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L'émergence des géants

Dans les chapitres précédents :


1944 :
-Janvier : Un groupe de nazis se rend aux Cinq Pics en Chine afin d’obtenir des informations sur Hadès auprès de Dohko. Ils sont tous repoussés par Akiera des Gémeaux à l’exception d’un vieil érudit, Rudy, qui semble marqué par sa rencontre avec les chevaliers.


1945 :
-Février : Sérapis devient chevalier d’or à part entière, complétant la génération des chevaliers formateurs.


1947 :
-Août : Amalthée du Capricorne quitte le Sanctuaire.


1954 :
-Mai : Combat pour l’attribution de l’armure de Pégase dont Diomède sort vainqueur. Son adversaire, Patrocle, perd une jambe dans le combat.
-Juin : Gienah tue involontairement les occupants d’une auberge en Sibérie.


1955 :
-Janvier : Sur l’île de la Reine Morte, Akiera décide de ne pas tuer Gienah, devenu Cygne Noir.


1956 :
-Juin : Le jeune Mardouk monte le Kilimandjaro et découvre un temple souterrain. Il y rencontre Rudy ainsi que l’objet de sa quête : une mystérieuse femme que des hommes viennent voir du monde entier. Celle-ci déclare qu’elle attendait Mardouk depuis longtemps et qu’ils ont de grandes choses à faire ensemble.


1959 :
-Novembre :



  • Akiera traque et extermine des créatures originaires de dimensions parallèles.

  • Naissance d’Aioros, fils de Patrocle, au Sanctuaire. Diomède et Patrocle se réconcilient.


-Décembre : Asmon assassine son ancienne compagne, Lucia, et enlève Saga.


1961 :
-Septembre : A Star Hill, Sion voit dans les étoiles la venue prochaine d’Athéna et l’apparition des nouveaux chevaliers d’or.
-Octobre : Sion se rend au Cinq Pics pour s’entretenir avec Dohko de ses visions et lui révèle avoir vu des signes inquiétants sur le Pope qui lui succédera.


1962 :
-Avril : Sur la rive du Nil, Mardouk et Amon Râ évoquent le futur et une  confrontation avec le Sanctuaire qu’il craigne inéluctable.
-Août :



  • Akiera et Praesepe se rendent à Babylone pour s’entretenir avec Mardouk des raisons qui l’ont poussé à sortir de l’ombre avec le reste du Conseil Mésopotamien. Mardouk déclare qu’il veut reprendre le contrôle de ses terres, à moins que le Sanctuaire ne démontre être assez puissant pour défendre la Terre. Après un accrochage et un rapide combat provoqué par l’impulsivité d’Akiera, un défi est donc lancé : dans quatre ans, les membres de la future génération de chevaliers devront combattre des guerriers babyloniens.

  • Irrité par l’attitude négative d’Akiera, qui accepte mal son rôle de formateur, Sion envoie celui-ci parcourir le monde pour se ressourcer. Akiera prend cela pour un exil et quitte le Sanctuaire sans se retourner.


1964 :
-Février : Rendu furieux par Asmon qui maltraite ses compagnons d’entraînement, Saga s’éveille au septième sens en exploitant un phénomène de résonance entre son cosmos et celui de son frère Kanon (dont il ignore encore l’existence).
-Mars : Praesepe part chercher Akiera en Suède, où celui-ci s’est marié avec Lyn, et le convainc de rentrer au Sanctuaire entraîner Saga.
-Novembre : Aioros s’éveille au cosmos lors d’un combat d’entraînement avec son père. Le lendemain, Patrocle l’emmène au Sanctuaire, où le garçon sera dès lors entraîné par Praesepe.


1965 :
-Un bateau de plaisance s’échoue sur l’île de la Reine Morte. Ses occupants sont tous assassinés par Ours Noir à l’exception d’un jeune nourrisson, Shura, qui est recueilli par Cygne Noir.


