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Cette fiche vous est proposée par : Johnny


La Confession

La principauté de Bavière, dans le Saint-Empire Romain Germanique


Nessos ne s'était toujours pas relevé. Bien que la sensation de douleur due à l'attaque de Xantos se fût pratiquement estompée, le chevalier du Centaure avait le moral presque à cent lieues sous terre :


"Je... Je ne peux rien contre ce Spectre ! Son surplis est indestructible, que ce soit à mains nues ou par le feu ! Je me demande si je ne ferais pas mieux de déposer les armes et de le laisser m'achever..."


Il fut brusquement sorti de ses sombres pensées par la voix du Spectre de la Gargouille :


"Eh bien, chevalier, que t'arrive-t-il ? Ne veux-tu pas poursuivre ce combat ?"


Nessos soupira, puis finit par lâcher les mots qu'il avait honte de penser :


"Non... Tu avais raison, je ne puis rien contre toi... Vas-y, tue-moi, afin que la honte quitte mon esprit..."


Le ton du chevalier d'argent était fort défaitiste, il avait réellement perdu tout espoir de vaincre. Pour lui, il était clair que Xantos allait saisir l'occasion pour le tuer. Ce dernier s'avança effectivement vers le disciple de Vittorio, qui crut sa dernière heure arrivée. Mais les mots du spectre de la Gargouille furent tout autres :


"Non..."


"Comment ça ? Tu as pourtant l'occasion de me tuer !!"


"Certes... mais je ne tirerais aucune gloire en éliminant un chevalier minable et lâche comme toi ! Il y va de mon honneur de Spectre au service de sa majesté Hadès ! Non, il est hors de question que je tue un faible qui tremble de peur ! De plus, il paraît que la mort vaut mieux que le déshonneur... Vu sous cet angle, je préfère te laisser en vie, pour que tu rentres au Sanctuaire couvert de honte ! Je ne te salue pas!!"


Xantos tourna alors le dos à Nessos et s'apprêta à partir vers un autre coin de la Terre, quand tout à coup, il sentit un halo brûlant derrière lui. Le spectre de l'étoile terrestre rocailleuse fit aussitôt volte-face et aperçut le chevalier du Centaure, qui avait fini par se remettre debout et dont les yeux lançaient du feu. Malgré ce retournement de situation, le guerrier de l'Empereur des Ténèbres ne s'alarma pas outre mesure :


"Tiens donc... T'aurais-je blessé dans ta dignité, chevalier ? Que tu es susceptible... Pourtant, je n'ai fait que dire la vérité !..."


"TAIS-TOI !!"


Le ton rugissant de Nessos stupéfia Xantos, qui se raidit subitement. Le disciple de Vittorio enchaîna :


"Xantos... Tu... Tu m'as suffisamment humilié comme ça... Je puis supporter les coups et la douleur physique, mais je ne peux tolérer l'affront que tu as fait à l'égard de mon honneur de chevalier !"


Nullement inquiet, le spectre de la Gargouille se mit à rire de bon coeur :


"Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Il est fâché ! Ho ! Ho ! Ho ! Il est fâché ! Ton comportement te perdra, que ce soit le défaitisme ou la colère ! Cette fois-ci, chevalier, je vais te porter un coup ultime !"


Mais, à peine Xantos avait commencé à concentrer sa cosmo-énergie que déjà son adversaire en faisait autant... et dans des proportions bien différentes :


"Quoi ?! Que... Que fais-tu, chevalier ?"


"Xantos... je maîtrise une technique imparable, qui brisera ton surplis pourtant très résistant ! Je n'avais pas songé à l'utiliser jusque là en raison de mon désespoir, mais aussi parce que cette technique inflige une douleur insupportable à celui qui en est victime ! Une douleur similaire à celle qui contraignit Héraclès à s'immoler par le feu !"


Parallèlement, Nessos pensait :


"Je ne voulais vraiment pas en arriver là, tant la technique que j'ai créée m'écoeure ! Maître Vittorio lui-même la désapprouve ! Mais c'est ma dernière chance !"


Le spectre de la Gargouille, qui ignorait tout des sentiments du chevalier du Centaure, lui jeta à la figure :


"C'est bien beau de me faire certains rappels mythologiques ! Mais ce ne seront pas tes paroles qui suffiront pour me vaincre ! Adieu, chevalier...!"


Mais le disciple de Vittorio cria aussitôt :


"Ancestral Tunic !!"


"Qu'est-ce que ?..."


Avant d'avoir eu le temps de réagir, Xantos aperçut une tunique couleur feu au-dessus de lui, une tunique qui tomba sur ses épaules et commença à s'accrocher à son surplis. Cependant, le spectre de l'étoile terrestre rocailleuse ne semblait guère impressionné :


"Une tunique ? Je ne sais pas à quoi tu joues, chevalier, mais cela ne te... AAARGH !!!"


Xantos venait de pousser un cri strident de douleur, et pour cause :


"AAARGH !!! Cette tunique s'accroche à mon surplis, mais aussi à ma peau... AAARGH !!! J'ai l'impression de brûler sur place.... AAARGH !!!"


De son côté, Nessos regardait son adversaire souffrir avec un air grave et désolé à la fois. Le spectre de la Gargouille, dont la douleur augmentait de plus en plus, parvint à lâcher :


"Non !! Tu... Tu ne m'auras pas, chevalier !!"


