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Il etait une fois au Sanctuaire

Sun-ya fut percutée par une puissance indétectable. L’attaque de Ganymède était en ce sens la concrétisation de toutes les qualités que prônaient les Amazones, vitesse, furtivité, précision. Pas d’effets tapageurs, mais une efficacité diabolique. Profitant de ce répit, le subconscient du Saint rechercha des souvenirs remontant à la période qu’évoquait la jeune femme. Mais rien de significatif ne ressortit de cette plongée dans le passé.
Il ne se revoyait que reclus, tel un animal sauvage déraciné de son milieu naturel. Ne sachant où aller après son cuisant échec, il s’était constitué prisonnier et attendait sa sentence. Mais depuis des semaines, sa situation n’évoluait pas. Il était nourri convenablement, et à volonté, de plus sa soi-disant cellule ressemblait plus à un cottage qu’à une geôle spartiate. Le Pope, qu’il pensait être un tortionnaire, venait même tous les jours s’aviser de sa santé. Une fois il essaya, par curiosité, d’estimer la solidité de la porte.
Quelle ne fut pas sa surprise de constater qu’elle n’était pas verrouillée. La porte grinça sur ses gonds et s’ouvrit. Flairant le piège, il hésita longuement et finalement se risqua au dehors. A l’extérieur le Pope, assis sur un muret, lui fit signe de s’approcher.

- Tu as mis beaucoup de temps avant de tenter l’expérience, lui dit-il.
- Je… n’étais pas enfermé ?
- Quelle drôle d’idée ! Tu es libre d’aller et venir, sous bonne escorte toutefois !

Le régent désigna deux garçons du même âge que Ganymède. Le premier était le serviteur qu’il avait assommé. L’autre était un petit teigneux à la chevelure bouclée qui se prénommait Calahël.

- L’usage de la parole t’ayant été miraculeusement rendu, consentirais-tu à nous donner ton nom, poursuivit le Pope.
- Je… Je n’ai pas de nom…
- Tout le monde a un nom, s’étonna Calahël. Tu n’as qu’à t’en trouver un !

C’est ainsi que la glace fut rompue entre ce jeune garçon et ceux qui allaient devenir sa nouvelle famille. Sans entrer dans les détails, il leur raconta toute son histoire. Le Pope, le sachant à jamais banni par les Amazones, lui proposa de rester au sanctuaire. Pour éponger « l’incident », il lui confia une tâche singulière, assister Calahël dans son entraînement. De fil en aiguille, les deux enfants devinrent rivaux mais nouèrent aussi une profonde amitié. Et ce qui devait arriver arriva, tous deux obtinrent une armure d’or. Le Pope, avec la fierté d’un père, leur confia la garde de leur temple respectif et dit :

- Désormais voici vos demeures ! D’aucuns appelleraient cela un avancement, mais en vérité la plus lourde responsabilité pèsera à jamais sur vous ! Celle de défendre une humanité qui ignore même jusqu’à notre existence !
- Grand Pope !
- Oui ?
- Autrefois vous m’aviez conseillé d’attendre d’être prêt pour choisir le nom qui me conviendrait le mieux…
- Il serait temps, intervint Calahël. Tous en ont plus qu’assez de t’appeler le sans nom !
- Je me suis décidé ! Je souhaite me nommer Ganymède, comme le Verseau de la légende…

Sun-ya, à terre, lorgnait le Saint d’un œil torve.

- Tu es devenu très fort, petit garçon ! Assurément, ton titre n’est pas usurpé !
- Je te propose une trêve ! Donnes-moi suffisamment de temps, et je te prouverai que je ne suis pas mêlé au massacre de tes sœurs !
- Tu cherches à grappiller quelques secondes ! C’est indigne de toi Saint d’or ! Yah !!

L’Amazone décocha, en se relevant, la piécette de Lilith à son opposant. Puis, suivant la course de la pièce, elle repartit à l’assaut. Ganymède rattrapa la pièce au vol et s’engagea dans un corps à corps musclé. Leurs styles de combat, issus d’une souche similaire, étaient pourtant sensiblement différents. Sun-ya misait avant tout sur sa vitesse et son agilité. Ganymède, au contraire, avait le geste plus mesuré et choisissait ses coups avec soin. Toutefois, le septième sens lui assura une confortable suprématie. Il se coula dans le dos de son ancienne confidente, lui agrippa les avant-bras et les ramena sur sa taille pour l’immobiliser.

- Que tu le veuilles ou non, tu vas m’écouter !
- Lâche-moi ! Je ne veux pas entendre tes mensonges, sale traître !
- Traître !! Qui ai-je trahi !? Les Amazones, qui m’ont élevé comme une bête de combat et envoyé à la mort sans remords ! Il est vrai que je les ai détestées mais je n’aurais jamais permis qu’on les assassine de cette façon !
- Ah oui !? Et pourquoi ?
- Parce que tu les admirais ! Tu étais persuadée que leurs actions étaient justes ! C’est aussi pour cela que je n’ai pas osé réapparaître devant toi ! Ton regard aurait été insoutenable ! Une partie de toi m’aurait détesté éternellement d’avoir échoué si lamentablement !

Ganymède libéra sa captive, qui se retourna aussitôt.