1966 :
-Août :



  • Aioros et Saga relèvent le défi de Mardouk à Babylone. Ils arrivent difficilement à vaincre Inanna et Hanpa, Aioros parvenant à survivre à deux coups mortels. Puis ils font face à Mardouk, lui-même, dans un exercice d’adresse.

  • Après le combat, Mardouk et Amon évoquent une prédiction de leur mentor qui semble s’appliquer à Aioros, et discutent de la coalition qui commence à prendre forme autour d’eux.

  • Dès lors, Aioros sera fréquemment sujet à des cauchemars.


1967 :
-Septembre : Un émissaire du peuple du continent disparu de Mü se rend au Sanctuaire et obtient un entretien avec le Grand Pope grâce à un laissez-passer signé par Akbar, prédécesseur de Sion. Il révèle alors que depuis des millénaires chaque porteur de l’armure du Bélier est un descendant du peuple que tous croient éteint.
-Octobre :



  • A Tokyo, Mardouk rencontre et recrute Tokoyo, la dernière représentante des kamis, les protecteurs du Japon.

  • Sur les instructions de Sion, Praesepe se rend à Jamir et y trouve le jeune Mû, futur chevalier du Bélier.


1968 :
-Janvier :



  • Les seigneurs noirs proposent à Cygne Noir de les suivre dans leur évasion de l’île de la Reine Morte, mais celui-ci décline l’offre. Suite à cela, Shura défie et tue Ours Noir.

  • Guilty, le gardien de l’île de la Reine Morte, est tué par une entité mystérieuse. Les chevaliers noirs s’échappent de l’île.

  • Akiera reçoit un appel cosmique de Cygne Noir, se rend sur l’île, et constate l’évasion. En outre, le chevalier noir lui confie Shura.

  • Cygne Noir rencontre Shamash, venu enquêter sur l’évasion pour le compte de Mardouk.

  • Shura est confié à Sérapis qui commence à l’entraîner.

  • Akiera apprend que son fils, Aphrodite, est atteint d’une maladie mortelle. Il explique à sa femme que le seul moyen de le sauver est d’en faire un chevalier d’Athéna éveillé au septième sens.

  • Sur une île secrète située au milieu de l’Atlantique, Mardouk et Amon convainquent Acatl Topiltzin Quetzalcóatl (ainsi que son descendant, Calli Huemac) de se joindre à leur cause.


-Février :



  • Diomède de Pégase annonce à Aioros qu’il a été chargé avec cinq autres chevaliers de retrouver et neutraliser les chevaliers noirs.

  • Kanon, convaincu que son frère est au courant du crime de leur père et que Saga lui a volé sa destinée, tente de supprimer son frère mais est facilement vaincu. L’intervention d’Akiera empêche Saga de commettre l’irréparable et les deux frères s’expliquent.

  • Asmon est condamné par le Grand Pope à devenir le nouveau Guilty sur l’île de la Reine Morte. Saga décide de former Kanon, seul Akiera est au fait de son existence.


-Septembre : Constatant qu’il n’arrive pas à former Shura convenablement, Sérapis demande à Amalthée de prendre sa suite, ce qu’elle accepte.


1969 :
-Janvier : En Egypte, dans le campement secret où Mardouk rassemble ses alliés, Paul, l’héritier de Mithra récemment recruté par Mardouk, fait la connaissance de Moki, un Amérindien semble-t-il membre de la tribu disparue des Anasazi, et du jeune Mani, descendant du prophète homonyme.
-Juin : Lors d’une mission à Rome pour le compte de Sion, Praesepe fait la connaissance d’un jeune Italien se faisant appeler « The Thief » et le convainc de le suivre au Sanctuaire.
-Août :



  • Alors qu’il est dans une dimension exotique avec son fils, Akiera se fait annoncer de façon cryptique, par des créatures extra-dimensionnelles, qu’un « être » est sur le point de faire son retour.