Prenant son courage à deux mains, il prit à deux mains un pan de la tunique qui se trouvait près de sa poitrine, l'attira vers lui, tira de toutes ses forces pendant une dizaine de secondes et finit par l'arracher, mais poussa aussitôt un cri encore plus épouvantable que tous les précédents. Quant à Nessos, au moment où son adversaire était parvenu à arracher une partie de son étrange tunique, il avait préféré détourner les yeux, afin de ne pas voir ce qu'endurait Xantos : ce dernier avait en effet arraché une bonne partie de son surplis, mais également plusieurs lambeaux de peau qui découvraient désormais sa chair à vif. L'infortuné Spectre se mit à gémir :


"AARGH !! Mais qu'est-ce qui m'arrive ?"


L'air sombre, le chevalier du Centaure s'expliqua :


"Xantos, le nom que je porte est celui du centaure dont le sang coule en partie dans mes veines ! Il se nommait Nessos et avait tenté d'enlever Déjanire, la compagne d'Héraclès dans la mythologie grecque ! Le fils de Zeus tua alors son rival avec une flèche imprégnée du sang de l'Hydre de Lerne, mais Nessos imbiba sa tunique de ce poison et confia à Déjanire avant de mourir que cet habit pouvait contenir les ardeurs du volage Héraclès ! Un jour, la jeune femme donna à son mari cette tunique empoisonnée et Héraclès, souffrant atrocement, préféra s'immoler sur un bûcher monté par son ami Philoctète ! En tant que lointain descendant du centaure Nessos, je puis faire appel au pouvoir de la tunique qui causa la perte de son ennemi intime ! Je l'avoue, je ne suis pas très fier de cette technique, en raison de la douleur qu'elle inflige à sa victime ! Mais c'était le seul choix que j'avais en raison de la résistance de ton surplis..."


A ces mots, Xantos se mit à hurler d'une voix empreinte de douleur et de rage :


"AARGH !! Sale lâche !!... Je reconnais bien là la fourberie des chevaliers d'Athéna ! Mais... Mais je vais faire abstraction de ma douleur pour te vaincre !"


"N' y songe pas, Xantos, répliqua Nessos. Je te l'ai dit ; la douleur générée par l'Ancestral Tunic est insoutenable, elle te déconcentrera à coup sûr !"


Le spectre de la Gargouille tenta de concentrer son cosmos, mais à peine avait-il commencé que la douleur s'accentua :


"AAAH !!!"


Il tomba à genoux et se roula par terre, tant il souffrait. Nessos était sincèrement désolé :


"Je ne suis pas fier de moi... Il a beau servir un dieu qui veut la perte de l'humanité, il n'en est pas moins un homme comme moi ! Autant agir maintenant..."


Alors que Xantos était dos à terre et hurlait jusqu'à se rompre les cordes vocales, le chevalier du Centaure bondit subitement devant lui et, poing en avant, frappa sa poitrine découverte. Un dixième de seconde plus tard, un flot de sang jaillit de la poitrine du spectre, qui cracha également un flux d'hémoglobine, aspergeant au passage le disciple de Vittorio, et laissa tomber sa tête sur le côté. Désormais, il ne hurlerait plus et son coeur avait cessé de battre à tout jamais. Nessos avait remporté le combat, mais il n'éprouvait pas pour autant le sentiment de satisfaction des vainqueurs :


"J'ai gagné... mais d'une telle façon que je me dégoûte moi-même... Xantos m'avait dit que la mort valait mieux que le déshonneur... Je me demande s'il n'aurait pas mieux valu qu'il m'élimine..."


"Nessos..."


Le chevalier d'argent s'arrêta de parler, le temps d'identifier la voix qui venait de pénétrer dans son esprit :


"Est-ce... Est-ce vous, maître Vittorio ?"


"Oui... Nessos, je comprends tes sentiments, il n'est pas facile de devoir abattre quelqu'un, encore moins d'une telle façon ! Mais dis-toi bien que tu n'as pas utilisé le pouvoir de ton ancêtre en vain, tu l'as fait pour que l'amour et la justice survivent à l'offensive de l'Empereur des Ténèbres ! Je comprends ton désarroi, mon disciple, mais tu dois garder la tête haute et ne penser qu'à la cause pour laquelle tu te bats ! M'as-tu compris ?"


Nessos réfléchit un moment, avant de répondre :


"Oui, maître... Merci pour vos paroles..."


"Je préfère t'entendre penser ainsi, Nessos... Je suis avec toi, où que tu sois !"


La présence mentale du chevalier du Cancer se dissipa aussitôt. Son disciple releva alors la tête et murmura :


"Maître Vittorio... Merci encore... Je vais relever la tête et faire honneur à mon rang !"


Nessos se mit à courir droit devant lui, abandonnant le cadavre sanguinolant de Xantos de la Gargouille...


************


Les Cévennes, dans le royaume de France


Charles se tenait debout, les poings serrés, mais avait du mal à faire abstraction de l'effroyable impression que lui laissait son futur adversaire :


"Quel sinistre personnage... Il semble plus mort que vivant..."


