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L'émergence des géants

Babylone, 15 août 1966

Cinq silhouettes humaines dans un décors de légende…

Aioros contemplait le paysage qui semblait suspendu dans le temps, avec des yeux émerveillés. Devant lui s’étendait la Babylone mythique, la cité aux mille merveilles dont la réputation dans le monde antique n’était égalée que par celle d’Alexandrie ou Thèbes. C’était là la terre des demi-dieux babyloniens, là où les descendants des vainqueurs de Tiamat avaient régné pendant des siècles.

Si les splendides bâtiments plusieurs fois millénaires avaient subi l’assaut du temps, on reconnaissait encore parfaitement les joyaux de la cité. Au nord du temple de Mardouk, se dressait la ziggourat que l’histoire avait retenue sous le nom de Tour de Babel. C’était une tour à étage majestueuse, faite de briques de terre cuites et surmontée par un temple qui dominait la ville. Les splendides et légendaires jardins suspendus de Nabuchodonosor, une des sept merveilles du monde antique, se dressaient un peu plus au Nord. Si les jardins des terrasses superposées semblaient desséchés depuis de nombreux siècles, le bâtiment gardait une majesté incomparable.

Le jeune chevalier du Sagittaire jeta un coup d’œil à ses compagnons. Saga semblait aussi captivé que lui, son regard empli d’une curiosité enfantine tranchant avec l’allure martiale que lui conférait son armure d’or. Même Akiera semblait avoir oublié l’humeur maussade qui avait été la sienne durant tout le voyage et ne cherchait pas à cacher qu’il était subjugué. L’ancien chevalier des Gémeaux était la seule des cinq personnes présentes à ne pas porter d’armure , il était simplement vêtu d’une longue cape et d’une tunique bleue.

C’était l’homme nommé Shamash qui les avait conduit en ce lieu théâtre de mille légendes après les avoir accueillis dans la partie terrestre du temple de Mardouk. C’était un homme puissant, qui mesurait près de deux mètres, approchant de la quarantaine et arborant une barbe finement taillée. Son armure intégrale aux tons orangés était finement enluminée. Un disque solaire contenant une étoile à quatre branches décorait son plastron.

-Dans les temps mythologiques chaque bâtiment de la ville avait son propre accès sur Terre. Au fil des siècles, les portails dimensionnels permanents reliant la Babylone terrestre et la Babylone sacrée se sont désagrégés au fur et à mesure que le pendant terrestre tombait en ruine. Nous avons perdu le talent d’en créer de nouveaux mais nous sommes parvenu à entretenir celui du temple. C’est un grand honneur qui vous est fait d’être ici, chevaliers d’Athéna. Nous n’avions pas accueilli d’étrangers en ce lieu sacré depuis bien des générations.

-Nous sommes parfaitement conscients de l’honneur qui nous est fait, répondit Praesepe. Je savais que cette cité mythique existait toujours mais je n’aurais jamais espéré la voir…

-Nous vous infligeons en ce jour une épreuve sacrée, répondit Shamash avec un ton neutre. Il est normal que cela se passe sur la terre sacrée de nos ancêtres.

-Quel est ce lieu exactement ?, demanda Akiera. Une terre parallèle ?

-Il s’agirait plutôt d’une terre de poche, répondit Shamash avec un petit sourire. Cette Babylone n’est pas plus grande que sa contrepartie terrestre. Si l’on dépasse les limites de la ville, on sombre dans… le néant.

-Qui l’a créée ?, interrogea le chevalier du Cancer.

-Je ne sais pas si elle a été créée ou… trouvée, dit le Babylonien. Même nous, membres du conseil légendaire de Mésopotamie, avons du mal à faire la part entre la légende et la réalité dans la vie de nos ancêtres. Peut-être que cet endroit date du temps d’Hammourabi, mais je ne saurais être formel.

-J’ai effectué quelques recherches dans les archives rédigées par nos historiens sur votre contrée. Notre Sanctuaire conserve en effet certains textes datant de plusieurs millénaires. J’ai par exemple trouvé trace de récits contant qu’Anou, le premier maître de votre panthéon, était en fait un ancien chevalier d’Athéna. La déesse l’aurait laissé rentrer en son pays pour service rendu lors d’une guerre sainte, et il aurait fondé un ordre visant à protéger la terre qui l’avait vu naître. D’autre textes disaient qu’Ea, qui a forgé vos armures, était lui aussi un ancien chevalier d’Athéna, qui avait suivi son ami Anou pour l’aider. Qu’en pensez-vous ?

Shamash regarda Praesepe avec une expression indéchiffrable.

-Je vous déconseille de formuler de telles hypothèses devant certains de mes congénères, dit-t-il finalement en levant un sourcil. Ils les prendraient pour des insultes. Beaucoup pensent que le Sanctuaire d’Athéna a toujours considéré notre ordre comme étant à sa disposition. Pour eux, le fait que les grecs prétendent que le panthéon mésopotamien a été fondé par un des leurs a permis de justifier la mise sous tutelle de notre contrée par le Sanctuaire à une certaine époque.

Shamash se tourna alors vers Akiera et le fixa droit dans les yeux.

-Lors de votre dernière venue, vous n’avez pas été le seul responsable du petit… incident qui vous a opposé à Gilgamesh. Pour beaucoup les chevaliers d’Athéna ne sont pas les bienvenus sur nos terres et encore moins en ce lieu sacré. Certains murmurent que Mardouk a eu tort de proposer cette épreuve et aurait dû imposer sa position avec fermeté.

-Partagez-vous cette opinion ?, demanda Praesepe d’un ton neutre.

-Je suis fidèle à Mardouk et je respecterai toujours ses décisions quelles qu’elles soient et quoi que j’en pense, répondit Shamash sans quitter Akiera du regard.

Quelques secondes tendues s’écoulèrent, puis le babylonien se détourna et alla se pencher sur le balcon pour contempler sa cité.

-Néanmoins, en ce qui concerne cette décision précise, je suis en parfait accord avec mon souverain. Et pour répondre à votre première question, je pense que les récits de vos historiens contiennent sans aucun doute une part de vérité.

-Au fait, intervint Akiera, si ce lieu est une terre de poche, pour reprendre votre expression, qu’en est-il du soleil qui nous éclaire.

-Le soleil ? C’est juste l’une de mes tâches en ce lieu.

* * * * * * * * * * * * *

Mardouk ne ressemblait pas du tout à l’image que s’en était faite Aioros. Il s’était attendu à découvrir un monarque imposant et hostile et non pas un jeune homme affable et accueillant. En effet, Shamash les avait en effet conduits à travers la cité vers une grande arène rappelant l’architecture grecque. Là, le maître de Babylone, revêtu de son armure d’écaille et son épée au côté, les avait salué particulièrement chaleureusement. Il semblait même heureux de rencontrer à nouveau Praesepe et Akiera et leur avait serré la main vigoureusement. Lorsque Aioros et Saga avaient posé le genou au sol pour le saluer, il les avait rapidement invités à se relever.

-Rencontrer la jeune élite de la chevalerie d’Athéna m’honore, avait dit l’homme. Tous ici, nous sommes des guerriers qui avons mis notre force sacrée au service d’un monde meilleur. Nous nous parlerons d’égal à égal.

