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Cette fiche vous est proposée par : Dyvimm


Le Jugement dernier

Les Cinq Pics

Shunrei était à genoux devant la Cascade sacrée de Rozan, les mains jointes en prière. Cela faisait maintenant plusieurs heures qu’elle avait adopté cette position et restait ainsi immobile. La jointure de ses genoux et les crampes qui la tétanisaient la faisaient horriblement souffrir, mais la jeune fille restait impassible à la douleur. Depuis qu’elle avait appris que Shiryu serait amené à revêtir l’Armure Sacrée du Dragon, elle avait pleuré toutes les larmes de son corps. Son bien-aimé avait affronté tant de danger. Il était allé en Asgard, au fond des océans et aux Enfers pour sauver Athéna. Il n’avait jamais été infidèle à sa déesse. L’idée lui avait traversé l’esprit qu’il aimait peut-être Athéna davantage, mais la jeune fille s’était vite rendu compte qu’il s’agissait surtout de son amour pour la justice et l’humanité qui le menait d’un combat à l’autre.
A son retour des Enfers, Shunrei avait enfin cru pouvoir mener une vie normale avec son compagnon et de fait pendant les sept années qui avaient suivi, ils avaient été simplement heureux. Athéna était absente et de temps en temps Shiryu était amené à retourner au Sanctuaire ou au Japon pour revoir ses amis. Rien d’anormal. Il était après tout employé par le Sanctuaire. Pour son bonheur, Shiryu n’avait pas souhaité prendre un disciple autre que Kiki qui se déplaçait aux Cinq Pics. Jamir n’était pas très loin.
Et puis il y avait eu cette réunion d’urgence au Sanctuaire. Shunrei avait immédiatement compris en voyant le visage de son bien-aimé. Les combats reprenaient. Mais le Chevalier du Dragon avait vieilli. Il n’était plus aussi alerte. Shunrei avait tout tenté pour l’en dissuader. Mais ce qu’il avait perdu en agilité, Shiryu l’avait gagné en sérénité, sagesse et maîtrise de son cosmos. Il était prêt à se battre pour défendre une nouvelle fois la Terre.
Le départ de Shiryu avait été pour Shunrei équivalent à celui du Vieux Maître. Elle ne l’avait jamais revu et savait que Dokho était mort aux Enfers. Cette nouvelle l’avait bouleversée, mais finalement moins que celle dont elle avait eu connaissance deux semaines plus tôt. Si elle avait au début refusé d’y croire, elle n’avait maintenant plus aucun doute, Shiryu serait bientôt papa…

Shunrei avait été incapable de lui révéler ce secret alors qu’il s’entraînait sans relâche pour se préparer à l’affrontement avec Arès. Il lui avait donné un dernier sourire avant de disparaître pour le Sanctuaire. Shunrei n’avait plus de nouvelle depuis, mais elle savait qu’il était encore vivant. Son cœur dépassait la barrière des distances.
Pourtant, elle n’avait pu s’empêcher de déverser son chagrin près de la cascade. Une prémonition lui soufflait qu’elle ne reverrait plus Shiryu comme elle n’avait jamais revu le Vieux Maître. Elle serait obligée d’élever seule leur enfant.
Après s’être apitoyée sur leur sort et sur le destin qui ne cessait de les séparer, Shunrei avait décidé de tout faire pour aider son époux. Implorer le ciel était la seule façon de lui être utile. Peut-être que cela le sortirait de danger comme lors de son affrontement avec Masque de Mort. Elle s’était donc installée à côté du rocher sur lequel le Vieux Maître avait l’habitude de passer de longues heures de méditation et n’avait cessé de prier. Le ciel s’était obscurci et la nuit était maintenant intense.
Shunrei savait que la bataille du Sanctuaire touchait bientôt à sa fin. Shiryu était encore en vie, mais combattait âprement. Les étoiles de la constellation du Dragon s’étaient tour à tour illuminées avant de baisser d’intensité. Mais elles étaient toujours restées vivantes, tout comme le Chevalier. Elles étaient maintenant plus faibles que jamais.

« Shunrei… »
C’était à peine un murmure, pourtant la jeune fille ouvrit les yeux. Elle avait cru entendre son nom.
« Shunrei… »

A nouveau cet appel. Il provenait de la cascade et se mêlait au vacarme qu’elle produisait. Shunrei se leva et resta attentive.