Romero répliqua avec un drôle de sourire :


"Je suis pourtant bien vivant, chevalier ! Nous autres Spectres d'Hadès étions des hommes et des femmes ayant vécu sur Terre nos vies habituelles, jusqu'à ce que sa majesté nous appelle pour le servir jusqu'à ce que nous rendions l'âme ! Mais en ce qui me concerne, cela n'est pas près d'arriver !"


"Prétentieux !"rugit le chevalier de l'Horloge en se jetant sur le Spectre du Zombie.


Mais, une fraction de seconde plus tard, le disciple de Bosching sentit qu'un poing venait de rentrer dans son abdomen. Dans la foulée, il s'envola dans les airs avant de retomber juste derrière un rocher, ce que sembla apprécier Romero :


"Tu n'as pas heurté directement ce rocher pointu... Tant mieux, ce combat n'en sera que plus amusant !"


"Ne me sous-estime pas, Romero ! Je te l'ai dit ; j'ai gagné mon armure sous la tutelle du plus puissant chevalier d'Athéna..."


"Aucune importance ! Je te l'ai dit, moi aussi : ton maître n'est qu'un pantin manipulable à souhait comparé à la puissance des trois Juges des Enfers ! Et je vais te prouver que ton entraînement ne t'aura servi à rien !"


Avant que Charles n'ait pu réagir, le Spectre du Zombie se jeta sur lui et lui envoya plusieurs coups de poings dans le ventre et au visage, qui finirent par l'envoyer à terre. Le chevalier de l'Horloge avait le souffle à moitié coupé et sa lèvre inférieure était fendue. Alors qu'il cracha un flot de sang, Romero le mit en garde :


"A ce sujet, je tenais à te dire que tout ceci n'était qu'un échauffement ! Si j'avais vraiment employé toute ma puissance..."


"...même avec tout ton pouvoir, tu ne me tueras jamais, Romero !"


Le sourire narquois du spectre s'élargit subitement, au grand étonnement de Charles, qui entendit son opposant lui dire :


"Ce n'est pas ce que je voulais dire, chevalier... Qui t'a dit que je voulais te tuer ?"


La question pour le moins désarmante de Romero surprit le chevalier d'argent :


"Que... Que... Que veux-tu dire ?"


"Si tu es bien sage, tu auras ta réponse !"rétorqua le spectre d'un ton moqueur.


L'infantilisation à laquelle semblait se livrer Romero sur son adversaire accrut l'exaspération de ce dernier :


"Assez !! ça suffit ! Tu t'es suffisamment joué de moi comme ça, Romero ! Je vais..."


Mais aussitôt, le spectre de l'étoile céleste de la décomposition fondit sur le chevalier de l'Horloge à une vitesse équivalant mach 50 et l'infortuné Charles fut cette fois-ci projeté contre le rocher sur lequel il avait précédemment manqué de s'écraser. Le casque brisé, le front entaillé, le disciple de Bosching eut à peine la force de voir Romero, toujours souriant, avancer vers lui et lui lancer d'un ton fort railleur :


"Tu disais ?"


************


Le royaume de Skygard


La neige avait commencé à tomber dans la plaine, mais Eaque n'y prenait pas garde. Le Juge des Enfers était en effet trop perdu dans ses pensées pour se soucier des intempéries permanentes du royaume condamné par Hadès :


"J'ai éliminé deux de ces stupides chevaliers d'Athéna, mais je ne suis pas autant satisfait que je devrais l'être ! Pourquoi le spectre de l'étoile céleste de l'illusion a-t-elle tant tenu à me parler de ce qui lui est arrivé l'été dernier, avant qu'elle ne devienne une guerrière de sa majesté ? Je me demande encore pourquoi elle a reçu le privilège de faire partie des habitants de la future Utopia... Bon, oublions ça pour le moment, je dois retrouver les résistants qui croient bêtement qu'ils vont nuire à la volonté de sa majesté..."


Soudain, il entendit des bruits de pas et des claquements de sabots dans la neige. Interloqué, Eaque recula contre un rocher proche et tenta de discerner les voix qu'il entendait :


"Pff... Cela va bientôt faire plus d'un jour que nous errons dans le royaume sans cesse ! Quand va-t-on s'arrêter ?"demanda la voix d'un jeune garçon d'une dizaine d'années.


"Ecoute, Zymas, il faut nous éloigner le plus possible de ces démons qui nous ont attaqué ! Nous ne pouvons pas nous arrêter maintenant !"répondit une voix bourrue.


"Ton père a raison, Zymas, poursuivit une voix féminine ! Il faut que nous rejoignions la résistance qui a émergé !"


"Mais savez-vous où se trouve cette résistance ?"lâcha la voix du garçon nommé Zymas.


"Malheureusement non..." répondit la femme.


Le Spectre de Garuda entendit alors quelques cris et pleurs, venant probablement d'un enfant en bas âge, des cris auxquels la femme répondit :


"Ma petite Zina, calme-toi... Nous allons bientôt arriver..."


Eaque en avait assez entendu. Il bondit depuis son rocher devant la famille skygardienne qui, terrorisée, eut à peine le temps d'entendre le Juge crier :


"GALACTIC ILLUSION !!!"