Aioros savait pourtant que c’était cet homme qui n’avait pas hésité à défier le Sanctuaire, ce qui allait les conduire, lui et Saga, à affronter de redoutables adversaires. Pourtant, il ne pouvait s’empêcher de le trouver sympathique. Lors d’un regard échangé, il avait senti que le respect que Mardouk leur portait n’était nullement feint. Aioros avait même cru déceler fugacement un autre sentiment dans les yeux saphir du demi-dieu. Quelque chose comme de… l’espoir.

Le chevalier du Sagittaire ne manquait pas d’être également impressionné par le cosmos du babylonien. Mardouk était totalement détendu et ne déployait absolument pas son énergie, mais Aioros n’avait malgré tout aucun mal à estimer précisément sa puissance. Il pouvait en effet voir la tempête derrière le calme, une capacité qui avait d’ailleurs grandement impressionné Praesepe. S’il le désirait, chaque être humain apparaissait à ses yeux comme le microcosmos qu’il était en réalité. Il voyait la petite partie d’univers contenue en toute chose vivante. Ainsi, lorsqu’il rencontrait un homme ordinaire il voyait les quelques astres qui représentaient son cosmos. S’il croisait un chevalier de bronze ou d’argent, il voyait des systèmes solaires plus ou moins vastes. Enfin lorsqu’il conversait avec ses confrères chevaliers d’or, c’était sous la forme de galaxies entières qu’il avait le loisir de les observer. Aioros ne se lassait jamais de cette capacité, il s’émerveillait toujours de ce spectacle si singulier des énergies vitales primordiales qui l’entourait. Il se demandait souvent comment lui apparaîtrait Athéna le jour où elle serait réincarnée. Oserait-il seulement contempler le cosmos de sa déesse, ne risquerait-il pas d’être aveuglé par une telle puissance primordiale?

Mardouk, quant à lui, apparaissait au jeune chevalier d’or comme un amas galactique, une source quasi infinie d’énergie. Seule la présence du Grand Pope Sion l’avait autant impressionné par le passé. Si en puissance pure Mardouk était peut-être supérieur, son cosmos n’avait néanmoins pas la même maturité que celui de l’ancien chevalier du bélier.

Aioros pouvait-il faire face à une telle opposition ? Un doute traversa son esprit, mais pour se rassurer il se rappela l’exploit qu’il avait accompli un mois plus tôt et les paroles de son maître, le jour où le garçon avait maîtrisé l’arcane suprême du Sanctuaire.

* * * * * * * * * * * * *

Plusieurs secondes après, l’air vibrait encore de la puissance qu’avait déchaînée le chevalier du Sagittaire et une légère lueur éclairait le ciel étoilé du Sanctuaire. Praesepe du Cancer avait un sourire légèrement hébété, comme s’il n’arrivait pas à croire ce qu’il venait de voir.

-J’aurais regretté de mourir sans avoir assisté à ça, dit-il finalement. Imparable et dévastateur… Comment te sens-tu ?

-Epuisé, répondit le jeune chevalier entre deux souffles rauques. J’ai l’impression d’avoir du plomb dans mes muscles.

Le chevalier du Cancer aida alors son apprenti à retirer son armure d’or qui n’était plus qu’un lourd fardeau de métal une fois le cosmos de son porteur épuisé.

-C’est normal que tu sois exténué, tu as atteint pendant quelques secondes une conscience cosmique presque absolue. Tu es encore trop jeune pour déchaîner ce genre de puissance régulièrement et tu auras du mal à la renouveler, commenta Praesepe. D’après ce que nous avons lu dans les archives de tes prédécesseurs, tu n’es que le troisième chevalier du Sagittaire à avoir maîtrisé cette technique et surtout le plus jeune. Pour beaucoup, cet arcane est resté un idéal de perfection inatteignable.

Le maître aida son élève, libéré de la charge de son armure, à s’adosser à un rocher puis il s’assit à ses côtés. Les deux chevaliers d’or contemplèrent le ciel étoilé du Sanctuaire où brillait la constellation du Sagittaire.

-Pour être honnête, au début je ne pensais pas que tu maîtriserais un jour ce pouvoir ou du moins pas avant de nombreuses années. Mais comme tu as maîtrisé très rapidement les autres techniques du Sagittaire, et ce malgré leur complexité, je pensais que cela serait un excellent exercice théorique qui t’obligerait à approfondir ta maîtrise de l’ultime cosmos. Tu as largement dépassé toutes mes espérances. C’est l’œuvre de toute une vie que tu viens d’accomplir…

Aioros écouta les paroles de son maître avec un petit sourire fier. Il était conscient de la difficulté de ce qu’il venait d’accomplir.

-Il faut que j’aille me coucher, dit finalement l’enfant. Tonton Diomède vient me chercher tôt demain matin.

-Non, il faut que tu récupères. On fera l’impasse sur l’entraînement physique pour une journée. Je préviendrai Diomède.

Devant l’expression ennuyée d’Aioros, Praesepe reprit vite la parole.

-Tu pourras quand même aller saluer tes amis un peu plus tard dans l’après-midi, ajouta-t-il. Je sais que tu aimes travailler avec Diomède car cela te permet de voir ses élèves. C’est d’ailleurs une très bonne chose que tu fréquentes des garçons de ton âge.

Rassuré, Aioros arbora de nouveau un sourire éclatant malgré ses traits tirés par la fatigue. Le chevalier à la peau d’ébène souleva le garçon dans ses bras.

-Je te ramène à la maison, dit-il. Je reviendrais chercher ton armure après.

-Tu crois que je serais prêt pour le défi des badilonians, demanda-t-il entre deux bâillements.

-Babyloniens, corrigea Praesepe.

Il avait prévenu son élève de cette échéance quelques mois auparavant. Loin de le tétaniser, cette révélation avait renforcé la motivation du garçon et encore accéléré ses progrès.

-J’avoue que j’aurai préféré avoir encore un ou deux ans devant nous. Potentiellement, tu maîtrises toutes les techniques de ton signe mais ton contrôle du septième sens est encore un peu irrégulier. Tu n’es pas encore capable de t’élever à volonté et en permanence à ton niveau maximum. Par exemple, tout à l’heure tu as réussi à déclencher ton arcane suprême mais peut-être te faudra-t-il des mois pour retrouver les dispositions mentales et physiques qui te l’ont permis. C’est tout à fait normal à ton âge et tu es déjà un combattant redoutable mais il nous manque du temps pour optimiser ton talent.

-Mes adversaires seront-ils très forts ?

-Je n’en sais rien. Malheureusement je ne les connais pas, mais c’est la même chose pour eux. J’ai juste pu observer la puissance de leur chef, Mardouk. Son cosmos est terrifiant, s’il avait été votre adversaire, j’aurais tout fait pour obtenir un délai supplémentaire car nous aurions couru à la catastrophe. Mais les hommes qui vous feront face seront sans doute considérablement moins forts et je suis convaincu que tu seras à la hauteur, tout comme Saga, qui fait autant la fierté d’Akiera que toi la mienne.

-Sonya pourra me raconter une histoire avant que je m’endorme ?

-Bien sûr, répondit Praesepe.

Mais le chevalier du Cancer savait bien qu’il n’aurait pas à réveiller son épouse. Lorsqu’il arriva devant la maison du Cancer, sa jeune charge venait juste de tomber dans les bras de Morphée. C’est à peine si le jeune chevalier avait entendu les dernières paroles de son mentor.

-Dans quelques années, quand tu maîtriseras parfaitement cette technique, tu seras sans égal dans le monde des hommes. Et alors même ce Mardouk tremblera devant toi.

