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Hades Glory

"Si chaque cosmos est un mini univers alors le seul moyen de surmonter cet obstacle est de sublimer son cosmos jusqu'à ne faire qu'un avec l'univers lui-même. "
IL a peur.
Les images qui se succèdent le remplissent d'un effroi sans nom.
IL les voit.
La Terre s'ouvre sous l'effet de cosmos plus terrifiants les uns que les autres. L'atmosphère devient alternativement rouge, bleu, verte et jaune.
Leurs cosmos s'épanouissent comme d'immenses tours noires si hautes qu'elles semblent vouloir griffer le ciel, leurs éclats mutilent les nuages de leur traînée noire comme la cendre.
IL peut les voir !
Combien sont-ils ?
Ils sont 9 ! Ils sont 9 ombres rougeoyantes dans les brumes de ses pensées ! Ils sont 9 paires d'yeux aussi brillants que l'ambre le regardant avec intensité !
IL sait qui ils sont. IL est l'un d'eux !
Ses mains se crispent sur le tissu, Ses dents s'entrechoquent jusqu'à se briser !
Les 9 éclatent d'un rire sinistre, leur aura sert de manteau à leur corps invisible.
Ils se rangent soudainement et lui présentent leur profil.
Les 9 lui font une allée d'honneur.
IL avance le long d'une route aux contours invisibles, des éclats de lumière le guident. IL ne sait pas d'où ils viennent. Ce sont des cosmos très puissants, plus puissants que ceux des 9.
IL a peur mais il approche de plus en plus, IL met son bras devant ses yeux pour les protéger de cette lumière aveuglante.
IL les distingue maintenant.
Ils sont trois ! Chacun d'entre eux dégage une énergie incommensurable mais distincte.
Le premier est jaune comme le blé, aussi brillant que le soleil.
Le second est blanc et bleu, aussi dense que le ciel, il paraît aussi libre qu'un nuage.
Le troisième n'a pas de couleur : il varie constamment entre le noir, le rouge et le vert, pourquoi cette diversité ? Il s'étend tellement qu'on dirait qu'à l'intérieur c'est un volcan prêt à exploser.
Des flammes dansantes s'agitent au-dessus de leurs têtes les garnissant de couronnes, leurs visages lui sont indiscernables mais ils portent tous la même marque, elle est formée de deux triangles dont l'un a la pointe orientée vers le bas et l'autre vers le haut.
Ils sont si denses qu'ils paraissent occuper tout l'espace de l'univers à eux seuls mais deux cosmos paraissent pousser particulièrement l'un vers l'autre.
IL a du mal à voir desquels il s'agit mais il semble que ce soit le cosmos blanc et le cosmos fluctuant qui combattent entre eux.
Chaque fois qu'ils se rencontrent cela produit un fracas titanesque qui fait trembler les 9 eux-mêmes, comment peuvent-ils dégager une telle violence ?
Ils se croisent à nouveau et cette fois l'impact est tellement puissant qu'IL est renversé en arrière. IL n'ose pas se relever mais porte son bras devant ses yeux pour les protéger de cette lumière.
Les 9 entourent maintenant le cosmos blanc et le cosmos multicolore. IL a beau chercher, il ne voit plus trace du cosmos jaune, si, il est maintenant plus haut que les deux autres mais la marque qui lui barrait le visage a disparu.
Les deux cosmos restants foncent l'un sur l'autre.
Le cosmos blanc comme le ciel semble sur le point d'englober totalement son adversaire mais tel un volcan celui-ci explose à l'intérieur de lui, le mutilant en une multitude de nuages.
Ils sont tous deux blessés mais pas morts et semblent rassembler leurs forces.
C'est alors qu'IL voit l'un des 9 se détacher, il s'élève au-dessus des deux protagonistes, un éclair semble sortir de son congénère et les frapper tous les deux.
BLANC tout est blanc…
Une grande étoile s'est écroulée.
IL se réveille.
Palais du Premier roi
C'était un lieu assez étrange tant dans sa conception que dans son architecture.
Les murs étaient faits d'un bois très massif taillé à la hache dans les forêts et reliés entre eux par ce qui semblait être des boyaux d'animaux morts.
La structure était géométrique mais peu évoluée avec son toit en forme triangulaire.
Les colonnes étaient certes de marbre mais elles étaient depuis longtemps recouvertes par le givre qui s'introduisait avec la neige par les fenêtres grossièrement couvertes par des peaux de bêtes.
Le centre de la pièce elle-même était parfaitement circulaire et abritait un immense brasero dont les flammes montaient jusqu'au toit et dégageaient une âpre odeur d'encens.
Au fond de cet édifice au caractère religieux évident se trouvait une sorte d'autel qui se composait de trois mégalithes grossièrement disposés en trapèze sous lesquels semblait reposer un dormeur.
L'autel était dérobé à la vue des profanes par un simple rideau de gaze qui laissait entrevoir la silhouette allongée de celui qui devait être le grand prêtre.
Il était gardé par deux hommes vêtus de capes blanches qui, seules avec leurs ceinturons à boucle les protégeaient de la nudité.
En dépit de leur vêture barbare aucun des deux ne portait la barbe.
De temps à autres le dormeur de l'autel laissait échapper des gémissements de peur et saisissait le voile de gaze avec force.
Dans le fond de la pièce le démon Loki ne décolérait pas et faisait même les 100 pas sous le regard agacé des gardes. Il leur lançait de temps à autres des regards haineux derrière son casque de bronze, leur jetant même des imprécations auxquelles ils n'étaient pas tout à fait insensibles.
_Alors c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?!
Le garde qui paraissait le plus âgé siffla à travers ses lèvres.
_Ne t'avise même pas de penser à déranger notre maître en ce moment !
Loki, flairant l'occasion qu'il attendait s'approcha plus près.
_Et sinon que me feras-tu ? Il ferait beau voir que nous nous battions entre nous !
Son vis-à-vis laissa passer un sourire un peu trop longtemps sur ses lèvres.
_Ici tu n'es rien d'autre qu'un invité. Ne l'oublies pas. Mon seigneur est le seul maître ici.
_Imbécile, oublierais-tu qui je suis ? Je suis l'homme de confiance du troisième roi !
Un rictus de mépris passa à nouveau sur les lèvres de l'homme.
_Oui c'est vrai, comment dit-on déjà ? Son toutou ?
A ce moment Loki sut qu'il avait trouvé la faille dans la défense de son adversaire.
_Aurais-tu la prétention de sous-entendre que ton seigneur parmi les 9 est plus haut que le mien ?
_Je… Mai…
Une sueur froide coula sur le visage de l'homme depuis sa chevelure jusqu'à l'arrête de son nez. Loki continua.
_Oh certes, le premier roi est celui qui parmi les 9 a les plus grands pouvoirs de divination et de là à dire qu'il est capable de terrifier tous les autres rois il n'y a qu'un pas. C'est cela que tu voulais dire n'est-ce pas ?
L'homme se décomposa de plus en plus, il bredouilla quelque chose.
