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Cette fiche vous est proposée par : Dyvimm


Le Jugement dernier

Combat du Verseau


« Cette fois, tu n’auras pas résisté à mon attaque ! Le tonnerre de l’aube t’a emporté vers un autre monde. »

Hyoga s’adressait au corps qui était étendu devant lui et dont l’Arcane était partiellement réduite en miettes.

« Vous autres, Bersekers, pensez être les plus forts de ce monde. Les Amazones qui ont tenté d’envahir Asgard le croyaient aussi, mais elles ont été arrêtées par la dévotion de la princesse Hilda pour son pays. De même, vous ne souillerez plus le Sanctuaire ! »

Hyoga tourna les talons et se dirigea vers la sortie du temple du Verseau, en direction de la Maison des Poissons. Les Combattants de Mars venaient tout juste de l’atteindre. Il ne restait plus qu’un peu plus d’une heure pour tenir ces guerriers en échec. Il devait venir en aide au gardien du douzième temple.

Derrière lui, les doigts de Raphaël crissèrent contre la pierre, alors que son poing se refermait. Hyoga sentit une augmentation importante de cosmos dans la pièce.

« Alors tu en veux encore, Guerrier ? Dois-je t’achever à terre ?… »

Raphaël ne répondit pas. Au sol, il commençait à ramper en direction de la sortie du temple. Cette image du Combattant avançant malgré ses blessures pour rejoindre Athéna n’était pas sans lui rappeler son propre combat contre le chevalier d’Or du Scorpion. Des émotions enfouies remontaient à la surface. Pourtant Hyoga n’avait pas le droit de laisser passer cet intrus.

« Ça ne sert à rien ! Tu ne passeras pas cette Maison. POUSSIERE DE DIAMANT !! »

L’attaque de Hyoga s’empara de Raphaël comme d’un fétu de paille et le fit tourbillonner dans les airs glacés en le recouvrant de givre.

« Puisque tu l’as voulu, te voilà transformé en statue de glace. Cette demeure sera ton tombeau. »

Sanctuaire d’Athéna. Maison des Poissons


Le jeune homme pénétrait à son tour dans la douzième et dernière maison du zodiaque. La Maison des Poissons était très lumineuse, même à l’intérieur, et il semblait y faire bon vivre au contraire des autres temples beaucoup plus austères. Son gardien devait être raffiné pour habiter dans une maison vivante et respirant la fraîcheur. Cela ne l’empêcherait sans doute pas d’être un guerrier redoutable. Qui ce serait douté que la chevalerie d’Athéna, qui passait pour décimée, puisse réussir un tel miracle et retenir les combattants de Mars si longtemps ?

Nusakan toisa ses compagnons. Ils étaient eux-mêmes impressionnés et anxieux comme à chaque fois qu’ils étaient entrés dans un nouveau temple. Mais le temps pressait maintenant. Ils devaient se rendre au plus vite dans la chambre du Grand Pope pour réussir la mission que leur avait donnée l’Empereur. Mintaka lui jeta un rapide coup d’œil. Ce serait donc à Nusakan d’affronter le gardien de cette maison, qui qu’il soit. Le Séphire devait rejoindre le Grand Pope au plus vite avec les deux autres Keroubims restant toujours dans l’ombre, les disciples de Gaboria.

Les combattants s’élancèrent à travers la salle. En son centre, un objet lumineux illuminait le temple. Les combattants s’arrêtèrent un instant. L’armure d’Or des Poissons se trouvait ici, dans son urne sacrée, sans doute en train de se régénérer après les dégâts subis aux Enfers. Mintaka reprit sa course et aperçut une ombre se dessiner en travers de leur passage. De la lumière filtrait à travers la sortie toute proche.

Quelqu’un les attendait, un masque sur le visage. Il s’agissait donc d’une femme chevalier comme celle qu’il avait croisée plus tôt. Mais son armure était très sommaire : une simple épaulette, un bustier partiel… et ne dégageait pas beaucoup d’énergie.

« Je suis Marine, chevalier d’Argent de l’Aigle et j’ai ordre de ne laisser personne traverser cette maison ! »

Marine se tenait droite, les bras croisés avec l’air de quelqu’un qui attendait depuis longtemps ses adversaires. Nusakan s’avança d’un pas.

« Chevalier, je serai ton adversaire !
_ Soit ! Mais personne ne passera cette maison.
_ Comptes-tu nous barrer seule la route ? Tu n’es qu’un chevalier d’Argent. Tu réussiras tout au plus à nous retarder de quelques minutes. En garde chevalier ! »
Nusakan se retourna vers Mintaka et ils se comprirent d’un échange de regard.

Le combattant prit la pose qui lui permettait de concentrer sa cosmo-énergie.

« QUE LA LAME DU KATANA TE TRANSPERCE !! »

En un clin d’œil Marine avait sauté pour échapper à l’attaque, mais le souffle de celle-ci la rattrapa et son corps fut emporté. Alors qu’elle essayait de reprendre appui sur le sol, Mintaka et ses deux compagnons la contournèrent et disparurent. A genou, elle jeta un rapide coup d’œil dans son dos, se demandant si elle devait courir à leur poursuite. Mais Nusakan ne lui laissa pas le temps de réfléchir. Il se précipita à nouveau sur elle, prêt à la frapper. Marine le prit de vitesse et bondit dans les airs. Cette fois c’était son tour !
« PAR L’AIGLE ROYAL ! »

Nusakan plongea sur le côté pour éviter le coup mais Marine avait suivi son mouvement et le jeune homme termina sa course contre un des piliers de la maison des Poissons.

Il se releva sans difficulté, ne gardant aucune trace de l’assaut. Son Arcane avait parfaitement encaissé le choc. Une longue entaille s’étirait en revanche sur la cuisse de Marine d’où suintait un mince filet de sang.