* * * * * * * * * * * * *

Saga s’était vite désintéressé de Mardouk pour dévisager les deux autres personnages qui les attendaient dans l’arène.

-Les voilà ! Nos adversaires, ceux que je me suis préparé à affronter depuis deux ans !

Le garçon n’avait jamais perdu de temps à imaginer à quoi ressembleraient les guerriers qui lui seraient opposés. Et s’il l’avait fait, il aurait eu bien du mal à imaginer que le duo de combattants serait si disparate.

Le premier était un homme dont l’âge était difficile à déterminer et dont l’allure n’était rien moins que terrifiante. Sa peau avait une teinte verte malsaine, il était d’une maigreur presque squelettique et son crâne apparaissait sous la chair tirée de son visage. Ses yeux uniformément noirs et ses dents jaunes aiguisées comme des couteaux complétaient son apparence digne d’un cauchemar. Son armure était la plus difforme qu’il eut été donné de voir à Saga. Le plastron ressemblait à une carapace d’insecte, un appendice semblable à une queue de scorpion descendait du dos du guerrier et pendait derrière ses jambes, les protections des bras et des jambes évoquaient des pattes et des serres de rapaces tandis que le casque rappelait une crinière de lion. Une paire d’aile de chauve-souris donnait la note finale.

-Je suis Hanpa, héritier de Pazuzu, avait dit le terrifiant guerrier.

-Pazuzu ?, avait relevé Praesepe. Dans votre mythologie il était le roi des démons des vents, ceux qui apportaient les maladies. Je ne m’attendais pas à rencontrer en ces lieux un homme d’une telle ascendance.

-De quoi avez-vous peur ?, s’était moqué l’autre Les chevaliers d’Athéna seraient-ils des manants terrifiés par les superstitions ? Ne vos inquiétez pas, vous n’aurez pas besoin des services d’un exorciste…

-Parfois un mal peut guérir un autre mal, avait dit Mardouk. La lignée de Pazuzu a depuis toujours rendu certains services à mon peuple. Assez de services en tout cas pour tolérer certains autres penchants…

-« Un mal peut guérir un autre mal »…

Cette idée troublait Saga. Elle contredisait les enseignements de son maître Akiera. Pour son mentor, nulle compromission ne pouvait être fait avec les ténèbres. Ses représentants devaient être combattus et anéantis sans la moindre hésitation. Malgré cela, Saga ne pouvait s’empêcher de ressentir une certaine sympathie pour ce concept. Combattre le mal par le mal. Opposer aux forces de la nuit une force plus grande encore…

Saga fut tiré de ses pensées par un toussotement d’Akiera. Le jeune chevalier des Gémeaux s’était perdu un instant et son mentor s’en était instantanément rendu compte. Le précédent gardien de la troisième maison avait couvé son protégé avec une attention sans cesse croissante tandis que l’heure de ce combat approchait. Cette constante surveillance avait un peu embarrassé Saga mais il était conscient qu’Akiera attendait énormément de lui.

Que l’ancien chevalier des Gémeaux avait reporté une partie de ses rêves sur le nouveau…

-Il doit penser que j’ai le trac, estima Saga qui savait que son mentor ne pouvait se douter de la cause réelle de son trouble.

L’enfant sourit pour rassurer l‘adulte qui hocha la tête discrètement en réponse.

* * * * * * * * * * * * *

-Cet Hanpa est redoutable, conclut Aioros après s’être imprégné du cosmos du guerrier. Je ressens quelque-chose… d’inhumain en lui. Est-il vraiment un démon ?

Frissonnant légèrement, il tourna ses yeux vers son second adversaire qu’il avait à peine regardé, son attention ayant été totalement captée par Mardouk et Hanpa jusqu’à présent. Le contraste avec le démon du vent était saisissant.

C’était une jeune fille qui devait à peine avoir deux ans de plus que lui. Elle avait la peau d’une clarté diaphane. Son visage harmonieux, qui affichait un petit sourire timide, était encadré par une chevelure brune ondoyante. Ses yeux, sombres et insondables, allaient de Saga à Aioros, semblant les jauger. Son armure noire comme la nuit était très légère, ne lui couvrant le corps que partiellement, mais était dotée d’une paire d’ailes qui ressemblait beaucoup à celle de l’armure du Sagittaire, la couleur exceptée.

-Elle est très mignonne, se dit le jeune chevalier d’or. Mais elle n’a pas l’air très forte…

Alors que cette pensée traversait l’esprit d’Aioros, la jeune fille posa son regard sur lui. Pendant un instant, les deux enfants restèrent les yeux fixés dans ceux de l’autre.

-Je suis Inanna, descendante d’Ereshkigal, clama-t-elle d’une voix ferme, toute trace de timidité ayant disparu de son visage.

Aioros détourna son regard, troublé. Il ne s’était pas préparé à affronter une fille et cela l’embêtait un peu.

-Je vous souhaite la bienvenue chevaliers d’Athéna, continua-t-elle sans quitter Aioros du regard. Par avance je m’excuse si par mégarde je vous blessais trop gravement. Je ne voudrais pas manquer à mes devoirs d’hôte.

Aioros sentait le défi dans la jolie voix d’Inanna. Un défi qui semblait lui être adressé tout particulièrement. Une goûte de sueur glacée perla sur le front du jeune chevalier.

-Cette fois-ci, on y est !, pensa-t-il.

* * * * * * * * * * * * *

-Deux combattants et deux observateurs de chaque côté, commenta Praesepe. J’avoue que je m’attendais à ce que vous soyez présents en plus grand nombre.

-Nous présenter en surnombre aurait été fort impoli de notre part, répondit Mardouk. Nous sommes rassemblés en ce jour pour un défi sacré. L’honneur ne saurait être négligé surtout dans la cité de nos ancêtres.

Le roi de Babylone fit quelques pas dans l’arène et embrassa les lieux d’un grand geste.

-C’est en ce lieu que se réglaient les querelles dans les temps antiques. Il m’a donc paru opportun d’y régler notre différent. Puissent les combattants qui vont se mesurer aujourd’hui faire honneur à leurs devanciers !

-Vous n’avez aucun risque d’être déçu, dit Saga en s’avançant dans l’arène, suivi de près par Aioros.

Hanpa et Inanna se jetèrent un coup d’œil puis emboîtèrent le pas aux deux chevaliers d’Athéna. Les deux duos marchèrent jusqu'à centre de la gigantesque arène puis se firent face, séparés d’une petite dizaine de mètres.

-Jusqu’à la mort ou l’abandon de l’un des deux camps, dit Mardouk.

-Cela nous convient, dit Praesepe tandis qu’Akiera acquiesçait également.

-Shamash, je te prie, dit Mardouk à son compagnon.

Le grand guerrier hocha la tête, puis ferma les yeux en semblant se concentrer sur une tâche. Akiera allait demander ce qu’il se passait lorsqu’il se rendit compte que les ombres autour de lui étaient en train de bouger. Il leva les yeux et constata que le soleil, ou ce qui faisait office de soleil dans ce monde, bougeait à une vitesse pour le moins inhabituelle. L’astre incandescent vint se placer à l’exacte verticale de l’arène. La lumière elle-même de l’astre se modifia légèrement. Elle devint presque tamisée comme si le ciel avait été voilé. Shamash rouvrit alors les yeux.

-L’arène est à vous, conclut-il.