_jenaijamaidiça.
Loki fit semblant de ne pas avoir compris puis s'avançant encore un peu plus il tendit le bras vers le rideau, prêt à le tirer vers lui.
_Peut-être devrions-nous tirer ton maître de son sommeil pour lui demander son avis sur la question qu'en penses-tu ?
A ce moment une flèche siffla et passa très près du visage de Loki lui arrachant le lobe de l'oreille droite.
_La prochaine fois je ne te couperai pas qu'un bout de chair !
Loki n'eut guère besoin de se retourner pour reconnaître le propriétaire de cette voix. Il n'affecta cependant aucune affliction au vu de sa blessure.
_Tyr n'est-ce pas ? Evidemment le Premier ne peut avoir de plus fidèle serviteur que le dieu de la droiture. Celui qui utilise l'arc par bravade car il est manchot et le bande avec ses dents.
_Et de plus mauvais serviteurs que toi, il n'en existe point !
Le rideau de gaze que tenait Loki se souleva alors très légèrement, celui qui dormait sur l'autel s'était réveillé.
IL congédia les gardes d'un ordre rapide.
Resté seul avec Loki et Tyr, IL sortit de son vestibule pour s'approcher du brasero.
Le premier roi avait une apparence physique très juvénile pour un personnage d'une telle importance.
Ses cheveux blonds coupés descendaient à peine à la hauteur de ses épaules, sa peau était vierge de toute pilosité et ses mains étaient aussi fines que celles d'une tisseuse.
Il était couvert d'une cape blanche à la traîne en plume de paon qui accentuait encore la minceur de son corps.
Il approcha ses mains du brasero et sembla éprouver un réel soulagement à sentir la chaleur des flammes s'infiltrer par chaque pore de sa peau.
Il respira un peu les vapeurs de l'encens qui lui arrachèrent quelques toussotements.
Ce fut d'une voix totalement différente que celle qu'on aurait pu attendre d'un adolescent qu'il s'adressa à ses invités.
_Approche Loki fils de Loffer et viens me demander l'audience que Caliban sollicite à travers toi.
Loki réprima un mouvement d'effroi de tout son corps en entendant le troisième roi appelé par son prénom. Il était moins surpris de ce que le Premier connaisse déjà le motif de sa visite étant donné ses pouvoirs de divination.
" Majesté " dit-il simplement en s'inclinant aussi profondément qu'il le put.
Le premier roi huma à nouveau de l'encens du brasero à pleins poumons. Il commença alors de sa voix à peine humaine :
" Mon rêve est maintenant achevé, le voici : quand les 9 seront rassemblés et prêts à reprendre leur pouvoir, trois étoiles suprêmes descendront du ciel, l'une pour prier, les deux autres pour s'affronter "
Il prit une nouvelle inspiration puis continua.
" Leur combat sera indécis et l'étoile annonciatrice de la mort apparaîtra sur leur front quand Dieu ne saura plus à qui donner la victoire. "
Le premier roi s'assit sur son trône puis enfouit son visage dans ses mains, il semblait profondément accablé par sa prédiction. Des sanglots lui échappèrent même et quand Tyr s'approcha de lui pour le soutenir, il lui fallut un moment pour retrouver son calme et indiquer qu'il pouvait continuer.
" Leur affrontement continuera jusqu'à ce que l'une des trois étoiles suprêmes reprenne sa place dans le ciel. L'affrontement des deux étoiles restantes sera d'une violence extrême, la victoire ne sera offerte à aucun d'eux mais la mort le sera par l'un des 9 "
Sa voix se brisa à nouveau dans un sanglot incontrôlable. Il posa une main tremblante sur un des bras de la chaise qui lui servait de trône et voulut y prendre appui pour se relever.
Tyr approcha sa main valide pour le soutenir mais avant qu'il ait pu faire un geste, les forces avaient abandonné son souverain qui tomba face contre terre.
Ses cheveux blonds se répandirent sur le sol rendu humide par la neige fondue, ses yeux étaient dans la vague, sa bouche remuait sans qu'aucun mot intelligible n'en sorte.
Réprimant un mouvement d'appréhension Tyr saisit son jeune souverain par l'épaule et l'aida partiellement à se relever.
Loki de son côté s'efforçait autant qu'il le pouvait de garder les yeux fixés sur le sol. Les crises du premier roi étaient bien connues dans ce pays et si de nombreuses rumeurs couraient à leur propos, beaucoup auraient donné cher pour ne pas y assister.
Le jeune homme se releva péniblement puis avança quasiment à tâtons jusqu'à l'autel mégalithique de son temple, trébuchant à chaque pas, cherchant un appui de sa main fiévreuse.
Arrivé à un mètre environ de l'autel il s'arrêta quelques secondes pour reprendre son souffle, de fines gouttes de sueur perlaient à son front et s'écoulaient jusqu'à son nez.
De sa main droite il atteignit le rideau de gaze.
- Majesté… commença Loki.
La respiration du premier roi s'interrompit instantanément et le cœur de Loki rata un battement quand il vit la main de celui-ci se crisper très violemment contre le rideau de gaze et l'arracher d'un coup sec pour l'envoyer à quelques mètres plus bas.
Il prit alors position devant l'autel de mégalithes et posa chacune des ses mains sur les deux pierres de l'édifice.
Il appuya sa tête sur le mégalithe supérieur et commença à réciter des formules druidiques.
Un cosmos doré sembla se diffuser le long des pierres qui s'illuminèrent de signes runiques à la signification inconnue aux profanes.
Loki et Tyr regardaient d'un air alarmé les signes se répandre sur les parois mégalithiques. Entre deux psaumes le premier roi laissait filtrer des paroles intelligibles.
" Pourquoi… pourquoi n'ai-je pas pu voir plus loin ? "
" La source n'est pas assez pure, ce doit être pour cela "
Une main se posa sur son épaule et les vibrations cosmiques cessèrent, les mégalithes perdirent la vie qui les animait et les parois du palais leur couleur dorée.
Tyr passa autour de l'épaule de son maître un bras presque paternel.
_Majesté je vous en prie… Cessez de vous torturer. En matière de divination vos dons surpassent largement ceux de votre illustre père…
Le roi adolescent sembla tomber dans les bras de son serviteur qui le saisit en dessous des aisselles pour l'empêcher de s'écrouler.
_Oui tu as raison mon bon Tyr… le sommeil… c'est de sommeil dont j'ai besoin… Lui seul me permettra de pénétrer plus profondément les voies du destin…
Tyr mena lentement son maître jusqu'à son trône où il le laissa dans une position semi-assise puis se pencha vers lui pour recueillir ses paroles.
" Tyr… Loki doit partir… Ce… Celui des 9 qui… qui assistera au duel des deux étoiles géantes… Il doit être prévenu "
Tyr s'agenouilla à nouveau et se dirigea vers Loki qu'il escorta d'un pas rapide vers la sortie du palais.