- Je conserve cette pièce en guise de symbole, avoua-t-il. Pour me rappeler les idéaux auxquelles tu crois. C’est le seul lien qu’il me reste…

Sun-ya se troubla, mais son expression se durcit et elle griffa le visage du Saint.

- Toutes tes belles paroles ne te sauveront pas ! Il est certain que tu es infiniment plus puissant que moi, mais j’ai en moi le courage qui t’a manqué jadis ! Le courage du désespoir !!

L’aura de Sun-ya se galvanisa, comme pendant son duel contre Germinal. Ganymède, qui savait mieux que personne ce que signifiait ce cosmos blafard, examina les environs et conclut :

- Tu m’as conduit exactement là où tu l’escomptais ! Au pied de ce champ de force, la déflagration n’ébranlera pas la Seconde Mü ! Tu n’as rien laissé au hasard !
- Tout à fait, rétorqua Sun-ya, en larmes. Ganymède… Je… J’aurais aimé que les circonstances nous réunissent autrement… Tu…
- Me crois-tu enfin !?
- Oui ! Mais il est trop tard… FIRELIFE COMBUSTION !!!

Ganymède ne bougea pas. Il regarda le corps de Sun-ya s’enflammer et provoquer une ahurissante explosion. Toute l’énergie destructive fut, heureusement, absorbée par le champ de force et métamorphosée en un bel amalgame de couleurs vives. Le souffle de l’explosion souleva toutefois une écharpe de lin du sol et la transporta en direction de la tour de l’Elu.

Au moment de l’explosion Dohko et Calahël, aux prises avec les fils de la nouvelle aube, vivaient une situation diamétralement opposée. Pour mieux comprendre, remontons le temps de quelques minutes et retrouvons les Saints, à l’orée de leurs combats. Leurs adversaires, bien élevés, commencèrent par se présenter :

- Brumaire de l’Amok pour vous servir, débuta le premier homme, vêtu d’une armure noir corbeau.
- Nivose du Faune, poursuivit son compagnon, habillé lui d’une armure plus tape-à-l’œil. Pareillement !

Les Saints leur rendirent la politesse. Brumaire jugea l’instant opportun pour boire une rasade de l’alcool que contenait sa gourde. Il s’excusa aussitôt et en proposa une gorgée aux trois autres protagonistes qui, éberlués, refusèrent. Nivose se permit alors une petite réflexion :

- Si ce ne sont les Saints, ce sera l’absinthe qui aura raison de toi ! A-t-on idée de boire en un moment pareil ?!
- A chacun ses stimulants, répondit-il. Et puis, il sera regrettable de gâcher ce succulent nectar pendant nos combats ! A ce propos messieurs, comment les organiserons-nous ? Doit-on, afin de déterminer les adversaires, laisser le sort décider ?
- Aucune importance, fit Calahël. Choisissez vous-même !
- Si tu le permets, je souhaiterais me battre contre ce sympathique personnage, reprit Nivose. J’ai eu, le concernant, des échos assez flatteurs !

Dohko, l’heureux nominé, sourit en signe d’approbation. Brumaire, finissant sa gourde, approuva le choix de son semblable et déclara :

- Cela me convient ! La réputation du sieur Calahël est, elle aussi, des plus épanouie ! Je serais enchanté de lui livrer bataille !

Le Saint du Sagittaire acquiesça. Afin de ne pas se gêner mutuellement, les duos d’adversaires mirent une distance raisonnable entre eux. Dohko, marchant de côté, évalua son opposant. Il devait avoir à peu près son âge et sensiblement la même corpulence. Ses cheveux mordorés étaient constellés d’épis. Son visage, plaisant, était figé dans une expression neutre ou pour le moins blasée. Il gardait les yeux mi-clos, certainement plus par habitude que pour se donner un air supérieur. Dohko remarqua également la flûte de pan accrochée à sa taille. Nivose, suivant son regard, la détacha et joua une complainte.

- Je ne suis pas mélomane, avoua le Saint. Mais cette musique est aussi belle que mélancolique !
- Merci. Là d’où je viens, cet hymne sert à accompagner l’âme des défunts lors de leur dernier périple. Cette mélopée a toutefois une contrepartie sinistre. Quiconque a le malheur d’entendre cette mélodie de son vivant, est assuré de mourir sous trois jours. C’est, tout du moins, ce que dit la légende !
- Les superstitions ne m’effrayent pas ! Ma mémoire vide a au moins un avantage ! Celui de m’avoir probablement débarrassé d’une quantité d’inepties de ce genre !
- Alors Vendémiaire ne mentait pas, tu es vraiment amnésique ! Quelle chance tu as ! Je t’envie !
- Que dis-tu ?
- J’aimerais être comme toi ! Pouvoir fermer les yeux et les ouvrir sur un monde neuf ! Pouvoir oublier tout ce sang et ces larmes que j’ai vus couler ! Devenir quelqu’un de nouveau, vide et détaché !
- Tu ne sais pas de quoi tu parles ! Battons-nous ! Si le poids de tes exactions pèse autant sur ta conscience, je te les ferai expier au comptant !
- J’ai hâte de voir cela, scanda Nivose. En garde !

Surprenant Dohko, qui s’attendait à combattre un énième guerrier musicien, le fils de la nouvelle aube remit sa flûte en place.

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