Le père, la mère, le fils et la fille furent pulvérisés instantanément et leurs corps ensanglantés retombèrent près du Juge, qui préféra s'écarter :


"Il n'est pas question que je me laisse éclabousser par le sang de ces pécheurs !"


Dans la foulée, il se mit à réfléchir :


"Hum... Ces imbéciles ont parlé d'une résistance... Ce doivent probablement être les hommes qui ont fui le palais royal hier... Je ne sais pas où ils se trouvent, mais si je parviens à les repérer, Skygard vivra ses derniers jours !"


Eaque, malgré la neige qui tombait de plus en plus fort, reprit sa route en accélérant le rythme, stimulé par la perspective d'en finir avec Skygard...


************


"Cependant, conta John, si Eaque était enchanté par cette découverte, ailleurs, d'autres avaient le moral au plus bas..."


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A des centaines de lieues du Spectre de Garuda, Felipe avançait mollement dans la neige. Le chevalier du Capricorne laissait traîner son bras blessé par Androgée du Minotaure, mais il était surtout atteint dans son amour-propre :


"Cela fait plusieurs heures que j'erre dans cette contrée hostile et que je n'arrive toujours pas à me défaire de ma honte ! Je suis le disciple du plus fidèle serviteur d'Athéna et j'ai été incapable de... de faire honneur à ce statut ! Si seulement mon maître savait..."


Bien malgré lui, il laissa couler ses larmes le long de ses joues, mais celles-ci gelèrent instantanément, en raison du climat skygardien particulièrement opiniâtre. Ce fut alors qu'une voix railleuse résonna aux tympans du chevalier d'or :


"Tiens donc !! Un chevalier d'Athéna qui pleure comme une fille ! Et un chevalier d'or, de surcroît ! Je crois que tu seras ma deuxième victime !"


"Qu'est-ce que...?"


Le gardien de la dixième maison du Zodiaque leva aussitôt les yeux et vit devant lui un Spectre qui n'était autre que Midas du Roi Cupide. Ce dernier se présenta :


"Je suis Midas du Roi Cupide, spectre de l'étoile céleste du pactole ! Est-ce un chevalier d'or qui me fait face ?"


Felipe, malgré son moral en berne, répondit d'une voix hardie :


"En effet ! Je suis Felipe de la constellation du Capricorne, gardien de la dixième maison du Zodiaque et disciple du serviteur le plus fidèle d'Athéna..."


Le ton railleur de Midas s'amplifia :


"Quoi ?! Te moquerais-tu de moi ? Toi, un chevalier pleurnichard, le disciple de je ne sais qui ? Ce n'est pourtant pas le moment de plaisanter, chevalier du Capricorne !"


Les sarcasmes du spectre touchèrent profondément le chevalier d'or, qui se mit à trembler de honte. Midas soupira bruyamment :


"Quelle calamité ! J'ai fait face il y a quelques heures à un simple chevalier de bronze, que j'ai vaincu aisément, mais j'ai la malchance de tomber sur un chevalier sensible, bien qu'il porte une armure d'or !"


Quelque peu grisé par la perspective d'éliminer l'un des membres de l'élite des chevaliers sacrés, il intensifia sa cosmo-énergie, dont la couleur était à la fois brillante et ténébreuse, et ne perdit pas de temps pour foncer sur Felipe :


"Touch Of Gold !!"


La main droite en avant, le Spectre du Roi Cupide se rapprochait dangereusement du chevalier du Capricorne qui, malgré sa détresse, se ressaisit au dernier moment et sauta sur place, laissant son adversaire toucher un rocher gris. Felipe fut alors surpris de voir que le rocher touché par son adversaire était devenu subitement aussi doré que son armure :


"Quoi ?!"


Midas sourit :


"Tu sembles surpris, chevalier d'or... Cela n'est pourtant que le pouvoir que j'ai hérité de mon ancêtre éponyme !"


Le gardien de la dixième maison du Zodiaque réfléchit un moment aux propos tenus par le Spectre, avant de s'exclamer :


"J'ai compris ! Ton... Ton ancêtre était le roi auquel Dionysos donna le toucher d'or !"


"En effet, chevalier... En invoquant le Touch Of Gold, je puis transformer tout ce que je touche en or ! Le chevalier de bronze de l'Ecu de Sobieski a subi ce sort, et ce sera bientôt ton tour, chevalier du Capricorne !"


Malgré la tournure que prenaient les événements, Felipe n'était pas décidé à se laisser faire :


"N'y compte pas trop, Midas ! Avant de m'avoir touché, tu auras péri sous la lame de l'épée confiée par Athéna à son plus fidèle serviteur !"


Son bras droit étant brisé, il leva son bras gauche en l'air et cria :


"QUE SE REVEILLE EXCALIBUR !!!"


Le bras gauche du chevalier du Capricorne s'abaissa vers Midas et de multiples rais lumineux jaillirent comme par enchantement, illuminant la plaine skygardienne au-dessus de laquelle planait pourtant une forte obscurité. Cet étrange feu d'artifice dura une quinzaine de secondes, puis Felipe baissa son bras :


"Avec tous les coups que j'ai exécutés, je ne donne pas cher de sa vie !"


Il avait parlé en affichant un franc sourire. Mais celui-ci s'éteignit brutalement quand le disciple du serviteur le plus fidèle d'Athéna leva les yeux et découvrit son adversaire debout et indemne :


"Comment ?!... C'est impossible !"


