Bienvenue sur Saint Seiya Animecdz
  




Cette fiche vous est proposée par : hades glory


Hades Glory

Un duel inutile dans un conflit au sens incertain. L’embrasement de deux volontés, leur affrontement passionné sans autre raison d’être que celle du combat lui-même.
Ni Némésis ni son adversaire n’étaient vraiment certains de la raison qui les jetait l’un contre l’autre, ils ne s’étaient pas même présentés mais ils savaient une chose l’un sur l’autre, la seule qui importât vraiment : Ils étaient l’un pour l’autre un obstacle ! Un obstacle qu’il fallait vaincre et détruire sans remords !
 
Némésis avait d’abord cru devoir livrer un duel rapide, persuadé qu’il était de n’avoir en face de lui qu’un chevalier. Il n’était pas de ces imprudents qui sous-estiment leurs adversaires, pour lui ce n’était pas l’armure qui faisait l’homme mais l’inverse.
Pourtant il avait abordé ce duel avec une grande assurance car l’arme qu’il avait choisie était sa favorite, sa rapière était le prolongement de sa volonté mise toute entière au service d’une cause mystérieuse.
Il avait d’abord attaqué avec fougue, persuadé de pouvoir briser la défense de son adversaire mais celui-ci lui avait opposé un jeu serré faisant tournoyer son épée à double tranchant devant lui, créant un cercle de défense impénétrable.
Devant sa surprise de voir son adversaire manier l’épée de cette façon l’inconnu avait pour la première fois pris la parole d’un ton légèrement amusé.
 
-         L’attaque est cercle, la défense est cercle. L’essence de ma technique à l’épée double tranchant est un cercle en mouvement qui annihile tout.
 
Ayant dit il fit tourner son épée à 360° devant lui puis la reposa sur le côté, une fraction de seconde plus tard le sol explosait littéralement autour de lui formant un cercle d’environ 1 mètre de diamètre.
 
-         Quiconque pénètre mon cercle de défense court à une mort certaine de plus mon épée peut contrer n’importe quelle attaque lancée d’une distance supérieure quelle que soit  sa vitesse.
 
Némésis approuva en connaisseur.
 
-         En effet c’est une technique intéressante et elle apporte la preuve indubitable que vous n’êtes pas un chevalier. Qui es-tu donc, toi qui portes l’épée d’Hadès ?
 
L’inconnu secoua la tête avec dépit.
 
-         Ce que le temps peut faire de ravages quand même ! Vous ne venez pas dans un lieu pendant quelques milliers d’années et on oublie jusqu’à votre humour !
-         Pardon ?
-         En plus il suffit que je vienne avec une épée à double tranchant pour qu’on croie que c’est celle d’Hadès !
 
Quelques secondes passèrent sans que personne ne dît mot puis finalement Némésis baissa la tête, son dos était soulevé par des tremblements irrépressibles puis finalement il éclata de rire ! 
 
-         Hum… Excusez-moi mais c’est que la situation est assez comique : je me dispute avec Zeus parce qu’il ne veut pas évacuer l’Aréopage puis je me lance à la recherche d’un intrus en pensant qu’il s’agit d’un fidèle d’Athéna et finalement vous me dites que vous n’avez rien à voir avec tout ça et que vous n’êtes pas venu depuis longtemps. Décidément je ne sors pas assez souvent !
 
Le ton de son vis-à-vis lui coupa toute envie de rire.
 
-         Qui a dit qu’il y avait UN intrus ?
-         Pardon ?
-         Oui vous avez bien compris, ce n’est pas moi qui ai ouvert cette brèche, j’ai juste suivi les traces de l’auteur de ce forfait.
 
La main de Némésis se crispa sur la poignée de sa rapière.
 
-         Alors dans ce cas pourquoi êtes-vous là ?
-         Pour faire une diversion tout simplement. Voyez-vous je ne savais pas combien d’archanges et autres séraphins celui qui m’a précédé aurait pu rencontrer sur son chemin alors je me suis dit que j’allais tous les attirer vers moi pour lui faciliter les choses.
-         Et quelles sont les intentions de cet homme ?
 
L’inconnu émit un petit rire caustique.
 
-         Ca à vrai dire je n’en sais trop rien… Il vient peut-être pour sauver Athéna mais il est tout aussi plausible qu’il tente de prendre sa vie. Sa volonté est inébranlable mais il est difficile de le comprendre car ses états d’âme sont assez changeants. Mais trêve de palabres, vous disiez avoir des choses urgentes à réaliser et moi je ne veux pas manquer le procès d’Athéna.
 
Les deux adversaires se saluèrent à nouveau de leurs épées selon le rituel du duel.
D’abord les épées tournées vers la Terre.
 
-         Terre ! dirent-ils à l’unisson
 
Puis vers le ciel.
 
-         Ciel !
 
Et enfin croisées pour symboliser l’union des deux combattants.
 
-         Croisé ! En garde !
 
Quelques passes d’armes de base se succédèrent très vite : d’abord le premier assaut vers la tête aisément contré par une parade en prime, immédiatement suivie par une attaque en seconde puis une contre attaque en tierce (prime, seconde et tierce désignent le nombre de contacts entre les armes). La situation était assez critique car au terme de ces trois échanges les épées étaient stabilisées au niveau du visage des adversaires.
Dans un tel cas de figure la vitesse d’exécution de l’attaque ne compte plus et s’efface derrière   la masse et la force des adversaires.
Dans ces deux cas Némésis était désavantagé, c’est pour cette raison qu’il rompit l’échange par une parade en faisant dévier l’épée de son adversaire vers le sol. Mais celui-ci  enchaîna immédiatement sur une contre-riposte flamboyante, amenant la pointe de son épée juste au centre du front du seigneur des archanges. Une goutte de sang tomba sur l’épée à double tranchant.
 
-         Pourquoi n’enfoncez-vous pas ? Dit Némésis avec un éclair dans ses yeux couleur acier.
 
L’inconnu retira assez promptement son épée.
 