« Eh bien Chevalier, je me demande comment tu as pu arriver à cette maison. Ton niveau n’atteint pas celui des Chevaliers d’Argent, tu dois être encore novice ! »

Nusakan la regarda férocement.

« Je m’appelle Nusakan, je suis l’Ishim du Zenith, Protecteur du Seuil de Malkuth, Combattant de Mars !
_ Ravie de te rencontrer, mais tu me parais bien inexpérimenté pour te présenter au Sanctuaire !
_ Je te rappelle que pour l’instant, tu es la seule d’entre nous deux qui soit blessée.
_ C’est exact ! Mais ton attaque est trop imparfaite pour m’être un vrai danger.
_ Eh bien nous verrons si tu peux t’en sortir une deuxième fois ! PAR LA LAME DU KATANA !! »

Marine concentra son cosmos pour accroître sa vision de l’attaque. Elle était plus puissante que la précédente, mais sa vitesse atteignait tout juste celle des Chevaliers d’Argent et Marine put l’éviter en se déplaçant sur le côté. Une ligne tranchante la frôla, laissant sur le sol une profonde crevasse.
Cette technique n’était pas sans lui rappeler celle ô combien plus dangereuse de Shura, mais n’avait rien à voir en terme de puissance et de rapidité avec Excalibur. Il faudrait sans doute des années d’entraînement au jeune combattant pour la maîtriser parfaitement.

Nusakan de son côté n’en revenait pas. Marine avait évité son attaque en se déplaçant plus vite, alors que cette technique était venue à bout d’Ichi assez rapidement. C’est vrai que ce dernier n’était qu’un simple chevalier de Bronze, mais tout de même…

« Désolée Chevalier, il va te falloir autre chose pour m’abattre. Tu ferais mieux de retourner d’où tu viens et de poursuivre ton entraînement. Tu as des capacités, mais elles sont loin d’être exploitées à leur maximum !
_ Chevalier de l’Aigle, ce n’est pas parce que tu es parvenue à éviter cette technique que tu pourras contrer les autres ! »

Nusakan fixait son adversaire. Une femme redoutable. Elle dégageait une force non négligeable, même si elle était bien loin de celle de Mintaka ou de Sanosuke.

« Puisque tu t’entêtes, je vais te montrer ce qu’est la puissance d’un Chevalier d’Argent ! QUE L’AIGLE ROYAL T’EMPORTE ! »

Nusakan vit à nouveau le cosmos de Marine augmenter brutalement pour finir par exploser. La vitesse qu’elle dégageait n’était pas de beaucoup supérieure à la sienne, mais suffisante pour que Nusakan ne puisse la parer. Il contra l’attaque les bras en avant pour encaisser le choc mais celui-ci fut violent et le fit reculer de plusieurs pas. Par chance, son Arcane pouvait le supporter sans problème. Un sourire de triomphe se dessina sur son visage.

« Ton attaque est inefficace contre moi ! Tu ne pourras pas me vaincre ! »

Marine regardait ce combattant. Au fond d’elle-même, une grande tristesse l’envahissait. Il n’était pas sans lui rappeler son défunt disciple. Tous les deux avaient la même fougue, le même empressement qui fait que rien ne pouvait les arrêter. Malheureusement, Nusakan était également trop sûr de lui, trop présomptueux et c’était là sa faiblesse. Il ne connaissait pas la défaite.

« Comme je te l’ai déjà dit, chevalier d’Arès, tu n’es pas prêt pour ce combat. Retourne d’où tu viens.
_ Comment peux-tu dire cela alors que tes attaques ne me font rien ! Subis cette fois LES LAMES DU KATANA !! »

Nusakan répétait son attaque et Marine put à nouveau distinctement en comprendre le mécanisme. Mais cette fois, ce n’était pas un seul coup mais plusieurs qu’il enchaînait. A chaque fois son attaque était plus puissante, mais toujours insuffisante. Marine évita tous les coups de son adversaire et enchaîna aussitôt avec son attaque. Nusakan, qui était en train d’attaquer, n’eut même pas le temps de se protéger et reçut l’assaut de plein fouet. Il fut projeté sur le sol de la maison. Son Arcane n’avait toujours rien, mais son visage ensanglanté était lacéré en de nombreux endroits.

Alors qu’il se relevait en s’essuyant les lèvres, Marine bondit devant lui. Il ne l’avait même pas vu venir. Le jeune homme ressentit une brusque douleur dans son ventre et entendit crier : « CENTREFOLDS ! »…

La vue de Nusakan se brouilla alors que son corps n’était plus que douleur. Comment avait-elle fait cela ? Il était incapable de comprendre d’où venait cette souffrance horrible qui abaissait un voile devant ses yeux. Nusakan s’effondra…

Marine était désolée de ce qu’elle venait de faire, mais il n’aurait servi à rien de prolonger cet affrontement. Elle regarda Nusakan s’affaisser à ses pieds. Il n’était pas mort, mais ne pourrait désormais plus rien faire dans cette bataille. Elle avait dû pour cela utiliser sa plus puissante attaque qu’elle développait depuis plusieurs années. C’était la première fois qu’elle était amenée à l’utiliser contre quelqu’un, mais rien d’autre n’aurait pu atteindre ce jeune soldat avec une armure si résistante, sans doute plus que les armures d’argent. Cela faisait longtemps que Marine avait dépassé ce simple statut, mais les guerres n’étaient-elles pas censées avoir pris fin après celle contre Hadès ?
Nusakan pourrait devenir quelqu’un de puissant. Elle avait ressenti chez lui le même potentiel que pour le Chevalier de Pégase. Cette guerre était venue trop tôt pour lui… Elle tourna la tête sur le côté.