Jamais peut-être deux invités ne furent plus pressés de sortir de la demeure de leur hôte qu'ils ne le furent mais ce fut peine perdue. Une voix faible se fit entendre à l'autre bout de la pièce.
_Je suis tellement désolé…
Tyr et Loki s'immobilisèrent instantanément sans se retourner pour autant.
_Je… J'ai vu votre mort à tous les deux…
Et sa voix se brisa à nouveau dans un sanglot.
***
Deux hommes, une femme, un peu de sang et une épée entre eux, n'est-ce pas ainsi que toutes les guerres ont commencé ?
L'Erichtonion, l'Aréopage avait ce jour là un aspect bien étrange, dans le soleil couchant une femme était agenouillée en position de prière, un homme de haute taille se tenait derrière elle.
Il tenait à deux mains une lourde épée qu'il tentait d'appuyer sur la nuque de sa victime.
Toute la divine force de son bras droit était concentrée dans cet effort mais il en était empêché par la force tout aussi divine d'un autre dieu.
Retenir l'épée du dieu de la guerre ne semblait pas lui coûter d'effort apparent, on aurait dit que l'épée était tout simplement posée dans la paume de sa main et que c'était par accident que son sang s'écoulait jusque dans le cou de la jeune déesse sans lui faire perdre sa sérénité.
Ses lèvres fines bougèrent à peine quand il énonça :
" Etait-ce vraiment nécessaire ? "
En prononçant ces mots les pupilles de ses yeux tremblaient tellement qu'elles semblaient refléter une intense émotion.
" Ce procès, ces témoignages, le supplice d'Athéna et finalement ce simulacre d'exécution… Tout cela pour me forcer à me montrer. Si le roi des dieux souhaitait ma présence il n'avait qu'à le demander. "
Le violent Arès qui tenait son arme à bout de bras ressentit un torrent de haine déferler sur son cœur devant le sourire méprisant de cet homme qui venait de le rendre ridicule devant toute la Création.
_Toi ! Je… je t'ai reconnu tout à l'heure quand tu hésitais à lever la main sur Athéna ! J'ai cru que tu n'étais qu'un fantôme et que tu n'aurais pas le mauvais goût de survivre à une défaite aussi totale que la tienne ! Mais je vois que tu n'as pas changé ! Il faut toujours que tu ramènes tout à toi !
Arès appuya encore la pression qu'il exerçait sur son arme et cette fois une cosmo énergie mauve s'en échappa submergeant toute la surface de l'épée qui inclina vers Athéna.
Le dieu des morts fronça les sourcils pour marquer sa contrariété, il resserra un peu plus son étreinte sur la lame de la guerre et celle-ci se mit à briller d'une lumière nouvelle.
Le sang répandu le long de l'épée sembla prendre la consistance d'une cosmo énergie.
_Mais que ? Ahhhhhhh !!!!
Arès n'eut pas le temps de lâcher son épée avant que l'énergie cosmique libérée par le sang divin ne le submerge et lui arrache des cris de douleurs.
Hadès garda quelques secondes l'épée prisonnière dans sa main puis la relâcha. Son détenteur en fut un peu éberlué, il chancela quelques secondes, fit quelques pas en arrière avant de s'adosser contre un arbre.
La douceur de la voix d'Hadès lui était la pire des tortures en cet instant.
_Tu es vraiment stupide. Comment veux-tu déployer toute ta puissance avec une arme qui est maculée de mon sang ?
Athéna avait mis à profit ce court laps de temps pour se remettre sur ses pieds. Le vent soulevait sa robe déchirée et ses cheveux à la couleur mauve si rare.
Tout cela lui donnait une impression de beauté fragile que démentait la force de son regard bleu contrastant avec ses fines lèvres peintes de rouge.
En une seconde elle avait retrouvé cette majesté que les derniers jours de souffrance avaient amoindrie.
_Ainsi tu as finalement choisi de réapparaître dans le domaine des dieux, cela ne te ressemble pas de prendre de tels risques, pourquoi as-tu fait cela ?
Hadès toisa Athéna avec des yeux dont la force égalait ceux de sa rivale de toujours.
_Mais c'est toi qui m'as appelé Athéna.
Plus loin Némésis s'était posté à l'ombre d'un peuplier, résolument dans une attitude d'attente vis-à-vis des évènements à venir.
L'archange sourit en sentant un courant froid derrière lui.
_Tu es venu toi aussi ?
Odin se dévoila, il portait toujours l'armure cristalline de Balmung.
_Oui je dois avouer que je ne m'attendais guère à ce dénouement.
_Et moi donc, mon touareg va devoir faire des heures sups !
_Hein ?
_Je m'comprends.
Odin secoua la tête en tentant de faire abstraction de la dernière remarque de son récent adversaire.
_Et que va-t-il se passer maintenant ?
_Je n'en sais rien. Avoue que ce serait trop facile si je pouvais tout deviner à l'avance. Mais comment nomme-t-on cela déjà quand un grain de sable vient bloquer la machine et que ce grain est divin ?
_Deus ex machina ?
_Exactement.
Sur ces derniers mots Némésis plaça son doigt devant ses lèvres pour signifier le silence en langage universel.
_Je t'ai appelé dis-tu ?
Pour la première fois depuis longtemps, les lèvres du dieu des morts se déformèrent en un sourire de contentement très net.
_Tu parais étonnée et pourtant c'est l'évidence même : en refusant de reprendre la Terre, tu as provoqué mon retour sur l'Olympe. Car tu dois bien te rendre compte qu'en agissant ainsi tu as remis la Terre entre les mains de Zeus. Et comme tu l'as dit toi-même les seuls qui restent pour s'opposer à lui…
_Sont ceux dont l'histoire a oublié le nom… Ces guerriers solitaires que tu as rappelés de l'Enfer lui-même sans leur assigner aucune mission.
Ce fut alors au tour d'Athéna de sourire et aucun des dieux présents ne put rester insensible à sa beauté en cet instant.
_Je dois t'avouer une chose Hadès. Depuis que tu es revenu sur Terre je n'ai cessé de te voir. Bien sûr je ne pouvais te voir avec mes yeux depuis cette prison qu'est l'Olympe mais je t'ai vu… j'ai entendu les battements de ton cœur triste… j'ai ressenti la montée de ces émotions que tu tentes de refouler. Oui j'ai senti tout cela. Quand tu as fait revenir ces guerriers d'entre les morts j'ai craint que tu ne veuilles t'emparer du monde à nouveau mais tu n'as strictement rien fait : tu les as laissés agir selon leur cœur, libres de découvrir eux-mêmes le sens de leur combat. Et lorsque ton armée a été prête, au lieu de reprendre le monde tu as préféré tenter de disparaître à tout jamais pour ne plus avoir à être Dieu.
L'émotion d'Athéna était telle que ses yeux commençaient à s'embuer de fines larmes. Son ennemi de toujours gardait les yeux fermés, la tête inclinée de profil comme gêné par cet éloge.
