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Cette fiche vous est proposée par : Dyvimm


Le Jugement dernier

La Croix de Dieu…

Hyoga attendait, ébloui par ce qu’il voyait. La statue de glace qu’était devenu Raphaël s’était mise à briller et renvoyait des volutes de lumière sur les parois gelées de la demeure de Camus.
La glace recouvrant le corps du Séphire se mit à perler à grosses gouttes. Si Hyoga n’avait jamais douté de l’issue de ce combat depuis l’arrivée du Séphire, il commençait à évaluer différemment son adversaire. Ce dernier avait de toute évidence, trouvé en lui des raisons de se battre et prenait pleinement possession de son septième sens. Cela lui rappelait un vague souvenir, lorsqu’il s’était retrouvé nez à nez avec Milo, le Chevalier d’Or. Sa puissance était redoutable et pourtant il l’avait vaincu. Des questions se formaient dans son esprit. Qu’est-ce qui poussait cet homme à se battre au-delà de ses limites ?

Raphaël était debout face à lui, les yeux ouverts et regardait Hyoga.

« Je suis surpris de te voir à nouveau prêt à te battre après tous les dommages que tu as subis. Tu as quasiment perdu ton armure et tu es plus mort qui vif. Pourtant tu dégages plus d’énergie que précédemment. Qu’est-ce qui te fait lutter ainsi ? Crois-tu réellement dans les bonnes intentions de Mars ?
_ Chevalier d’Athéna, je dois te remercier. Grâce à toi j’ai compris que les raisons qui me forçaient à t’affronter n’étaient pas les bonnes.
_ Tu reconnais donc que Mars ne cherche que le pouvoir ?
_ Je ne sais pas ce qu’il cherche, mais je sais que les Chevaliers d’Athéna sont assez puissants pour protéger la Terre et j’en veux pour preuve l’échec de l’ascension de son Sanctuaire malgré le nombre de Combattants que nous étions à notre arrivée. Cependant, notre affrontement à maintenant un autre sens qu’il me faut découvrir et c’est pour cela que je suis prêt à mourir.
_ Attends, c’est ridicule ! Pourquoi combattre si tu reconnais les mauvaises raisons de Mars ?
_ Ce n’est pas pour lui que je me battrai, mais pour MON dieu, qui n’est pas de ce monde !
_ Très bien, puisque je ne peux te raisonner, alors je t’affronterai, non plus comme un Berseker, mais comme un Chevalier. En garde ! »

Les deux Chevaliers se faisaient face, Hyoga développant autour de lui une cosmo-énergie en volutes blanches entrant en interaction avec celle bleutée de Raphaël.

« LE TONNERRE DE L’AUBE !!
_ HOLY CROSS !! »

Les bras en croix, un éclat blanc jaillit du corps de Raphaël dont les cheveux ondulaient sur sa nuque. Hyoga avait déclenché une violente tempête glaciale vers son adversaire.
Le courant gelé de Hyoga s’enroula autour de l’attaque de Raphaël, mais sans parvenir à la maîtriser. Celle-ci s’amplifiait et réussit à en inverser le flux. Le Chevalier du Cygne dut lutter contre l’effet combiné de sa propre attaque et de celle du Séphire. Il était incapable de résister au flux d’énergie et se trouva emporté par les éléments foudroyants. Son Armure divine eut du mal à encaisser l’attaque et lorsque Hyoga s’effondra sur le sol de la Maison après en avoir heurté les murs, des craquements se firent entendre.

Raphaël vit le Chevalier du Cygne au sol après cette attaque titanesque. Le bustier de son Armure était pour la première fois parcourue de fissures et Hyoga saignait abondamment au niveau du torse. Le Séphire n’avait pas le droit à une seconde d’hésitation s’il voulait prendre l’avantage. Il s’élança dans les airs et appela à nouveau la CROIX SACREE. Au dernier instant un pendentif brillant au cou de son adversaire retint son attention…

Le Chevalier d’Athéna était toujours sous le choc de l’attaque précédente qu’à nouveau Raphaël frappait. Il savait qu’il ne pourrait pas encaisser deux fois de suite cette attaque sans se défendre et le bouclier du Cygne n’était pas en mesure d’arrêter les coups qui n’avaient rien à voir avec les précédents. Il invoqua son énergie devant la paume de ses deux mains et gela l’air pour former un bouclier aussi résistant que le cercueil de glace. La protection explosa sous le choc, créant de multiples projectiles glacés qui vinrent impacter son corps.
Raphaël n’était qu’à quelques enjambées du chevalier, le poing prêt à frapper, profitant de son élan pour transpercer le cœur de son adversaire. Quelques mètres, quelques décimètres…
Hyoga voyait fondre sur lui le Séphire de Tiphéreth et savait qu’il n’avait aucun moyen de l’arrêter. Si son Armure l’avait protégé des aiguilles de glace, les parties découvertes de son corps avaient été lacérées et il n’avait plus assez de temps ni d’énergie pour contrer Raphaël.
Le temps ralentit subitement autour de lui, englobant le Chevalier du Cygne et le poing tendu de Raphaël. Les deux adversaires s’observaient les yeux dans les yeux. Hyoga ne comprenait pas ce brusque ralentissement. Devant ses yeux passèrent l’image de la Princesse d’Asgard, de sa mère, de son maître, puis celle de Seiya. Allait-il retrouver ses amis et perdre son amour naissant pour Freiya ? Avait-il perdu ce combat ? Toute déception et toute colère le quittèrent. Il n’avait pas de ressentiment contre Raphaël. Il savait que celui qui s’apprêtait à lui prendre la vie avait profondément changé et qu’il ne désirait plus emprisonner les Hommes. Il savait que sa déesse luttait en ce moment-même pour offrir à tous les Hommes une mort décente et qu’il la retrouverait bientôt ainsi que sa mère. Il ne s’était pas laissé abattre et avait lutté jusqu’au bout. Sa défaite n’avait plus d’importance…

« Hyoga !... Non Hyoga, tu n’as pas le droit de mourir, tu te mens à toi-même ! Tu n’as pas tout fait pour gagner ce combat, cette défaite est indigne de mon enseignement. Que t’ai-je appris ?
_ Maître Camus ? Que dites-vous ?… »

Mais Hyoga n’eut pas l’occasion de poursuivre cette discussion. Le temps qui s’était contracté se détendit soudain comme un ressort. Raphaël qui avait assisté impuissant à la décharge de cosmo-énergie venue de Hyoga, qui avait englobé leurs corps à tous les deux et stabilisé son bras à quelques centimètres de la poitrine de son adversaire, sentit son immobilisation prendre fin. Son poing partit vers la poitrine de Hyoga comme s’il n’avait jamais été arrêté.