-         Voyons mon cher, ceci n’était qu’un petit préambule pour prolonger le plaisir que j’éprouve en votre compagnie. Par ailleurs votre aura d’archange ne me permettrait pas de vous porter un coup mortel. Pour vaincre un adversaire il faut écraser son cosmos en premier.
 
Némésis sourit ironiquement, nullement décontenancé.
 
-         Je vois, mais je vous croyais pressé, le sort d’Athéna aurait-il soudainement moins d’importance à vos yeux ?
-         Ce n’est pas cela – l’homme essuya le sang sur son épée avec un mouchoir – disons que j’ai quelques questions à vous poser avant de reprendre ma liberté.
 
Némésis positionna sa rapière dans l’espace entre son pouce et son index comme un joueur de billard puis hurla :
 
-         Archangel Charge !
 
L’attaque partit à une vitesse hallucinante vers l’inconnu qui continuait à faire tourner son épée, un flash lumineux se produisit et ce que la scène révéla était à peine croyable : la pointe de l’épée de Némésis avait touché sa cible au centre du front, une simple pression aurait suffi pour le décapiter !
 
Mais cet exploit ne s’accomplit pas : l’épée à double tranchant avait heurté la rapière de l’archange au moment précis où elle avait touché le front. Le temps sembla s’immobiliser puis finalement ce qui devait arriver se produisit : sous la pression de l’épée la rapière dévia sa course vers la gauche entraînant avec elle l’archange qui offrait maintenant son dos à son adversaire !
Dans un ultime effort l’archange parvint à se recevoir sur sa jambe gauche et à se retourner pour faire face à son adversaire pour constater que l’épée à double tranchant était figée dans son fémur.
 
Par une série de saltos arrières il se mit hors de portée. Son armure ne l’avait que très médiocrement protégé vu que le coup avait été porté à l’articulation.
 
-         Je t’avais bien dit que personne ne peut pénétrer mon cercle de défense sans être blessé. Je ne m’attendais pas à ce que tu puisses lancer une attaque aussi rapide et de si loin mais malheureusement pour toi la vitesse de rotation de mon épée est au moins égale à ta vitesse d’attaque, ce qui en fait une arme pour la défense !
 
Némésis évaluait la situation d’après le regard qu’il jetait sur son adversaire et son environnement.
Il reprit la même position que précédemment, coinçant sa rapière dans l’intervalle entre le pouce et l’index. 
 
-         Je ne peux pas mourir maintenant.
-         C’est inutile, ne comprends-tu pas que mon cercle de défense est impénétrable ?
-         C’est une erreur très commune répondit-il avec un sourire ironique.
 
Cette fois l’archange ne lança pas une charge frontale mais utilisa toute la force de ses jambes pour effectuer un bond prodigieux d’une vingtaine de mètres de haut.
 
Son adversaire la suivit avec un petit temps de retard.
 
«  Tu as raison de tenter une attaque aérienne mais je ne te laisserai pas le temps de la déclencher ! »
 
Némésis était environ à un mètre de distance de son adversaire quand pour la première fois du combat il utilisa son armure. A la grande surprise de son adversaire les ailes de sa protection se déplièrent d’un coup et gonflées par le vent permirent au détenteur de l’armure de retrouver son équilibre.
 
Son adversaire ne pouvait plus arrêter sa charge en plein élan, il prit donc le parti de foncer l’épée en avant dans l’espoir d’embrocher l’archange et de prévenir ainsi la contre attaque.
 
Les ailes de m’armure se déployèrent à nouveau mais cette fois elles parurent se gonfler d’air, Némésis relâcha la pression qu’elles détenaient juste au moment où l’épée était sur lui se propulsant ainsi un bon mètre au dessus de son adversaire qui lui montrait maintenant le dos !
 
« Un conseil : n’essaie jamais de défier un archange dans les airs ! C’est notre spécialité ! Que la flèche angélique te frappe maintenant ! »
 
Des milliers de flèches spectrales s’échappèrent du poing du troisième seigneur et déferlèrent comme une averse sur son adversaire complètement pris au dépourvu.
Il lutta à peine une seconde avant d’âtre emporté par ce tourbillon de lumière qui le frappait de plein fouet.
 
Némésis le regarda s’écraser lourdement sur le sol de la plaine puis atterrit pour reprendre son souffle. Ses poumons se gonflaient à en éclater et il devait faire des efforts démesurés pour rester debout.
 
Son adversaire ne tarda pas à se rappeler à son bon souvenir, son épée tournoyait devant lui dans un tourbillon lumineux.
Sa voix s’éleva alors bien que son visage fut invisible.
 
-         Je dois reconnaître que cette attaque était impressionnante. J’ai été surpris. Tu es l’une des rares personnes à avoir deviné que le seul point faible de ma technique se trouvait dans les airs.
 
Némésis paraissait absorbé dans la contemplation de la protection de son adversaire : c’était une armure étrange dont on aurait dit qu’elle avait été taillée à même la roche. Les épaulettes avaient la forme de roches de cristal et le diadème qui la couronnait portait un rubis énorme incrusté en son centre.
 
-         Cela dit tu as commis une erreur en lançant une attaque aussi faible, aucune de tes flèches n’avait assez de puissance pour me blesser gravement. Si tu avais mis plus de puissance dans ce coup et l’avais concentré en un point tu aurais pu envoyer une comète et j’aurais été blessé à coup sûr. C’est vraiment dommage que tu aies ainsi laissé passer ta chance car maintenant je ne me laisserai plus surprendre.
-         Vous… vous êtes…
-         Oui tu as bien deviné seigneur des archanges. Je suis Odin le seigneur d’Asgard. J’aurais préféré venir armé de ma seule épée pour ne pas alerter les olympiens par les vibrations de mon armure mais je réalise maintenant à quel point elle m’est utile. Mais j’y pense permets moi de te rendre ce qui t’appartient.
 
L’épée de Balmung commença à tourner à une vitesse proche de celle de la lumière concentrant un cosmos immense autour d’elle.
 
Némésis n’eut qu le temps de se jeter sur la droite quand il comprit ce qui allait se passer : toute l’énergie de son attaque allait lui être renvoyée.
 