  • Aioros discute avec son père de ses cauchemars et celui-ci lui conseille d’aller sur l’île de Canon. Aioros annonce également à son père que, selon toute probabilité, son jeune frère Aiolia sera également un chevalier d’or.

  • Après avoir vécu à travers le monde diverses aventures en apparence déconnectées de leur traque des chevaliers noirs, les six chevaliers envoyés par Sion se retrouvent en Norvège pour une nouvelle mission. Alors qu’ils attaquent une secte d’adorateurs de Loki et se retrouvent en difficulté, ils sont aidés par Rudy et Ogier, deux alliés de Mardouk. L’un des chevaliers, Belial du Fourneau, est tué par Toucan Noir, mais parvient à informer ses amis que les chevaliers noirs étaient impliqués dans cet incident. Rudy et Ogier disparaissent sans leur révéler leurs identités.

  • Aioros se rend sur l’île de Canon pour se régénérer. Il rencontre Stellio du Lézard qui se trouve là pour recruter de jeunes apprentis. Grâce à ses capacités, Aioros lui désigne le jeune Milo. Par la suite, Aioros contacte Inanna qui le rejoint. Il lui explique qu’il soupçonne que le Hell Seven Gates (l’attaque spéciale qu’il avait subie à Babylone) lui a laissé des séquelles et est la cause de ses cauchemars. Après qu’ils aient fait communier leur cosmos, Inanna lui assure le contraire, suggérant que ces cauchemars sont une forme d’expression du cosmos du chevalier. Aioros sent aussi chez la Babylonienne la crainte qu’ils soient amenés à se battre à nouveau.


-Septembre : The Thief tue de sang-froid l’apprenti Arimathy lors d’un combat d’entraînement et s’éveille au septième sens. Le Grand Pope lui reconnaît malgré tout le statut de chevalier d’or et l’Italien prend le nom de Deathmask.


1970 :
-Février : Shura atteint une maîtrise presque parfaite d’Excalibur et Amalthée estime sa formation quasiment terminée.
-Avril : Le jeune orphelin Camus arrive sur l’île de Milos où il est accueilli par Milo. Il est placé sous la responsabilité de Béatrice du Cerbère.
-Mai : Diomède écrit à Aioros et lui explique que lui et ses compagnons sont à présent convaincus que les chevaliers noirs sont à l’origine de nombreux troubles sur toute la planète, dont ceux dans lesquels ils avaient été impliqués sans voir de connexion avec les renégats sur le moment.
-Juillet :



  • Praesepe et Mû se rendent à Kushinagara, en Inde, pour rencontrer le jeune Shaka, adoré par une armée de fidèles comme la réincarnation de Bouddha. L’Indien déclare maîtriser le septième sens depuis sa naissance et pouvoir d’ores et déjà revendiquer l’armure de la Vierge. Il rejoindra le Sanctuaire dès que ses fidèles n’auront plus besoin de lui. Mardouk, Amon et Khamakhya (l’héritière de la puissance de Kali) étaient également venus tenter de recruter Shaka, mais sont repartis après avoir constaté qu’il serait chevalier.

  • Sonya accompagne Deathmask sur la tombe de ses parents, dont il a pu retrouver la trace, en Sicile.

  • Aioros explique à Aiolia que leur père va l’entraîner afin qu’il puisse suivre son exemple.


-Août :



  • Aphrodite s’éveille au septième sens, ce qui guérit sa maladie, et s’apprête à partir au Sanctuaire remplir son rôle de chevalier d’or.

  • Diomède et ses quatre compagnons retrouvent la trace des chevaliers noirs et apprennent que ceux-ci s’apprêtent à attaquer l’île de Milos. Après avoir prévenu le Sanctuaire, ils se rendent sur place pour s’interposer.