« Oojiro, tu peux sortir. »

Un garçon d’une douzaine d’années accourut derrière Marine. Il avait la tunique des apprentis du Sanctuaire, des cheveux bleus foncés coupés courts et était on ne peut plus enthousiaste.

« Ouah, c’était formidable ça ! J’ai même pas vu ce que tu lui as fait. Comment tu as pu aller aussi vite ? Dis, tu m’apprendras aussi cette technique ? Je veux devenir aussi fort que toi !
_ Que fais-tu ici ?! demanda Marine sur le ton de la colère. Je t’avais dit de rester avec les autres apprentis. Tu aurais pu te faire remarquer et te faire tuer !
_ Mais maître, je devais vous seconder au cas où. Je suis aussi un protecteur d’Athéna.
_ Un apprenti et tu n’as pas ta place dans cette guerre. Depuis combien de temps es-tu là ?
_ Depuis le début… J’étais caché près de la tombe d’Aphrodite…
_ J’aurai du m’en douter quand on m’a dit que tu avais disparu. Je t’ai déjà dit que c’est un endroit dangereux. »

Au fond d’elle-même, Marine ne craignait pas tellement pour Oojiro. Ce garçon qu’elle avait recueilli au Japon était étonnant. Cela faisait cinq ans qu’elle l’avait rencontré dans l’orphelinat de la fondation Graad que dirigeait Marlène. Le jeune orphelin avait un tempérament fougueux et empressé. Il ne vivait qu’en parlant de Seiya, et voulait devenir Chevalier et aussi fort que son grand frère. Marlène n’arrivait plus à le contrôler et c’était avec joie qu’elle avait accepté quand Marine lui avait demandé si elle pouvait s’occuper de sa formation. Cela avait été pour Oojiro le plus beau jour de sa vie.
Maintenant le jeune japonais s’entraînait sous ses ordres et était devenu très fort. Sans doute un jour atteindrait-il le niveau des chevaliers d’Argent, mais Marine savait que les armures sacrées ne seraient plus revêtues avant plusieurs siècles…

« Il a eu son compte hein ? dit le jeune garçon en regardant Nusakan qui gisait au sol inconscient. Tu lui as même fait un trou dans son armure !
_ C’est à cause de cette armure que j’ai dû l’attaquer si vite et si fort. Sans elle, l’Aigle royal aurait eu raison de lui. Mais assez discuté, Oojiro tu vas t’occuper de lui. Emmène-le en dehors de cette maison. Je dois aller à la poursuite des trois autres avant qu’ils n’arrivent devant le Grand Pope.
_ Oh tu sais, y a pas tellement de chance qu’ils puissent inquiéter le Grand Pope. Et puis il y en a deux qui ne pourront pas aller bien loin. Aphrodite s’occupe de les retenir…
_ Aphrodite ? Ils sont allés du côté de sa tombe ? Comment…
_ … Euh, c’est moi qui les y ai attirés.
_ Toi, tu ne t’en sortiras pas à si bon compte ! Dans ce cas, je vais essayer d’arrêter l’autre avant qu’il n’arrive au palais du Pope. »

Marine laissa le garçon à sa tâche ingrate.

« Maintenant c’est moi le gardien de la maison des Poissons ! » se dit Oojiro.

C’était un des endroits où il avait passé le plus de temps ces dernières années. Il regarda Nusakan qui respirait faiblement et l’emporta à l’écart comme le lui avait demandé Marine.


Flèche contre Flèche

« Mais comment peux-tu être ici ? Je t’ai vu mort dans la Maison du Sagittaire !
_ Je ne saurais te dire, mais une chose est sûre, tu ne tueras pas Shina tant que je serai sur Terre ! » répondit Jabu, essoufflé.

Kenzo tomba à genoux, une grimace sur le visage, se tordant de douleur. Le poison du Cobra devenait de plus en plus intolérable.
Jabu ne comprit pas ce geste d’abandon. Visiblement Shina ne lui avait pas fait de cadeau. Il ne possédait même plus de protection. Avec l’Armure d’Or, Kenzo n’avait aucune chance de le vaincre. Pourtant le Combattant de Mars s’efforçait de se relever, puisant dans ses ultimes réserves. Jabu était ému de voir ce garçon, guère plus jeune que lui, se relever une nouvelle fois. Il avait dû puiser toute son énergie lors de la dernière attaque et n’était pas en mesure de commencer un nouvel affrontement. Même si Jabu se savait encore extrêmement faible (il lui aurait fallu plusieurs jours pour se remettre de la perte de sang qu’elle avait subi face à Dilan), il était capable d’invoquer son cosmos pour lui venir en aide…

« Berseker, j’admire ta force de caractère qui te permet de faire front à nouveau. Tu n’as plus de protection et les coups de Shina ne t’ont pas laissé indemne. Nous allons donc nous battre à égalité ! »

Jabu fit exploser sa cosmo-énergie, se dévêtant de l’Armure d’Or du Sagittaire qui vint se rassembler près de Shina, protectrice. Ils étaient tous les deux sans armure et dans ses conditions, le moindre coup leur serait fatal.