_Hadès, le seul véritable ennemi que j'ai jamais eu… Nous nous sommes combattus si longtemps et il me semble que je te vois seulement maintenant. Oui à présent je vois quel être sublime tu es et c'est pour cette raison que j'ai refusé de reprendre la Terre : je sais que tu sauras la protéger, aidé par tes guerriers solitaires.
Hadès avait l'air presque peiné lorsqu'Athéna finit son discours.
_Eh bien je ne pensais pas que tu avais pu lire aussi profondément en moi et je ne pensais pas non plus recevoir un si beau compliment de ta part. Aussi je suis vraiment désolé de te décevoir mais je ne cherche pas la rédemption, pas plus qu'à sauver la Terre ou l'humanité. La seule raison de ma présence ici est celle-ci : restaurer l'équilibre !
_L'équilibre ?
_Oui Athéna, l'équilibre. Chaque fois que l'équilibre est détruit il doit être restauré : la Terre est l'œuvre d'Ouranos et de Gaïa, Ouranos meurt et Cronos le remplace, l'équilibre est maintenu. Cronos est remplacé par Zeus, l'équilibre est une nouvelle fois atteint. Zeus divise l'univers en 4 domaines et te laisse la Terre, il crée ainsi un nouvel équilibre. Athéna défait Poséidon et détruit Hadès, l'équilibre est à nouveau atteint, comment l'univers peut-il retrouver sa stabilité à ton avis ?
Athéna avait écouté attentivement les paroles d'Hadès. Elle avait depuis longtemps compris que si les Olympiens l'avaient condamnée ce n'était pas pour un meurtre mais pour atteindre un but bien supérieur qui transcendait son existence. Son regard passa sur son armure divine que Némésis avait fait venir pour la protéger, elle regarda un instant le sceptre de la victoire et le bouclier de la Justice, ces deux armes qui avaient assuré la pérennité de son règne et lui avaient été données par cet homme.
_Oui c'est évident… mon procès n'est qu'un prétexte car la seule chose qui puisse rééquilibrer l'univers - un voile d'amertume obscurcit son regard - c'est l'avènement d'un nouveau dieu suprême. Et c'est aussi la raison de ta présence ici.
Hadès sortit l'épée des illusions de son fourreau et laissa son énergie le submerger.
_Oui Athéna, un nouveau dieu suprême. Et je suis convaincu d'être celui-là ! Je n'ai pourtant pas cherché cette bataille qui va m'opposer à Zeus, c'est le destin qui l'a voulu ainsi - le ton du dieu se faisait plus distant - oui… la défaite de Poséidon, ma propre mort, la déchéance d'Athéna et finalement la nouvelle vie qui m'a été donnée, tout cela est son œuvre, nous ne devons pas nous sentir coupables de ce qui arrive ni nous y opposer car cela devait se passer ainsi.
Une goutte de sueur coula de la chevelure d'Hadès jusqu'à son menton. Il leva alors l'épée des illusions au-dessus de sa tête jusqu'à la hauteur du soleil coupé en deux par la lame divine.
_Le Destin a fait de moi son champion ! Il m'a montré ma voie : Devenir le dieu suprême !
Athéna identifia clairement la lueur qui était passée dans les yeux d'Hadès à ce moment pour l'avoir vu plusieurs fois dans les yeux d'hommes dévorés par l'ambition, cette lueur c'était la folie à l'état pur !
" Il… il est fou ! " pensa-t-elle en reculant de quelques pas malgré elle.
Odin crispa sa main droite sur Balmung jusqu'à la limite de la douleur. Ses muscles étaient tellement contractés que son corps tremblait. Il apostropha violemment son allié.
_Alors c'était donc ça… Depuis le début tu t'es servi de moi ! Tu m'as fait croire que tu avais changé mais en fait, tu n'avais jamais abandonné ton ambition !
Pour la première fois Odin entendit un rire sarcastique sortir de la gorge du dieu des Enfers.
_Ah ah ah ! Mon ambition dis-tu ? Ne m'as-tu pas écouté Odin ? Je n'ai plus aucune ambition que celle d'accomplir la destinée qui m'a été confiée. Nul ne peut me blâmer pour cela. Mais laisse-moi te dire une chose : Si tu croyais que quelques bouffées d'air pur, les rayons du soleil et des sermons sur l'amitié seraient suffisants pour me faire abandonner ma façon de vivre alors tu es vraiment un naïf.
Hadès sentit une cosmo énergie s'épanouir derrière lui, un cosmos extrêmement violent et agressif. Le dieu de la guerre se tenait sur ses jambes, son épée luisait maintenant d'une énergie de couleur rouge sang.
_Il me semble que tu m'oublies un peu vite !
Hadès inclina légèrement la tête de côté pour apercevoir son nouvel opposant.
_Que penses-tu être capable de faire ?
La colère s'empara à nouveau du dieu de la guerre.
_Pourquoi me tournes-tu ainsi le dos ?! Retourne-toi !
_Je ne suis pas venu ici pour t'affronter.
Hadès se tourna vers Némésis et lui adressa la parole sur un ton impérieux.
_Seigneur des archanges, conduis-moi jusqu'à ton maître car je n'accepterai nul autre que lui comme adversaire.
Némésis fit la moue de se voir ainsi adresser la parole par un dieu qui n'était pas son maître. Sa voix contenait pourtant une nuance de respect évidente quand il s'adressa à Hadès.
_Nous sommes certes confrontés à une situation des plus exceptionnelles votre majesté mais je n'ai reçu aucun signe du seigneur Zeus, peut-être attend-t-il que vous lui prouviez que vous êtes digne de l'affronter ?
Hadès sentit le cosmos d'Arès et celui d'Odin s'épanouir de plus en plus à ses côtés. Cela ne sembla lui causer aucune inquiétude.
_Qu'il en soit ainsi. Attaquez-moi d'où vous voulez.
Arès intensifia son cosmos qui devint de plus en plus rouge. Hadès se retourna pour lui faire face cette fois. Serrant son épée dans la paume de sa main il se lança à l'assaut avec fougue.
Il arriva au contact avec son adversaire presque immédiatement. Une seconde il eut la sensation de l'avoir touché, un grand morceau d'étoffe noire se déchira devant ses yeux et l'instant d'après tout était rouge.
Le dieu de la guerre fit quelques pas en arrière puis prit appui sur une branche avec son bras gauche pour ne pas tomber. De sa main droite il tenait son estomac ouvert par un coup d'épée.
Hadès était toujours debout devant lui dans la même posture impassible, tenant à peine son arme qui pendait à son côté droit, seuls quelques morceaux d'étoffe soulevés par le vent indiquaient qu'on avait lancé une attaque contre lui. Arès recomposa mentalement son attaque.
" J'ai foncé sur lui avec mon épée en avant, mais je n'ai touché que son étoffe et j'ai été blessé à l'estomac. Cela veut dire qu'il s'était baissé avant même que je sois sur lui. Il avait donc anticipé mon attaque et avait prévu où il allait me frapper avant que j'aie amorcé mon mouvement ! "
Toute la rage du dieu de la guerre éclata à l'extérieur de lui.