Son mouvement ne fut pas assez rapide car plusieurs flèches angéliques se fichèrent dans son fémur gauche lui arrachant une grimace de douleur.
 
-         Et maintenant que tu sais à qui tu fais face, que vas-tu faire ?
 
Némésis se releva sans effort apparent mais le sang coulait des nerfs de ses jambes. Il reprit son épée et la positionna comme précédemment.
 
-         Je ne peux pas mourir maintenant ! Je n’ai pas le droit de mourir maintenant !
 
Odin le regarda d’un air désolé et leva la main en signe d’apaisement.
 
-         Attends ! Avant de continuer, je veux te poser une question.
-         Quelle est-elle ?
-         Es-tu le troisième roi ?
 
Un silence passa avant que Némésis ne réponde.
 
-         Je ne vois absolument pas de quoi tu parles !
-         Ah oui ? Il y a de cela quelques jours j’ai combattu un démon du nom de Loki qui ne m’a échappé que grâce à l’armure qu’il portait, une « adamanthe ». Il disait servir un homme nommé « le troisième roi ». Ton titre est le « troisième seigneur des archanges » il me semble, le rapprochement était facile.
-         Qu… Qu’est-ce qui te fait croire que ce démon est au service de Zeus ?
-         A part Hadès, Zeus et Poséidon je ne connais aucune autre puissance en ce monde. Deux d’entre eux sont hors de cause, ne reste plus que Zeus. Alors réponds ! Es-tu le troisième roi ?
 
Némésis pesa le pour et le contre avant de répondre : quoiqu’il dise à Odin la lettre qu’il portait sur lui était assez compromettante mais seulement pour lui-même, son maître n’y était pas cité. Lui dire la vérité c’était risquer de le mettre sur la bonne piste. Lui mentir c’était risquer un double-jeu très dangereux mais seulement si le maître des cieux était mis au courant de cette affaire. Il se décida finalement et arbora un sourire léger.
 
-         Oh et après tout pourquoi pas ? Non je ne suis pas le troisième roi et j’ignore qui est cet homme. Par contre pour ce qui est de Loki je peux te le dire : il est une sorte de mercenaire au service d’Arès, nous l’avons envoyé enquêter sur Asgard mais il n’est pas revenu depuis.
-         Tu mens !
-         Je n’ai pas menti : je ne suis pas le troisième roi !
-         C’est vrai, la description que Loki en a faite ne te correspond pas mais il m’est très difficile de croire que Loki soit au service d’Arès et ne s’en vante pas comme c’est la mode chez les Berserkers. Sur ce point tu as menti j’en suis sûr !
 
Un silence passa, les deux dieux se regardaient sans aucune aménité. Némésis rompit imprudemment le silence le premier.
 
-         Et maintenant que tu sais cela que vas-tu faire ? Je te l’ai dit : j’ai des devoirs impérieux à remplir et je ne peux pas perdre du temps avec toi, si tu n’as pas d’intention hostile envers Zeus je pourrais autoriser ton passage.
-         Décidément tu es un archange étrange Pfff. Mais si je te laissais libre de tes mouvements tu risquerais de gêner l’homme qui m’a précédé.
-         Il va donc nous falloir continuer ce duel. 
 
Odin reprit la discussion sur un ton assez léger.
 
-         Oui il me semble aussi, mais avant cela tu devrais te débarrasser de cette armure, comment appelez-vous cela ? Une aube je suppose ? Tu serais plus à l’aise pour te battre si tu t’en débarrassais.
-         Tu me crois stupide au point de retirer ma protection dans un duel ?
-         Allons, allons… Je ne suis pas le premier venu. J’ai risqué tellement de fois ma vie dans un combat que je ne les compte même plus et vois-tu j’ai appris à distinguer les styles des combattants et le tien n’a rien à voir avec celui des archanges.
-         Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
-         Allons, tu as l’air aussi à l’aise dans cette armure qu’un chevalier d’or dans un surplis. – un sourire ironique passa sur les lèvres d’Odin – pourquoi ne revêts-tu pas ton adamanthe ?
-         Je te répète qu je ne sais pas de quoi il s’agit !!
-         A ta guise mais tu n’as aucune chance de gagner en te battant dans ces conditions.
 
Pour toute réponse Némésis prit position et Odin l’imita.
 
« Le sort d’Athéna me préoccupe, je dois achever ce duel rapidement quitte à risquer d’être blessé en passant à l’attaque. »
 
« Je ne peux pas mourir maintenant. Je n’ai pas le droit de mourir ! »
 
-         Il est temps de…
-         Commencer !!
 
Les deux adversaires s’élancèrent l’un vers l’autre, ils avaient pris un tel appui sur le sol que celui-ci se lézarda sous le choc !
 
Némésis fut le premier à porter son coup : rapière en avant orientée vers la bas il déchira le sol sur toute la longueur de son élan.
 
-         Technique de l’archange ! Archangel charge !
 
Odin s’attendait visiblement à un tel assaut aussi para-t-il facilement le coup porté au niveau de la tête avec Balmung et en profita pour lacérer les jambes de son adversaire d’un coup précis.
 
-         Tu m’as déjà montré cette technique !!
 
Némésis exécuta un salto arrière pour se mettre hors de portée puis prenant à nouveau appui sur ses jambes blessées exécuta un bond prodigieux puis plongea vers Odin avec la vitesse d’une comète !
 
-         Flèche angélique !
 
Cette fois le seigneur d’Asgard adopta une posture différente : il fit glisser Balmung sur le sol puis lui fit décrire un arc de cercle vers le ciel, ce fut alors comme si un éclair était tombé sur son épée qui dégageait maintenant des décharges électriques !
 
-         Moi aussi j’ai quelques secrets ! Prépare-toi à être tranché et foudroyé en même temps !!
 
Gêné par les décharges électriques de l’épée de Balmung l’archange ne put appuyer son coup et ce fut une attaque fortement amortie qui s’écrasa dans la main d’Odin.
 
Némésis recula encore mais cette fois il avait été blessé horizontalement au niveau du thorax.
 