« Le résultat de notre prochaine attaque départagera le vainqueur de ce combat… Si tu devais gagner, passe ce message à la femme-Chevalier qui est derrière toi. Dis-lui que même si elle désirait la mort de tous ses vœux, d’autres l’ont protégée au péril de leur vie. Un Chevalier n’a pas le droit de décevoir ceux qui croient en lui. La mort n’est jamais une solution mais une façon de tourner le dos aux véritables problèmes. Si elle doit vivre, elle le doit sans doute à la personne qu’elle déteste le plus en ce monde. Dis-lui également qu’aucune maladie, aucune infirmité n’arrêtera jamais un Combattant ou un Chevalier. Ils sont ceux qui font des miracles.
_ Belles paroles dans la bouche d’un Berseker, mais inutiles. Shina aime un homme qui est mort et sans lui ne désire rien d’autre qui soit de ce monde.
_ Elle a pourtant bien tort, il y a tant d’autres hommes qui méritent que l’on s’attache à eux… Maintenant, en garde Chevalier ! »

Les deux adversaires se tenaient face à face, l’un déployant une aura dorée et l’autre jaune. Kenzo savait qu’il allait mourir dans cet affrontement, mais sa décision était prise. Il ne pouvait se permettre de laisser le Chevalier de la Licorne rejoindre ses compagnons. A nouveau un arc se matérialisa entre ses mains. La flèche d’Ariel vint s’y installer, prête à pourfendre son adversaire. A sa surprise, il vit Jabu sortir également un arc d’Or de l’Armure du Sagittaire.

Les deux tireurs se faisaient face, l’un augmentant son énergie dans la Flèche de la Justice, l’autre dans la Flèche d’Ariel. L’une en or, l’autre faite d’énergie pure, mais pas moins redoutable. Les deux projectiles seraient propulsés par toute leur cosmo-énergie et seul celui dont la cause était la plus juste pourrait l’emporter sur l’autre.
L’avant dernier feu de l’horloge sacrée commençait à vaciller. Il restait moins de deux heures aux compagnons de Kenzo pour parvenir devant Athéna.

Deux cosmo-énergies s’élevèrent de la Maison du Capricorne, Sagittaire contre Ariel, Kenzo contre Jabu, leurs attaques étaient parfaites, imparables, mortelles…
Les deux auras s’éteignirent aussi vite qu’elles étaient apparues, emportant deux adversaires avec elles.


Debout !


« Raphaël ! Raphaël, vas-tu m’abandonner ?
_ Non, maman… Je vais bientôt te rejoindre… »


Raphaël était à nouveau revenu dans le pensionnat de son enfance. Sa mère était étendue sur son lit et tournait délicatement la tête en direction de son fils.

« Non Raphaël, tu ne dois pas me rejoindre… Tu n’as pas le droit d’abandonner… Rappelle-toi ce que je te disais lorsque nous allions à l'église.
_ Mais maman, cette fois je suis vaincu. Il est trop fort pour moi, et je ne suis plus aussi sûr de Mars…
_ Raphaël, crois-tu que ce soit pour Mars que tu dois te battre ?
_ Pour quelle autre raison le ferais-je ?
_ Tu dois trouver cette réponse en toi-même, mais n’oublie pas que les douleurs sont éphémères. L’Amour de Dieu lui est éternel, tout comme le mien. Je suis fière de l’homme extraordinaire que tu es devenu. Dieu m’a récompensée par mon fils. Les souffrances infligées par ton père ne comptent plus désormais.
_ Il t’a arrachée à moi alors que j’avais besoin de toi !
_ Je suis toujours avec toi. Jamais je ne t’abandonnerai, je suis en toi… Mais tu n’as pas le droit de me décevoir maintenant. Dieu t’a confié une vie et une mission, tu dois faire ouvrir les yeux à ton adversaire.
_ Maman, ce défi est ridicule. Si les Chevaliers du Zodiaque nous battent, alors c’est qu’ils pouvaient défendre la Terre, mais nous les aurons affaiblis davantage… Et si c’est nous qui les battons, nous sortirons de cette bataille si faibles que nous ne pourrons plus la protéger. Je me demande si Mars n’a pas…
_ Mon fils, ne te trompe pas ! Mars n’est pas Dieu ! Les voies de Dieu sont impénétrables, tu n’as pas le droit de mourir maintenant ! Tu dois vivre… Le temps n’est pas venu de me rejoindre…
_ MAMAAAN !! »

L’image de la mère de Raphaël s’estompa petit à petit, puis fut emportée dans un tourbillon de souvenirs en même temps que le pensionnat.

Raphaël était maintenant seul dans le noir. Il repensait à ce que sa mère venait de lui dire et ne comprenait pas tout. Mars n’est pas Dieu… Mais pourquoi doit-il se battre dans ce cas ?

« Raphaël ! dit une voix hautaine et puissante.
_ Maître, c’est vous ?
_ Raphaël, abandonneras-tu ici ce combat ? Ton adversaire est très fort, mais tu ne t’es même pas battu à dix pour cent de ta force réelle ! Que fais-tu mon disciple ?
_ Maître, je ne sais plus si je dois me battre. Mars…
_ Je t’ai entraîné pendant des années dans les Montagnes d’Europe centrale. Me serais-je trompé ? N’es-tu pas capable de voir où se trouve la justice ?
_ C’est vous qui m’avez conduit jusqu’à lui !
_ Je t’ai conduit jusqu’à Diomède car tu avais beaucoup à y apprendre. Je te croyais suffisamment fort pour savoir te débrouiller. T’ai-je enseigné à adorer des idoles ? Ne t’ai-je pas dit de te mettre au service de Dieu !
_ Mais où est-il ce Dieu ? Je ne l’ai jamais rencontré !
_ Alors dans ce cas, tu n’as vraiment rien compris, et le sacrifice de ta mère n’aura servi à rien !
_ Pourquoi dois-je affronter le Chevalier des glaces ?
_ Toi seul peux répondre à cette question. La solution est dans… »