… Quelques millimètres… BANG !!

Une explosion venait de se produire au niveau de la poitrine de Hyoga. Le Chevalier du Cygne regardait avec étonnement le Séphire de Tiphéreth, droit dans les yeux. L’incompréhension était lisible dans son regard. Le combattant était également abasourdi et bloqué dans cette position.
Son poing s’était arrêté contre le buste de Hyoga, à l’emplacement de son cœur. Raphaël retira sa main. Il avait eu toutes les peines du monde à stopper son mouvement au moment où il avait aperçu le pendentif de Hyoga. Celui-ci se révéla aux yeux des deux Chevaliers. Le rosaire s’était libéré sur la peau du Chevalier, la croix que lui avait remise sa mère avant de mourir auquel était entremêlé le pendentif donné par la Princesse Freiya.

« Mais que… »
Raphaël était incapable de parler et se recula de quelques mètres. Il avait vu au dernier moment le symbole que portait le Chevalier d’Athéna et était incapable de porter la main sur lui.

« Pourquoi portes-tu cette croix ? N’es-tu pas un Chevalier d’Athéna ? Comment peux-tu croire en Dieu ? »
Hyoga baissa le regard sur le bijou.
« Ce rosaire m’a été offert par ma mère au moment de sa mort. Le dieu auquel elle croyait n’était pas cruel et avide de pouvoir. C’est un dieu d’amour venu sur Terre pour sauver les Hommes.
_ Mais Athéna n’est pas ce Dieu là !
_ Non. Athéna est une autre déesse, mais comme Dieu, elle se bat pour sauver les Hommes et les protéger de la folie des autres. Aimer Dieu et servir Athéna n’est pas contradictoire. Serait-ce également le dieu que tu m’as dit vouloir servir il y a quelques instants ? »
Raphaël opina.
« Alors j’aurais pu mourir tranquille de ton attaque… »

Les deux adversaires se jaugeaient, Hyoga assis au sol et Raphaël debout devant lui. Aucun ne savait plus quelle attitude adopter vis-à-vis de l’autre.

« Il semblerait que nous ayons plus de points communs que nous le pensions…
_ Comment quelqu’un comme toi a-t-il pu se mettre au service de Mars ?
_ Tu ne comprends donc pas ? Toute cette bataille n’est qu’une vaste supercherie. Mars n’est pas ici pour les bonnes raisons et Athéna ne peut s’entêter à vouloir diriger seule la survie de ce monde.
_ D’autant plus qu’elle ne s’y trouve plus…
_ Quoi ?… »

Hyoga détourna les yeux. Il avait parlé trop vite, mais Raphaël ne lui apparaissait plus comme un ennemi. Ils avaient tous les deux choisi de servir le même Dieu de manière différente. Mais son devoir de Chevalier, qui plus est de Chevalier Divin, l’obligeait à arrêter ici le Séphire et à l’empêcher d’atteindre le Grand Pope. Hyoga repensait à son maître et curieusement sa propre situation lui apparut identique à celle de Camus lorsqu’il avait arrêté Hyoga dans la Maison du Verseau.
Lui-même était perdu. Athéna avait-elle raison de s’opposer à l’établissement d’un nouvel ordre protecteur sur Terre ? De là où elle était, elle ne pouvait plus aider les Hommes. Certes Mars ne devait pas non plus la remplacer…

Hyoga n’avait plus qu’une seule voie pour connaître la justesse de son action et savoir ce qu’il devrait faire. Raphaël n’était plus un adversaire, mais seul un affrontement total entre eux leur permettrait de comprendre et de sortir de cette impasse. Leur mort ou leur victoire serait la solution à leur problème. Hyoga comprenait également l’intervention de Camus. Il n’avait pas encore investi toutes ses forces dans ce combat, comptant en priorité sur sa supériorité, mise à défaut. Il avait sous-estimé son adversaire et devait se l’avouer : Raphaël, Séphire de Tiphéreth n’était pas le moindre des Guerriers de Mars, loin de là. S’il désirait maintenant gagner, il devrait utiliser l’attaque ultime de son Maître…


Raphaël commençait à entrevoir une autre réalité : Athéna, la déesse qu’ils devaient rejoindre coûte que coûte ne se trouvait pas au Sanctuaire. Mars les avait envoyés sans raison sinon décimer la chevalerie d’Athéna. Son but n’était pas de protéger la Terre, mais d’en éliminer les protecteurs actuels…
D’un autre côté, Athéna était incapable de s’opposer à lui. Et si elle était morte dans sa dernière bataille contre Hadès ? Les Chevaliers d’Athéna n’avaient donc plus aucune légitimité pour leur rôle. Ils s’entêtaient à faire ce pour quoi ils avaient été élus en dépit de toute autre considération. Se battre, voilà quelle était leur seule raison de vivre. Avoir de formidables pouvoirs sans pouvoir s’en servir…
Raphaël ne savait plus distinguer la justice de l’injustice. Qui des deux était dans le droit chemin ? Hyoga était rempli de bonnes intentions, mais il était dirigé comme tous les Chevaliers de ce Sanctuaire par le fameux Grand Pope qu’il avait entendu en arrivant sur cette île. Seul cet homme pourrait lui apporter une réponse à ses interrogations.
Raphaël comprenait qu’il était à présent obligé de continuer son ascension pour se rendre devant le Grand Pope et lui poser les bonnes questions. Quelle que soit son estime pour le Chevalier du Cygne, il devrait se battre contre lui jusqu’au bout !