Le Spectre du Roi Cupide répliqua immédiatement :


"Non... Quand on a en face de soi un chevalier, tout d'or qu'il soit, qui ne sait pas viser, ça n'est pas impossible !"


Le sourire sarcastique de Midas avait fort énervé Felipe, qui, sans réfléchir, se mit à hurler :


"Attends un peu, je vais t'apprendre à te moquer de moi !... QUE SE REVEILLE EXCALIBUR !!"


Mais ce fut en vain : le chevalier du Capricorne avait beau mettre toute sa hargne dans son bras gauche, Midas se déplaçait avec une certaine agilité entre les coups d'Excalibur. Finalement, au bout de dix secondes, Felipe tomba à terre, ébranlé par son incompétence :


"Non !! Je n'y arrive pas ! ça recommence comme contre le Spectre du Minotaure !..."


"C'est donc pour ça qu'il y a une entaille à ton bras droit, chevalier ?"


Midas avait remarqué depuis peu la blessure infligée par Androgée du Minotaure au chevalier d'or et avait fait rapidement le lien avec l'attaque du Spectre tombé au combat :


"Oui, sans doute... Eh bien, si Excalibur a vraiment été remise par Athéna à son plus fidèle serviteur, qu'est-ce que ça devait être pour les autres ! Ha ! Ha ! Ha ! Tu sembles bien moins mature que tu ne le parais, chevalier... Tu ne sais pas dépasser un échec, tu ne peux qu'y rester ! Je me demande comment Androgée s'est arrangé pour ne pas te vaincre... En tout cas, je vois que ton moral est en berne, et c'est pour ça que tu n'arrives pas à me toucher ! Pff... en fin de compte, tu n'es chevalier d'or que parce que tu portes une armure d'or !"


Les propos durs, mais en partie censés du Spectre du Roi Cupide serrèrent le coeur de Felipe, qui baissa la tête, car il sentait que les larmes le reprenaient et il ne voulait pas le montrer à Midas, qui enchaîna :


"Pff... D'abord un inconscient, maintenant un pleurnichard... Moi qui pensais que les chevaliers d'Athéna avaient plus de dignité au combat... Dans ces conditions, il vaut mieux que j'en finisse rapidement avec toi, chevalier du Capricorne !"


************


Les Cévennes, dans le royaume de France


Malgré la douleur, Charles ramena à lui deux poignées de terre, pour marquer son dépit face à la supériorité de Romero. Depuis que le combat avait commencé, le Spectre du Zombie avait rapidement pris l'avantage et ne comptait pas le lâcher :


"Allez, relève-toi ! Si tu es vraiment le disciple du plus puissant chevalier d'or, il faudra t'en montrer digne !"


Vexé, le chevalier de l'Horloge se releva tant bien que mal et fit de nouveau face à Romero, mais pas pour longtemps : le Spectre de l'étoile céleste de la décomposition lui avait aussitôt asséné un coup de pied au visage, faisant cracher du sang au disciple de Bosching, dont la lèvre inférieure était déjà mal en point. Charles, le visage déformé par la colère et défiguré par le sang qui coulait abondamment de sa bouche, eut à peine la force de lever les yeux vers Romero, qui continuait à le narguer :


"Oh la la... Quelle misère... Nous sommes pourtant en guerre, chevalier, pas dans un duel ! Je sais quel est mon objectif, et pour l'accomplir, je ne dois pas perdre mon temps !"


Tout à coup, les yeux du chevalier de l'Horloge clignèrent à trois ou quatre reprises. Le dernier mot prononcé par le Spectre du Zombie l'avait fortement interpellé :


"Le... Le temps... Mais oui, voilà comment je peux le vaincre ! Je suis le chevalier de l'Horloge, après tout !"


Suivant les conseils que lui avait involontairement donnés Romero, Charles bondit sur ses deux pieds et commença à développer sa cosmo-énergie, sans pour autant impressionner le Spectre au regard cadavérique :


"Pff... Tu es un peu plus rapide qu'avant, mais ça sera insuffisant contre moi, chevalier ! Adieu !..."


"PAR L'ANEANTISSEMENT DU TEMPS !!"


Un flash surnaturel surgit au beau milieu du paysage et illumina les obscurs alentours des Cévennes. Cinq secondes après, la lumière disparut, laissant apparaître Charles, autour duquel une aura phosphorescente rayonnait, et Romero, qui ne bougeait plus et dont le visage avait perdu toute expression. Le chevalier d'argent prit la parole en face de la silhouette immobile du Spectre du Zombie :


"Romero, tout est terminé pour toi ! Si la Paralysie du Temps a la faculté d'interrompre momentanément le cours des choses, l'Anéantissement du Temps, lui, le détruit complètement ! Le périmètre qui a été ébloui se trouve désormais en dehors du temps, je suis le seul à pouvoir encore me mouvoir de mon propre chef ! En revanche, Romero, tu n'existes pratiquement plus, tu ne peux plus agir, ni penser ! Tu as perdu toute conscience ! Cependant, pour gagner ce combat, je dois te porter un coup fatal !"