  • Une terrible bataille s’engage sur l’île de Milos au cours de laquelle de nombreux chevaliers sont tués, parmi lesquels Béatrice du Cerbère, Mirfak de Persée et Bayer du Toucan. Camus parvient à se cacher avec plusieurs autres apprentis derrière un mur de glace. Milo, Diomède de Pégase, Jason de la Carène et Stellio du Lézard se battent vaillamment, mais sont sur le point de céder quand ils reçoivent l’aide d’Aioros, Mû, Deathmask, Praesepe, Akiera et Aphrodite. La mystérieuse entité commandant les chevaliers noirs leur permet alors de fuir dans des passages dimensionnels, en emportant de très nombreux apprentis comme prisonniers.

  • A Blue Graad, alors qu’il vient d’aider les autochtones et leur leader Bolthorn à se débarrasser de chevaliers noirs, Mardouk apprend les événements de Milos.

  • Suite aux événements, le Grand Pope, l’ensemble des chevaliers d’or et Jason de la Carène participent à une réunion de crise. En mettant en commun leurs réflexions, ils déduisent que les chevaliers noirs sont en fait des créatures parentes de celles qu’Akiera avait détruites bien des années auparavant, ce qui explique leur force et pourquoi ils ont enlevé les apprentis : obtenir de nouveaux corps sensibles au cosmos. Sion conclut qu’il a commis une erreur d’appréciation en confiant la traque des chevaliers à des chevaliers de bronze et d’argent, et décide d’impliquer les chevaliers d’or.

  • L’entité commandant les chevaliers noirs reçoit de nouvelles instructions de son maître.

  • Mardouk retourne voir son mentor au Kilimandjaro et ils conviennent qu’il est temps d’agir au grand jour.


-Septembre :



  • Camus est confié à la charge de Cygne Noir, seul chevalier des glaces disponible.

  • Akiera, Saga et Kanon se lancent sur la trace de l’entité à travers les dimensions, tandis qu’Aioros, Deathmask, Shura et Jason suivent les pistes sur Terre.


1971 :
-Mars :



  • A Jamir, Jacob sacrifie sa vie pour régénérer les armures endommagées lors de la bataille de Milos. Des chevaliers noirs attaquent ensuite la tour pour dérober des instruments de réparation d’armure, mais sont mis en déroute par Mû.

  • Un groupe d’enfants noirs tente de capturer les apprentis de Sérapis du Taureau, mais sont contrés par le jeune Aldébaran, puis pulvérisés par le chevalier d’or.

  • Akiera, Saga et Kanon manquent de mourir dans un piège de l’entité qu’ils pourchassent, mais sont secourus par Rudy et Shamash qui leur proposent de faire équipe. Kanon parvient à localiser l’entité sur Terre, en Amazonie, et Rudy à l’attirer et le piéger dans une dimension. En joignant leurs efforts, Saga et Kanon arrivent à lui porter un coup qu’ils pensent fatal.

  • Pendant ce temps, sur Terre, le groupe d’Aioros rencontre Mardouk (accompagné par Ogier et Khamakya). Le Babylonien leur révèle que lui et ses alliés pourchassaient aussi les chevaliers noirs de leur côté depuis longtemps. Ils s’allient et attaquent ensemble le campement des chevaliers noirs grâce aux informations fournies par l’autre groupe. Ils terrassent l’ensemble des chevaliers noirs, Aioros battant en duel Dragon Noir, leur leader.

  • Avant de disparaître, Mardouk laisse sous-entendre que les chemins de son groupe et du Sanctuaire sont appelés à se recroiser, et plus nécessairement en tant qu’alliés.

  • L’entité a survécu et part rejoindre son maître après avoir abattu elle-même le dernier chevalier noir.


Par ordre d’apparition :


Karl :
Capitaine nazi. Il participe à une expédition nazie aux Cinq Pics afin d’acquérir des connaissances occultes liées à Hadès mais est tué par Akiera des Gémeaux.