Les deux adversaires se regardèrent à nouveau sans parler. Chacun avait compris que ce combat devait se finir par la mort de l’un d’entre eux, et chacun s’y était résolu.


Un défi pour l’équilibre


Palais du Gardien suprême du Sanctuaire d’Athéna : un homme masqué semblait en léthargie dans son temple. Immobile sur son trône, le souverain n’était pourtant pas inactif. Une faible lueur s’élevait au dessus de lui, signe d’une intense méditation. Il avait suivi à distance l’avancée de toutes les troupes de Mars dans les douze Maisons du Sanctuaire. Mais son esprit était pour le moment occupé à suivre ce qui se déroulait dans les Maisons de la Balance et du Scorpion. Il avait perçu le réveil de l’Empereur de Mars, faisant peser une véritable menace sur le Sanctuaire. Il ne devait pas parvenir jusqu’à lui sans quoi le Sanctuaire d’Athéna était perdu. Il n’avait fallu qu’un coup de pouce au Chevalier du Dragon pour que celui-ci revienne à lui. Seul le Grand Pope n’y serait pas parvenu, mais il semblait qu’une autre force l’ait assisté et Shiryu s’était remis sur pieds.
L’Empereur gravissait les marches vers la Maison du Scorpion et le retard de Shiryu devait être vite comblé. Le Grand Pope avait donc prévenu l’entrée du Combattant de mars dans la Maison du Scorpion. Utilisant des ressources dont il était le seul à disposer, il avait de nouveau piégé Sanosuke dans la Maison du Scorpion, de même qu’il l’avait déjà été dans la Maison des Gémeaux et de la Vierge. Shiryu avait pu le rattraper…


Maison du Scorpion.



« Attends ! »

Sanosuke ralentit son allure. Il ne pourrait pas se défaire de son poursuivant. Leur combat devait se terminer un jour, et puisque leur affrontement dans la Maison de la Balance n’avait abouti à rien, il lui fallait se résoudre à l’achever dans la Maison du Scorpion.
L’Empereur s’arrêta totalement, son katana à la main et se retourna vers Shiryu.

« Nous n’en avons pas terminé tous les deux !
_ Shiryu, ce combat ne mène à rien ! Nous avons tous les deux utilisé nos techniques les plus puissantes sans venir à bout l’un de l’autre.
_ Cela ne te donne pas le droit d’avancer davantage dans ce Sanctuaire. »

Les deux ennemis avaient l’impression de rejouer une pièce déjà vécue. Seul le décor avait changé. La disposition des piliers, leur ornement, les quelques fresques sur les murs étaient différents, mais les protagonistes restaient identiques.

« Après la Maison de la Balance, devrons-nous détruire celle du Scorpion ? Je suis surpris de voir qu’elle est encore intacte, on dirait qu’elle n’a jamais subi de combats. »

Shiryu repensait à son ami Hyoga. Il sentait son frère combattre dans la Maison de son maître. Celle du Scorpion lui avait permis d’atteindre pour la première fois le septième sens face à Milo.

« Cette bataille touche à sa fin et vous n’êtes toujours pas parvenus devant Athéna. Reconnais ta défaite et pars ! »

Sanosuke partit d’un rire tonitruant.

« Tu te moques de moi ! Mes hommes viennent de franchir la Maison des Poissons. Athéna a perdu. Quand bien même nous n’arriverions pas devant elle, tous ses Chevaliers ont été éliminés. Ce Sanctuaire est maintenant anéanti et aussi fragile qu’un enfant qui vient de naître. Mars a gagné.
_ Je suis toujours là et d’autres Chevaliers combattent encore. Je suis sûr de leur victoire. Comment quelqu’un comme toi peut-il se réjouir de la victoire de Mars ?
_ Tu ne comprendras jamais ce qui nous anime, nous ses Combattants. Tu as toujours vécu entouré d’amour, de repères. Tu as toujours eu quelqu’un sur qui compter. Nous autres, nous sommes des parias pour le reste de l’humanité. Rejetés, abandonnés, nous avons dû nous en sortir pas nous-mêmes.
_ Et tu appelles justice ton désir de vengeance ?
_ Tu restes aussi borné que les autres… Le monde n’est pas séparé en deux catégories, les bons et les méchants. C’est ta vision manichéenne qui fait de moi l’homme à abattre. Mars n’en veut pas à l’humanité. Nous ne lui portons aucune rancœur, aucun jugement. Nous désirons simplement être des guides à son épanouissement. Si tu n’as pas remarqué que les Hommes ne croient plus en rien, c’est que tu es aveugle à ceux qui t’entourent.
_ Si les Hommes n’adorent plus les dieux et autres idoles, c’est peut-être parce qu’ils ont grandi et découvert la liberté d’agir par eux-mêmes, liberté qu’Athéna leur a accordé et dont elle est la garante !
_ C’est bien ce que je disais. Tu es tellement déconnecté du reste des Hommes. Avoir combattu pour Athéna face à des tyrans qui désiraient annihiler l’humanité a complètement obscurci ton jugement. Les guerres comme la Seconde Guerre Mondiale, l’avènement de la bombe atomique, la soumission économique de peuples entiers pas d’autres, la famine, la montée du fanatisme religieux et la discrimination de certains face aux puissants, voilà ce vers quoi a conduit ta fameuse liberté procurée par Athéna. Cela ne peut pas continuer ainsi sans quoi ce monde s’anéantira de lui-même dans quelques décennies. Est-ce ce que tu cherches ?
_ Je veux que les Hommes soient libres de s’aimer les uns les autres ! La nature humaine possède sa part de noirceur, mais tout n’est pas aussi sombre que tu veux le faire croire. Les Hommes s’entraident, se développent et s’aiment. Il n’y a jamais eu autant de paix sur Terre qu’aujourd’hui.
_ Comment être aussi sourd à la détresse de l’humanité ? La paix que tu évoques a été remplacée par d’autres moyens d’assujettissement. Les Hommes ne savent plus qui croire ni vers qui se tourner. Les plus démunis sont sans ressource face aux autres. Les Hommes ne peuvent s’en sortir seuls. La seule solution est de leur proposer un guide qui les éclairera.
_ Et tu penses que Mars, dieu de la Guerre est ce guide ? Dois-je te rappeler toutes les exactions commises de sa part dans le passé ?
_ Parce que tu y étais ? Shiryu, tu n’es pas un mauvais homme mais tu dois ouvrir les yeux. Mars n’est ni Hadès, ni Poséidon ! N’as-tu pas compris ce qui s’est passé ici-même au Sanctuaire ? N’as-tu pas vu jusqu’où la cupidité des Hommes et des puissants peut les mener ? »

