ne le troublait.

Trois jours ainsi s’écoulèrent. Ban n’avait toujours pas déjoué le piège du mur. Il se tordait de douleur, tous ses coups lui revenant irrémédiablement. Il mourait de faim et avait presque épuisé ses dernières forces… Moi, je tombais de sommeil, et pourtant je résistais. Je me retournai alors pour voir ce que faisait Shura, mais étrangement il n’était plus là.

- Viens Kiki, le Grand Pope nous appelle.

Nous nous rendîmes dans la salle du Grand Pope où étaient réunis presque tous les Chevaliers, et c’est à cet instant qu’il nous annonça le résultat de ses recherches sur l’emplacement de l’urne. Nous étions tous sous le choc, mais chacun d’entre nous portait cette flamme en lui. Enfin ! Nous savions désormais où se trouvait l’urne, du moins nous en étions très proches.

- Shura… Kiki… Où êtes-vous ? gémit le pauvre Chevalier du Lionnet.
- Nous sommes là Ban ! Je suis extrêmement déçu par toi, je ne pensais pas que tu échouerais. Mais j’ai quelque chose à t’annoncer : l’urne d’Athéna a été retrouvée. Enfin, nous savons où elle se trouve.

À peine Shura avait-il fini d’expliquer à Ban l’objet de la réunion que celui-ci se releva et s’assit tranquillement par terre.

- Shura… Je te remercie pour tout : tu m’as ouvert les yeux. J’ai compris ce que tu attends de moi. Cette annonce emplit mon cœur d’espoir. Durant ces trois jours je l’avais totalement perdu, je me croyais incapable de m’en sortir seul. Mais à présent je sais ce que je dois faire.

C’est alors que le Chevalier de bronze ferma les yeux et intensifia sa cosmoénergie. Un halo de lumière l’entourait à présent.

- J’étais presque mort, à présent je revis, et j’ai enfin compris que le secret de la victoire était ma cosmoénérgie. Yaaaaaaaaaaaaaaaa !

Il fit exploser son cosmos. Le mur invisible se brisa alors en mille morceaux : sur nous s’abattit comme une pluie de cristaux. Ban avait enfin réussi à se libérer de son entrave.

- Tu as enfin compris Ban … La volonté est plus forte que l’instinct. La maîtrise du septième sens ne peut se faire que par soi-même. Tu as tout compris ! A présent je n’ai plus rien à t’apprendre. Bravo !!

Sur ces paroles le Chevalier du Lionnet perdit connaissance. Un grand sourire illumina enfin le visage du Chevalier d’or…

- Tu vois Kiki, on peut toujours se surpasser….

Sur ces mots il emmena Ban dans sa maison.

Tout fier de ce qu’avait accompli le jeune Chevalier, je sautillais dans tous les sens. C’est alors qu’une lumière blanche m’aveugla…

- Mais…. Comment…? Noooooooooooon

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