« Ma petite fille… tu as bien souffert… »
Plus de doute, cette voix, elle l’aurait reconnue entre toutes. C’était le Vieux Maître qui s’adressait à elle de part la Mort.

« …et tes tourments ne prendront pas fin…
_ Vieux Maître, est-ce vous ? Pourquoi dites-vous cela ? Shiryu sera bientôt de retour.
_ Au moins te laisse-t-il un héritage… J’aimerais tant te dire qu’il reviendra…
_ Pourquoi … ? Je sens encore sa présence. Il reviendra ! Il ne nous abandonnera pas ! Il n’en a pas le droit…
_ Malheureusement, son combat est décisif pour l’avenir de l’humanité toute entière. De lui dépend le futur de ton fils et de tous les Hommes. Son adversaire n’est pas un guerrier ordinaire. S’il veut en venir à bout, il n’aura pas le choix…
_ Que voulez-vous dire ? Il est déjà allé en Enfer et en est revenu. Il reviendra encore !
_ Personne ne peut tromper la Mort, pas même Shiryu. Je regrette tant ce qui vous arrive maintenant. Tout est ma faute. Et en même temps je suis si fier de vous deux. C’est à toi que reviendra le devoir de veiller sur les Cinq Pics et sur l’Armure du Dragon jusqu’à ce que quelqu’un à son tour…
_ Taisez-vous ! Je ne veux rien entendre !
_ Ma petite fille… »

Shunrei était tombée à genoux les yeux en larme. La voix du Vieux Maître disparut dans la Cascade. Pourquoi lui avait-il dit cela ? Shiryu était encore en vie ! Mais alors qu’elle regardait la constellation du Dragon, elle s’aperçut que les étoiles brillaient plus que jamais auparavant et d’une teinte rouge inhabituelle…


Les Prêtres Saliens

Mintaka vit une goutte de sang perler sur la robe blanche. Il avait réussi à toucher. Le Grand Pope, le Gardien Suprême du Sanctuaire ! Le masque se fissura de haut en bas, doucement, et les deux parties se séparèrent en tombant. Le visage du Grand Pope était enfin révélé !
Le Séphire fut surpris de l’homme qui se tenait face à lui. Du sang coulait de son front, mais il semblait avoir bien encaissé l’attaque. Ce qui l’étonnait le plus était son apparente jeunesse. Il ne devait pas avoir plus d’une trentaine d’année alors que sa sagesse semblait infinie. Mintaka s’était attendu à trouver un vénérable vieillard comme leur Maître Diomède. Des mèches aussi bleues que l’océan s’échappaient de son heaume. Le Grand Pope n’était ni surpris, ni en colère. Il n’affichait aucune émotion. Seul le calme était gravé sur ses traits de marbre. Il se leva pour la première fois de son siège et retira son casque pour dévoiler une longue chevelure azure. Il rompit le silence, mais sa voix était plus dure et plus puissante.

« Les rats qui hantent le Sanctuaire se montrent enfin. Pour vous je n’aurai aucune pitié ! »

Mintaka ne comprenait pas à qui s’adressait le Grand Pope. Regardant à droite et à gauche, le Séphire ne vit rien, mais le Gardien du Sanctuaire pointa son majeur vers deux emplacements successifs. Deux cris s’en suivirent et Mintaka distingua deux formes autour de lui. Il les reconnut sans peine : les Prêtres Saliens de Diego étaient là. Ils les avaient donc suivis durant la traversée des douze Maisons sans se faire repérer pour parvenir devant Athéna. Mintaka comprit immédiatement leur motivation et elle n’était pas des plus nobles. Ils avaient prévu de suivre les Combattants de Mars jusque devant Athéna en restant camouflés et une fois à proximité, de l’attaquer par surprise pour lui ôter la vie. Ils ne sauraient se contenter d’une simple défaite de la déesse, ils voulaient sa mort !
Mais le Grand Pope les avait démasqués. Cela expliquait sans doute qu’il ait refusé de lui laisser voir Athéna, le contraignant à attaquer. Mais dans ce cas, son attaque… Mintaka réalisa que les Prêtres étaient intervenus lors de sa précédente attaque. Sans eux, jamais il n’aurait pu toucher le Grand Pope…

Couverts de leurs capuchons les deux Prêtres s’avancèrent de quelques pas.