Shiryu tressaillit un instant. Il avait déjà eu l’occasion de réfléchir à sa cause et de renouveler son attachement aux valeurs d’Athéna. Tous ses précédents adversaires lui avaient également opposé cette vision pessimiste de l’humanité. Shiryu avait toujours trouvé en lui les réponses qui convenaient. Mais aujourd’hui, seul, les arguments de l’Empereur le troublaient. La dernière mention à la traîtrise de Saga avait porté un coup juste. Shiryu était obligé de reconnaître que beaucoup d’Hommes ne jouissent que du pouvoir qu’ils ont sur les autres, les fameux puissants dont parlait Sanosuke.
Le Chevalier du Dragon sentait que cette discussion pouvait durer des jours sans qu’aucun d’eux n’arrive à persuader l’autre.

« Je ne suis pas d’accord avec toi. Aucun d’entre nous n’arrivera à convaincre l’autre, et en vérité, tes propos me font douter. J’ai choisi de croire en l’Amour et dans la capacité des Hommes à devenir meilleurs par eux-mêmes. C’est au nom de cette valeur que je vais maintenant t’affronter et non pour Athéna ou contre Mars. Seule la valeur de notre cause pourra nous départager.
_ Je comprends maintenant pourquoi l’ « Emperor Justice » a été inefficace contre toi. Tu n’es pas un simple pion de ta déesse et c’est sans doute ce qui a fait la force des Chevaliers d’Athéna. J’accepte ton défi. Ce combat à mort décidera de la justesse de nos causes. En garde ! »

Les deux protagonistes se faisaient face. Sanosuke avec son katana doré, son Arcane de Diamant partiellement endommagée. Shiryu prenant la pause du Dragon, son Armure presque totalement régénérée et vibrante d’une énergie intense, mais le corps et les avant-bras affaiblis. Dans un flash étincelant, ils s’élancèrent l’un sur l’autre, aucun n’osant attaquer directement par leurs techniques suprêmes. La rapidité des coups rendait irréel leur affrontement.


Shiryu avait choisi de croire en l’Amour et dans le côté positif de l’humanité. Il avait tant de fois eu l’occasion de vérifier les miracles ainsi accomplis, ceux de tous les Chevaliers de Bronze, des Chevaliers d’Or en Enfer… Présumer du mal des Hommes, c’était donner libre court à la violence, à la guerre, aux batailles, à la mort… Mars était le symbole de cela. Il n’incarnait pas la mort ou la simple guerre comme tous le pensent, mais bien cette volonté éminemment humaine d’affrontement. Que ce soit à travers le duel, l’argent, mais également le sport, la compétition, Mars répondait au besoin de défi de l’humanité. Sans défi, pas de progrès, pas d’avancée. Cette nouvelle bataille du Sanctuaire prenait toute son ampleur à ses yeux. Shiryu s’était demandé pourquoi Mars, dieu de la Guerre n’avait pas simplement attaqué le Sanctuaire d’Athéna sans préavis. Même si le Grand Pope avait entrepris d’espionner ce nouveau dieu qui était apparu, le Sanctuaire n’aurait jamais été prêt à recevoir l’armée de l’Équilibre et la victoire de Mars aurait été évidente. Mais le dieu n’avait pas choisi cette voie. Il avait voulu qu’Athéna se prépare, il avait voulu cette bataille, aussi équilibrée que possible…


Le Grand Pope

L’armée de l’Équilibre. Bien sûr. Il s’agissait évidemment de l’armée la plus à même d’affronter Athéna. La violence, la guerre… ces notions auraient été immédiatement battues par les Saints. L’Équilibre en revanche… Équité dans les combats, mais également équilibre sur Terre. Un combat de l’humanité contre elle-même.
Non, Mars n’était pas un dieu comme Hadès ou Poséidon. Diego était la réincarnation d’un dieu dans le corps d’un homme, tout comme Saori. Ces dieux ont toujours été ennemis, leur opposition constitue la base même des notions qu’ils incarnent, mais l’un comme l’autre ils représentent une facette de l’humanité. La dualité intrinsèque des Hommes était symbolisée dans l’affrontement entre Shiryu et Sanosuke. Deux empereurs, deux représentants de la justice, l’un contre l’autre. Le katana de l’un s’opposant au bouclier de l’autre. Excalibur contre la pureté du diamant… Sans en avoir complètement conscience, Shiryu et Sanosuke étaient le plus parfait exemple de la dualité humaine. Leur combat déciderait de la victoire ou non de l’un des deux dieux. Leur combat permettrait à Athéna ou à Mars de vaincre et le sort de l’humanité toute entière dépendait d’eux.
La survie du Sanctuaire est maintenant entre les mains du Chevalier du Dragon, le disciple du Chevalier d’Or de la Balance, le représentant de la justice d’Athéna sur Terre !


Dans son palais, le Grand Pope suivrait de très près le combat à venir. Il attendait l’arrivée éminente du premier Combattant de Mars. Il avait également ressenti l’approche d’une nouvelle énergie en direction du Sanctuaire. Tant d’événements aujourd’hui décideraient de l’avenir de l’humanité. Il ne put s’empêcher d’être fier d’être le Grand Pope sous lequel ils arrivaient, tout en redoutant leurs conséquences. Il ne put s’empêcher de déplorer l’absence de la déesse à ses côtés.