Rudy :
Erudit d’origine allemande. Il participe à une expédition nazie aux Cinq Pics afin d’acquérir des connaissances occultes liées à Hadès. Sa rencontre avec les chevaliers d’Athéna semble le marquer profondément et constituer un tournant dans son existence. Bien des années plus tard, il se rend dans un temple secret sous le Kilimandjaro où il rencontre Mardouk dont il sera un des plus proches alliés. Il semble avoir acquis lors de son exploration du monde occulte de très grands pouvoirs, dont il fait entre autre la démonstration en aidant les six chevaliers du Sanctuaire face aux chevaliers noirs. Plus tard, il fait équipe avec Saga, Kanon et Akiera lors de la traque de l’entité commandant les chevaliers noirs.


Dohko :
Chevalier d’or de la Balance. Il est, avec son ami Sion du Bélier, l’un des deux seuls chevaliers à survivre à la précédente guerre sainte ayant opposé Athéna à Hadès. Il se voit confier par sa déesse la charge de surveiller la tour où les âmes des spectres sont enfermées. Il encadre pendant un temps Akiera des Gémeaux, mais n’entretient que des rapports très distants avec le Sanctuaire du fait de sa mission.


Akiera :
Ancien chevalier d’or des Gémeaux, membre de la même génération que Praesepe du Cancer (avec qui il entretient une solide amitié) et Sérapis du Taureau. Formé par Amalthée du Capricorne et Dohko de la Balance. Chevalier très puissant et fier, mais pédagogue médiocre, il éprouve une grande frustration du fait d’être né une génération trop tôt et de s’être vu assigné une tâche de formation plutôt que de devoir participer à la future guerre sainte. Lors d’une mission, il combat et vainc des créatures extra-dimensionnelles. Peu après, il se rend avec Praesepe à Babylone pour recevoir le défi de Mardouk, mais son attitude à cette occasion entraîne une discorde avec le Grand Pope Sion. Bien plus tard, il revient d’un exil plus ou moins volontaire (durant lequel il rencontre et épouse Lyn) pour former son successeur, le jeune Saga. Par la suite, il forme également son propre fils, Aphrodite, qui devient le chevalier des Poissons, ce qui entraîne sa séparation avec sa femme. Il est également impliqué dans l’affaire des chevaliers noirs, établissant un lien entre cette crise et les créatures qu’il avait combattues des années plus tôt, et pourchassant avec Saga et Kanon la mystérieuse entité qui commande les renégats.


Praesepe :
Ancien chevalier d’or du Cancer, membre de la même génération qu’Akiera des Gémeaux (avec qui il entretient une solide amitié) et Sérapis du Taureau. Formé par Amalthée du Capricorne et le Grand Pope Sion du Bélier. Chevalier érudit et sage, il est au Sanctuaire l’homme le plus proche du Grand Pope Sion, dont il est l’homme de confiance. Marié à Sonya qu’il connaît depuis l’époque où ils s’entraînaient tous deux au Sanctuaire. Il est entre autre le maître de Patrocle, un aspirant déçu à l’armure de Pégase, puis de son fils, le chevalier du Sagittaire Aioros pour lequel il fait office de deuxième père. Il forme par la suite son propre successeur, Deathmask (avec qui il entretient une relation conflictuelle) et assiste Sion lors de l’entraînement du jeune Mû.


Sion :
Grand Pope du Sanctuaire et ancien chevalier d’or du Bélier. Il est, avec son ami Dohko de la Balance, l’un des deux seuls chevaliers à survivre à la précédente guerre sainte ayant opposé Athéna à Hadès. Il se voit confier par sa déesse la charge de diriger le Sanctuaire et de préparer une nouvelle génération de chevaliers pour le jour où Athéna se réincarnera. Repoussant les limites de sa vie grâce à son cosmos, il consacre donc deux siècles et demi à rebâtir le Sanctuaire à partir de presque rien. Il s’appuie souvent sur Praesepe du Cancer, qu’il considère comme un ami. Maître du jeune Mû qui reprend son armure.