* * * * * * * * * * * * *

-Tu préfères en affronter un en particulier ?, demanda Saga à Aioros tout en enfilant son casque.

-Et toi ? , répondit Aioros en imitant son camarade.

-Je m’en fiche. De toute façon il faut les battre tous les deux.

-Je préfère m’occuper d’Hanpa alors, murmura Aioros.

-Très bien. On fait comme d’habitude : on commence à se battre chacun de notre côté, mais si on a des problèmes on se regroupe. D’accord ?

Aioros hocha la tête lentement puis les deux compagnons avancèrent d’un même pas, se dirigeant chacun vers leur adversaire.

-Vous vous êtes réparti les tâches ? , ricana l’héritier de Pazuzu en voyant les deux chevaliers d’Athéna approcher.

-Froussard, lança Inanna à l’intention d’Aioros.

Ce dernier tiqua mais ne releva pas. Il était en train de faire un exercice de respiration pour évacuer sa tension, et d’essayer de faire le vide pour se concentrer totalement sur son adversaire. Si Saga était tendu il ne le laissait pas paraître.

-Il n’a pas peur du tout, répondit Saga à la place de son ami. C’est juste que j’ai perdu un pari, et j’hérite donc de l’adversaire le moins intéressant. J’expédie ton cas, on s’occupe ensuite de ton ami avec sa tête de film d’horreur, et on sera rentré chez nous pour le goûter.

Aioros regarda son ami avec surprise puis tenta de se concentrer à nouveau.

-Quel vantard ! , s’exclama la jeune fille.

-Vous ne manquez pas d’audace, jeunes chevaliers d’Athéna, commenta Hanpa avec un léger amusement dans la voix.

-Nous sommes le duo magique ! , dit Saga avec un sourire. Vous n’avez pas la moindre chance

Aioros sourit en entendant son ami utiliser le nom qu’ils s’étaient donnés au cours des derniers mois. Ce sobriquet venait des séances d’entraînement en duo que leurs maîtres leur avaient fait subir afin de créer une complicité entre les deux jeunes guerriers. Ils avaient dû se battre en équipe contre un trio composé de leur maître respectif renforcé par le chevalier Sérapis du Taureau. Du fait de leur infériorité, tant en expérience que numérique, les deux garçons avaient appris à collaborer, à s’estimer et à se faire confiance. Sur la fin, les jeunes avaient si bien combiné leurs talents qu’ils étaient parvenus à tenir la dragée haute à leurs aînés.

Aioros sentit toute la tension qui l’habitait se dissiper, s’évaporer. Il adressa un petit signe de tête à son compagnon puis fixa son adversaire direct.

-Il a raison, dit Aioros. Nous allons vous écraser !

Comme un seul homme, les deux chevaliers d’or se ruèrent à l’assaut…

* * * * * * * * * * * * *
Saga lança son poing droit vers le visage d’Inanna qui esquiva prestement d’un pas sur le côté. Lorsque Saga passa à côté de son adversaire il lança son genoux droit vers son ventre. La jeune fille prit ses distances d’un bond gracieux mais Saga maintint la pression. Il enchaîna deux coups de poing rapides : le premier fut dévié du bras, le deuxième ne trouva que le vide là où s’était tenue Inanna une fraction de seconde plus tôt.

L’adversaire de Saga s’était tout simplement évaporée. Il regarda frénétiquement autour de lui pour la retrouver quand son instinct lui fit lever la tête. Il vit Inanna fondre sur lui après avoir effectué un bond impressionnant. Il voulut battre en retraite mais n’en eut pas le temps. Une première gifle fit voler son casque puis une deuxième lui entailla la joue droite. Il put parer de justesse un troisième revers de main avec son avant-bras mais encaissa aussitôt un coup de pied dans le ventre.

Il se plia en deux sous le choc tout en enflammant son cosmos. Il tendit le bras en libérant son énergie et des milliers de jets de lumières déchirèrent l’air. Aucune des projections d’énergie n’atteignit sa cible. La jeune guerrière s’était en effet de nouveau volatilisée pour réapparaître sur le flanc du chevalier. Saga sentit le coup venir trop tard pour faire quoi que ce soit et prit un coup de genou en plein visage. Il chuta au sol mais se releva dans le même mouvement, d’une agile roulade, et se retrouva en position de garde.

-Très bien… Tu te débrouilles pas mal, concéda le chevalier.

-Serait-ce un compliment ? , railla la jeune fille.

-On peut le dire. Tu es très véloce.

* * * * * * * * * * * * *

-Ca va Saga ? , cria Aioros qui avait vu la fin de l’échange.

- Occupe-toi de ton adversaire ! , répondit le chevalier des Gémeaux de façon brusque.

Aioros se retourna donc vers son adversaire qui l’attendait patiemment.

-Peut-on reprendre ? , demanda-t-il.

-Je t’attends.

Ni l’un ni l’autre n’avait pu prendre un quelconque avantage jusqu’à présent. Les premiers coups échangés avaient confirmé à Aioros que son adversaire était redoutable, mais l’avaient aussi conforté dans sa certitude qu’il était à la hauteur…

-Puisque nous semblons d’une force équivalente au corps au corps, je propose de pimenter un peu le débat, glissa le démon.

Un sourire mauvais passa sur son visage, tandis que ses ongles se mirent à grandir de manière anormale jusqu’à être aussi longs que les avant-bras d’Aioros.

-Les serres du démon ! , annonça Hanpa d’une voix stridente avant de se jeter à l’assaut.

Aioros se mit en position défensive, conscient que son adversaire venait de se doter d’un avantage en allonge indéniable. Hanpa fouetta l’air avec ses serres, essayant d’atteindre son adversaire au bas ventre. Aioros recula prestement pour se mettre hors de porté mais les serres s’allongèrent encore et l’atteignirent. L’armure du Sagittaire remplit son office et bloqua le coup mais une rayure rougeoyante apparut à sa surface.

-Mes serres atteignent toujours leur cible, tu ne pourras pas t’en défaire aussi facilement. Je constate néanmoins que les armures des chevaliers d’Athéna méritent leur réputation. Sans elle, tes tripes seraient en train de se répandre sur ce sol sacré.

Le guerrier leva alors le bras gauche et l’abattit comme pour couper en deux son adversaire. Cette fois-ci Aioros esquiva sur le côté pour constater avec horreur que non seulement les serres pouvaient s’allonger mais qu’elles pouvaient aussi se courber pour le pourchasser.

L’attaque l’atteignit en plein torse, les cinq griffes vinrent se planter dans son armure. Des étincelles volèrent en tout sens comme les serres tentaient de pénétrer la structure du plastron. Aioros les saisit à pleine main puis tira dessus de toutes ses forces. Surpris tant par la manœuvre que par la force surhumaine de son adversaire, Hanpa fut littéralement arraché du sol et projeté dans les airs.

Les ailes de l’armure du sagittaire se déployèrent tandis que Aioros quittait le sol, les griffes toujours fermement plantées dans le torse. Hanpa se reprit et lança alors les serres de sa main droite. D’un simple battement d’aile qui l’éleva dans les airs, Aioros passa au-dessus de la nouvelle vague de lames qui commença à changer de direction trop tard pour le toucher. En un éclair, il se retrouva au corps à corps. Il lança son poing droit vers le visage de son adversaire qui, gêné par ses griffes, ne put ni parer ni esquiver. Le casque du guerrier vola sous l’impact.