L’ultime Palais

Mintaka


Ça y est, j’aperçois enfin le Dernier Palais. Nous avons réussi ! La dernière flamme brûle encore, nous sommes parvenus devant Athéna en moins de douze heures. Le Grand Pope sera obligé de reconnaître sa défaite. Les combats continuent derrière moi. On se bat près de la Maison des Poissons. Je ne sais pas si Nusakan sera à la hauteur de sa mission. Même s’il est arrivé jusqu’ici, j’ai eu l’occasion de voir la puissance des Chevaliers d’Athéna et je doute qu’il soit suffisamment fort pour s’en sortir, même si le Gardien de la Maison des Poissons n’est qu’un Chevalier d’Argent. Nous avons pu voir la puissance des anciens chevaliers de Bronze. Raphaël est encore aux prises avec le Chevalier du Cygne dans la Maison du Verseau. Leur combat est titanesque. Quant à notre Empereur, j’ai senti son aura chuter brusquement puis se renforcer et réapparaître, tout comme celle de son adversaire, le Chevalier du Dragon. Ils sont maintenant dans la Maison du Scorpion. Gaboria est parvenu à vaincre le Chevalier Phoenix, mais j’ai peur que le Séphire de Yésod ait succombé, je ne ressens plus sa présence au Sanctuaire...
Il ne reste plus que moi pour me présenter devant Athéna au nom de Mars et réclamer la souveraineté de la Terre. J’aurais préféré que Sanosuke soit là, après tout il est notre Empereur, mais son adversaire n’est pas un chevalier ordinaire.
Malheureusement, même si nous remportons cette bataille, ce ne sera que le début d’une nouvelle Guerre Divine. Apollon a envoyé une Muse dans le Sanctuaire. Cela signifie clairement qu’il va s’opposer à Mars. Quand on voit les dégâts qu’a provoqués ce défi contre des chevaliers soit disant à bout de souffle, je n’ose envisager ce qui se passera contre les Muses d’Apollon. Melpomène a réussi à arrêter deux Séphiroth. Si nous ne nous étions pas alliés, nous n’aurions pas pu le vaincre.
La surface du monde est en train de changer. Le retour de Mars sur Terre ne se fait pas par hasard. Notre difficulté à vaincre les Chevaliers d’Athéna montre leur détermination et leur courage. Ils ont déjà vaincu Poséidon et Hadès. Il faut une véritable grandeur d’âme pour réussir de tels exploits… Je sens que les événements auxquels nous participons nous dépassent. Et que sont devenus les Prêtres qui nous accompagnaient au départ ? Personne n’a de nouvelles d’eux depuis que nous avons posé le pied sur la Terre Sacrée. Je ne leur fait pas confiance, ils ressemblent trop à des espions…

Voilà, le Palais du Grand Pope est devant moi. Quelle taille ! Ce Palais n’a rien à voir avec les Temples que nous avons traversés précédemment. On y ressent une puissance gigantesque à l’affût. Il s’agit bien de la demeure d’une déesse. Je me demande à quoi Athéna va ressembler. J’ai eu l’occasion de contempler Mars et l’aura qu’il dégageait m’a cloué sur place !

Mintaka gravit les dernières marches jusqu’à l’entrée du Palais, un long couloir bordé de colonnes monumentales. Ce Palais datait de l’origine des dieux et il était intact. Le fronton, à plusieurs mètres au dessus du sol, indiquait en lettres majuscules le nom d’Athéna, déesse de la Justice et de la Guerre, protectrice de la Terre. L’énergie ambiante parcourut l’échine de Mintaka en un frisson. La clarté qui régnait à l’intérieur provenait de multiples flambeaux accrochés aux parois, éclairant des fresques gravées dans la pierre. Deux portes massives barraient l’allée. Mintaka les repoussa et pénétra dans une salle plus vaste et richement décorée. Le passage continuait sur une passerelle à un mètre du sol. Plusieurs statues gigantesques ornaient des niches creusées dans les murs. Les piliers soutenant la voûte paraissaient inébranlables. Enfin il arriva devant deux nouvelles portes d’albâtre finement ciselées. Mintaka les effleura du doigt et les gonds tournèrent sans le moindre grincement.
La pièce baignée de lumière éblouit Mintaka. S’habituant peu à peu il découvrit une salle magnifique. Quelques colonnes s’élevaient vers les sommets autour de l’allée centrale. Deux orifices guidaient des flots de lumière qui l’aveuglaient. Le soleil était bas à l’horizon et la nuit ne tarderait plus à s’installer. Dans les deux coins de la salle, deux escaliers symétriques s’élevaient en colimaçon. Devant lui, deux épais rideaux de velours rouges entrouverts donnaient sur un promontoire encastré dans le mur. Mintaka y distingua un trône de marbre sur lequel était installé un homme vêtu d’une longue toge blanche nouée à la taille. Son visage était masqué et, du heaume qu’il arborait, deux ailes s’élançaient dans les airs de chaque côté de son crâne. Mintaka n’avait aucun doute sur son identité. Le Grand Pope l’attendait !

En avançant, il nota quelques débris sur le sol. Une ouverture se découpait dans la voûte du bâtiment comme si quelqu’un ou quelque chose était venu s’y abattre. Mintaka vit le ciel azur s’assombrir et s’arrêta à quelques mètres du Grand Pope.

« Grand Pope ! Je suis parvenu à toi avant le délai que tu nous avais imposé. Nous avons pour cela affronté les Chevaliers du Zodiaque des douze Maisons. Aucun n’a pu nous retenir. Je demande maintenant le droit de voir la déesse Athéna !… »

Le Grand Pope ne disait mot, mais Mintaka ressentait l’incroyable force dont disposait cet homme. Il espérait ne pas avoir à l’affronter sans quoi le combat serait effroyable.