Sérapis :
Chevalier d’or du Taureau, membre de la même génération qu’Akiera des Gémeaux et Praesepe du Cancer. Formé par Stellio du Lézard puis Amalthée du Capricorne avec lesquels il a forgé de solides amitiés. Dissipé voire fainéant pendant sa formation, il devient un maître chevalier réputé et forme de nombreux chevaliers de bronze et d’argent dont Diomède de Pégase. La charge de l’entraînement de Shura du Capricorne lui est d’abord confiée, mais réalisant qu’ils se retrouvent dans une impasse, il préfère laisser la place à Amalthée. Son fils adoptif, Aldébaran, semble avoir les qualités requises pour prendre sa succession.


Amalthée :
Ancien chevalier d’or du Capricorne, elle est le seul chevalier d’or de sa génération. Femme-chevalier au tempérament fort et à la discipline de fer, elle développe un camp d’entraînement dans l’enceinte du Sanctuaire et participe à la formation d’Akiera, Praesepe et Sérapis. Retournée dans son pays natal, l’Espagne, pour une retraite méritée, elle se voit néanmoins encore confier la tâche d’entraîner son successeur, Shura, à plus de soixante ans. Tâche dont elle s’acquitte avec succès.


Sonya :
Ancienne apprentie, épouse de Praesepe du Cancer. Blessée lors de son entraînement, elle ne peut plus avoir d’enfant et reporte son affection sur les élèves de son mari. Elle s’attache ainsi à Aioros et est la seule personne au Sanctuaire à être proche de Deathmask.


Patrocle :
Ancien prétendant à l’armure de Pégase, entraîné par Praesepe du Cancer, il perd contre Diomède le dernier combat qui lui coûte une jambe. Plus tard, il abandonne un poste de capitaine de la garde pour aller vivre avec sa femme, Marie, à Athènes. Toujours habité par le rêve de la chevalerie, il entraîne son fils aîné, Aioros, jusqu’à ce que celui-ci démontre un potentiel hors du commun et soit confié à Praesepe qui en fait le chevalier d’or du Sagittaire. Le second fils de Patrocle, Aiolia, semble suivre la même route.


Diomède :
Chevalier de bronze de Pégase, formé par Sérapis du Taureau. Il obtient son armure en battant son ami Patrocle, qui perdra accidentellement une jambe dans le combat. Diomède fait néanmoins office d’oncle pour le fils aîné de Patrocle, Aioros. Il est envoyé avec cinq autres chevaliers enquêter sur les chevaliers noirs par le Pope et vit diverses aventures à travers le monde. La plupart de ses compagnons meurent finalement lors de cette mission et il en revient particulièrement éprouvé.


Marie :
Ancienne apprentie, épouse de Patrocle et mère d’Aioros et d’Aiolia.


Cygne Noir/ Gienah :
Ancien chevalier de bronze du Cygne. Après s’être rendu coupable de crimes indignes de son statut de chevalier, il s’inflige de lui-même un exil sur l’île de la Reine Morte, où il prend l’identité de Cygne Noir. Akiera des Gémeaux le traque jusque sur l’île mais décide de le laisser vivre avec sa honte. Plus tard, il recueille et élève le jeune Shura. Lorsque les chevaliers noirs s’échappent de l’île, il refuse de les suivre, mais contacte Akiera (en envoyant son cosmos à travers le monde, ce qui suggère que celui-ci s’est énormément développé) afin de lui signaler cet événement et que celui-ci emmène Shura au Sanctuaire. A cette occasion, il rencontre aussi brièvement Shamash. Enfin, malgré son passé, il se voit confier la tâche de former le jeune Camus et a ainsi l’occasion de payer une partie de sa dette.


Les créatures d’autres mondes :
Originaires de dimensions étrangères, elles viennent une première fois sur Terre en 1959 mais sont détruites par Akiera des Gémeaux. Plus tard, elles forment une symbiose avec les chevaliers noirs, augmentant considérablement les pouvoirs des renégats.