-         Tu ne t’attendais pas à ça n’est-ce pas ? Je t’avais bien dit que Balmung me servait aussi bien pour la défense que pour l’attaque. D’autant plus qu’avec des jambes dans cet état tes attaques faiblissent considérablement.
-         C’est ce qu’on va voir !
 
Odin passa le premier à l’attaque en exécutant un bond  dans les airs suivi d’une descente en piquée sur son adversaire pour prévenir une nouvelle flèche angélique.
 
Némésis le devança en se projetant non en s’envolant littéralement vers Odin quand celui-ci allait abattre son épée !
 
-         L’envol de l’archange !!
 
A la lueur du soleil les deux silhouettes disparurent pour n’en faire plus qu’une, les deux épées foncèrent vers la tête de leurs ennemis et se heurtèrent en un grand choc de sang, de tonnerre et d’acier.
 
Cette fois ce fut Odin qui ratterit lourdement sur le sol, ses pieds s’enfoncèrent de tout le poids de l’armure qu’ils portaient dans la roche maintenant nue de toute végétation.
 
-         Ca alors ! Trois attaques à la suite ! Comment peux-tu encore tenir debout après un tel combo ?!
 
Némésis qui se tenait jusque là debout derrière lui enfonça son épée dans le sol d’un geste rageur. Quelques gouttes de sang tachèrent le sol et il ne tarda pas à se retrouver à genoux.
 
Odin se releva et s’approcha de son adversaire avec la nonchalance de celui qui sait la victoire à sa portée.
 
-         Je n’étais pas sûr que ma contre attaque fonctionnerait à vrai dire. Tu ne m’avais pas montré cette technique mais comme elle est une sorte de variante de ta flèche angélique je l’ai anticipée, c’est pour cela que j’ai visé ton bras droit, celui dont tu tiens l’épée.
 
Némésis affectait de réprimer une quinte de toux avec de grands efforts aussi Odin sentait la victoire à sa portée quand il laissa traîner son épée sur son épaule comme un baluchon au lieu de l’orienter vers on adversaire.
 
-         C’était vraiment stupide ! Pourquoi lancer toutes tes attaques en prenant appui sur tes jambes alors qu’elles ont été sérieusement blessées ? C’est déjà un miracle que tu tiennes debout.
 
Odin avait rabattu Balmung derrière son cou à la façon d’un objet inutile dont on joue pour s’occuper les mains. Némésis lui faisait mine de reprendre son souffle.
 
-         Aah aah Je te l’ai déjà dit aah il ne faut jamais baisser sa garde. C’est cette erreur qui m’a permis de te surprendre tout à l’heure ! Et cette idiotie ne se terminera qu’avec ta mort !!
 
Odin vit la mort dans les yeux de Némésis mais trop tard. Le troisième seigneur des archanges avait fait un demi-tour sur lui-même et à une vitesse fulgurante avait passé sa rapière dans sa main gauche.
 
-         Vois mon véritable visage et meurs !
 
Némésis retourna son bras gauche vers l’extérieur à 180° jusqu’à s’en déboîter l’épaule et la ramena sur le côté droit de son adversaire avec une détente et une vitesse incroyable ! Pour porter un coup décisif à son adversaire il avait non seulement fait demi-tour sur lui-même et changé son arme de main mais il avait inversé la règle la plus élémentaire de l’escrime qui consiste à porter ses coups de l’intérieur vers l’extérieur de façon à conserver sa garde ! Il avait pris un gros risque mais il avait gagné !
 
Un flash lumineux aveuglant empêcha de voir le résultat de cet assaut formidable, tout juste put-on apercevoir le choc de l’acier contre l’électricité.
 
Les deux adversaires se faisaient toujours face avec la même détermination. Odin se permit un sourire.
 
-         Moi baisser ma garde ? Je ne vois pas de quoi tu veux parler, il ne faut pas confondre idiotie avec nonchalance. Cependant cette attaque était magnifique, tu as utilisé toute la force du haut de ton corps au lieu de t’appuyer sur tes jambes, je comprends pourquoi tu m’as laissé les blesser tant de fois. Comment se nomme cette arcane ?
-         Coup d’épée arc en ciel.
-         Cette technique est parfaite. Mes félicitations.
-         Cependant j’ai perdu.
 
Némésis souriait lui aussi car l’épée de Balmung n’avait fait qu’érafler son épaule.
Il était le témoin d’une scène irréelle :
La rapière du seigneur des archanges était sectionnée au tiers environ de sa longueur mais la pointe de cette arme brisée atteignait le front du seigneur d’Asgard sans s’y enfoncer.
 
-         Oui quel dommage. Cette arme eut-elle été divine que j’aurais été décapité. Malheureusement ce n’est pas le cas et la vitesse de rotation de mon épée combinée à la solidité de Balmung ont suffi pour briser ta lame. Cependant tu es parvenu à briser ma défense avec ta technique, je ne me considère pas comme vainqueur.
 
Odin rangea Balmung dans son fourreau et tendit une main amicale à son adversaire pour l’aider à se relever. Celui-ci accepta de bonne grâce et offrit à Odin un sourire magnifique comme récompense de ce rude combat.
Le seigneur d’Asgard prit un air faussement affecté.
 
-         Ah ! je pensais aller assister au procès d’Athéna mais comme je n’ai pas gagné ce duel cela m’est impossible et je dois demander votre autorisation.
 
Némésis eut un sourire ironique.
 
-         Je regrette mais en tant qu’archange je ne puis le permettre – Odin afficha une moue de déception – cependant je n’en suis plus à une explication près avec le maître des cieux aussi vais-je tourner le dos, oh ! pas longtemps juste une seconde, après ce délai nous serons de nouveau ennemis.
-         Disons plutôt rivaux.
 
Némésis remit un peu d’ordre dans sa coiffure puis se pencha sur un ruisseau pour y regarder les traces de sang sur son beau visage.
 
-         A bientôt seigneur Odin.
-         A bientôt seigneur Némésis.
 
Odin disparut aussi vite qu’il était apparu. Quelques secondes plus tard Némésis plongeait un doigt dans l’eau fraîche puis après l’avoir mélangé avec du sang qui coulait sur sa joue il s’en enduisit les lèvres.
 