- C'est impossible !!
Arès se jeta à nouveau à l'assaut, tenant son épée à deux mains pour augmenter la puissance de son attaque. Il avait visé la tête.
Cette fois il sentit clairement qu'il avait touché quelque chose, il concentra toute son énergie sur le point d'impact.
Quelques secondes plus tard quand la fumée se fût dissipée un cratère de plusieurs mètres de profondeur se trouvait là.
Arès sentit un contact métallique près de sa gorge.
Le dieu des Enfers était séparé de lui par la longueur de son épée. Ses yeux fermés sur ses pupilles si profondes lui donnaient une apparence de sérénité inébranlable.
_Arès, ce n'est pas en intensifiant ton cosmos que tu arriveras à me toucher. Tu devrais l'avoir compris depuis le temps : aucun mouvement, aucune intention agressive ne peut m'échapper.
_Tu prétends donc être capable de prévoir tous mes mouvements ?
_J'ai assisté à tous tes combats contre Athéna, ne l'oublie pas. Quoique tu fasses, tu n'arriveras pas à me tromper si ton cosmos dégage une telle agressivité.
Courageusement Arès se releva malgré la pression de la lame sur sa gorge.
_Ainsi tu connais toutes mes techniques, il ne me sera donc pas aisé de te surprendre… Cela dit jusqu'à maintenant tu n'as fait que te défendre en te servant de ton épée. Que vaux-tu sans elle à ton côté ?!
Ayant dit, Arès saisit brutalement l'arme du dieu des morts et utilisant toute la force de ses bras il la dévia vers la gauche, hors de portée de sa gorge.
Hadès ne parut pas décontenancé.
_Lâche cette arme tout de suite où tu connaîtras une douleur intense.
En effet les runes de l'épée des illusions s'illuminèrent et une formidable onde d'énergie traversa tout le corps du dieu de la guerre qui ne lâcha pas prise.
Bien au contraire, la lame s'éloignait de plus en plus vers le côté gauche sans qu'Hadès ne puisse l'empêcher.
_Si tu crois que l'énergie stockée dans cette épée est capable de m'arrêter !
De sa main libre Arès saisit sa propre arme et l'envoya en direction de la tête de son adversaire dans un hurlement guttural. C'était un coup mortel, un coup pour tuer !
L'épée atteignit Hadès entre les yeux et transperça sa tête de part en part !
De la part de Némésis, Athéna et Odin ce ne fut qu'un seul et même cri de surprise !
Arès resta une fraction de seconde à contempler son œuvre : son épée en travers du beau visage du dieu des morts. Toutefois un détail lui sauta aux yeux : pas une goutte de sang ne coulait !
Les yeux d'Hadès s'ouvrirent sur son visage transpercé. Un sourire sardonique apparut sur ses lèvres.
_Tu es tellement heureux d'avoir réussi que ça me fait presque de la peine de te gâcher ton plaisir.
_Mais comment ?
Le visage d'Hadès prit une couleur étrange, transparente. Derrière lui ne se trouvaient plus les prairies de l'Erichtonion mais plutôt des planètes, des nébuleuses.
La configuration de l'espace était en train de changer autour des deux protagonistes, on aurait dit qu'ils ne se trouvaient plus sur Terre mais dans l'espace.
Une image d'Hadès apparut sur une nébuleuse qui semblait se trouver à des milliers d'années lumière.
_Tu fais trop confiance à tes yeux Arès : parce que tu me vois face à toi tu penses que je ne suis séparé de toi que par la longueur de ton épée mais dans l'intervalle où tu portes ton attaque je peux parcourir une distance bien supérieure à la portée de tes coups.
Arès se retourna vers l'espace qui l'entourait, il cherchait à déterminer la position de son adversaire avec précision et le temps qu'il lui faudrait pour l'atteindre.
_Tu perds ton temps : La distance qui se trouve actuellement entre nous deux se calcule pour toi en années lumière, pour moi elle se réduit à quelques pas.
Le Hadès qui se trouvait sur la nébuleuse approcha de quelques pas lents qui à chaque fois semblaient lui permettre de traverser des galaxies.
A mesure qu'il approchait, il absorbait les images fantomatiques de lui-même.
_Le pouvoir suprême du Big Will c'est de fondre sa volonté avec l'univers lui-même et par conséquent le pouvoir de le modifier à son gré. Mon cosmos est insaisissable Arès. C'est un don que j'ai reçu quand je me suis éveillé au Big Will avec mes frères. Nous seuls avons le pouvoir de modifier l'espace à notre gré. Poséidon l'utilisa pour contrôler les Océans et les éléments aquatiques. Zeus l'a utilisé pour maîtriser le ciel et les étoiles. Quant à moi mon don n'a pas de forme : je peux contrôler aussi bien les âmes que je suis le seul à voir que les planètes qui s'alignent selon ma volonté et enfin je peux rendre mon cosmos aussi insaisissable que l'espace et les limbes. Que crois-tu que soient tes chances de l'emporter si tu ne peux pas saisir mon cosmos ? J'ajoute que pour nous, même la vitesse de la lumière n'est pas une limite.
Un peu à l'écart Odin et Némésis commentaient la tournure des évènements.
_Oui c'est exactement ce qu'il s'est produit quand je l'ai affronté dans les limbes : son cosmos est demeuré insaisissable jusqu'à ce qu'il perde son calme. Mais je ne m'imaginais pas qu'il avait de tels pouvoirs.
_Le grand Zeus et Poséidon ont aussi de tels pouvoirs, c'est ce qui fait d'eux les dieux les plus puissants.
_Mais lequel des trois surpassera un jour les autres, et ce jour-là, qu'est-ce qui fera la différence ?
_C'est pour le savoir que je me suis mis au service de Zeus.
Arès avait un peu de mal à reprendre son souffle mais à aucun moment depuis le début du combat il n'était tombé. Il se releva et dans son regard se lisait toujours la même détermination.
Hadès sourit à ce regard luisant de l'agressivité la plus pure jamais produite par un être humain.
_Tu as toujours le même regard… Celui la même que tu avais lorsque enfant Zeus a refusé de te donner la Terre.
La voix d'Hadès se fit plus profonde alors que ses yeux exprimaient tout soudain une grande nostalgie.
_Oui j'étais là ce jour là… Le jour où tu as juré de te venger de Dieu ! Je me souviens encore de tes paroles quand Hermès t'a annoncé que la Terre ne serait pas ton cadeau d'anniversaire.
Hadès ferma les yeux pour laisser parler ses souvenirs.
" Alors je jure par le fleuve Styx de lacérer, de déchiqueter, de réduire en lambeaux sanglants quiconque aura la Terre ! Je le jure… je le jure ! "
Hermès s'éloigna vers la demeure d'Apollon, dieu de la divination, dans l'espoir d'en savoir plus sur le destin de cet enfant divin qui lançait déjà des paroles de haine.