Stellio :
Ancien chevalier d’argent du Lézard. Guerrier accompli et maître chevalier le plus réputé de la chevalerie d’Athéna, il est responsable sur l’île de Milos de la deuxième concentration d’apprentis après le Sanctuaire. Il participe entre autre à la formation de Sérapis du Taureau, mais il ne peut mener cet entraînement jusqu’à son terme du fait de sa non-maîtrise du septième sens. Il se voit néanmoins offrir une nouvelle opportunité de former un chevalier d’or avec le jeune Milo. Il est terriblement affecté par l’attaque des chevaliers noirs sur l’île et les nombreuses victimes qu’elle cause, parmi lesquelles sa compagne, Béatrice du Cerbère.


Mardouk :
Quatre-vingt-septième descendant du vainqueur de Tiamat et roi de Babylone. Alors qu’il est âgé de huit ans, il effectue un voyage qui le mène au Kilimandjaro où il rencontre une mystérieuse femme et l’Allemand Rudy ; la première devient son mentor, le second son allié et ami. Il parcourt ensuite le monde, commençant à rassembler autour de lui divers, parmi lesquels son futur plus fidèle compagnon : l’Egyptien Amon Râ, son plus fidèle compagnon. En 1962, il regroupe autour de lui le Conseil de Mésopotamie. Au Sanctuaire qui lui demande ses raisons, il dit vouloir reprendre le contrôle de son peuple afin de le protéger des futurs dangers qui le guette. Il accepte néanmoins de renoncer à ce projet si la nouvelle génération de chevaliers prouve sa valeur lors d’un défi. Les chevaliers relèveront le gant avec succès, mais il semble que les réelles intentions de Mardouk sont tenues secrètes, et que cela n’est qu’une façon de jauger le Sanctuaire. Par la suite, Mardouk continue à rassembler de plus en plus d’alliés et à former une armée secrète localisée dans une région isolée d’Egypte. Lorsque les chevaliers noirs s’échappe de l’île de la Reine morte, Mardouk et ses alliés les pourchassent, semblant prendre, plus rapidement que le Sanctuaire, la juste mesure de la menace. Il propose finalement à Aioros de joindre leurs forces au moment de porter le coup de grâce aux chevaliers noirs. Enfin, il reconnaît devant Aioros que lors de leur prochaine rencontre ils ne seront plus nécessairement alliés.


Le gardien :
Homme à tête de lion (même s’il n’est pas clair s’il s’agit d’un hybride ou d’un casque particulièrement réaliste), il garde depuis semble-t-il très longtemps la femme vivant sous le Kilimandjaro.


« Elle » :
Mentor de Mardouk aux origines indéfinies, elle vit dans un temple situé sous le Kilimandjaro. Des hommes et des femmes viennent du monde entier pour avoir une chance de la rencontrer. Un mystérieux homme à tête de lion veille sur elle.


Aioros :
Chevalier d’or du Sagittaire, formé par Praesepe du Cancer. Fils de Patrocle, prétendant malheureux à l’armure de Pégase, et de Marie, ancienne apprentie, et grand frère d’Aiolia. Formé au combat par son père depuis son plus jeune âge, il découvre le cosmos après avoir vu son père utiliser le sien lors d’un entraînement. Son père le mène alors au Sanctuaire où Aioros est pris en charge par l’ancien maître de son père, Praesepe. Le chevalier du Cancer et sa femme, Sonya, deviennent une seconde famille pour le jeune Aioros. Doté d’un potentiel totalement exceptionnel, il développe une perception aiguisée du cosmos latent ou non de chaque personne, et acquiert rapidement une force considérable qu’il a l’occasion de tester lors du défi lancé par Mardouk au Sanctuaire. Au côté de Saga des Gémeaux, avec qui il lie une solide amitié lors de leur entraînement, il remporte l’épreuve au cours de laquelle il parvient à survivre à deux techniques secrètes particulièrement éprouvantes dont le Hell Seven Gates d’Inanna d’Ereshkigal. Il semble qu’il ait néanmoins gardé des séquelles de ces affrontements et ses nuits sont depuis régulièrement agitées par des cauchemars. Il se rend plus tard sur l’île de Canon dans le but de se régénérer et de se libérer de ses songes, et rencontre alors de nouveau Inanna. Après qu’ils ont entremêlé leurs cosmos, Inanna lui assure qu’il n’est plus sous l’influence de son coup et suggère que ses rêves ne seraient qu’une manifestation de son propre cosmos dont il a dû repousser les limites lors du défi. A cette occasion, Aioros perçoit chez la Babylonienne la crainte qu’ils soient de nouveau amenés à se battre dans un avenir proche. Par ailleurs, Aioros détecte chez son frère Aiolia le potentiel de devenir chevalier d’or mais ne voulant pas imposer à ses parents d’être de nouveau séparés de leur enfant, il laisse son père commencer la formation d’Aiolia. Par la suite, il est à plusieurs reprises en première ligne lors de l’affaire des chevaliers noirs et terrasse leur leader, Dragon Noir. Il rencontre de nouveau Mardouk et s’inquiète des desseins du Babylonien malgré leur profond respect mutuel.