Le jeune chevalier eu le temps d’enchaîner une dizaine de coups précis du poing et du pied lorsque les serres de la main droite, qui avaient eu le temps de faire demi-tour, l’atteignirent de plein fouet. Trois se plantèrent dans son dos et une autre dans une de ses ailes dans un nouveau flot d’étincelles. La dernière ne manqua le cou découvert d’Aioros que grâce à un réflexe salvateur dicté par son sixième sens. Poursuivant sa route, la lame rata le visage d’Hanpa d’un cheveu.

-PAR LA CHARGE AILEE ! , cria Aioros en projetant un rayon d’énergie pure avec son poing.

Le coup percuta violemment l’héritier de Pazuzu au bas-ventre et des éclats d’armures volèrent dans les airs.

-Assez ! , cria le démon.

Ses serres se détachèrent de ses doigts et explosèrent en milliers d’éclats tranchants comme des rasoirs. Aioros se protégea le visage avec ses bras tandis qu’Hanpa s’éloignaient à tire d’aile.

Aioros se mit alors en chasse de son adversaire. Ses ailes dorées semblaient plus rapides, si bien qu’Hanpa s’arrêta et les deux adversaires se firent face à une dizaine de mètres du sol.

-PAR LA CHARGE AILEE ! , cria de nouveau le jeune chevalier.

-DEMON GUARD ! , répliqua Hanpa.

Le guerrier mésopotamien disparut alors derrière un gigantesque et terrifiant visage de démon, aux crocs acérés et doté d’une crinière féline. Aioros eut un mouvement de recul devant la soudaine apparition tandis que son attaque percutait le visage et se dissipait, comme si elle avait été bloquée par un bouclier d’énergie. Puis le visage s’évanouit comme un mirage, révélant un Hanpa indemne.

Aioros ne poursuivit pas l’assaut et les deux adversaires se posèrent à une dizaine de mètres l’un de l’autre. Neuf marques étoilées rougeoyantes constellaient l’armure du Sagittaire, là où les serres s’étaient plantées. Les paumes de l’armure avaient aussi reçu la marque des griffes du démon lorsque Aioros les avait saisies. Néanmoins les dégâts n’étaient que superficiels. Aioros se tapota le torse, reconnaissant du fait que sa protection avait rempli son rôle.

Hanpa était bien plus marqué dans sa chair, les coups d’Aioros ne l’ayant pas épargné. Il arborait néanmoins un sourire satisfait, comme si la force de son adversaire le réjouissait. Il cracha un peu de sang et se remit en garde.

* * * * * * * * * * * * *

-Votre élève a fait preuve de beaucoup de sang-froid pour son âge. Il a parfaitement réagi en cassant la distance, commenta Shamash à l’intention de Praesepe.

-En effet, répondit un Praesepe un peu étonné d’entendre le babylonien faire l’éloge d’Aioros. Au corps à corps, Hanpa s’est retrouvé empêtré dans sa propre technique.

-Hanpa a encore de nombreux tours dans son sac, intervint Mardouk. Ce combat va être vraiment passionnant à suivre.

Akiera était le seul des quatre spectateurs à regarder l’autre affrontement et ce qu’il voyait ne le réjouissait guère. Inanna était aussi difficile à saisir qu’une anguille, elle tournait autour de Saga, se jouant aisément de ses assauts et touchant presque à volonté. La fébrilité semblait gagner le jeune chevalier des Gémeaux en même temps que sa frustration grandissait.

-Il est complètement en dedans et n’arrive pas à libérer totalement son septième sens ! , rageait Akiera totalement impuissant devant la déconfiture de son élève. Ce n’est pas possible, mon meilleur élève, le seul dont je puisse être vraiment fier ne va pas échouer ainsi !

Akiera était d’autant plus frustré qu’Inanna était à peine plus âgée que Saga. Il aurait accepté que son élève soit mis en difficulté par un adversaire beaucoup plus âgé et expérimenté mais là…

Des images des deux dernières années d’entraînement passaient devant les yeux d’Akiera. Des flashs de sa première rencontre avec le garçon, de leur premier entraînement durant lequel Saga avait fait preuve d’une grande défiance envers lui… Akiera se souvenait comment il avait dû gagner la confiance de l’enfant qui sortait d’une expérience difficile avec son père. Akiera avait su que la partie était gagnée le jour où ils avaient eu une conversation qui n’avait pas pour sujet leur entraînement ou la chevalerie de manière générale.

Au fil des mois ils avaient développé une relation emprunte de respect mais aussi presque fraternelle. Ils ne se considéraient pas vraiment comme maître et élève mais plutôt comme deux compagnons d’arme, deux serviteurs d’Athéna car dès le premier jour, constatant à quel point Saga était prodigieux, Akiera lui avait en effet parlé d’égal à égal.

Akiera était même conscient que Saga serait sans doute plus fort qu’il ne l’avait jamais été… Mais cela ne serait vrai que dans quelques années, ce combat venait peut-être trop tôt.

-Tu commences à m’énerver sérieusement, cria Saga. Tu vas voir de quoi je suis réellement capable. Voilà un coup capable de détruire des étoiles !

Le cosmos du chevalier s’enflamma. La luminosité commença à s’altérer, Inanna crut voir des planètes et des étoiles derrière son adversaire…

-GALAXIAN EXPLOSION !

Le flux destructeur d’énergie cosmique, apparaissant sous la forme de planète en train d’exploser sous l’effet d’un désastre universel, s’abattit sur la jeune fille qui tendit simplement les mains devant elle. Le geste de protection semblait bien dérisoire mais se révéla malgré tout d’une certaine efficacité. Les débris de planètes, les étoiles mourantes et les nébuleuses tourmentées semblèrent converger vers les mains de la combattante, comme si tous ces objets célestes chutaient dans un trou noir.

Saga n’arrivait pas à croire ce qu’il voyait et bientôt toute sa fabuleuse attaque fut totalement dissipée. Les mains d’Inanna fumaient, les protections de ses avant-bras étaient fissurées, mais sinon elle était indemne.

-Pour un coup censé détruire des étoiles, cela est bien décevant, persifla-t-elle.

-C’est impossible, bafouilla Saga, décontenancé.

* * * * * * * * * * * * *

Un peu plus loin, Akiera fulminait de manière de plus en plus visible. Shamash et Mardouk le regardaient du coin de l’œil, parés à toute éventualité, comme celle de voir le maître voler au secours de l’élève.

-La démonstration de ton camarade a tourné court, glissa Hanpa à Aioros. Son attaque était bien décevante, presque autant que la tienne tout à l’heure. Je m’attendais à mieux de la part des légendaires chevaliers d’or.

-Le coup de Saga n’avait pas le quart de sa force normale, répondit Aioros d’une voix neutre. Son cosmos n’a pas sa vigueur habituelle. Quant à mon attaque de toute à l’heure, il ne s’agissait pas de l’une des arcanes du Sagittaire mais de la technique de mon oncle, chevalier de bronze de Pégase.

-Vraiment ? Voilà qui est étonnant, pourquoi un chevalier d’or a-t-il recours à la technique d’un autre, un simple chevalier de bronze de surcroît ? Me jugerais-tu indigne de tes merveilleuses techniques ?

-Pas du tout. Mais je sais que mon cosmos est, tout comme celui de Saga, loin d’être à son maximum. Si bien que mes attaques n’auraient eu pas leur efficacité normale. J’ai donc improvisé en imitant la charge ailée qui est la première technique secrète que j’ai vue.