-         Quel puissant guerrier, c’est avec plaisir que j’aurais prolongé cet échange, cependant…
 
Cependant l’étrange serviteur de Zeus ne semblait pas parvenir à détacher son regard de l’image sublime que lui renvoyait les eaux du ruisseau. Il fit courir son doigt enduit de sang le long de l’onde et s’amusa de la voir se colorer de rouge.
En voyant son beau visage reflété dans une marre de sang il se releva comme s’il avait été piqué par un insecte. La contrariété était visible sur ses traits lorsqu’il se pencha pour ramasser son diadème et rassembla sa belle chevelure derrière celui-ci.
 
- Hmf ! je sens que les Olympiens ne vont pas tarder à regretter d’avoir laissé Athéna en vie, sans compter Odin qui va leur en faire baver ! Vraiment dommage mais ce n’est plus mon affaire, j’ai d’autres obligations à respecter.
 
Et il partit dans la direction opposée de l’Aréopage.
 
*
*  *
 
Aréopage
 
Le temps n’était plus à la discussion mais au vote.
Le grand Zeus avait signifié qu’il voterait en dernier pour ne pas influencer les votes aussi commença-t-on par la gauche pour aller vers la droite.
Tous les olympiens n’étaient pas égaux et il était convenu que ceux de la première génération avaient la préséance sur leurs cadets. Ce fut Héra qui en qualité de reine des dieux ouvrit la danse :
Son regard était implacable et reflétait autant de haine que d’ambition et de jalousie.
-         Athéna ! Tu n’aurais jamais dû voir le jour car avant ta naissance une prophétie annonçait que ton destin était de nuire à ton père. Je n’aurais jamais dû permettre que tu vives ! Voyez le résultat : Hadès est mort, l’Enfer n’est plus et les hommes nous oublient ! Tu es coupable de tous ces crimes Athéna et l’humanité les expiera avec toi ! Je te déclare coupable !
Héra se rassit mais avant cela elle lança un regard qui mettait au défi l’assemblée de la contredire.
Déméter se prononça ensuite.
-         En tant que déesse de la Terre et des Moissons je n’établis pas de hiérarchie entre les êtres vivants car tous méritent de vivre. Mais de toutes les espèces qui peuplent la Terre les hommes sont la seule à connaître le mot péché. Ils savent ce qui est bien et ce qui est mal mais sachant cela ils font mauvais usage de cette puissance et menacent la Terre de destruction. La déesse que je suis ne peut autoriser cela. Les hommes sont donc coupables et toi Athéna tu es coupable de les protéger contre notre juste courroux. Je regrette d’avoir à parler contre l’une de mes semblables mais je te déclare également coupable.
La grande Déméter reprit place et soutint courageusement le regard réprobateur de sa nièce.
Ce fut alors le tour d’Hestia de s’exprimer. Elle arborait toujours son sourire radieux que rien ne semblait pouvoir détruire.
-         Première de cette assemblée je vais parler pour ma nièce. Car elle est innocente des crimes dont on l’accuse ! Avoir détruit l’Enfer ? L’Enfer tel que l’a conçu Hadès n’était pas un lieu de rédemption mais juste une chambre de torture éternelle. Personne n’a aimé Hadès comme je l’ai aimé – ses joues s’empourprèrent légèrement – et personne n’a eu plus de peine à le voir s’enfoncer dans sa tristesse que moi. En tuant Hadès, Athéna a mis fin à la souffrance qu’était devenue sa vie et pour cela je la remercie. La seule chose que je te reproche Athéna c’est ta lâcheté : il est facile de faire cesser les guerres autour de ton domaine, de ranimer l’espoir au moment où il va s’éteindre… Mais l’amertume de la défaite ne fait qu’engendrer plus de haine et chaque fois qu’une vie s’éteint deux vies sont perdues : celle du vaincu et celle de celui qui le vengera. Tu utilises ton pouvoir pour protéger la vie mais pas pour protéger l’innocence. Cependant je ne peux admettre que tu sois crucifiée sur l’autel de l’ambition olympienne, je te déclare donc innocente des crimes qui te sont reprochés.
Hestia se rassit et son sourire radieux découragea toute réaction violente à son encontre.
Poséidon se leva violemment éprouvant de grandes difficultés à contenir son impatience. Sa voix était l’opposé  même de la nature de Julian Solo, qui n’était plus son corps d’accueil, le salut ne viendrait assurément pas de lui.
-         Athéna ! Je t’ai soutenue dans ta bataille contre Hadès en Elysion ! Il serait hypocrite de regretter ce qu’il en a résulté et je ne serais pas digne du titre de dieu si je reniais ma parole. Je te déclare donc innocente.
L’empereur des mers se rassit sous le regard réprobateur de l’ensemble de ses pairs pour la rudesse de ses méthodes. Zeus n’était pas loin de rire de la tirade de son frère. Non décidément avec une nature aussi despotique il ne serait jamais une menace pour lui.
Le tour d’Apollon vint ensuite. Il ne semblait pas très concerné et ne cessait de pincer les cordes de sa lyre. Et chaque pincement était suivi d’un sourire de jouissance sur les lèvres du dieu des arts. Il fallut que Zeus fasse semblant de s’éclaircir la gorge pour qu’il réalisât que c’était à son tour de parler.
-         Ah ? Qu’y a-t-il ?  Ah oui c’est vrai – il semblait émerger d’une douce rêverie – le procès… Eh bien Athéna, ce que tu as pu faire et ce que tu es ne m’intéresse pas. Bien que je ne sois pas revenu sur Terre depuis longtemps j’affirme que ton règne est celui de la corruption. Cependant j’entends bien qu’il s’agit ici de juger l’humanité et de la détruire. Les êtres humains en tant que tels ne m’intéressent pas. Je suis plus sensible à la trace qu’ils ont laissé dans la civilisation. Ils ont su fonder des cours brillantes et nous égaler en raffinement, d’autre part ils partagent avec moi cet amour de la beauté pour elle-même qu’on appelle l’art. Je te donne donc ma voix Athéna bien que je ne te considère pas comme innocente.
Artémis aux cheveux aussi bleus que ceux de son frère se leva rapidement.
-         Apollon a parlé en mon nom !
Elle fit un demi-tour sur elle-même pour se trouver en face de son père, faisant voler sa sauvage chevelure puis se rassit.
« Comme d’habitude » ne put s’empêcher de murmurer Zeus, nullement troublé par la tournure des évènements.
D’un signe il donna la parole à son fils Héphaïstos. Celui-ci se redressa péniblement en s’appuyant sur sa jambe boiteuse, son visage et son dos ruisselaient de sueur.