La voix s’était faite si faible que Raphaël ne put comprendre les dernières paroles de son maître. Il restait à nouveau seul dans le noir. Le froid commençait à s’insinuer dans ses membres en même temps que sa vie le quittait…
Raphaël pleurait. Il ne voulait pas décevoir sa mère, ni son maître et pourtant, il ne trouvait plus de raison d’affronter Hyoga. La mort lui tendait les bras… et il n’avait pas le droit de se laisser mourir sans lutter. Sa mère avait combattu jusqu’au dernier moment. Dieu refuse que l’on ne se batte pas pour la Vie ! Raphaël revoyait les images de son passé : son père, dont le portrait ne lui était plus apparu depuis des années, en train de frapper sa mère. Cette dernière qui l’accompagnait jusqu’à l’église où ils priaient ensemble. A cette époque, Dieu ne lui semblait pas si loin que ça. Il était sur cette petite croix de bois… et quand ils n’étaient pas à l’église sa mère lui disait… Dieu est dans ton cœur… Dieu est dans le cœur de tous les Hommes qui l’y acceptent… Nul autre Dieu ne peut surpasser ce Dieu d’amour que chacun porte en soit… En cela, les paroles de Hyoga lui paraissaient justes. Aucun Dieu n’a le droit de s’imposer aux Hommes qui ne les acceptent pas. Non, son Dieu n’était pas Mars ! Il était tout autre et aimait les Hommes. Pour ce Dieu-là, se battre valait le coup et Raphaël n’avait pas le droit d’abandonner. Même s’il ne comprenait pas tout, cette bataille pour Mars lui semblait maintenant bien fausse. Pourtant, il se devait de continuer. Seul de son affrontement contre Hyoga ressortirait la justesse de leurs actions.

Raphaël arrêta de pleurer. Il releva la tête et cette fois son regard était déterminé. Tout doute l’avait quitté. Dieu lui avait fait croiser la route du Chevalier du Cygne pour une bonne raison et il devait maintenant la découvrir. Ce n’était pas en se lamentant sur lui-même qu’il y parviendrait. Son aura bleutée se répandit autour de lui, réchauffant son corps et ses membres. L’illusion de ce monde se brisa alors qu’il rouvrait les yeux dans la Maison du Verseau…



Noir et blanc associés

Marine sortit en courant de sa maison mais à peine en eut-elle franchi le seuil qu’elle ressentit un cosmos sur le côté du temple. Cela venait de la tombe d’Aphrodite. Elle eut un regard vers les marches qui grimpaient jusqu’à la maison du Grand Pope. Elle ne pourrait de toute façon jamais rattraper l’autre guerrier de Mars et avait le devoir de protéger cette maison. Que se passerait-il si d’autres personnes arrivaient jusqu’ici, bien que ce soit maintenant hautement improbable ? Et puis il restait encore quelques surprises avant d’arriver à la salle du Pope. En un instant sa décision fut prise.

Le temps était compté et le cosmos qu’elle ressentait tout proche d’elle devenait plus fort de seconde en seconde. Vraisemblablement le piège d’Aphrodite devait perdre de son effet. Marine partit par un petit chemin tortueux qui montait sur le côté. Celui-ci était bordé d’une haie de roses rouges, mais ces roses n’étaient rien en comparaison de celles qui s’étendaient à quelques mètres de la maison des Poissons.
Marine déboucha dans un espace magnifique. Il y avait des centaines de roses, rouges, lilas, noires, blanches, jaunes, oranges qui s’entremêlaient et formaient un véritable jardin de couleur. Il s’agissait de la roseraie d’Aphrodite, mort aux Enfers. Dans ce jardin il y avait également plusieurs statues de héros, un puits, des buissons éparpillés. Au centre, Marine aperçut un des deux combattants de Mars. Il était agenouillé par dessus l’autre et semblait augmenter son cosmos pour réveiller son compagnon. Il se tenait sous une tonnelle de roses, juste à côté du tombeau en marbre d’Aphrodite. La stèle avait toujours été à cet endroit, là où le Chevalier d’Or désirait reposer, même si on n’avait jamais retrouvé son corps dispersé en poussière.
Marine avait été plus que surprise en arrivant la première fois dans ce lieu. Depuis que le Grand Pope lui avait remis la garde de la Maison des Poissons, elle avait fait des découvertes surprenantes. Tout y respirait le défunt Chevalier d’Or, et ce jardin encore plus que toute autre partie du temple. C’était sans doute ici qu’il avait perfectionné ses techniques basées sur les roses mortelles. A cet égard, Marine avait été sur ses gardes, sa dernière expérience avec les roses d’Aphrodite ayant failli lui coûter la vie et celle de Seiya. Elle avait d’ailleurs bien fait car très vite elle s’était rendue compte que cet endroit magnifique abritant le tombeau de marbre était très protégé. Toutes les roses du lieu dégageaient un parfum empoisonné et les combattants de Mars s’étaient sans doute laissés prendre au piège.
Depuis le jour de son arrivée, Marine avait pris soin de ces roses, les taillant, protégée en partie de son masque, mais ayant également appris à rester de longs moments sans respirer, à profiter de la beauté du lieu.

«Le Chevalier d’Or des Poissons s’est occupé de vous à ce que je vois ! »

L’homme arrêta de concentrer son énergie. Son regard croisa Marine qui fut prise d’un frisson. Ses yeux étaient d’un noir si profond. Elle ne les avait pas vus lorsqu’il avait pénétré dans sa maison, ni lui, ni son compagnon qui semblait revenir à lui. Tous les deux portaient des armures aussi complètes que les armures d’Argent et des casques cachant presque entièrement leur visage. En les regardant précisément comme en cet instant, elle remarqua la ressemblance frappante des deux hommes, mais surtout leur unique différence : l’un avait des yeux profondément noirs et des cheveux qui sortaient de son casque en longues mèches sombres alors que l’autre possédait des mèches blanches mais surtout, ses yeux... Marine était habituée à voir des personnes aux physiques très différents, mais c’était la première fois qu’elle voyait des yeux comme ceux-là : sans pupille. En fait, ses yeux étaient intensément blancs et seule la pupille, petit point noir, se plaçait au milieu de ce regard qui en devenait gênant et oppressant.
L’homme au sol se releva péniblement, en toussant.