« Bravo Grand Pope, tu as réussi à nous repérer alors qu’aucun de tes soi-disant Chevaliers n’y était parvenu. Mais tu le dois à la faiblesse de cet homme. S’il avait été à la hauteur nous n’aurions pas eu besoin d’intervenir.
_ Vous croyez peut-être que je vous aurais laissés vous rendre devant la déesse Athéna ?
_ Peu importe dans le fond, nous savons maintenant ce que l’on cherchait. Mais dis-nous lequel des deux jumeaux es-tu ? Nous ne savions pas que des Chevaliers d’Or avaient pu éviter la mort.
_ Je suis le Grand Pope du Sanctuaire d’Athéna, maintenant subissez mon courroux ! QUE S’OUVRENT LES PORTES D’UNE AUTRE DIMENSION !! »

Mintaka vit avec effroi le cosmos du Grand Pope envahir le palais. Sa puissance ne subissait aucune comparaison avec tous ceux qu’il avait croisés jusqu’à maintenant. Même Sanosuke aurait eu du mal à maîtriser une telle force. Les bras en avant, un passage interdimensionnel d’une taille immense s’ouvrit derrière eux aspirant tout ce qui était à proximité. Mintaka se sentit emporté et incapable de résister au souffle qui le rapprochait de l’orifice, pourtant l’attaque ne lui était pas destinée et il distinguait parfaitement des courants d’une extrême violence tourbillonner autour des deux Prêtres pour les emporter.
Ces derniers psalmodiaient d’étranges paroles incompréhensibles. Leurs deux robes furent déchirées dévoilant une curieuse protection pourpre, lisse et sans signe distinctif, identique pour les deux prêtres. Malgré toute l’énergie dégagée par le Grand Pope, ils ne bougeaient pas d’un pouce comme si leurs étranges prières les mettaient hors de portée du Grand Pope alors que Mintaka luttait de toutes ses forces pour résister à la pression, mais reculait inexorablement vers le trou béant.
L’attaque cessa aussi rapidement qu’elle avait été déclenchée, mais le répit ne dura qu’une fraction de seconde ! GALAXIAN EXPLOSIONS!!

Le Séphire sentit le sol vibrer sous lui et deux déflagrations retentirent, projetant pierres et débris dans sa direction. Son Arcane encaissa la majorité des chocs, ce qui ne fut pas le cas des deux prêtres…
Lorsqu’il se tourna vers eux, il vit que cette fois ils n’avaient pu résister à l’attaque. Leur corps baignait dans le sang et leurs protections étaient parties en poussière. Malgré tout, ils souriaient toujours d’un air béat…

Le Grand Pope les englobait du regard, impassible. C’est à ce moment que retentit une nouvelle violente détonation. Elle ne provenait pas de ce palais ni de ce combat, mais de ceux qui étaient restés à l’arrière et luttaient encore. Mintaka remarqua alors la disparition de plusieurs cosmos. Ceux de Raphaël et Sanosuke avaient quitté le Sanctuaire avec leurs adversaires. Tout s’était passé si rapidement. Sans doute l’explosion ressentie était-elle en rapport avec l’un d’entre eux…

« Et oui, Grand Pope, il ne restera bientôt plus un seul de tes Chevaliers ! Ils vont tous périr les uns après les autres… Ah ahah… »

Le Grand Pope les regardait toujours, inconscient de la présence de Mintaka.

« Séphire de Malkuth, je t’ai dit comment rejoindre Athéna. Libre à toi de me croire ou pas. Quant à vous deux, vos vies n’ont plus d’importance à mes yeux et votre parcours s’arrête ici.
_ Tu crois peut-être nous impressionner ? Nous n’avons que faire de ton dédain. Bientôt Mars règnera sans partage sur la Terre et Athéna ne sera plus qu’un souvenir. Et toi samouraï, vas-tu rester planter ici encore longtemps ? Il t’a dit de passer, profites-en et trouve Athéna où qu’elle se trouve et tue-là !
_ Je n’ai aucun ordre à recevoir de vous ! Vous n’êtes rien pour moi, même si nous sommes venus par le même bateau. Je ne sais pas quels ordres notre Empereur avait reçu à votre égard. Pour ma part j’ai ordre de me rendre devant Athéna et de remporter le défi lancé par Mars, c’est tout. Si Mars désire affronter Athéna, qu’il vienne en personne !
_ Pauvre fou, tu ne comprends rien à ce qui t’entoure ? Ne crois pas connaître les pensées d’un dieu ! Tu ferais mieux d’agir comme nous te disons si tu veux garder la tête sur les épaules. Mars n’est pas un dieu qui pardonne facilement. Maintenant vas et tue-là ! »

Mintaka ne prêta pas plus d’attention aux deux hommes. Il était décidé à ne suivre que les ordres de Sanosuke. Maintenant que ce dernier avait disparu avec Gaboria et Raphaël, c’était lui le responsable de cette bataille au Sanctuaire et il était déterminé à ne pas se laisser corrompre.
La seule issue qui lui restait était celle indiquée par le Grand Pope. Il devait monter les escaliers et chercher Athéna sur la Montagne du Destin. Elle devait certainement être à l’abri quelque part.