« Séphire de Malkuth. Tes compagnons n’ont pas encore réussi à défaire l’ensemble de la garde de la déesse Athéna et les combats se poursuivent dans les différentes Maisons. Je te félicite tout de même d’être parvenu jusqu’à moi en moins de douze heures.
_ Laissez-moi voir la déesse Athéna !
_ Toutefois, c’est bien devant la déesse Athéna que tu dois te rendre si Mars veut remporter son défi. Sache que tu ne pourras te présenter devant elle sans un sacrifice énorme.
_ Que dois-je faire ? Vous ne nous avez jamais parlé d’autres épreuves !
_ Il ne s’agit pas d’un nouveau combat. Pour se rendre devant la déesse Athéna il te faut aller aux Enfers !
_ Quoi ? Vous voulez me tuer ?
_ Non. La mort ne te permettra pas de la voir. Tu dois t’y rendre vivant, avec ton corps.
_ Qu’est ce que cela signifie ? Vous vous jouez de moi ! Je me doutais bien que vous ne tiendriez pas votre promesse. Dites-moi où est Athéna et laissez-moi la voir ou je serais obligé de vous faire parler par la force. Je ne désire pas en venir jusque là, mais je ne faiblirai pas maintenant !
_ Tu ne m’entends pas. Athéna ne se trouve pas dans ce Sanctuaire. Le seul moyen que tu as de la trouver est de gravir ces escaliers et de suivre le chemin jusqu’à la Montagne du Destin. Là, le passage vers les autres dimensions te sera ouvert et tu pourras rejoindre les Enfers, à condition que tu sois prêt à t’y rendre sans mourir. Le Grand Pope du Sanctuaire est le seul autorisé à se rendre sur cette Montagne pour y consulter les astres, avec Athéna bien sûr. Mais je ne t’empêcherai pas d’y aller.
_ Vous mentez ! La présence d’Athéna est palpable dans tout le Sanctuaire. Je sais qu’elle se trouve ici. Vous ne cherchez qu’à me faire perdre du temps et à me voir mourir ! Puisque vous ne vous décidez pas à coopérer, je vais devoir utiliser la force. »

Mintaka dessina dans les airs le signe de Malkuth, rappelant la technique du Chevalier Pégase et y imprima son essence. Il était prêt à utiliser sa plus puissante attaque sachant parfaitement qu’il n’avait pas d’autre chance d’impressionner son adversaire.

« SKY DETONATION !! »

La lumière s’obscurcit pour laisser place à un violent éclair d’énergie qui frappa directement le trône du Grand Pope, mais à la place de l’explosion souhaitée, toute l’énergie fut aspirée dans sa main et renvoyée avec encore plus de force contre Mintaka. Il tenta de parer sa propre attaque mais fut emporté par l’éclair foudroyant. Un cratère de plus d’un mètre de diamètre avait été creusé dans la pierre.

Il se releva en essuyant le sang qui coulait sur son menton, prêt à réitérer son attaque avec encore plus de conviction.

« Qui êtes vous donc pour pouvoir renvoyer mon attaque sans en souffrir ? Seriez-vous un dieu ?
_ Mon identité a peu d’importance…
_ Nous allons voir jusqu’à quel point vous serez capable d’endiguer mes coups. SKY DETONATION !!… »

A nouveau la salle s’assombrit mais, alors que l’attaque fusait vers le Grand Pope, le Séphire capta des paroles obscures… Cette fois, le Grand Pope ne put éviter le coup et une explosion gigantesque projeta pierres et tentures dans toute la pièce. Quand la poussière fut retombée, Mintaka vit que le mur du fond avait été pulvérisé. Les fresques derrière le trône étaient réduites à néant et les rideaux autour du Grand Pope étaient en lambeaux. Le siège de pierre se fissurait, pourtant le gardien suprême était toujours calmement assis devant lui. Il avait dû s’envelopper de son cosmos pour résister à cette rafale d’énergie.
Une goutte de sang perla sur la robe blanche. Il avait réussi à le toucher. Le masque se fissura de haut en bas. Doucement, les deux parties se séparèrent en tombant. Le visage du Grand Pope était enfin révélé !…


L’apprenti


Oojiro sursauta. Il était assis sur un rocher, à côté de la Maison des Poissons. Nusakan se trouvait à ses côtés, allongé, toujours inconscient. Le jeune apprenti se leva brusquement et contempla la formidable explosion qui avait lieu de l’autre côté de la Maison, près du jardin d’Aphrodite. Une lumière intense s’éleva dans le ciel avant de retomber. Mais surtout, Oojiro ressentit la brusque diminution du cosmos de Marine. Etait-elle morte ? Cela lui paraissait inconcevable ! Comment son maître qui venait à l’instant de lui montrer qu’elle était capable de vaincre les plus puissants combattants de Mars pouvait être éliminé par des personnes qui s’étaient facilement fait prendre au piège des roses d’Aphrodite ?
Car Oojiro n’était pas dupe, il ne pouvait s’agir que des deux combattants qu’il avait lui-même laissé inconscients près de la tombe du défunt chevalier d’Or.

Alors que ses pensées fusaient dans son esprit, Oojiro s’élança en direction de son maître, laissant Nusakan toujours inconscient sur le sol.




Attaques suprêmes



Hyoga se releva. Son Armure Divine avant beaucoup souffert des dernières attaques de Raphaël, particulièrement au niveau de la poitrine où elle était fissurée. Cette armure qui était la dernière évolution du Cygne et la plus solide de toute, sans doute autant voire plus que les armures d’Or, avait la capacité de se régénérer rapidement, mais il faudrait plusieurs heures pour qu’elle retrouve son aspect luisant.
Surpris, Raphaël vit Hyoga en ôter le haut. Il défit les épaulettes, le plastron et les avant-bras ne gardant contre sa poitrine que le rosaire de la Croix du Sud et le pendentif offert par Freiya.