Charles serra aussitôt son poing droit et contempla attentivement la poitrine du Spectre ; il avait l'intention de transpercer son coeur. Il prit son élan :


"Adieu, Romero...!"


Mais tout à coup, plusieurs craquements se firent simultanément entendre. Le chevalier de l'Horloge s'arrêta alors dans son mouvement et tendit l'oreille :


"Qu'y a-t-il ?... Est-ce qu'il y aurait d'autres Spectres dans les environs ?"


Pour toute réponse, un, puis deux, puis une bonne dizaine de grognements sourds résonnèrent aux oreilles du jeune homme, qui se mit à trembler sur ses jambes malgré lui :


"Que... Mais que se passe-t-il ?"


Voulant en avoir le coeur net, il se retourna brusquement et son coeur fit un bond dans sa poitrine. Charles n'en revenait pas : devant lui, une dizaine de silhouettes avançaient vers lui en boîtant. Leur peau avait viré au verdâtre, leurs yeux semblaient avoir perdu toute lueur de vie, leurs visages commençaient à se décharner et ils vomissaient du sang de temps en temps.


"C'est un cauchemar ! Un mauvais tour du Malin !"se mit à penser le chevalier d'argent.


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La province du Hunan, dans la Chine impériale


Cela faisait plus de trois heures que Dohko, aidé de son cousin Sun, avait vaincu les cousins Shen-Té de la Panthère et Shui-Ta du Tigre. Le chevalier de la Balance avait ensuite décidé de laisser le chevalier du Dragon se débrouiller seul, mais il n'avait toujours pas rencontré de Spectres à nouveau, aussi pensait-il à son disciple :


"Sun... A l'issue de notre victoire contre les Spectres du Sichuan, j'ai une impression mitigée à ton égard... Ta force est remarquable pour un chevalier de bronze, mais l'assurance te fait défaut... Je n'avais donc d'autre choix que de te laisser te débrouiller seul... Et pourtant, cela n'a pas été facile pour moi... Après tout, cela fait six ans que nous vivions ensemble, comme deux frères... Sun... J'espère que tu t'en sortiras..."


Dohko leva alors les yeux vers le ciel, qui s'était étrangement obscurci depuis qu'il avait quitté le Sichuan :


"L'horizon devient sombre... J'espère que ce n'est pas l'oeuvre d'Hadès... Et Athéna... Durant mon périple au coeur de la Chine, j'ai senti qu'elle ne donnait plus de signe de vie dans le monde des ténèbres, mais je ne me suis pas arrêté, car le temps nous est compté... Et cette atmosphère qui pèse sur les cieux..."


Tout à coup, le gardien de la septième maison du Zodiaque sentit un violent souffle d'air dans son dos :


"Qu'est-ce que...? Aaaah !!"


Il se sentit alors attiré vers le haut des cieux en tourbillonnant, comme s'il était prisonnier d'une puissante tornade. Il n'eut cependant pas beaucoup de temps pour y songer, car il retomba au sol rapidement et violemment. Dohko se retrouva sur le ventre, peu blessé, mais fort étourdi par le choc :


"Je... Je n'ai pas eu le temps de voir cette tornade arriver ! Ce n'est pourtant pas habituel dans cette région !"


"Parfois, il est bon de changer ses habitudes, chevalier d'Athéna !"


Le chevalier de la Balance leva aussitôt les yeux et lâcha :


"Des Spectres d'Hadès !"


Le plus jeune membre de l'élite des chevaliers sacrés avait en effet devant lui deux hommes à la peau pâle, qui portaient deux protections évoquant les surplis des guerriers du Dieu des Enfers. L'un portait un surplis aussi large que sa silhouette, le deuxième, un surplis très anguleux et hérissé de pointes. Les présentations se firent rapidement :


"Je suis Whilem de la Tornade, spectre de l'étoile terrestre étourdie !"lança le Spectre au surplis large.


"Quant à moi, je suis Herman de la Foudre, spectre de l'étoile terrestre capricieuse !"


Dohko, qui s'était relevé entre-temps, répondit :


"Mon nom est Dohko de Rozan, chevalier d'or de la Balance ! Spectres d'Hadès, je ne vous laisserai aucun répit !"


Il se mit à concentrer sa cosmo-énergie, faisant apparaître derrière lui un dragon rugissant qui se dressait dans le ciel, un spectacle qui étonna quelque peu Whilem et Herman. Le gardien de la septième maison du Zodiaque profita aussitôt du désarroi des Spectres pour pousser son cri d'attaque :


"Par la Colère du Dragon !!!"
 
Le chevalier de la Balance se jeta sur ses adversaires et les expédia dans les airs, avant de les regarder tomber violemment. Voyant que les Spectres de la Tornade et de la Foudre étaient inconscients, Dohko songea :


"Ils ont pris la Colère du Dragon de plein fouet... Mais cela m'étonnerait de les voir déjà vaincus !"


Et effectivement, Dohko n'eut pas à se leurrer longtemps ; juste après avoir eu cette pensée, il perçut un bruit sourd qui venait de l'endroit où ses adversaires s'étaient écrasés. Le chevalier d'or vit aussitôt Whilem et Herman se relever péniblement. Tous deux avaient été blessés, mais avaient survécu à la Colère du Dragon.