Le Séphire s’élança à l’assaut des marches. Il vit le Grand Pope faire face aux Prêtres. Le Combat allait-il se poursuivre ? Mintaka n’aurait pas parié cher des deux espions…

Le Jardin d’Aphrodite

Zheuk et Alphyun étaient liés l’un à l’autre. Ils n’avaient encore jamais atteint ce niveau de concentration à deux. L’énergie qu’ils avaient dégagée était colossale et elle devait certainement avoir tout rasé sur son passage. Ils se regardèrent droits dans les yeux, chacun plongeant dans le regard de l’autre, partageant ses pensées puis contemplèrent le résultat de leur attaque. Sur une vingtaine de mètres, la terre avait été retournée. Il n’y restait plus rien. Ils cherchèrent des yeux leur adversaire, mais celle-ci avait également disparu.
Soudain des cris parvinrent dans leur direction. Ils virent un jeune garçon accourir en criant le nom de Marine. Il ne leur porta pas le moindre intérêt et se précipita derrière un rocher où il releva le corps de Marine. Des plaies ouvertes laissaient s’échapper sa vie. Oojiro prit le corps de son maître entre ses bras en pleurant, et commença à concentrer un faible cosmos.
Ce garçon n’était pas de taille à inquiéter les combattants de Mars. Zheuk et Alphyun perçurent faiblement le cosmos de Marine. Ainsi elle n’était pas encore morte, mais en était proche. Ils comprirent que l’apprenti essayait de la sauver grâce à con cosmos, mais avec la faible énergie qu’il dégageait, il n’avait aucune chance d’y arriver. L’état de Marine demandait des soins d’urgence. Qu’importe, ils avaient accompli leur devoir et devaient maintenant se rendre auprès du Grand Pope. Le Chevalier de l’Aigle n’était plus une menace pour personne. Zheuk et Alphyun plongèrent à nouveau dans le regard l’un de l’autre, y puisant leur force et se mirent en direction du Palais Suprême.