« Je m’appelle Alphyun et je suis le Keroubim de Mumiah.
_ Et moi je suis Zheuk, Keroubim de Haiel, dit le second en toussant et crachant du sang par terre.
_ Vous n’êtes tous les deux plus en état de vous battre. Vous devriez repartir immédiatement d’où vous venez et vous faire soigner.
_ C’est impossible et tu le sais.
_ Puisque tu es ici, tu as vaincu Nusakan. Je n’aurais pas cru que cela aille si rapidement et que tu ne t’en sortes qu’avec une égratignure.
_ Lui non plus je crois. Puisque vous voulez vous battre, alors je serai votre adversaire, mais je ne devrai pas avoir trop de mal vu l’état dans lequel vous êtes… »

Et comme pour confirmer les dires de Marine, Zheuk cracha encore du sang.

« Il n’est pas dit que tu ne meures pas avec nous. Mais auparavant, nous devons nous débarrassez de ce parfum mielleux qui nous asphyxie. »

Alphyun et Zheuk venait de prendre une position étrange : se faisant face, ils concentraient tous les deux leurs cosmos entre leurs mains et très vite, une boule d’énergie apparut entre eux. Marine s’empressa :

« Attendez ! Ne détruisez pas cet endroit. Au moins par respect pour le tombeau qui se trouve derrière vous… »

Mais avant qu’elle n’ait pu terminer sa phrase, une déflagration gigantesque eut lieu. L’explosion était loin de pouvoir inquiéter un quelconque chevalier, mais le souffle était suffisant pour détruire toute la végétation environnante sur plusieurs dizaines de mètre. Lorsque Marine jeta un coup d’œil sur le paysage qui s’offrait maintenant à elle, il n’avait plus rien de paradisiaque. Les statues avaient été renversées, tous les arbustes avaient perdus feuilles et fleurs et certains étaient même déracinés. Sous la tonnelle, la tombe de marbre d’Aphrodite semblait nue avec ses piliers de pierre sur lequel grimpaient auparavant les rosiers. Cet endroit dont elle avait pris tellement soin n’était plus que désolation. Son cœur eut un pincement, mais ce n’était pas cela qui la ferait s’effondrer.

« Maintenant à ton tour de subir notre colère ! »

Le combattant se précipita sur Marine. La protectrice d’Athéna était loin de se laisser avoir par une telle attaque, plus rapide que celle de Nusakan, mais encore loin de ses capacités. Elle évita facilement le poing du Keroubim, mais ressentit soudain un froid intense lui lécher le dos. C’est alors qu’elle remarqua Alphyun juste derrière elle. Une puissante énergie partit de son flanc et la projeta à quelques mètres de là.

Comment ce guerrier avait-il pu parvenir à la surprendre ainsi ? Elle ne l’avait même pas vu se déplacer. Zheuk n’était-il là que pour attirer l’attention de leurs adversaires pendant qu’Alphyun attaquait ?
Cette fois, ce fut Alphyun qui se précipita sur elle, toujours avec une vitesse insuffisante pour l’inquiéter. Marine gardait un œil sur Zheuk quand soudain elle le perdit de vue. Lorsqu’il réapparut, il était à côté d’elle et entre ses mains une boule d’énergie luisait, qu’il lui appliqua sur l’autre côté. Marine anticipa le choc, mais elle ressentit malgré tout une brûlure intense dans sa chair.
Elle faisait maintenant face aux deux guerriers. Ainsi donc ils possédaient une technique de téléportation comme Mû, le défunt chevalier d’Or du Bélier.

« Bravo Marine, tu es fidèle à ta réputation, tu as presque réussi à parer notre deuxième attaque. Nous aurions dû nous en douter, tu es après tout le maître du légendaire chevalier de Pégase.
_ Vous me connaissez donc. Je dois avouer que j’ai été surprise au début, mais je ne me laisserai pas abattre si facilement. Par L’AIGLE ROYAL !»

Elle s’élança sur Alphyun à une vitesse bien supérieure à la leur, mais lorsqu’elle arriva sur lui, il disparut à nouveau et Marine ne frappa que du vide. Une fraction de seconde plus tard, Zheuk était sur elle, avec deux boules d’énergie entre ses paumes. Marine parvint à les éviter, mais à peine s’en sortait-elle qu’Alphyun réapparaissait prêt à la frapper également. Bientôt, Marine ne sut plus où donner de la tête. Elle avait juste le temps d’échapper aux attaques de l’un que l’autre prenait le relais, l’empêchant de contrattaquer. La situation devenait critique obligeant Marine à croître sa vitesse alors que ses adversaires semblaient inépuisables. Pourtant elle remarqua une légère faiblesse dans l’attaque de Zheuk, du sang coulant de la commissure de ses lèvres. Elle se précipita sur lui déclenchant son Aigle Royal.
Avec une telle proximité, la puissance déchaînée éclata directement contre l’Arcane du combattant qui voltigea pour s’échoir sur le sol rocailleux. Marine ressentit de son côté la même sensation de froid dans son dos avant de ressentir une violente douleur et d’être projetée à son tour.
Sans protection à cet endroit, le coup porté lui avait brisé une côte. Heureusement pour elle, ce n’était pas tant le coup qui était dangereux dans cette décharge d’énergie, mais la surpression qu’elle engendrait et qui projetait ses victimes. Elle se releva en toussant du sang, son poumon droit était sans doute perforé. En face d’elle, Alphyun aidait Zheuk à se relever. Son Arcane noire et blanche, légèrement transparente était fissurée à l’endroit de l’impact du coup de Marine et sans doute son corps avait-il encore plus de dégâts. Pourtant l’armure l’avait en partie protégé et à ce rythme, Marine comprit vite qu’elle tiendrait moins longtemps qu’eux. Une pensée lui traversa l’esprit furtivement, mais elle y renonça. Elle avait encore d’autres atouts en main.