-         Hum… C’est par une curieuse ironie du sort – l’absence de Dionysos – que j’ai aujourd’hui le droit de faire entendre ma voix. Il me serait facile de déclarer la culpabilité d’Athéna, me créant ainsi par là même une opportunité pour intégrer définitivement ce cercle fermé qui est celui des Olympiens. Il m’est également possible de déclarer son innocence et de déranger ainsi grandement les plans de mes puissants semblables. Cependant je n’oublie pas qu’il s’agit aujourd’hui de juger la meurtrière d’Hadès et ce dieu était le seul à ne pas me mépriser… il ne méprisait que le péché. Un jour il m’a dit que seul un imbécile se soulèverait contre la volonté divine, seul un imbécile… Mais les imbéciles sont peut-être les seuls faibles à ne pas aliéner leur liberté au gré des puissants. Aussi je vais voter pour Athéna car il m’est égal d’être considéré comme un imbécile et aussi parce que cela me donnera peut-être l’occasion de revoir une petite déesse que j’ai créée (cf : Annexe 2 : Yours Ever).
Les paroles d’Héphaïstos furent interprétées pour ce qu’elles étaient : les paroles d’un fou qui ne sait pas où est son intérêt.
Zeus se leva alors et regarda Héphaïstos avec le sourire.
-         Ainsi a parlé mon fils aîné.
Cette appellation fit frémir les personnes les plus bien pensantes de l’assemblée et même l’intéressé ne put réprimer un frisson de plaisir à être ainsi appelé.
La parole aurait dû normalement passer à Arès qui était le cadet d’Héphaïstos mais celui-ci fit un geste de dénégation.
-         Je m’abstiens de tout vote père.
-         En vertu de quoi Arès ?
-         Mon seul talent est de tuer, je n’ai pas ma place dans ces réunions… politiques.
-         Tu n’as pas le droit de t’abstenir, Arès ! Si tu as encore besoin de temps pour mûrir ton opinion passe ton tour à Aphrodite mais tu devras t’exprimer après elle.
-         Je ferai ce qui me semblera juste.
La tension entre les deux dieux était palpable et c’est dans une atmosphère tendue qu’Aphrodite se leva.
La déesse de la passion salua d’un geste ample l’ensemble de l’assistance en promenant sa main sur tout le diamètre du cercle des dieux qui lui faisait face.
Quand elle eut fini son mouvement bien malin eut été celui qui aurait pu dire si elle venait de saluer l’assistance ou sa propre main.
Elle s’arrêta devant Arès et soupira devant le visage de son amant. Ce fut à lui qu’elle s’adressa tandis qu’elle effleurait délicatement les traits de son visage de ses mains.
-         Je suis triste mon amant. Je ne suis revenue à la vie que pour toi. Si j’ai choisi de reparaître dans ce monde c’est pour pouvoir étancher cette passion dévorante qui me pousse vers toi – Aphrodite soupira à nouveau mais c’était un râle – mais tu es triste. Oui tu es triste car voir ton ennemie dans une si piètre position ne peut te combler – La déesse se laissa littéralement tomber aux pieds d’Arès et passa sa main sur la sienne – tant qu’elle sera là je ne parviendrai pas à atteindre cette partie secrète de toi qu’elle gouverne totalement car elle est ma seule véritable rivale, je m’en rends compte.
La déesse de l’amour fixa son amant avec des yeux où se lisait de la haine pour sa résistance mais aussi un désir brûlant. Elle passa sa main derrière la nuque du dieu de la guerre et l’attira à elle.
-         Alors oui qu’elle disparaisse ! Qu’elle meure pour toi !! Je veux qu’elle disparaisse et que tu l’oublies !!
Aphrodite se jeta sur les lèvres de son amant et les étreignit avec une telle violence que le sang perla aux lèvres du dieu de la guerre.
Arès ne lâcha qu’une phrase quand Aphrodite eut relâché son étreinte.
-         Jamais tu ne me possèderas entièrement. Elle n’est pas la personne que tu dois tuer pour cela.
Aphrodite le regarda avec une lueur de colère intense dans ses beaux yeux couleur d’or.
-         Elle est au moins le premier pas vers la victoire ! Alors oui elle est coupable !! Elle est même coupable de ce dont on ne l’accuse pas encore pourvu qu’elle disparaisse !!
Arès saisit Aphrodite par le bras et lui intima l’ordre de se taire. La scène dura un moment laissant tous les dieux pensifs à propos de la nature de l’amour qui unissait ces deux êtres.
Zeus regarda à nouveau son fils cadet.
-         Alors Arès, persistes-tu dans ton mutisme ?
-         Père, ce que j’ai à dire n’est que pour Athéna et pour elle seule.
-         Très bien tu as encore un ultime délai pour te décider.
Ce fut le tour du cauteleux Hermès de s’exprimer. Un sourire ironique planait sur ses lèvres.
-         En vérité ce procès prend une tournure étrange. Nous pensions crucifier Athéna et voilà que cinq d’entre nous la disent innocente. Moi qui ai l’habitude de me ranger du côté du plus puissant je suis bien embarrassé que ma voix ait une telle valeur.
Il marqua  une pause avant de continuer.
-         L’humanité n’est pas pour moi une grande perte. J’aime assez ces créatures, je leur trouve beaucoup de charme mais je trouve qu’elles ne m’amusent plus autant qu’avant. Je suis un voleur et un voleur vole ce qu’il n’a pas. Peut-être pour ma part trouverai-je dans le règne des dieux l’amusement que je ne trouve plus en compagnie des hommes. Quant à Hadès… Comment peut-on s’affliger de sa mort ? Ce sont le hasard et la malice qui gouvernent ce monde, si la fortune ne vous sourie pas alors vous êtes destiné à mourir. Hadès a perdu toutes les guerres qu’il a livrées contre Athéna, c’était donc un perdant. Et aujourd’hui Athéna, son vainqueur, se trouve devant  nous, à notre merci. Et rien, pas même le verdict de ce procès ne changera ce constat : elle a perdu la dignité qui faisait d’elle la déesse la plus puissante. Seul un fou se rangerait du côté du perdant et je ne le suis pas. Je condamne donc Athéna pour la simple raison que la fortune ne joue plus dans son camp !
Hermès se rassit en murmurant « Je ne suis pas mécontent de mon petit discours improvisé. »
Le regard du grand Zeus se porta à nouveau sur Arès.
-         Mon fils, ceci est mon dernier avertissement : Accepte de te plier aux lois de l’Olympe et de juger Athéna.
-         Si je me pliais à vos stupides lois, père, je renierais les lois que je me suis imposé à moi-même.
 