Marine se sentait voguer, calmement, en direction du royaume des morts. Elle ne ressentait plus aucune douleur. Que s’était-il passé un instant auparavant ? Elle ne s’en souvenait pas et cela semblait d’ailleurs sans importance. Au fond d’elle une seule idée dominait, elle allait retrouver ceux qu’elle aimait. Après tant d’années, elle était enfin délivrée. Elle avait donné le meilleur d’elle-même, mais combien cela avait été dur !
Le sanctuaire, quelques jours après la fin de la guerre la plus importante qu’il n’ait jamais livrée, ressemblait à un tombeau. Personne ne se sentait le cœur à rire, même si le mal était vaincu. Il y avait eu bien trop de morts pour y arriver, et Athéna elle-même les avait abandonnés. Que devaient-ils faire ? Tout le monde s’était tourné vers Marine, lui demandant des conseils, l’exhortant à reprendre les choses en main, mais Marine en était incapable. Cette guerre lui avait volé les personnes les plus proches : son disciple, et le seul amour de sa vie.
Bien sûr elle s’y était attendu, leur monde n’était-il pas cruel ? N’avaient-ils pas tous dédié leur vie à Athéna ? Oui, mais Marine ne pouvait surmonter cette épreuve. Son masque cachait toute émotion et elle s’efforçait comme toujours d’être forte en présence des autres, mais en vérité elle était abattue. La vie l’avait abandonnée. Et puis les jours avaient passé, avec le retour des rescapés de la guerre, les Chevaliers divins, tout le monde avait voulu être gais, mais le cœur n’y était pas.
Maintenant Marine sentait sa vie couler entre ses doigts. Son moment était également venu de les rejoindre tous…
« Marine ! Marine ! »
Quelle était cette voix ?
« Marine, tu n’as pas le droit de te laisser aller !
_ Seiya ? Est-ce toi ?
_ Marine, ne te souviens-tu pas de ce que tu m’as toujours enseigné ? Athéna compte sur toi ! Tu dois la protéger, elle et la Terre, quoiqu’il arrive ! Même si ton corps est recouvert de blessures, le cosmos, lui, est immortel !
_ Seiya… Je viens te rejoindre…
_ Ton moment n’est pas venu.
_ Aiola ! Est-ce toi ? Mon amour…
_ Comment peux-tu baisser les bras maintenant ? Vas-tu laisser ces combattants parvenir devant le Grand Pope ? Toi, un Chevalier d’Athéna ? Tu n’as pas le droit de te laisser aller ainsi. Moi Chevalier d’Or du Lion, j’ai donné ma vie à Athéna. J’ai combattu jusqu’aux Enfers. Tu dois te relever !
_ Aiola… »
Le cœur de Marine pleurait, enfin… Elle se laissait aller à déverser toute sa peine, celle qu’elle retenait depuis des années…
« Marine !
_ Qui… qui est-ce… ? Cette bonté, cet amour…
_ Marine, relève-toi ! Je te fais confiance chevalier. Tu ne m’as jamais abandonnée et je ne vous abandonnerai pas.
_ Athéna ?
_ Une mission m’a été confiée et je ne peux revenir vers vous, mais jamais je ne vous abandonnerai ! Vous êtes les Chevaliers de l’Espoir. Tu dois empêcher Arès d’accomplir son projet.
_ Athéna…
_ Je ne suis pas seule à compter sur toi. Ne ressens-tu pas cette chaleur qui t’appelle sur Terre ?... »
Cette chaleur, cette aura… de qui provient-elle ? Marine avait l’impression de la connaître, mais n’arrivait pas à mettre un nom dessus… Seiya… Non, ce n’était pas lui… Et puis elle se souvint…
Il y a cinq ans, au Japon. Elle marchait sur les pas de Seiya avec sa sœur, aussi inconsolable qu’elle. Et puis ils étaient allés voir Milène et elle avait fait la connaissance de ce jeune garçon qui n’arrêtait pas de parler de son défunt disciple. Oojiro… Quand elle l’avait vu, elle avait revu Seiya. Il possédait la même fougue. Elle n’avait pas pu résister à en faire son nouveau disciple. Un remplaçant pour Seiya… Mais elle devait se rendre à l’évidence. Ils étaient tous les deux bien différents. Ce jeune garçon l’avait sortie de sa morosité. Marine s’était à nouveau senti revivre. Elle l’avait entraîné et il avait fait d’énormes progrès, plus que Seiya en son temps…
Et maintenant, c’était lui… Oui c’était Oojiro qu’elle ressentait auprès d’elle ! Ce jeune garçon sur Terre, il l’appelait de tout son cosmos. La chaleur dont il l’enveloppait était si tendre… Marine n’avait pas le droit de l’abandonner. Il comptait encore sur elle pour l’entraîner. Comment pouvait-elle se réclamer son maître, si elle était incapable de se sublimer à son tour ? Elle n’avait pas le droit de mourir. Tous comptent sur elle. Seiya, Aiola, Athéna et Oojiro ! Pour eux, elle reviendrait à la vie !...


Oojiro était agenouillé près de Marine. Il avait concentré son cosmos au maximum, mais cela semblait inutile. Il sentait la vie disparaître de son maître, la personne qu’il respectait le plus dans ce monde… Comment pouvait-elle mourir ?
Des larmes coulaient sur son visage, des larmes amères. Ces deux combattants venaient de lui enlever tout ce qu’il avait. Il leur jeta un regard mêlé de haine. La colère montait en lui, il ne pouvait leur pardonner. Oojiro serrait le poing. Il se releva brusquement, toujours entouré de son aura bleutée.