« Je te propose que l’on n’éternise pas ce duel. Le dernier coup que nous porterons décidera de l’issue de cet affrontement. Ton armure est quasiment en miette, je retire donc la mienne pour que nous soyons à égalité. Ainsi, seule la justice de nos actes décidera du vainqueur de ce combat !
_ Comme tu voudras. J’utiliserai pour toi ma plus puissante attaque, mais ne t’en fais pas, elle ne s’attaque pas tant au corps de mon adversaire qu’à son âme. Je n’ai pas encore eu l’occasion de l’utiliser depuis que je suis arrivé au Sanctuaire, mais je t’estime digne de la recevoir.
_ Pour ma part je ferai honneur à mon Maître en utilisant sa plus redoutable technique. Je souhaite que Dieu nous vienne en aide et que nous puissions nous retrouver dans l’autre monde, mais cette fois-ci dans le même camp. »

Raphaël acquiesça. Son aura se mit à luire d’un bleu doré, alors que celle de Hyoga se déployait dans un blanc teinté d’or. Dehors, la dernière flamme de l’horloge brûlait depuis déjà quelques minutes.

« GOD ASCENSION !!
_ L’EXECUTION DE L’AURORE !! »

Les bras que Hyoga joints au-dessus de sa tête, formant la jarre du Verseau, s’abaissèrent inexorablement en direction de Raphaël projetant un flux glacial, gelant tout sur son passage et entraînant une mort sans recours.
Raphaël avait, quant à lui, ouvert les bras en signe de croix et de ses deux mains avaient jailli des cercles concentriques vers sa cible. Tel qu’il l’avait mentionné, son attaque ne s’en prenait pas au corps de ses adversaires, mais projetait ce dernier dans l’autre monde, permettant à un mortel de rejoindre les Enfers directement. Pour n’importe quel humain cela signifiait une mort immédiate, les gardiens des Enfers se chargeant ensuite des restes de l’âme du défunt.

Hyoga ressentit l’attaque comme une véritable déchirure de sa personnalité. Il se sentait aspiré dans un autre monde, comme contre le Chevalier des Gémeaux, mais cette fois, c’était son âme elle-même qui était ainsi emportée et il n’avait aucun moyen d’en réchapper. Sa dernière vision de ce monde fut l’ampleur de l’attaque qu’il venait de dégager. Hyoga avait surpassé Camus dans la maîtrise de l’Exécution de l’Aurore qui atteignait le zéro absolu empêchant quiconque de fuir. Instantanément le Temple du Verseau devint complètement blanc et gela sous l’attaque, faisant exploser les roches et les colonnes alentours, stoppant toute activité à l’intérieur.
En face de lui, Raphaël, cible de ce courant mortel, avait pris la même teinte et restait figé les bras en croix. Ce qui restait de son Arcane avait immédiatement explosé sous le froid intense. A terre, l’Armure Divine du Cygne s’était recouverte de givre et avait en partie gelé. Sa structure lui permettait de conserver son unité, peut-être même l’Armure était-elle encore vivante… La vision de Hyoga fut emportée dans un tourbillon vers le Monde des Morts, alors que sa cosmo-énergie augmentait et atteignait son paroxysme…


Raphaël avait vu se déverser sur lui l’attaque de Hyoga, mais avait dirigé toutes ses forces dans sa technique suprême, celle qu’il avait développée avec son Maître Gudgi. Il avait eu l’occasion de tester les attaques de Melpomène, elles-mêmes basées sur celles du Chevalier d’Or du Cancer, qui se contentaient d’envoyer ses ennemis dans l’entre-deux mondes. Celle-ci se passait de cette étape. Ce qu’en revanche Raphaël avait oublié, c’était que Hyoga était déjà parvenu en Enfer et en était revenu grâce au huitième sens…
Le Séphire ressentit tout d’abord l’explosion des restes de son Arcanes, puis le froid envahir le moindre de ses membres, congelant le sang dans ses veines, emprisonnant les battements de son cœur. Seule l’énergie intense qu’il dégageait lui donnait quelques secondes de répit.

« Chevalier du Cygne, tu as gagné ce Combat… Ton attaque a eu raison de moi. Dieu est effectivement du côté d’Athéna. Fasse que cette dernière soit suffisamment forte pour empêcher Mars d’accomplir ses rêves de pouvoirs… Pour ma part, je suis heureux d’avoir rencontré un adversaire tel que toi, qui lutte et combat pour préserver à chacun le droit de choisir sa religion et sa destinée. Hélas, j’ai bien peur que toi-même aies été emporté dans l’autre monde. Nous nous y retrouverons donc très prochainement…»

L’esprit de Raphaël cessa toute activité, emportant le Séphire vers la mort. Son corps restait debout dans la position du Christ au moment de sa mort, figé et glacé pour l’éternité…
Le corps de Hyoga avait disparu de la surface de la Terre.


La souffrance du Scorpion



Le temple souffrait. Il avait connu jusqu’à aujourd’hui des combats peu destructeurs. Rare temple ayant conservé des fresques quasiment intactes, il était le témoin pour la première fois de l’opposition de deux adversaires d’une force incommensurable. Shiryu et Sanosuke avait une connaissance et une maîtrise quasi parfaite du septième sens. La vitesse de la lumière n’avait plus de secret pour eux et leurs attaques étaient capables de détruire des étoiles. Les armes qu’ils possédaient n’étaient pas moins puissantes. Le katana sacré de Sanosuke pouvait fendre n’importe quelle matière tout comme Excalibur, l’épée secrète offerte par Shura. Le bouclier du Dragon pourtant réputé indestructible était entaillé sous les coups de la lame. L’Arcane de Diamant de l’Empereur, la plus puissante après la kamui du dieu était ébréchée et lacérée par Excalibur. L’Armure Divine de Shiryu qui possédait un pouvoir de régénération en accord avec le cosmos de son porteur se détériorait et nécessitait du sang pour retrouver son éclat.
Les attaques qui s’enchaînaient aboutissaient à une impasse, aucun des deux adversaires n’arrivant à prendre le dessus sur l’autre. Shiryu avait beau puiser dans ses réserves, ses souvenirs, être en harmonie avec son environnement, exploiter les moindres signes de faiblesse de son ennemi, ce dernier trouvait toujours une parade, esquivait son coup ou l’encaissait. Shiryu connaissait les combats de mille jours et mille nuits opposant deux Chevaliers d’Or. La situation était analogue.
Les marques de fatigue qui auraient pu apparaître sur leurs visages étaient camouflées et dissimulées pour ne pas laisser croire à l’adversaire qu’il prenait l’avantage.
Le katana de Sanosuke heurta le bouclier du Dragon une nouvelle fois. L’empreinte laissée y était plus profonde. Au même instant, Excalibur entaillait l’épaulette aux mille feuilles d’olivier de l’Empereur, en coupant son extrémité. Mais ce n’était qu’un coup parmi des centaines d’autres aussi fulgurant. L’Arcane partait en morceaux. Une nouvelle attaque et le bouclier du Dragon céda, éclatant en pluie de cristaux sur le sol. La protection de Shiryu avait lâché mais le katana était émoussé.
Un instant de répit entre les deux hommes, face à face, se toisant, attendant que l’autre fasse le premier mouvement.