Un courant d’impatience commençait à courir dans les rangs des Olympiens. Les individus réunis en foule sont irrationnels et forment ce qu’on appelle le Léviathan, un monstre à la force incommensurable dont la puissance une fois libérée ne peut être endiguée.
Si furieux que Zeus fût après son fils cadet il comprenait qu’il n’avait aucun intérêt  à laisser la colère des Olympiens s’exprimer. Il en était à cet état d’avancement de ses pensées quand le salut lui vint de la personne de l’accusée.
En effet Athéna s’était depuis le début de l’audience cantonnée dans un rôle de spectatrice. L’expectative de son ennemi le plus acharné l’en fit sortir.
Elle se releva et s’avança au milieu du cercle et s’adressa au dieu de la guerre d’une voix étonnamment douce et calme.
-         Arès, te souviens-tu de mes paroles quand j’ai justifié mon vote pour le premier procès qui eut lieu ici ?
-         Oui Athéna, elles ne m’ont pas quitté depuis. Tu m’as dit ce jour-là que la force quelle qu’elle soit devait être mise au service des faibles. Qu’une arme ne pouvait être brandie que pour protéger les faibles.
-         C’est exact Arès et c’est parce que je croyais que tu pourrais un jour partager cet idéal que j’ai à cette époque empêché ta condamnation. As-tu changé d’avis depuis ?
Un silence oppressant passa avant qu’Arès ne se décide à répondre, il sortit de son siège et vint se placer en face d’Athéna. Ses yeux azur plongèrent au fonds de ceux de la déesse de la sagesse.
-         Athéna… si tu savais combien j’aimerais partager ton idéal de non violence… Mais il n’est qu’une seule loi dans l’univers : les forts vivent et les faibles meurent. Rien de tout ce que tu diras ne pourra prouver le contraire. Plus nombreux seront les conquérants, plus nombreuses seront les guerres et toujours les faibles mourront. Le monde de paix dans lequel tu crois ne pourra être bâti que sur les ruines de l’ancien, par la force ! Le jour de l’avènement de cette ère de paix il n’y aura plus de faibles mais juste des êtres humains partageant tous la même force. Voilà ce en quoi je crois.
Athéna plongea son regard dans celui d’Arès comme pour y absorber toute la substance de son idéal.
-         Et c’est pour cette raison que toi et moi serons toujours ennemis.
Arès serra les mains d’Athéna dans les siennes à les arracher. L’émotion était visible dans ses yeux.
-         P… Pauvre idiote ! En souvenir du passé je voulais te sauver et pour cela j’étais prêt à tous les défier ! Mais même aujourd’hui tu n’as pas voulu m’écouter. Tu viens de te condamner toi-même. Eh bien puisque c’est ce que tu souhaites je te déclare coupable !
-         Merci.
Et Saori déposa un doux baiser sur la joue du dieu de la guerre, son immortel ennemi mais peut-être celui qui la connaissait le mieux.
C’est une chose étrange que la vie… On pense toujours aller de l’avant, on surmonte des obstacles, trébuche sur d’autres pour finalement apercevoir ce qu’on pense être le bout du tunnel mais finalement on a fait que tourner en rond pour revenir à la case départ. S’il y a un dieu dans le ciel il doit beaucoup s’amuser de ce jeu qu’il a inventé mais en même temps il doit être dans un grand embarras. Car si comme le pensent les chrétiens l’âme est immortelle et se réincarne, Dieu doit assumer deux visages : celui du dispensateur de la mort et celui du dispensateur de la vie.
Zeus qui avait organisé ce procès en faisait l’amère expérience : il n’aurait jamais pensé que les choses se dérouleraient de telle façon que le conseil des dieux fût partagé en deux parts égales : les partisans d’Athéna et ceux qui souhaitaient sa perte…
Finalement tout le poids de la décision finale dont il avait espéré se décharger lui revenait à nouveau et c’était une situation tout sauf agréable.
« Comme les tours du destin sont cruels pensa-t-il ».
Il scruta un instant la porte, caressant le vain espoir que cet insolent de Némésis viendrait lui annoncer qu’il avait réglé son compte à l’intrus qui s’était introduit sur le Mont Olympe.  
Les dernières paroles d’Ananke lui revenaient en tête : « Le dieu le plus puissant aura un enfant qui mettra fin à son règne… mais toi Zeus tu n’es pas le dieu suprême… il est là, dans la lumière et l’enfant aussi… »
Jusque là le plan de Zeus avait été de se débarrasser d’Athéna puis des autres Olympiens en les renvoyant à leur sommeil et enfin de lancer Arès contre ce dieu plus puissant que lui dans l’espoir qu’ils s’entretuent.
Mais maintenant tout était compromis et il ne fallait pas compter à ce que les dieux ferment gentiment les yeux sur la suite des évènements maintenant qu’ils étaient divisés en deux camps antagonistes…
Fort heureusement il avait déjà prévu un plan qui lui permettrait de garder les mains propres et de s’assurer une puissance énorme. Il secoua sa chevelure couleur de ciel et la laissa retomber le long du dossier de sa chaise.
-         Le dénouement de ce procès m’appartient donc. Je rappelle qu’en l’absence de Dionysos et d’Hadès je voterai deux fois et ainsi Justice sera enfin rendue.
Le sourire du maître des cieux était déconcertant et les plus avisés des jurés commençaient à douter de l’habileté de leur vote.
-         Athéna était accusée de crime contre la Terre pour l’avoir laissée en pâture aux hommes alors qu’elle était son domaine. Elle est également accusée de crime contre l’ordre divin pour avoir tué Hadès et détruit l’Enfer. Pour ces deux crimes Athéna, au nom d’Hadès que je remplace, je te déclare coupable.
Un murmure d’indignation parcourut les rangs, le rapport de forces était maintenant de 6 voix contre Athéna et de 5 voix en sa faveur.
Le maître des cieux se leva et embrassa l’espace d’un regard circulaire.
-         Cependant, en tant que roi des dieux je me dois de prendre en compte la portée de mes actes. L’humanité est condamnée mais la Terre perdure. Déclarer ce domaine libre est exclu. Nous gardons tous le souvenir des guerres désastreuses qui se sont produites quand nous résidions tous sur Terre. Arès a raison : plus nombreux seront les conquérants, plus nombreuses seront les guerres. La Terre ne saurait être régie par un autre ordre que divin mais la question est toujours en suspens : Qui sera le garant de cet ordre sur Terre ?
Le regard de Zeus se figea dans celui d’Athéna et celle-ci sentit la volonté de Saori défaillir.
-         Athéna, je t’ai déjà confié la Terre dans les temps anciens. Je te repose la question aujourd’hui : Peux-tu te porter garante de la Terre et la protéger ?
*
*   *
L’Olympe souffrait certes d’une pénurie d’effectifs mais pas au point de laisser les olympiens totalement sans défense… ou sans surveillance au choix…
En laissant Odin s’approcher de l’Aréopage le seigneur Némésis avait eu une attitude moins négligente qu’il y paraissait. En effet si au sommet de la garde de Zeus se trouvaient les trois archanges il existait aussi d’autres castes inférieures telles que les Séraphins. Vu leur niveau d’entraînement très récent aucune comparaison n’était possible avec les autres membres des gardes divines, ils assuraient toutefois la sécurité du site.
Le temple de l’Aréopage disposait de plusieurs étages d’environ 3 mètres de haut chacun disposés de manière circulaire comme l’ensemble de l’édifice, c’était dans ces couloirs que les Séraphins montaient la garde. Ils étaient d’ordinaire assez silencieux dans leurs aubes blanches mais il en était un qui ce jour l’était particulièrement…
Allongé dans un coin, la nuque posée contre un mur, son épée adossée à côté de lui on aurait pu croire qu’il dormait mais quel garde pour piquer une sieste aurait eu l’imprudence d’enlever son uniforme ?
Son aube – protection des séraphins – se trouvait pourtant non loin de lui sur le dos d’un homme de haute taille qui était en train de s’en dévêtir avec un soulagement évident.
 