Zheuk et Alphyun ressentirent également cette énergie qui se dégageait derrière eux. Ils s’arrêtèrent et se retournèrent. Oojiro brillait au loin. Ils n’avaient aucune envie de se battre contre lui, il n’était pas de taille, mais comment refuser à cet apprenti la vengeance qu’il réclamait ?
Le cosmos d’Oojiro explosa. Zheuk et Alphyun pouvait parfaitement en ressentir la puissance, supérieure à celle d’un Chevalier de Bronze. Serait-il malgré tout une menace ? Le jeune garçon se précipita sur eux. Mais il était trop lent. Zheuk s’écarta un peu alors qu’Alphyun faisait face à l’apprenti. Le cosmos des deux hommes entra en collision dégageant une brusque secousse. Zheuk observait la scène. Oojiro avait le bras tendu, le poing dans la main d’Alphyun. Le Keroubim de Mumiah avait arrêté la violente attaque de l’apprenti d’un seul geste.
Une vague de puissance s’échappa de ce même poing et Oojiro fut propulsé à la renverse. Des larmes coulaient sur ses joues, sa douleur était perceptible à travers son cosmos, mais l’aura qui l’entourait avait disparu. Alphyun n’avait pas utilisé toute sa force. Il avait juste repoussé Oojiro grâce à l’énergie du garçon. Mais l’apprenti était encore inexpérimenté. Il n’avait pas su utiliser le dixième de la force qu’il venait de dégager et son attaque était loin d’inquiéter un vrai chevalier.
Alphyun et Zheuk se retournèrent de nouveau. Il n’y aurait aucune gloire à battre ce jeune garçon. Pourtant derrière eux Oojiro brûlait à nouveau son cosmos. Il combattrait jusqu’au bout pour venger Marine.
Cette fois ce fut Zheuk qui réagit. Ses cheveux blancs entourant son visage s’élevèrent dans les airs. Il se retourna et créa une boule d’énergie pure entre ses deux mains. Lorsqu’elle entrerait en collision avec son adversaire, une explosion aurait lieu, décuplée par la rencontre des deux forces.
Oojiro avait pris la même pose. Il ne possédait pas de technique de combat et ne pouvait qu’imiter imparfaitement ce que les autres faisaient.

Alphyun regardait les deux combattants. L’apprenti ne se relèverait pas de cet assaut. Son énergie était insuffisante pour contenir celle de son frère, il allait se prendre la déflagration de plein fouet et l’explosion serait violente. Mais quelle était cette autre force qu’il sentait à présent ? Marine !
Alphyun n’en revenait pas ses yeux. Le Chevalier de l’Aigle qu’ils venaient de vaincre était en train de se relever. Zheuk ne l’avait pas vu, tout à la préparation de son attaque. Alphyun n’eut pas le temps de le prévenir. Oojiro et Zheuk venaient de lancer simultanément leur attaque.

Une puissante explosion retentit qui ne détruisit qu’un peu plus ce qui restait de la roseraie d’Aphrodite. Alphyun dut se couvrir les yeux un instant. Quand il les rouvrit, son frère se trouvait toujours à côté de lui, en position d’attaque. Il se remit dans une position normale, mais son regard aveugle restait fixé devant lui, une expression d’incompréhension sur son visage. Alphyun remarqua que du sang coulait du bras de son frère et que l’Arcane de Haiel était fissurée sur tout son avant bras. Comment cela était-il possible ? Il regarda vers Oojiro qui devait être mort sous le choc…

Mais Oojiro se tenait également debout, son visage aussi surpris que celui de Zheuk. Entre eux deux se tenait Marine. Elle retenait de ses deux bras tendus l’énergie que le Keroubim avait projetée contre Oojiro. Ainsi donc elle avait réussi à se déplacer et à contrôler son attaque. Son frère avait dû affronter l’énergie d’Oojiro qui n’avait pas été percutée par sa propre attaque. Il ne s’y était pas attendu et son Arcane avait tout encaissé.

Marine leva les bras au ciel et y fit disparaître la boule d’énergie. Elle paraissait épuisée, le souffle court en face de Zheuk. Alphyun remarqua quelque chose à laquelle il n’avait pas fait attention. Le visage de Marine était à l’air libre. Son masque avait dû être détruit lors de leur précédent affrontement. Alphyun pouvait voir à quel point elle était jolie. Pourquoi se cacher ainsi ? Oojiro s’élança vers elle.

« NON Oojiro !
_ Maître…
_ Oojiro… je dois te remercier… Tu m’as permis de revenir dans ce monde. Mon combat avec les combattants de Mars n’est pas terminé. Je te demande de ne pas t’en mêler. Tu n’es pas encore prêt pour cela !
_ Mais…
_ Oojiro ! Fais-moi confiance. Je vais les vaincre et te donner ici ta dernière leçon. Regarde bien ce combat ! Maintenant va te mettre à l’écart. »

Oojiro obéît. Zheuk se rapprocha d’Alphyun, prêt à lutter.