"Pas mal du tout, chevalier de la Balance, lança subitement le Spectre de la Foudre... Cependant, ce n'est pas avec ça que tu vas nous envoyer dans l'au-delà !"


"Peut-être, mais la Colère du Dragon n'est pas la seule technique que je maîtrise !"


"Pff, soupira le Spectre de la Tornade... Quelque soit le nombre de techniques que tu possèdes, elles ne vaudront jamais autant que les nôtres !"


Dohko répliqua :


"Ne parlez pas trop vite ! Il n'est pas facile de vaincre un chevalier d'or...!"


Il s'arrêta net. Il venait de voir Whilem et Herman joindre leurs mains, au creux desquelles un étrange cosmos émergeait. Le chevalier de la Balance, craignant que les deux Spectres ne préparent un mauvais coup, voulut anticiper l'attaque, mais il fut retenu dans ses gestes par un vent violent qui venait d'apparaître autour de lui :


"Qu'est-ce qui se passe ?... Je... Je n'arrive plus à bouger et je ne peux plus attaquer !"


Le Spectre de la Tornade rétorqua :


"C'est là le savoir-faire des serviteurs de sa majesté Hadès, chevalier... Plus particulièrement notre savoir-faire !"


Bien qu'intrigué par les propos de Whilem, Dohko savait qu'il n'avait pas de temps à perdre. Tâchant de surmonter les rafales de vent qui arrivaient vers lui, il commença à concentrer son cosmos, mais une brutale rafale l'expédia au sol :


"Aaaah !!"


Commençant à s'inquiéter pour sa survie, le chevalier de la Balance se remit debout, tant bien que mal, mais ce fut à ce moment que Whilem poussa son cri d'attaque :


"Darkness Tornado !!"


Une tornade sombre émergea autour du chevalier d'or, qui crut reconnaître brièvement le Stardust Revolution de son ami Shion. Et ses impressions ne furent pas vraiment démenties : la Darkness Tornado le ballotta dans les airs jusqu'à manquer de lui faire perdre conscience. Au bout de quinze secondes, elle desserra son emprise sur Dohko, qui se sentit retomber vers la terre ferme, quand tout à coup, la voix d'Herman se fit entendre :


"Skies Energy !!"


Le gardien de la septième maison du Zodiaque poussa un violent cri de douleur, car il eut l'impression qu'une violente décharge venait de traverser son armure d'or pour se répandre dans tout son corps, comme s'il avait été frappé par la foudre. Quand il retomba à terre, les séquelles des attaques des deux Spectres le saisirent dans sa chair, et il ne put réprimer un hurlement douloureux. Dohko se trouvait désormais à terre, les yeux dans le flou, et le combat contre Whilem et Herman semblait mal engagé pour lui...


************


Les Cévennes, dans le royaume de France


Charles avait déplacé sa concentration de Romero vers les silhouettes monstrueuses et décaties qui s'avançaient vers lui d'un pas lent et en grognant bruyamment :


"Ce... Ce n'est pas vrai ! On... On dirait des cadavres de plusieurs jours sortis de leurs tombes ! Qu'est-ce que ça veut dire ?"


Un rire familier répondit aux attermoiements du chevalier de l'Horloge :


"Ha ! Ha ! Ha ! Je suppose que tu ne t'attendais pas à ça, chevalier..."


Charles se retourna aussitôt et vit Romero, qui s'était sorti de l'Anéantissement du Temps :


"Je t'avais promis une surprise si tu étais bien sage, et j'ai tenu parole ! Bienvenue dans le territoire des morts, chevalier d'Athéna !"


"Le... Le territoire des morts ?!"balbutia un Charles qui commençait à être saisi par la peur.


"En effet. J'ai choisi cet endroit montagneux et isolé pour regrouper les cadavres auxquels je commande, afin de tendre un piège aux chevaliers que je devrais affronter durant cette Guerre sainte... Et ce piège s'est malheureusement refermé sur toi..."


"Tu... Tu commandes aux cadavres ?"


"Pour être précis, j'ai le pouvoir de commander à mes victimes après leur mort..."


Le chevalier de l'Horloge, malgré les cadavres qui se rapprochaient peu à peu de lui, se mit à réfléchir à voix haute :


"Attends... Le lendemain des affrontements nocturnes au Sanctuaire, un chevalier de bronze, Ogataï du Lynx, m'avait parlé de silhouettes de cauchemar ressemblant à des cadavres..."


"Je n'avais rien à voir avec tout ceci, chevalier... Il s'agissait juste de morts auxquels sa majesté Hadès avait redonné vie afin de faire diversion et d'effrayer les plus téméraires d'entre vous... En revanche, les silhouettes qui sont en face de toi sont des chrétiens réformés qui s'étaient rendus au sommet du Mont Aigoual pour y prier et qui ont eu le tort de se trouver face aux troupes du seigneur Rhadamanthe, dont je fais partie... Le seigneur Rhadamanthe a eu l'idée de se servir d'eux pour la Guerre sainte contre Athéna et j'ai usé de mon pouvoir pour faire d'eux des morts-vivants !"


"Comment ?!"


Bien malgré lui, Charles se mit à trembler sur ses jambes. Il se retrouvait dans une situation plus terrible que toutes celles qu'il avait envisagées :


"Non... Ce... Ce n'est pas vrai..."