Il jeta l’aube de côté et la remplaça prestement par une cape noire qui couvrait absolument sa protection.
Cela fait l’homme se rassit et se pencha pour entendre ce qui se disait en contrebas. L’esprit d’Hadès errait depuis le début du procès autour d’une question qu’il ne parvenait pas à cerner totalement :
 
« Qui est mon ennemi ? »
 
« Je pensais en venant ici que Zeus serait mon ennemi et que tous les olympiens même Hestia l’étaient aussi… Mais finalement qui est mon ennemi ? Est-ce Athéna ? Est-ce Zeus ? »
 
Le ridicule de la situation lui vint finalement à l’esprit.
 
« Un mort ne peut avoir d’ennemis puisqu’on ne peut lui souhaiter de pire malheur. Vivant j’étais l’ennemi et le rival de tous, mort quelle peut-être mon ambition ? »
 
Les phrases du procès lui venaient par bribes sans cohérence.
 
« Je te déclare coupable… innocente… coupable ! … je m’abstiens »
 
Hadès regarda Athéna avec envie, au moins elle sait qui sont ses amis et ses ennemis pensa-t-il. Sa mémoire lui fit alors voir une image qu’il ne pourrait jamais oublier : celle de sa mère, la grande Gaïa qui lui ouvrait les bras pour lui donner cette lumière si intense. Cette lumière c’était la Big Will, c’était Dieu lui-même qui la lui avait donnée mais pourquoi ?
 
Soudainement l’épée des illusions sembla mue d’une volonté propre et se leva dans la main de son maître pour désigner l’assemblée des dieux.
 
« Qu’essaies-tu de me dire ? Que tous les dieux sont mes ennemis ? »
 
L’épée décrivit un arc de cercle qui engloba toute l’assemblée avant de revenir se figer en son centre sur Athéna !
Hadès parut surpris, ce fut alors que le jugement de Zeus retentit.
 
« Athéna, je t’ai déjà confié la Terre dans les temps anciens. Je te repose la question aujourd’hui : Peux-tu te porter garante de la Terre et la protéger ? »
 
L’épée des illusions vibra encore plus fort dans la main de son maître. Hadès ferma les yeux et ceux-ci reprirent leur couleur bleue si humaine.
 
« Si je m’attendais à un tel dénouement… Cependant tout est clair à présent : mon ennemi sera toujours le dieu qui dirigera la Terre. »
 
Il dirigea alors son épée vers Athéna et le reflet de la lame au soleil éblouit la déesse qui leva les yeux pour apercevoir un fantôme venu réclamer Justice.
 
« Au moins je ne suis pas seule à braver les lois de l’univers aujourd’hui »
 
Hadès leva les yeux vers le ciel pour y chercher une muette approbation.
 
« Est-ce bien ainsi que vous voulez mère ? – il baissa les yeux – évidemment… Athéna, c’est fini pour toi !! »
 
Et le destin joua alors un tour à deux de ses personnages favoris…



Commencer







Recopier le nombre avant d'envoyer votre formulaire.




© 2002-2017 Animecdz. Tous droits réservés. Saint Seiya © Toei Animation, Bandai et Masami Kurumada