L’Ultime Dragon

Le Chevalier du Dragon et l’Empereur de l’équilibre se faisaient à nouveau face. Ils étaient entourés de leur aura concentrée à leur maximum et des éclairs ne cessaient de parcourir ces deux énergies contradictoires. Shiryu avait les yeux grands ouverts sur son opposant. Il n’avait plus le choix pour venir à bout de lui, de même que Sanosuke se devait de tenter l’impossible. Leur combat allait prendre fin d’une minute à l’autre, ils le savaient tous les deux. Shiryu pensa une dernière fois à son rôle de Chevalier, à Dokho, son maître, à Shunrei, la femme de sa vie qu’il allait laisser derrière lui…

Ils s’étaient relevés de leur dernière attaque. Les coups avaient encore fusés entre eux. Leurs corps étaient meurtris et ils perdaient une quantité impressionnante de sang, tant sous les coups de leur adversaire qu’en mobilisant leurs ressources dans des attaques fulgurantes.
La onzième heure s’était éteinte depuis plusieurs minutes.
Puisqu’aucun d’eux n’était capable de surpasser l’autre par leurs attaques ordinaires, même sans leurs armures, ils allaient devoir tenter le tout pour le tout et dans cet ultime affrontement, les deux seraient sans doute amenés à perdre la vie…

Des éclairs jaillirent entre eux. Des souvenirs remontaient dans l’esprit de Sanosuke. L’entraînement que lui avait prodigué Diomède, son père. Du moins c’est ainsi qu’il l’avait toujours considéré. Il lui avait enseigné tout ce qu’il savait. Il y avait encore tant de choses que Sanosuke n’avait pas connues et qu’il ne connaîtrait jamais.
Le camp d’entraînement des Monts Kouen Louen avait été son logis, son environnement pendant toutes ses années. Puis il y avait eu sa rencontre avec Mars et il avait revêtu l’Arcane de diamant de l’Équilibre, et enfin ce combat au Sanctuaire. Il aurait dû se dérouler facilement, mais les adversaires étaient beaucoup plus forts qu’ils ne l’avaient cru. Sanosuke avait vite compris que les forces soi-disant réduites du Sanctuaire étaient encore exceptionnelles. A chaque Maison il avait perdu des compagnons. Il ne restait maintenant quasiment personne des vingt-deux Combattants qui avaient mis pieds au Sanctuaire. Et lui-même était amené à disparaître dans les secondes à venir…

Le vide se fit dans leur esprit, ils avaient dit adieu à ce monde. Leurs cheveux étaient maintenant aussi blancs que le lait le plus pur. Plus rien ne comptait en dehors de leur adversaire sur qui toute l’attention était mobilisée. Leurs deux protections brillaient comme jamais, entièrement en accord avec leurs porteurs.
Le temps s’arrêta.

« L’ULTIME DRAGON !!
EMPEROR JUSTICE !! »

Leur cosmos explosa.


L’Armure de l’Aigle

« Marine, je vois que tu as plus de ressources que nous n’aurions cru. Mais cela ne te servira à rien, regarde l’état dans lequel tu te trouves. Ton corps se vide de son sang. Bientôt tu seras morte sans que nous n’ayons rien à faire. Tu ne pourras jamais résister à notre prochaine attaque.
_ Savez-vous pourquoi les femmes chevaliers portent un masque ? Le sens de l’honneur des hommes leur interdit de porter la main sur une femme par respect. Elles n’avaient donc pas le droit de se battre. Athéna nous a permis de nous entraîner et de devenir aussi fortes que les hommes. Cependant, être Chevalier a un prix. Nous devons porter un masque en permanence, et cacher notre féminité comme une honte. Il n’y a que deux choix pour une femme chevalier dont un homme a vu le visage. Elle doit l’aimer ou le tuer. Maintenant je vais devoir vous tuer. Mais apprenez encore autre chose avant de mourir. Je suis le Chevalier d’Argent de l’Aigle et pourtant je ne possède qu’une armure très partielle, qui ne me protège pas comme les autres armures d’argent. Pour vous, je vais revêtir l’armure d’argent de l’Aigle complète que je n’ai portée qu’une seule fois dans ma vie. Elle me permettra de vous porter une attaque dont vous ne vous relèverez pas ! »

Oojiro contempla le cosmos impressionnant qui se dégageait de son maître. Jamais il ne l’avait encore vu développé à ce point. Marine lui semblait invulnérable et qu’avait-elle dit ? Elle allait revêtir l’armure d’argent de l’Aigle ?
Une étincelle jaillit du corps de Marine et s’éleva au dessus du Sanctuaire. Une armure apparut devant Marine. Il s’agissait bien de l’armure d’argent de l’Aigle ! Elle était resplendissante et en harmonie avec son porteur. En un clin d’œil elle recouvrit le chevalier. La protection qu’elle offrait n’était pas aussi parfaite que celle des chevaliers d’Or, mais Marine dégageait maintenant une force prodigieuse.