"Si tout cela était vraiment irréel, chevalier, tu ne serais pas en train de trembler comme un lapin tout près de se faire abattre par un chasseur..."


Les grognements des morts-vivants se firent alors plus bruyants. Le chevalier de l'Horloge les regarda s'approcher peu à peu, le regard affamé, une bave sanguinolante aux lèvres... Son sang ne fit qu'un tour :


"Non !! Je ne me laisserai pas faire !!... Prenez ça !!!"


Un flux de cosmo-énergies partit du poing de Charles et percuta simultanément quatre morts-vivants. Malheureusement, juste après être tombés au sol, les quatre cadavres ambulants se relevèrent presque aussitôt, à une allure monotone, à la grande satisfaction de Romero :


"Tu t'épuises pour rien, chevalier d'Athéna ! Comment peux-tu espérer tuer des personnes déjà mortes ?... Des personnes qui, d'ailleurs, ne te sont pas tout à fait étrangères..."


"Que veux-tu dire, Romero ?"


"Regarde sur ta droite, chevalier..."


Le disciple de Bosching jeta un coup d'oeil à sa droite et, presque immédiatement, hurla de terreur :


"OH NON !!"


Trois morts-vivants, au teint blème, au regard livide et à la démarche claudiquante, avançaient vers lui. Ils portaient des armures peu couvrantes, l'une orange, l'autre violacée, et la dernière bleu foncé. Charles n'eut aucun mal à les reconnaître :


"Ce... Ce sont les armures de bronze du Petit Lion, de l'Hydre Femelle et de l'Hydre Mâle ! Mais... Mais alors..."


Il y eut un bref flottement, puis le chevalier d'argent se mit à hurler :


"NOOON !!! Otogo, Tamen et Tomas... Ils... Ils sont devenus des morts-vivants !!"


"En effet, approuva Romero avec un sourire large. Veux-tu savoir pourquoi ?"


Charles croisa alors ses bras, ferma les yeux et sembla entrer en transe. Mais ces gestes avaient leur sens :


"Il... Il faut que je sache ce qui s'est passé !... Par le Souvenir Cosmique !"


En un éclair, des images du passé récent pénétrèrent le cerveau du chevalier de l'Horloge. Il vit Otogo cerné de tous parts par des zombies, qui n'étaient autres que les chrétiens réformés des Cévennes, des zombies qui l'avaient mordu. Le chevalier du Petit Lion avait fini par réussir à échapper à ses agresseurs, mais avait sombré dans l'inconscience, pour en sortir zombifié. Charles vit également Tomas et Tamen, tous deux nargués par le Spectre du Zombie, avant d'être agressés et mordus à leur tour, puis frappés par la malédiction des morts-vivants. Quand il sut tout ce qu'il voulait savoir, le chevalier de l'Horloge fronça les sourcils et regarda Romero avec une lueur de haine :


"Lâche... Tu... Tu as attiré mes compagnons dans un piège afin de les asservir !"


"Je ne vois pas pourquoi tu me le reproches, chevalier, rétorqua un Romero fort perplexe. Nous sommes en guerre, au cas où tu l'aurais oublié ! Si tes amis n'ont pas eu assez de jugeote pour éviter ma parade, ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes !!"


Furieux, Charles voulut injurier son adversaire, mais il fut interrompu dans ses intentions par les grognements de plus en plus oppressants de l'armée de zombies que dirigeait le Spectre de l'étoile céleste de la décomposition :


"Allez-y ! Tuez-le ! Mordez-le !"cria Romero à ses esclaves.


"Vous ne m'aurez pas !"s'écria le disciple de Bosching à la face des zombies.


Dans la foulée, il envoya plusieurs vagues déferlantes de cosmos à ses agresseurs, mais ceux-ci se relevèrent juste après.

"Je t'avais pourtant dit que c'était inutile, chevalier ! le railla Romero. Comment veux-tu tuer des créatures mortes ?"


"Mais... Mais alors... Otogo et..."


"...oui, approuva le Spectre, ces trois chevaliers sont morts ! Ils sont devenus mes serviteurs dociles, mais ils ne sont plus de ce monde ! Et malheureusement pour toi, tu ne vas pas tarder à les rejoindre !"


Désormais, au coeur du paysage cévenol rigoureux et obscur, Charles de l'Horloge se sentait partagé entre désarroi et colère...


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Bien malgré lui, le révérend Trevor avait agrippé les coins de sa table, terrifié par le récit que venait de lui livrer John. La voix tremblante, il murmura à son ami :


"John... Je n'arrive pas à le croire... Ces... Ces maléfices, cette sorcellerie (le pasteur déglutit avec une grimace de dégoût sur le visage)... Hadès a donc vraiment cautionné tout ceci ?"


"Effectivement, révérend, répondit sombrement le jeune homme. Hadès, pour assouvir ses noirs desseins, était prêt à plonger les chevaliers d'Athéna dans une horreur qu'ils n'auraient jamais suspectée, même dans leurs cauchemars les plus effroyables... Mais l'Empereur des Ténèbres manifestait beaucoup d'importance dans la stratégie et ses résultats... Des résultats qui s'avéraient néfastes pour les chevaliers d'Athéna..."


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