L'enfant resta longtemps seul. Il remua dans sa tête les évènements de cette journée qui était celle de son anniversaire. Tous les dieux s'étaient réunis et chacun prédisait un avenir brillant au fils de Zeus et de Héra.
On lui avait offert toutes sortes de choses pour l'amuser; Zéphyr, le vent du Sud lui avait même apporté une nymphe qui ne s'appelait pas encore Aphrodite dans un coquillage. Par tous les dieux ce qu'il l'avait désirée en la voyant ainsi dénudée, dévoilant tous ses charmes.
Mais aucun des présents qui lui avaient été offerts n'avait pu lui faire oublier que Zeus avait refusé de lui donner la Terre.
Son anniversaire s'acheva plus mal qu'il avait commencé : en le voyant céder à l'emportement et à la violence Zeus avait lancé sur lui une sorte de malédiction : aucune part de l'univers ne lui serait jamais dévolue et ses attributs seraient pour toujours la haine et la violence.
Les dieux s'étaient éloignés progressivement de lui. Arès resta des jours à méditer sur les évènements puis il descendit sur Terre pour voir s'il pouvait s'en emparer.
A cette époque certains dieux constituaient déjà des armées avec des hommes qui jouissaient d'une maîtrise des 5 sens approchant de la connaissance du cosmos. L'enfant-dieu rencontra nombre de ceux-là, il les combattit presque tous et perdit quelques fois… Certains choisirent de lui prêter allégeance pour ne pas perdre la vie, les premiers berserkers étaient nés.
La plupart des dieux agissaient comme lui bien que recrutant leurs combattants sur des critères différents, cela lui donnait l'impression d'être intégré parmi les Olympiens et il en était content.
Un jour cependant le jeune dieu découvrit qu'il existait quelqu'un de différent : c'était un solitaire, il se déplaçait surtout la nuit avec une épée luisante à son côté. Elle était le seul élément lumineux de son être.
Arès ne l'avait jamais vu tuer quelqu'un volontairement : au milieu des champs de bataille qu'il traversait, il ne s'attaquait jamais à personne mais si un homme s'approchait de lui avec des intentions hostiles il était immédiatement taillé en pièces par son épée lumineuse.
Il était parfois accompagné par deux adolescents aux cheveux et aux yeux couleur argent et or mais même à eux il ne parlait pas beaucoup.
Un jour Arès fut témoin d'un des affrontements de ce solitaire. C'était une époque d'anarchie dans le pays qu'il traversait : des soldats mercenaires dont certains étaient des berserkers parcouraient la région à la recherche de butin facile.
Les enfants de Prométhée commençaient à peine à se sédentariser et les hauts remparts n'avaient pas encore été construits.
Chaque fois que ces soldats tombaient sur une caravane c'était un massacre. Le destin voulut qu'un de ces groupes croise un jour le chemin du dieu solitaire après le massacre d'une caravane. Ils étaient encore occupés à achever les blessés quand l'épée du solitaire se reflétant avec la Lune leur fit prendre conscience de sa présence.
Le chef des mercenaires se tourna vers cet homme étrange qui marchait au milieu des cadavres sans prêter aucune attention aux gémissements des mourants.
Il arrêta sa marche quand il s'aperçut que le groupe des mercenaires lui coupait la voie, leur chef lui cria.
_Eh toi le grand ! Donne-nous ton fric sans faire d'histoire si tu tiens à la vie !
Le solitaire ne bougea pas d'un cil mais sa lame, elle, commençait à vibrer sensiblement. Le chef des mercenaires s'énerva d'un tel comportement.
_Tu m'as pas entendu ? Donne-nous l'argent si tu veux rester en vie !
Le solitaire embrasa alors l'espace d'un regard circulaire comme s'il s'apercevait de la présence des cadavres pour la première fois.
_C'est donc à ça que se résume la valeur de la vie humaine pour vous ? Un peu de sang contre de l'argent que vous dépensez pour la gloire de Dionysos.
_Encore un donneur de leçons !
Le solitaire passa sa main droite dans ses cheveux couleur de jais qu'il rabattit sur le côté, il affichait maintenant un sourire dédaigneux et semblait absorbé par la contemplation de ses mains extraordinairement blanches et fines.
_Ne te surestimes pas, une vermine telle que vous ne peut retenir longtemps mon attention.
Agacés par un semblable discours qui leur gâchait le plaisir de leur curée plusieurs soudards dégainèrent leurs armes tranchantes et se jetèrent sur lui.
Tout ce que le chef des mercenaires vit, ce fut le reflet d'une lame à la lueur de la Lune et des flots de sang. Les hommes qui s'étaient attaqués au solitaire gisaient au sol, les jambes séparées du tronc, leurs mains encore crispées sur leurs armes mais tous assurément morts.
L'épée du solitaire était maintenant sortie du fourreau et maculée de sang. Le chef des mercenaires serrait les dents de rage. Le solitaire lui lança un avertissement.
_L'étoile de la mort est sur ton front.
Le chef des mercenaires se jeta sur lui, l'épée haute. Grâce à sa maîtrise des sens Arès put voir un éclair d'acier se déplacer latéralement.
Le mercenaire tournait maintenant le dos au solitaire, il ne bougeait plus et semblait trembler des pieds à la tête.
_Qui es-tu bon dieu ?
Son adversaire rengaina son épée le long de sa cape pour la nettoyer du sang dont elle était maculée.
_A quoi te servirait mon nom puisque tu es mort ?
Le mercenaire trembla encore une seconde et son corps se disloqua sectionné au niveau du tronc, de la tête et des bras. Ses membres inertes retombèrent au sol dans une pluie de sang.
Arès choisit ce moment pour sortir de sa cachette, il n'était encore qu'un adolescent mais il se savait capable d'atteindre le 7ème sens. Il se planta devant le solitaire avec une assurance feinte.
_Votre combat a été magnifique.
Celui-ci avait mis un genou à terre, il avait posé sa main sur le sol terreux et regardait autour de lui. Arès comprit qu'il comptait mentalement le nombre des morts.
Son cosmos s'accrut, il pensa à des tombes et des tombes apparurent.
_Donne-moi un coup de main tu veux ?
Le solitaire avait commencé à se saisir des cadavres de ses victimes et à les poser dans les tombes que son cosmos avait creusées. Arès l'aida à enterrer tous les morts, quelques heures plus tard leur labeur était terminé.
_Pourquoi avez-vous enterré ces voleurs ? Ils ne le méritaient pas.
_Les âmes des morts ne peuvent trouver le repos tant que leurs corps ne sont pas enterrés, sinon elles deviennent des fantômes errant à la surface de la Terre. C'est pour cela que je les enterre : pour que leurs âmes puissent entrer au Meikaï.
_Et ça vous gêne vraiment qu'ils deviennent des fantômes ?
_Oui, vraiment : tous ces gémissements, ça m'empêche de dormir.
Arès laissa éclater un rire franc et un léger courant de sympathie s'installa entre les deux dieux.
_Et toi que fais-tu à arpenter la Terre si jeune ?
_Je cherche à la conquérir.