Le visage d’Alphyun respirait la colère de voir son compagnon dans cet état. Il se précipita sur elle de toutes ses forces. Marine de son côté augmentait son cosmos à son maximum et une aura blanche vient bientôt l’entourer. Alphyun avait réuni deux nouvelles boules d’énergie dans ses mains, mais avant qu’il n’atteigne Marine celle-ci déclencha à nouveau l’Aigle Royal et de ses mains partit une puissante énergie. Alphyun eut un sourire avant de disparaître, évitant l’attaque, pour réapparaître juste à côté de Marine. Cependant, celle-ci avait prévu sa réaction et se déplaça si rapidement qu’Alphyun se trouva face à du vide. Marine, derrière lui, le frappa de son poing dans les côtes et Alphyun fut également projeté à terre. A ce moment, Zheuk apparaissait en face de la combattante et lui lança son attaque qu’elle put à peine contenir de ses deux paumes.
Ses mains la brûlaient, mais elle avait surmonté cet assaut. Les deux combattants étaient très complémentaires et possédaient des techniques très semblables. Leur téléportation était un atout incontestable, mais Marine avait maintenant trouvé le moyen de les éviter en se déplaçant juste au moment où ils disparaissaient. Ces derniers apparaissaient alors où elle se trouvait et elle pouvait leur porter des coups contre lesquels ils n’étaient pas protégés. Tout était dans l’observation et l’anticipation de leur mouvement, ce qu’elle pouvait se permettre étant plus rapide qu’eux.
Alphyun était entre les bras de Zheuk. Tous les deux avaient reçu des coups très puissants, mais leurs armures les avaient bien protégés.

« Combattant de Mars, repartez, je ne vous le redirai pas. Vos attaques ne pourront désormais plus m’atteindre et leur puissance est trop faible pour que vous puissiez m’inquiéter, même sans armure. Ce combat est inutile, vous l’avez perdu.
_ Chevalier de l’Aigle. Il est vrai que tu possèdes une vitesse phénoménale, mais nos Arcanes nous protègent de tes coups qui sont beaucoup moins dangereux que ceux de Pégase.
_ Oui, l’élève a sans conteste dépassé le maître… Et tu n’as pas fait grand-chose pour le sauver de la mort… Te faisait-il de l’ombre ? »

Marine était surprise qu’on lui rappelle ainsi la mort de son disciple. Ses adversaires cherchaient-ils à la déstabiliser ?

« Seiya était effectivement devenu beaucoup plus fort que moi et sachez que c’est pour moi un honneur d’avoir été le maître d’un tel disciple. Il a donné sa vie pour Athéna et est devenu une légende, même pour vous.
_ J’imagine que sa mort a dû être très dure à supporter…
_ A moins qu’au contraire tu ne te sois jamais inquiétée pour son sort…
_ Contrairement à celui du Chevalier d’Or du Lion… »

Cette fois Marine eut un sursaut en se faisant rappeler Aiolia. Comment ces deux-là pouvaient-ils en savoir autant sur elle ? Certes la mort du Chevalier du Lion l’avait profondément touchée. Elle avait toujours ressenti une tendresse particulière pour lui et il était parti sans n’avoir jamais rien su de ses sentiments.

« Ce n’est pas la peine de me rappeler tout cela, ça n’arrangera en rien votre situation. Vous allez périr tous les deux ici à cause de votre entêtement ! »

Et Marine s’apprêtait à porter une nouvelle attaque quand elle remarqua que les deux combattants s’étaient à nouveau téléportés. Elle se déplaça rapidement, prête à attaquer à l’endroit où elle se trouvait quelques instants plus tôt, mais elle comprit bien vite son erreur. Les deux Keroubims ne réapparaîtraient pas à cet endroit. Elle ressentit leur cosmos se concentrer à leur maximum. Ils étaient à quelques pas d’elle, se faisaient face comme lorsqu’ils avaient détruit les roses d’Aphrodite, seulement cette fois, l’énergie qu’ils concentraient entre leurs mains était bien plus puissante. Marine les regardait, ne sachant comment réagir. Devait-elle attendre leur attaque ? Elle décida que non et s’élança sur eux au moment où ces derniers prononçaient :

« COSMIC DETONATION !! »

Marine ressentit une vague d’énergie fondre sur elle. Non seulement leur attaque était beaucoup plus puissante que précédemment, mais elle était également beaucoup plus focalisée sur elle. Sans armure, elle comprit qu’elle avait très peu de chance d’en ressortir : cette explosion était au moins équivalente à une attaque de Chevalier d’Or !