« A ce rythme il ne restera bientôt rien de nos armures !
_ Je te propose de ne plus abîmer ces protections divines. Luttons corps à corps. Seule la force de notre cosmos nous départagera.
_ J’accepte ta proposition ! »

Les deux adversaires se libérèrent de leurs protections.
L’Armure Divine du Dragon se reforma à côté de son porteur à même le sol, le bouclier ayant été détruit.
L’Arcane de l’Équilibre se détacha en milliers de petites feuilles de diamant agglomérées les unes aux autres. Elles s’assemblèrent en face de l’Armure du Dragon en formant une couronne d’olivier perchée sur les ramures d’un arbre.

Shiryu et Sanosuke étaient torse nu. Un dragon se dessinait sur le dos du chevalier, signe d’une intense concentration d’énergie. Leurs corps étaient lacérés de multiples éraflures qui se cicatrisaient d’elles mêmes, mais les blessures les plus profondes s’attaquaient à leurs muscles qui étaient à rude épreuve sous une pression incomparable. Leur entraînement physique était extrême, mais aucun corps humain n’était capable de supporter longtemps les énergies et les cosmos dégagés. Leurs corps se consumaient plus vite, ce qui signifiait une mort prochaine.

La Fureur du Dragon heurta un pan de mur, l’Equilibrium Space détruisit une colonne. Il n’était maintenant plus question de subir de front les attaques de son adversaire. Sans protection, c’était courir à une mort immédiate, malgré la barrière de cosmos. Tout était affaire d’anticipation. Prévoir l’attaque et les gestes signifiait s’en protéger et s’offrir la possibilité de contre-attaquer. C’était rester en vie un peu plus longtemps et épuiser les réserves de l’autre. A cette guerre d’usure, il n’y avait malheureusement nul vainqueur. Ils ne faisaient que détruire l’architecture magnifique du temple.

Sanosuke attendait. Il savait qu’un de ses Combattants était arrivé devant le Grand Pope. Cela signifiait que le défi était presque gagné.
Pourtant tous deux s’arrêtèrent brusquement.
« Hyoga…
_ Raphaël… »

A trois Maisons de la leur, les cosmos de leurs compagnons venaient de s’éteindre. Après une impressionnante montée d’énergie, ils s’étaient entre-tués !

« Ils sont morts tous les deux.
_ Aucun n’a réussi à prendre l’avantage sur l’autre.
_ La même chose nous attend. Me laisseras-tu passer ou préfères-tu mourir en me retenant ici ?
_ Il est hors de question que je te laisse continuer. La mort ne me fait pas peur.
_ Tu as déjà connu l’Enfer. Mon devoir m’ordonne de me présenter devant Athéna. N’importe qui essayant de m’en empêcher doit mourir.
_ Dans ce cas nous mourrons tous les deux !
_ Il est inutile de continuer cette mascarade. Je sais tout comme toi que nous n’arriverons pas à nous départager.
_ C’est juste. Tu es l’adversaire le plus fort qu’il m’ait été donné de rencontrer.
_ Comment quelqu’un qui a affronté des dieux peut-il dire cela ?
_ Je n’ai jamais affronté de dieux en duel. J’ai toujours été soutenu par mes amis et ma déesse. Pour la première fois, nous ne sommes que deux, sans intervention extérieure.
_ Je dois moi-même reconnaître ta valeur. Tu aurais fait un Empereur remarquable.
_ Mais nos visions du monde ne sont pas compatibles.
_ Je n’en suis pas si sûr. Athéna et Mars s’opposent, mais nous, nous nous affrontons. J’ai l’impression qu’il aurait fallu peu de chose pour que nous nous retrouvions dans le camp de l’autre.
_ Tu te trompes ! Jamais je n’aurais pu m’allier à un dieu tel que Mars. Jamais je n’aurais pu prêcher le mauvais côté de l’humanité.
_ Peut-être. Si c’est toi qui te trouves du bon côté, tu ne devrais pas avoir de mal à te débarrasser de moi. EMPEROR DARKNESS !!
_ LES CENTS DRAGONS DE ROZAN !! »


Les deux énergies s’entrechoquèrent à égale distance, s’accumulant, se combinant, formant un monstre à deux couleurs entrelacées, aucune n’arrivant à prédominer. Mais les ressources de Shiryu et de Sanosuke n’étaient pas inépuisables. Les veines saillaient sous leur peau tendue à se rompre. La racine de leurs cheveux palissait, virant vers une teinte blanchâtre. Les yeux se fermèrent pour puiser encore un peu plus de force, leurs esprits cessèrent de s’agiter. Il ne restait plus que deux corps face à face et une énorme quantité d’énergie en suspension entre eux deux. Rapidement, ils n’eurent plus la force de contrôler cette masse informe qui explosa dans toutes les directions, emportant deux hommes sanguinolents et soufflant l’intérieur du temple.

Sanosuke et Shiryu étaient séparés d’un cratère de plusieurs mètres, étendus sur le sol. Ils avaient besoin de temps pour se relever, leur affaiblissement étant trop intense.

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