-Pff… Dans ce cas ton compagnon aurait mieux fait d’utiliser la même tactique et de ne pas gâcher l’effet de surprise de son attaque en la portant si faiblement.

-Tu as pourtant commis la même erreur, contra Aioros.

-Comment ça ? , interrogea Hanpa.

Mais Aioros ne répondit pas et resta le regard fixé sur son ami avec une expression inquiète. Celui-ci serrait les poings et les dents et suait à grosse gouttes.

-Cela ne devrait pas se passer comme ça…

-Sais-tu pourquoi tu es incapable de te battre? , demanda alors Inanna de but en blanc.

-Quoi ?

-Je te demande si tu sais pourquoi tu es si lent, pourquoi tes coups n’ont pas leur vigueur habituelle ?

Le jeune chevalier était déstabilisé par les questions de son adversaire qui semblait tout savoir de son trouble.

-Tu devrais commencer par te demander si tu sais seulement pourquoi tu te bats.

Le chevalier hésitait ne sachant que dire.

-Tu te bats car on t’a dit de le faire, continua-t-elle sans attendre sa réponse. Tu t’es préparé pour cette journée lors de ton entraînement, mais ne t’es-tu jamais interrogé sur le pourquoi ? Au fond, on t’a conduit ici pour que tu te battes contre des complets étrangers. Tu ne sais rien de moi ni de Mardouk. Tu ne sais rien de mon pays, de son histoire.

Saga desserra les poings, et regarda la jeune fille, bouche bée.

-Tu ne te bas pas pour une cause, tu te bats pour faire plaisir à ton maître. Sans cause, un guerrier sacré n’est rien.

-Ma mission m’a été confiée par le Grand Pope, le représentant d’Athéna sur Terre, répondit enfin Saga d’une voix hésitante. Je sais que la cause que je défends est juste.

-Tiens tu as retrouvé ta langue… Mais crois-tu que cela suffise vraiment ? On t’a dit que ta cause était juste et tu penses que cela te garantira la victoire ? Ce n’est pas la justesse d’une cause qui donne de la force, c’est la foi que l’on a en elle. De plus, je vais te raconter quelque chose et ensuite tu pourras te demander si tu dois suivre les yeux fermés les ordres de ton Sanctuaire.

La jeune fille tourna alors le dos à Saga, s’éloigna de quelques pas et regarda l’astre solaire dans le ciel.

-Sais-tu qui était Ereshkigal, mon ancêtre ?

-Praesepe du Cancer nous a enseigné les rudiments de votre mythologie, dit Saga qui avait repris une certaine contenance. Ereshkigal est la déesse du monde des morts.

-Tu as bien appris ta leçon. Tu sais que les âmes vont au royaume d’Hadès, l’ennemi juré de ta déesse, après la mort physique. Ils subissent alors les tourments de l’enfer pour l’éternité et seuls quelques élus ont droit au paradis. Mais Hadès méprisait le cercle de Mésopotamie formé par nos ancêtres. Si bien que chaque fois que l’un des habitants de nos pays mourrait, il était systématiquement envoyé dans les plus terribles des prisons infernales, quels qu’aient été ses mérites lors de son séjour mortel. Mon ancêtre avait décidé de mettre fin à cela et avait donc créé un havre de paix éternelle, un lieu fort semblable à celui où nous nous trouvons actuellement, où les âmes de notre peuple pourraient séjourner éternellement, à l’abri. Cela dura plusieurs générations mais un jour Hadès entra en guerre directe contre la porteuse du nom d’ Ereshkigal et le conseil de l’époque. Il détruisit le paradis que nous avions construit, et la plupart des âmes de nos ancêtres se perdirent dans des dimensions étranges où elles errent encore, sans espoir de trouver le repos.

Inanna se retourna vers Saga, le transperçant du regard.

-Mes ancêtres avaient imploré le Sanctuaire de l’époque de leur venir en aide face à un ennemi commun. Mais le Sanctuaire considérait que l’après-vie ne le concernait pas. Pire, c’est même à la suite de cet appel à l’aide que le Sanctuaire a décrété que nous n’avions même plus le droit de défendre notre peuple et que la sécurité de la Terre était du ressort des seuls guerriers d’Athéna. Alors dis-moi, es-tu toujours sûr que ta cause est juste ?

-Moi, j’ai la foi ! , cria Aioros. Je suis peut-être encore trop jeune pour tout comprendre mais j’ai une confiance absolue en ce Sanctuaire. Je suivrais tous les ordres du Pope car je sais que c’est un homme bon !

-C’est absurde ! Tu reconnais toi-même être trop jeune pour juger !

-Mes parents ont foi en la justice défendue par le Sanctuaire, mon maître Praesepe et sa femme, qui sont comme une deuxième famille pour moi, ont également cette foi ancrée en eux. Mon oncle, le chevalier de Pégase, tous les apprentis qui subissent un entraînement terrible… Tous nous croyons en la justice d’Athéna et la venue d’un monde meilleur. C’est au nom de toutes ces fois, de tous ces espoirs, que les chevaliers d’Athéna se battent. C’est cela qui fait qu’ils ne renoncent jamais.

-Il a raison, cria Saga. Nous allons enfin vous monter ce que sont réellement les chevaliers d’Athéna !

Les deux cosmos des jeunes chevaliers d’or s’enflammèrent simultanément.

-Le duo magique ! , crièrent-ils d’une seule voix avant de s’élancer une nouvelle fois à l’assaut.

* * * * * * * * * * * * *

-Cette fois c’est complètement différent ! , commenta Praesepe avec un sourire satisfait.

-Préparez des bandages et des onguents, vos deux guerriers vont bientôt en avoir besoin, lança Akiera avec un ton provocateur.

Si Shamash et Mardouk étaient inquiets, ils ne le laissaient pas paraître, mais leurs yeux ne quittaient plus le combat.

Voyant Aioros fondre sur lui comme un oiseau de proie, Hanpa ne se laissa pas désarçonner et déclencha son arcane de protection.

-DEMON GUARD ! , cria-t-il et il disparut de nouveau derrière le visage démoniaque géant.

-PAR LA LANCE D’ACHILLE ! , répliqua Aioros.

Le cosmos doré du chevalier se concentra au tour de sa main puis se déforma pour prendre la forme d’une lance incandescente. D’un mouvement élégant, Aioros lança son projectile énergétique.

Contrairement au coup précédent, l’attaque ne se dissipa pas mais sembla se planter dans le masque démoniaque. Des craquelures blanches apparurent alors autour du point d’impact, dessinant comme une toile d’araignée, puis la protection vola en éclat. La lance poursuivit sa route et se planta dans la poitrine d’Hanpa. Dans un bruit métallique, toute la protection du plastron explosa en morceaux tandis que le guerrier était arraché du sol par la violence du choc. Il sembla flotter à l’horizontale pendant quelques secondes lorsque Aioros apparut au-dessus. Le chevalier du Sagittaire asséna alors un terrible coup de ses deux mains jointes sur la poitrine dénudée de son adversaire qui alla s’écraser au sol dans un nuage de poussière.

Malgré la rudesse du traitement qu’il venait de subir, le guerrier mésopotamien se releva sans attendre et s’envola plusieurs mètres plus loin, la main gauche posée sur son torse ensanglanté.

-Je t’avais dit que tu avais commis une erreur, commenta Aioros. Tu t’es moqué de la charge ailée tout à l’heure, mais tu avais néanmoins gâché ton arcane défensif pour l’éviter. Une technique, même défensive, ne marche jamais deux fois face à un chevalier.