Réveil

Un calme parfait nimbait la Maison de la Balance. De l’entrée du temple se déversaient les derniers rayons du soleil, se réverbérant dans de larges flaques au sol. Peu à peu ces derniers s’inclinaient et se rapprochaient d’un corps allongé face contre sol. Ce n’était pas le seul homme à être ainsi étendu à terre. Un autre se trouvait non loin de lui, totalement plongé dans l’obscurité. Les gravats qui jaillissaient de terre étaient autant de signes de la lutte qui les avait opposés.
Les premières raies léchèrent le visage de l’homme. La chaleur du soleil se répandit sur son épiderme, redonnant couleur à ses joues pâles. Un tressaillement de ses paupières contracta son visage. Une deuxième fois, puis un œil s’ouvrit. Sa vision était floue et drapée.
Où se trouvait-il ? L’homme reprit conscience. La Maison de la Balance. Le Sanctuaire, le défi lancé à Athéna… Tant de souvenirs se pressaient à la porte de son esprit. Dans un effort, il se remit debout et contempla le décor qui s’offrait à lui. La Maison de la Balance, parfaitement symétrique, calme et sereine, défigurée par les éboulements. Le trou dans le toit s’ouvrait sur un ciel qui commençait à s’obscurcir. Quelle heure était-il ? La nuit s’approchait et les derniers rayons qui l’avaient réveillé disparaissaient maintenant.
Son précédent adversaire était au sol. Il n’avait pas trouvé la force de se relever. Il était donc vaincu. L’homme brandit l’arme qu’il avait dans sa main droite et à laquelle il n’avait pas fait attention. Une longue lame, d’or finement ciselée et pourtant si solide qu’elle transperçait toute matière. Sanosuke contempla le katana d’or, le Chevalier du Dragon à ses pieds, savourant sa victoire. Son corps était encore faiblard, mais il avait récupéré l’essentiel de sa vitalité. Il n’avait plus de temps à perdre dans cette Maison. Ses compagnons l’avaient franchie et devaient se trouver beaucoup plus haut. Certains étaient même peut-être parvenus devant le Grand Pope. C’était maintenant son devoir de les rejoindre.

L’Empereur se détourna de Shiryu et prit la direction de la sortie et plus haut de la Maison du Scorpion.



A peine le Combattant avait-il disparu de la pièce qu’une lueur verte et or s’éleva du deuxième Guerrier. D’une puissance surprenante, des volutes s’élevèrent de son corps, prenant de l’ampleur et englobant la salle. La magnifique armure qu’il portait était parcourue de fissures qui se comblaient et se réparaient.
Shiryu, bien qu’inconscient, ressentit cette chaleur qui l’entourait. Elle fut comme un déclic dans son esprit, perçant les barrières de sa conscience, parvenant jusqu’au plus profond de ses pensées, là où un petit garçon aux longs cheveux noirs regardait une petite fille en train de ramasser des fraises dans un champ. Au loin, le bruit de la cascade de Rozan se répercutait. Le petit garçon qui n’était autre que Shiryu enfant regardant Shunrei, sa nouvelle camarade auprès du Vieux Maître, caché derrière un arbre. Il était arrivé depuis peu et tout ici lui semblait surprenant. Cette jeune chinoise attaché à ce si vieil homme, préparant leurs repas, se dévouant pour eux. Elle n’avait eu aucune gêne à l’arrivée de Shiryu alors que lui s’était aussitôt senti intimidé par cette compagnie féminine. Savait-il déjà à l’époque tout ce que Shunrei symboliserait pour lui ?
Dans sa contemplation, il sentit les rayons du soleil se faire plus forts, ainsi que le bruissement de la cascade de Rozan s’intensifier. Shiryu se détacha de la jeune fille pour courir près de son maître. Que signifiait ce soudain changement climatique ? Mais près de la cascade, il n’y avait plus personne. Shiryu était maintenant un homme et le Vieux Maître n’était plus de ce monde. Il avait offert sa vie à Athéna contre Hadès. Indifférent à ce sacrifice, la cascade de Rozan continuait son cours, solitaire, imperturbable.
La chaleur qu’il avait prise pour les rayons du soleil se dégageait de la chute d’eau. Une vive lumière brillait en son centre. Shiryu se mit en position de combat. Dans un brusque élan, il s’éleva vers la cascade et de son genou heurta les flots. Silence. L’eau avait suspendu son cours. Puis le flux de la cascade s’inversa, révélant l’entrée d’une grotte au milieu de la falaise. Shiryu n’avait jamais vu ce passage jusqu’à maintenant. Il s’y engouffra. Derrière lui, le rideau de la cascade s’abaissa à nouveau, l’isolant du monde extérieur.

Les parois de la grotte suintaient et la terre à ses pieds était imbibée d’eau. Une lumière continuait à jaillir devant lui, vive et chaude. Après quelques mètres, le passage s’élargissait pour former une cavité plus grande, au centre de laquelle une magnifique statue illuminait les parois d’un vert profond. S’accoutumant à la lumière, Shiryu constata que la statue était sa propre armure sous sa forme divine, l’armure du Dragon, faite d’or et de jade. Perchée sur une pâte du Dragon, une chouette effraie le regardait fixement. Elle l’attendait.

« Shiryu, ton combat n’est pas terminé. Tu dois immédiatement repartir au Sanctuaire.
_ Mais qu’est-ce que cela signifie ? Le Grand Pope veille sur le Sanctuaire et Athéna est en sécurité avec Shun.
_ Réveille-toi ! L’Empereur de l’Équilibre a été remis sur pied. Il se dirige vers la Maison du Scorpion.
_ L’Empereur… Mais qui es-tu ?
_ Je suis toi, je suis l’esprit de ton armure, je suis le sang que tu as versé pour moi, nous ne sommes qu’un. Athéna est en danger ! »

Sur la pupille de l’effraie apparurent des images qui vinrent frapper Shiryu, ouvrant à son esprit le passage vers sa mémoire. L’arrivée des Bersekers, sa rencontre avec Sanosuke, son combat, tout lui revint. Il ouvrit les yeux.

Devant lui il n’y avait plus ni effraie, ni armure, mais quelques pierres sur le sol. La Maison de la Balance. Sa cosmo-énergie donnait une teinte verdâtre aux murs du temple. Le Chevalier se remit sur pieds. Il était paré de la splendide armure Divine du Dragon. Cette dernière s’était presque totalement régénérée de son précédent combat. Shiryu chercha du regard son ennemi. Il n’était plus là. Sans perdre une seconde, il s’élança vers le temple du Scorpion. Il devait le rejoindre avant qu’il ne soit trop tard !

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