_Je me disais aussi…
Arès se renfrogna en gonflant le ventre comme un ours.
_Non vous ne comprenez pas ! La Terre était mon cadeau d'anniversaire, ma mère me l'avait promis. Mais au lieu de me la donner mon père m'a maudit !
_Tu veux te venger de lui ?
_Pas seulement de lui… J'y ai bien réfléchi : si le roi des dieux a pu me refuser ce qui me revenait c'est car les lois de l'univers sont injustes : elles donnent un pouvoir immense à des individus qui ne le méritent pas. Je veux me venger du responsable de tout cela.
Le vent passa dans les cheveux du jeune dieu qui regardait les hauteurs du mont Olympe avec un mélange de haine et d'envie.
_Je veux me venger de Dieu !
Le solitaire se leva et posa la main sur la garde de son épée.
_Te venger de Dieu dis-tu ? Dans ce cas en garde ! Je serai ton adversaire.
Le visage d'Arès exprimait la surprise.
_Mais vous ne m'avez rien fait.
_Tu as dit vouloir te venger de Dieu. S'il existe un seul dieu tout puissant dans l'univers alors je suis l'être qui se rapproche le plus de celui-là. Si tu te lèves contre la volonté divine c'est mon devoir d'en finir avec toi.
Arès saisit l'épée qui lui avait été offerte par Héphaïstos, avec elle il se sentait plus fort et tentait d'ignorer les tremblements qui l'agitaient. Le dieu solitaire s'en rendit compte.
_Tu n'es encore qu'un enfant. Je te laisse une chance de renoncer.
_Je ne mériterais pas le nom de dieu si je le faisais !
_Tes paroles sont celles d'un enfant mais ta fierté est celle d'un dieu, quel dommage que tu m'aies rencontré, tu aurais pu faire de grandes choses.
Arès intensifia son cosmos au maximum, malgré sa grande jeunesse il maîtrisait parfaitement le potentiel du 7ème sens qui est le sens du combat. Le solitaire n'avait pas sorti sa lame du fourreau.
" Il a tué ses hommes avec une telle facilité… quelle chance ai-je de gagner ? "
Le solitaire perçut à nouveau l'hésitation chez le jeune dieu.
_Tu hésites, n'est-ce pas ? C'est tout à fait compréhensible alors je vais te laisser une seconde pour décider si tu vas t'enfuir ou m'attaquer. Dans cet intervalle la vitesse de la lumière te permettra de parcourir 300.000 km. Si tu choisis de m'attaquer tu auras l'avantage, si tu fuis tu auras de l'avance, à toi de choisir.
Arès n'hésita pas longtemps : une seconde c'était mille fois le temps suffisant pour détruire cet homme en déployant contre lui toute sa puissance.
Sa charge fut brutale, emportée, irrésistible.
Un cosmos qui s'enflamme, un cri de guerre, un éclair d'acier, un cosmos s'éteint, un adolescent s'écroule à terre.
Arès se réveilla un peu plus tard, une entaille très profonde s'étendait de son épaule jusqu'à sa hanche. Il essaya de se relever mais la douleur le cloua à terre. Le solitaire était à quelques pas de lui, attisant un feu.
_Pou… pourquoi m'avez-vous épargné ?
_Je ne t'ai pas épargné, tu as survécu à mon attaque tout simplement.
Arès se sentit tout soudain parcouru par un frisson d'orgueil : il n'était qu'un adolescent et il avait survécu à la technique d'un dieu si puissant. Un doute étreignit alors son cœur et son regard contenait une muette question à laquelle le solitaire répondit.
_Tu es vaincu et le déshonneur de cette défaite lave ton offense à Dieu, il n'est donc pas nécessaire que je t'achève.
Arès se redressa en prenant appui sur son coude droit.
_Je… je ne comprends pas… j'ai lancé mon attaque dans l'intervalle d'une seconde que vous m'aviez laissé. Comment avez-vous pu la parer ? Ma technique n'atteignait-elle pas la vitesse de la lumière ?
_Ton attaque était parfaite. Ce que tu ignores c'est que dans l'intervalle d'une seconde où un homme éveillé au 7ème sens peut effectuer un déplacement à la vitesse de la lumière, un dieu maîtrisant le Big Will à un niveau supérieur peut faire beaucoup plus que cela.
_Comment ça ?
_Les trois dieux les plus puissants ont le pouvoir de maîtriser le Big Will c'est à dire de fondre leur volonté avec l'univers lui-même et le modeler à leur gré. Rien qu'en y pensant je pourrais modifier l'alignement des planètes. Pour eux et pour moi la vitesse de la lumière n'est pas une limite et c'est là que s'arrêtent tes capacités.
Le solitaire jeta une dernière bûche dans le feu puis jeta sa cape sur son dos et commença à s'éloigner. Arès se leva brusquement malgré la douleur et arracha le drap qui le couvrait. Il hurla à l'intention de son vainqueur.
_Tu mens ! Mes capacités ne s'arrêtent pas où tu le crois ! Je m'entraînerai ! Je deviendrai de plus en plus fort et la prochaine fois qu'on se rencontrera sera le jour de ta mort ! Alors je me serai vengé de Dieu !
_Alors je te vaincrai autant de fois que cela sera nécessaire jusqu'à ce que tu comprennes que tu ne me surpasseras jamais.
Arès voulut répondre mais la douleur le terrassa et il tomba à terre, évanoui. Le plus puissant des dieux de cette époque s'éloignait sans plus lui prêter attention.
" Oui cet enfant deviendra fort, je l'ai vu dans ses yeux. Mais il ne me surpassera jamais car nul ne peut surpasser Dieu. Le sang qu'il fera couler et le chaos qu'il engendrera serviront mes intérêts. Ainsi je n'aurai peut-être pas à regretter de lui avoir laissé la vie. "
Hadès prit une grande inspiration puis rouvrit les yeux sur la scène du combat, les souvenirs avaient toujours un goût agréable quand ils étaient évoqués avec de vieux amis.
Il posa le regard sur Arès encore vaillant malgré les coups qu'il avait reçus.
_Cette fois encore tu n'as pas réussi à m'atteindre. Il serait sans doute préférable que je conclue ce combat en prenant ta vie mais c'est trop fatigant. Ce combat n'a plus aucun intérêt à mes yeux. Adieu.
Hadès se leva et se dirigea vers l'emplacement de la cité céleste. Il ne s'arrêta pas en sentant un cosmos s'épanouir derrière lui.
_Ar… Arrête ! Le combat n'est pas encore fini !
Hadès ne se retourna pas.
_Bien sûr que si, il est fini. En fait il n'a même pas commencé. Rien n'a changé depuis notre premier affrontement : tu ne maîtrises toujours pas le Big Will au même niveau que moi et tu n'as toujours pas compris pourquoi.
Le fils de Zeus et de Héra éclata d'un rire sans joie étouffé par des flots de sang.