-Même si tu avais déjà vu le Demon Guard, je ne peux pas croire que tu aies pu le transpercer si facilement.

-Cette protection est très solide, mais elle comporte un point névralgique. Il m’a suffit de frapper au bon endroit avec force et précision.

-Peut-être mais ta technique n’a pas suffi à m’abattre pour autant : mon armure m’a protégé! Et maintenant cette redoutable attaque sera inutile face à moi !

-Je ne veux pas te décevoir, mais je ne connaissais pas cette attaque avant de la lancer. J’ai improvisé un assaut adapté à ta défense…

-Je ne te crois pas !

-Comme il te plaira, mais je te conseille néanmoins de renoncer à présent. Avec une armure en aussi mauvais état, tu ne survivrais pas si je venais à déclencher contre toi un des véritables arcanes du Sagittaire.

-Tu crois que je vais abandonner comme cela ? Vous autres chevalier d’Athéna n’êtes pas les seuls à avoir la fierté et la volonté de lutter jusqu’au bout. Et je n’ai toujours pas révélé ma carte maîtresse non plus !

* * * * * * * * * * * * *

Inanna tentait de reprendre son souffle. Elle portait plusieurs marques de coup sur son armure et avait le visage légèrement tuméfié sur la joue droite. Elle n’avait pas de blessures sérieuses mais cela n’était dû qu’au fait qu’elle avait totalement sacrifié son attaque au profit de la défense.

-Je te conseille d’abandonner, tu n’es pas de taille, dit Saga qui était en train de remettre en place une mèche rebelle.

-Voilà une belle assurance pour quelqu’un qui désespérait il n’y a pas si longtemps, rétorqua Inanna d’une voix énervée.

-Tu m’as certes mis en difficulté mais maintenant c’est terminé.

La jeune fille ne répliqua pas mais se mit à intensifier son cosmos. Des volutes d’énergie noire entourèrent la jeune fille qui semblait se concentrer à l’extrême. Saga fit une moue agacée en fermant les yeux.

-C’est inutile… , souffla-t-il.

-Que les démons des enfers t’apportent la mort chevalier ! NAMTAR AWFUL FATE !

Le cosmos de la jeune fille explosa et une multitude de jets de lumière noire partirent du corps de la jeune et montèrent vers le ciel. Les projections lumineuses prirent la forme de démons ailés armés de cimeterres qui s’abattirent alors sur le chevalier d’or.

-Ridicule, commenta Saga, qui avait toujours les yeux fermés.

Il leva l’auriculaire vers le ciel en une attitude légèrement méprisante. Seul un léger froncement de sourcils trahit qu’il était en train de produire un effort puis des milliers de jets de lumière partirent de son doigt. Les démons de lumière furent transpercés de part en part par la contre-attaque, s’évanouissant dans un ultime flash lumineux.

Saga baissa alors lentement son bras et pointa son index vers la jeune fille. En jaillit un nouveau rayon lumineux qui atteignit Inanna en plein front. Cette dernière sursauta sous la surprise, voulut porter ses mains à son front mais constata qu’elle en était incapable.

-Ce coup vient de te paralyser, expliqua Saga. Ce combat est terminé à présent.

-Du gâteau ! , s’exclama un Akiera ravi.

Praesepe se laissa aller à un léger sourire, tandis que Mardouk et Shamash restaient stoïques.

* * * * * * * * * * * * *

-Tu me fais penser à un archange. Je me demande si le destin a voulu donner une symbolique cachée à notre combat.

Aioros resta interdit devant ses paroles. Il était intrigué par l’attitude de son adversaire. Quelques instants plus tôt, celui-ci lui paraissait un ennemi acharné mais toute agressivité semblait avoir disparu de lui. Son visage était souriant (un sourire qui ferait peur à un enfant ordinaire certes, mais un sourire quand même), son cosmos était apaisé.

-Connais-tu la légende de mon ancêtre Pazuzu ?

Etait-ce une ruse ? Son adversaire, conscient de son infériorité, tentait-il d’endormir sa méfiance ?

-C’était un mauvais démon, le fils du terrifiant roi Hanpa, dont je porte le nom. Pazuzu régnait sur les démons des vents du Sud. Ces mêmes vents qui apportaient la maladie et la mort au peuple de Mésopotamie. Penses-tu que c’était une bonne créature ?

Toujours sur ses gardes, Aioros fit non de la tête.

-Pourtant… Pazuzu était l’ennemi acharné de Lamashtu, une démone qui amenait la mort aux enfants et aux mères, qui faisait s’abattre le deuil sur les familles. Pazuzu renvoyait la démone aux enfers après avoir sauvé ses victimes. Il protégeait donc les innocents et son image était utilisée comme une bénédiction. Qu’en conclus-tu ?

Aioros réfléchit un moment avant de répondre.

-Que tout n’est pas blanc ou noir.

-Excellente réponse !

-Tu n’es qu’un enfant, mais tu parles et raisonnes avec la maturité d’un adulte. Ton maître peut être fier de son travail.

Hanpa fit quelques pas, son sourire grandissant de plus en plus.

-Pendant longtemps, la lignée de Pazuzu a été ennemie de celle de Mardouk, et les vents du Sud apportaient le malheur sur Babylone, reprit-il. Puis ces lignées se sont progressivement rapprochées au fil des millénaires. Et aujourd’hui, Mardouk me choisit même comme son champion ce qui aurait pu sembler totalement impensable à une époque.

Le démon fit un grand geste pour désigner les environs.

-Aujourd’hui, moi, le démon des vents de mort, me retrouve en ce lieu sacré pour combattre un archange doré portant le nom du dieu olympien des vents. Nous vivons des temps étranges où l’impensable se produit… serait-il possible que l’impensable se produise à nouveau dans le futur ?

-Je ne comprends pas, dit Aioros, perplexe.

Hanpa laissa éclater un grand rire !

-C’est normal, ne t’inquiète pas.

Le guerrier se remit en position de combat, aussitôt imité par Aioros.

-On dit que les chevaliers sont capables de tous les miracles… Voudrais-tu accomplir un miracle pour moi ?

-Comment ça ?

-Je vais te porter mon coup suprême, auquel personne n’a jamais survécu. Alors… essaye de ne pas mourir !

Le cosmos rougeoyant du démon se déploya plus vigoureux que jamais.

-Il va se servir de son cosmos à son extrême limite, observa Aioros. Si je contre cette attaque, il ne pourra rien faire de mieux…

Un vent commença alors à se lever et à souffler bientôt avec la violence d’une tempête dont Hanpa et son aura rouge sang aurait été au cœur. Aioros planta fermement ses pieds dans le sol pour ne pas être emporté et se prépara à ce qui allait suivre.

-SOUTH TEMPEST ! , cria alors Hanpa, sa voix presque couverte par le souffle.

Son cosmos explosa complètement tandis que le souffle du vent redoublait de vigueur et prenait une teinte rouge. Le guerrier mésopotamien se rua alors à l’assaut, ses doigts arborant de nouveau des serres démesurées.