Elle se précipita sur Zheuk et Alphyun. Ces deux derniers pris par surprise ne purent parer aucun des coups de l’Aigle et churent au sol. Le combat venait de reprendre.
Aussitôt, ils se volatilisèrent et réapparurent près de Marine attaquant simultanément. L’armure de l’Aigle supporta sans problème les coups. Marine se jeta à son tour sur eux.
Oojiro avait du mal à suivre la succession d’attaques qui dépassaient la vitesse normale des chevaliers d’argent. Aucun des deux camps ne parvenait à prendre l’avantage. Les attaques de Marine étaient parées ou touchaient le vide. Certaines cependant endommageaient un peu plus les Arcanes des deux Keroubims, mais la réciproque était aussi vraie. Marine avait du mal à attaquer et se défendre en même temps contre deux adversaires. Oojiro était fier. A elle seule, elle tenait tête à deux des plus puissants combattants de Mars !

Il jeta un coup d’œil en direction de l’horloge du Sanctuaire. La flamme de la onzième maison venait de s’éteindre. Il ne restait maintenant plus qu’une heure aux combattants de Mars pour parvenir devant la statue d’Athéna. Oojiro se demanda ce qui était arrivé au guerrier qui avait pu franchir la Maison des Poissons et se rendre devant le Grand Pope. Il devait l’avoir arrêté, personne ne pourrait venir à bout de lui.

Des pas résonnèrent dans sa direction. Nusakan avançait péniblement vers lui. Comment cela était-il possible ? L’Ishim avait réussi à se remettre du coup de Marine. Puisqu’il était là, Oojiro serait contraint de le stopper à son tour. Il n’était certes pas encore un vrai chevalier, mais Nusakan paraissait très faible après avoir affronté Marine et il pourrait certainement en venir à bout sans trop de difficultés. Du moins il l’espérait…

Au même moment une onde de détonation se propagea depuis la maison du Scorpion. Tous tournèrent leur regard dans cette direction.

Libérant une énergie monumentale, la Maison du Scorpion trembla puis se désagrégea ! Le toit disparut, complètement soufflé alors qu’une boule de feu s’élevait à travers le ciel. A l’intérieur de cette boule d’énergie, Shiryu agrippait dans ses bras L’Empereur de l’Equilibre qui se laissait emporter, entièrement à son attaque mentale. Shiryu avait perdu toute capacité cérébrale. Son esprit était vide en dehors d’une unique pensée. Emporter cet Homme avec lui et le désintégrer. La température de leurs corps avait atteint la limite de résistance...

« Le Grand Pope : NON SHIRYU !! »
« Shunrei : SHIRYUUUU !! »

Une comète s’éleva dans la nuit et disparut dans l’espace. Deux autres étoiles s’élevèrent de la Maison du Scorpion et s’envolèrent à leur tour. Tout le Sanctuaire était ébranlé par l’énergie qui s’était dégagée de la Maison du Scorpion. Oojiro contemplait éberlué les restes en ruine du Temple du Scorpion.


Mars arrive !

Le Grand Pope était à nouveau assis sur son trône, la tête nue. Devant lui deux hommes à l’état pitoyable et sanguinolent attendaient.

« Ils se sont autodétruits. Tu as laissé passer le dernier Séphire. Plus personne ne peut plus nous arrêter. Tu sais ce que cela veut dire ? Athéna a perdu. Mars a gagné son défi ! »

Le Grand Pope ne leur répondit pas, indifférent à leur présence. La disparition de Shiryu dépassait ses pires craintes.

« De toute façon il est trop tard pour elle… Ahahahhh… Mars va arriver d’une minute à l’autre au Sanctuaire. Il se rapproche et quand il sera là, il balayera vos dernières résistances. Même toi, tu ne pourras rien contre lui ! »

Le Gardien Suprême maintenait sa concentration, empêchant les deux espions de faire le moindre geste : fuir ou se camoufler. Ils étaient bloqués ici et en avaient conscience. Ils n’avaient plus qu’à attendre l’arrivée prochaine de Mars…

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