_Ah ah ah ! Je n'ai pas compris pourquoi dis-tu ? Tu me fais bien rire avec tes discours sur la raison de vivre ou la raison de se battre ! Sais-tu au moins pourquoi tu te bats ? Tu prétends vouloir devenir le dieu suprême mais est-ce toute la vérité ?
Hadès arrêta sa marche.
_Il doit y avoir une raison plus profonde à ton retour. Tout à l'heure quand tu m'as empêché de tuer Athéna tu as dit que la seule chose vraiment importante c'était d'avoir un être cher à protéger - le regard d'Arès passa sur Athéna - serait-ce elle ton bien le plus précieux ? La personne que tu cherches à protéger ? Peut-être que si je la tue, je parviendrai enfin à te faire sortir de tes gonds.
Némésis fut parcouru d'un frisson en entendant la dernière phrase d'Arès. Il se précipita en direction d'Athéna.
_Seigneur Arès ! Vous avez perdu la raison ! La princesse Athéna était jugée pour le meurtre de sa majesté Hadès ! Si celui-ci est vivant il n'y a plus de raison qui justifie son exécution !
Arès regarda l'archange d'un air condescendant puis rassemblant tout son cosmos dans son bras droit il lança une rafale d'énergie en direction de Némésis qui, pris au dépourvu fut balayé.
Le seigneur des archanges tenta de se relever mais il avait été blessé par l'attaque et il ne parvint qu'à s'appuyer sur un genou en épongeant le sang qui coulait de sa lèvre ouverte.
" Ah si seulement j'avais ma véritable armure ! Tout serait différent ! "
Ces paroles n'étaient pas tombées dans l'oreille d'un sourd. Odin s'approcha pour proposer sa main à Némésis.
_Tu reconnais donc que cette aube n'est pas ta véritable armure ?
_Tu n'abandonnes donc jamais ?
Arès continuait à menacer Athéna tout en invectivant Hadès. Il s'était rapproché d'Athéna qui le regardait sans haine aucune.
" Tu m'entends Hadès ? Cette femme pour qui tu es revenu à la vie je vais la tuer de mes mains si tu ne bouges pas ! "
Hadès s'était arrêté, il avait déchiré un morceau de l'étoffe noire qui le recouvrait et cachait son armure. Il semblait occupé à l'appliquer sur la paume de sa main pour en panser la blessure ouverte.
Cela fait, il retira un morceau de tissu de son habit, c'était une broderie, un mouchoir brodé de soie comme on en porte parfois dans les familles de l'aristocratie. Deux lettres étaient brodées sur ce mouchoir :
S.K
Il s'adressa alors à Athéna.
_Athéna, j'aurais aimé avoir une conversation avec toi mais je crains que cela nous soit impossible - Hadès lança le mouchoir brodé à Athéna - sache juste que si je t'ai sauvé la vie c'est parce que grâce à quelqu'un qui t'aime j'ai trouvé la réponse à cette question " Qu'ont-ils de plus que moi… ces humains ? ".
Athéna reçut le mouchoir porté par le vent dans ses mains et ne put réprimer un mouvement de surprise en voyant les initiales qui y étaient brodées.
_S et K mais alors ce mouchoir… et en possession d'Hadès !
Celui-ci apostropha Athéna avec un sourire qui ressemblait beaucoup à un adieu.
_Athéna, je te sais assez intelligente pour comprendre toute la signification de cet objet. Je vais prendre la place qui me revient dans l'univers, fais maintenant ce que tu souhaites de ta vie - à Arès - Arès, fais ce que tu veux d'Athéna, son destin m'est indifférent maintenant, mais je sais que tu ne peux pas la tuer.
_Ah oui et pourquoi cela ?
Le dieu de la guerre avait maintenant son épée sous la gorge d'Athéna.
_Parce que tu l'aimes imbécile ! Quant à toi Odin, si tu te demandes ce qu'il adviendra de moi, souviens-toi de ce que je t'ai dit lorsque tu m'as demandé si j'allais revenir à la vie. Adieu vous tous que j'ai combattu, je me souviendrai de vos noms.
Le dieu le plus formidable du panthéon olympien s'éloigna vers la cité céleste et alors que le soleil se couchait son ombre disparaissait à l'horizon.
Restés seuls les protagonistes de cette interminable exécution s'entreregardèrent avec anxiété. Odin s'approcha d'Arès et posa une main sur son épaule.
_Hadès a raison : tu ne peux pas la tuer : tu l'aimes.
Le dieu de la guerre lâcha son épée qui tomba à son côté mais garda les yeux obstinément fixés sur le sol. Odin paraissait éprouver de la compassion pour lui.
_Tu n'as pas de raison de te sentir humilié. Face à ces deux étoiles géantes que sont Zeus et Hadès nous autres ne sommes que des satellites insignifiants. Tu n'as peut-être pas eu la force de conquérir le monde mais inconsciemment tu as protégé celle que tu aimes… c'était peut-être ton rôle après tout.
Athéna passa une main chaleureuse sur sa joue mais il ne la regardait pas, elle l'embrassa alors sur la joue puis se leva pour se placer à côté d'Odin.
_Hadès a raison : mon rôle est terminé à présent.
_Tu vas retourner sur Terre ?
_Non. Là bas il n'y a personne qui m'attend et les survivants du sanctuaire ont maintenant le droit à mener une vie normale. Je vais rester ici et je vais voir de mes yeux les combats du seul ennemi que j'ai jamais eu.
Némésis paraissait avoir repris son souffle et était en état de marcher. Odin lui lança un regard vaguement inquiet.
_Et toi que vas-tu faire maintenant ?
_Protéger le grand Zeus comme c'est ma mission.
_Tu prétends toujours être un archange ?
_Jusqu'à nouvel ordre je le suis.
_Très bien alors moi aussi je vais me diriger vers la cité céleste.
Ils prirent tous la route du palais du grand Zeus où allait se dérouler le grand affrontement de cette époque.
Quelques minutes plus tard ils furent rejoints par Arès qui affichait maintenant un sourire confiant. Athéna manifesta une certaine joie à le voir les rejoindre.
Il mit le genou à terre devant elle.
_Athéna…face à Hadès je n'ai rien pu faire… et face à Zeus je ne pourrai faire mieux mais au moins je suis capable d'assurer ta sécurité.
Athéna saisit le visage de son frère entre ses mains chaleureuses, l'amenant ainsi à se relever.
_Merci, je suis contente de t'avoir à mes côtés. Nous ne sommes pas ceux qui décideront de la victoire aujourd'hui, nous ne sommes donc pas ennemis.
Arès ne répondit rien mais il paraissait ému par la confiance qu'elle lui témoignait. Avant de se remettre en route Némésis appela Odin.
_Quelle est cette parole dont Hadès t'a demandé de te souvenir si tu te demandais s'il avait mal tourné ?
Odin afficha un air sombre.
_Cela n'a plus d'importance maintenant, rien ne saurait empêcher son combat.
_Mais que t'a-t-il dit ?
_Il a dit… il a dit " Je suis le dieu qui domine la mort, il ne peut pas y avoir de vie pour moi. "

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