Aioros dû lutter pour résister au vent déchaîné et les ailes de son armure battaient l’air pour lui permettre de rester debout. Il constata qu’Hanpa se déplaçait avec facilité et attendit le choc. Celui-ci ne se fit pas attendre : le démon se jeta sur lui toute griffe dehors, cherchant à lacérer les parties de son corps non couvertes par l’armure d’or. Le chevalier ne pouvait presque pas se protéger, toute esquive étant virtuellement impossible. Il n’avait d’autre solution que de parer les coups avec ses bras mais avaient du mal à suivre le rythme de son adversaire. De plus en plus d’étincelles volaient dans le vent déchaîné tandis que les traces de griffures se multipliaient sur les protections de ses avant-bras.

Néanmoins Aioros tenait bon, même s’il était acculé dans une position défensive inconfortable. Ses bras bougeaient presque seuls, par réflexe, repoussant sans faiblir les assauts répétés d’Hanpa.

-Il ne va pas pouvoir maintenir une telle cadence éternellement, lorsqu’il fatiguera j’aurai une ouverture pour contre-attaquer… , eut le temps de raisonner le jeune chevalier entre deux coups.

C’est à ce moment précis qu’Hanpa franchit sa défense. Aioros avait bien remarqué au début du combat la queue de scorpion qui descendait du dos de l’armure de son adversaire. Il s’était dit qu’il s’agissait sûrement d’une ornementation, mais avait malgré tout décidé de garder un œil dessus, pour éviter toute mauvaise surprise. Totalement concentré sur la tâche de parer les coups de son adversaire tout en résistant aux éléments déchaînés, il avait oublié cette mesure de prudence. Ce fut son erreur.

Il n’aperçut le dard du scorpion qu’une infime fraction de seconde avant qu’il ne lui transperce l’œil droit. Il eut un réflexe désespéré et s’écarta légèrement mais le dard l’atteignit à la joue, laissant une balafre et lui arrachant la couronne de son armure. Le sang lui gicla dans les yeux, l’aveuglant, et le rendant aussi vulnérable qu’un agneau dans la gueule du loup. Il eut le temps de mettre ses bras devant son visage et son cou, mais des serres lui transpercèrent le bras gauche au niveau du biceps et il laissa échapper un râle de douleur.

Conscient qu’il allait se faire tailler en pièces en quelques secondes s’il ne réagissait pas, Aioros joua la seule carte qui lui vint à l’esprit. Ses ailes cessèrent de battre l’air pour le maintenir sur place et il se laissa emporter par le souffle. Il se mit en position fœtale et ses ailes se déformèrent, l’enveloppant afin de le protéger. Hanpa abattit alors furieusement ses serres sur le chevalier. En quelques secondes, l’armure fut zébrée de rayures rougeoyantes mais le chevalier était parfaitement à l’abri, aucune partie vulnérable n’étant exposée.

Le guerrier mésopotamien sentit alors une énergie formidable monter dans la forme recroquevillée qu’il harcelait de coups. L’armure du Sagittaire se nimba d’une aura dorée puis, dans un cri rageur, Aioros sortit de son refuge en faisant exploser son cosmos, les bras et les jambes en croix.

Hanpa fut soufflé comme un fétu de paille et les courants d’air déchaînés furent balayés par un souffle bien plus puissant encore

-Impossible ! Quelle est cette force qui me malmène telle une explosion stellaire ? , s’interrogea Hanpa.

En quelques secondes, le maëlstrom sanglant fut dissipé, comme s’il n’avait jamais existé, tandis que la puissance libérée par Aioros s’apaisait également.

L’air redevint totalement calme, aucun indice ne témoignait des forces qui s’étaient déchaînées. Si ce n’était la blessure d’Aioros et les marques de lacération sur sa protection, on aurait pu croire que rien ne s’était passé. Le chevalier se posa en douceur en essuyant le sang qui maculait son visage, son bras blessé pendant sur son flanc. Hanpa, qui s’était rétabli une fois les cieux calmés, vint se poser face à lui.

-Incroyable tu as dissipé ma tempête simplement en faisant exploser ton cosmos ! Quel genre d’homme es-tu donc, Aioros du Sagittaire ?

-Je suis un chevalier d’Athéna, quelles que soient mes blessures mon cosmos pourra toujours accomplir des miracles. J’ai survécu à ton attaque, héritier de Pazuzu. Vas-tu donc renoncer ?

Hanpa prit un air sincèrement désolé.

-J’ai bien peur que tu ne sois trop optimiste, jeune chevalier.

-J’ai survécu à tes coups et dissipé ta tempête, que te faut-il de plus ?

-Dans les temps anciens, les démons des montagnes volaient dans les vents du Sud. Ces démons étaient terrifiants, mais c’est bel et bien le vent qui portait les maladies et la mort aux pauvres hères de Mésopotamie. Alors dis-moi, entre mes coups et le vent, d’où venait le plus grand danger ?

-Qu’est ce que tu veux di…

Aioros ne put finir sa phrase. Un vertige le saisit soudain, il faillit tomber, se ressaisit de justesse mais constata qu’il voyait double. Il regarda avec surprise ses deux paires de jambes et se retrouva sans comprendre les fesses par terre. Il cracha du sang, porta la main de son bras valide à son visage et se rendit compte avec horreur qu’il pleurait des larmes de sang.

-Ton cosmos…

-…imprégnait la tempête, continua Hanpa. Un cosmos ô combien inhumain. Terriblement toxique et… létal.

Hanpa marcha jusqu’à son adversaire et le toisa de toute sa taille.

-Quand tu as fait exploser ton cosmos, tu en as retardé les effets mais la violence de l’effort t’a fatigué. Tu subis maintenant le contrecoup avec d’autant plus de force.

Hanpa posa sa main sur le front d’Aioros, l’effleurant à peine, et le chevalier s’étala de tout son long dans la poussière.

-Et maintenant le coup de grâce ! , conclut Hanpa en levant le bras.

* * * * * * * * * * * * *

-Aioros ! , cria Saga.

Que s’était-il passé ? Le temps d’un souffle, le cosmos flamboyant d’Aioros s’était presque évanoui et semblait sur le point de s’éteindre. Saga réfléchit à toute vitesse.

-Si je ne vais pas l’aider, il va être terrassé, peut-être même tué ! Mais mon adversaire est à ma merci, je n’aurai peut-être plus une telle occasion.

Le jeune chevalier des Gémeaux prit sa décision en un instant. Il fit appel à son cosmos et vola au secours de son ami en se transformant en étoile filante.

Hanpa sentit une présence se rapprocher de lui à une vitesse inimaginable. Ses ailes se déployèrent et il s’envola droit dans les cieux, esquivant de justesse la charge de Saga qui ne frappa que le vide. Emporté par son élan, le chevalier mit plusieurs mètres à s’arrêter. Il fit volte-face et se précipita vers son ami, lui prenant la main entre les deux siennes. Son ami était dans un état effroyable. Son sang s’écoulait de sa bouche, de ses yeux, de son nez, de ses oreilles… Sa peau avait pris une teinte grisâtre, malade.

-Aioros, qu’est-ce qui t’es arrivé ?

-Son cosmos… empoisonné… méfie-toi…

Sa voix n’était qu’un râle. Saga n’avait jamais vu quelqu’un mourir, mais il se doutait que cela devait ressembler à ça.

-Bats-les… , ajouta Aioros au prix d’un terrible effort.

-Je te le promets sur mon honneur de chevalier.

- C’est dommage on aura pas tu tester en vrai toute nos combinaisons, dit-il encore avec un sourire misérable.

Il regarda alors Saga dans les yeux.

-J’ai peur…

Et il sombra dans l’inconscience.

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