Lucia :
Mère de Saga et Kanon. Elle est assassinée par Asmon, son ancien amant.


Saga :
Chevalier d’or des Gémeaux, formé par Akiera des Gémeaux. Fils du chevalier d’argent Asmon et d’une ancienne servante du Sanctuaire, Lucia ; frère jumeau de Kanon. Encore en bas âge, il est enlevé par son père qui assassine sa mère par vengeance, du fait qu’elle lui avait caché son existence. Il est ensuite entraîné par Asmon, qui lui dissimule leur lien de parenté. Les relations entre les deux se dégradent, jusqu’au jour où Saga s’éveille au septième sens en exploitant un phénomène de résonance entre son cosmos et celui de son frère Kanon. Saga est ensuite placé sous la charge d’Akiera qui fera de lui un chevalier d’or extrêmement puissant, respecté par ses pairs et l’ensemble du Sanctuaire. Il relève avec succès le défi de Mardouk au côté du chevalier Aioros, avec qui il est devenu ami au cours de leur entraînement simultané. Il fait ensuite la connaissance de son frère Kanon. Après un combat qui aurait pu être fratricide, Saga apprend de Kanon les circonstances de la mort de sa mère. Il décide alors d’apprendre à son frère tout ce qu’il sait et dénonce Asmon qui se voit condamné par le Grand Pope. Il prend ensuite sous son aile le fils de son maître, Aphrodite, puis participe activement à la traque du mystérieux chef des chevaliers noirs (pensant, à tort, l’avoir éliminé).


Asmon :
Ancien chevalier d’argent d’Orion. Père de Saga et Kanon, il assassine leur mère par vengeance du fait qu’elle l’a quitté et a caché l’existence de sa descendance. Il enlève Saga, mais est ignorant de l’existence de Kanon, ce qui finit par causer sa perte. Saga apprend en effet de son frère le crime de son père, et le confond devant le Grand Pope. Asmon est finalement condamné à porter le masque du coupable sur l’île de la Reine Morte, et à devenir le gardien de l’île maudite jusqu’à sa mort.


Kanon :
Fils du chevalier d’argent Asmon et d’une ancienne servante du Sanctuaire, Lucia, frère jumeau du chevalier d’or des Gémeaux, Saga. Séparé de son frère lorsque leur père assassine leur mère par vengeance, il est élevé par leur grand-mère maternelle. Il prend conscience de son cosmos le jour où un phénomène de résonance entre lui et Saga permet à ce dernier d’atteindre le septième sens. Sur son lit de mort, sa grand-mère lui révèle que sa mère a sûrement été assassinée par quelqu’un du Sanctuaire et qu’il est le fils d’un chevalier. Il décide d’aller au Sanctuaire et découvre que son frère disparu est en fait bel et bien vivant et a atteint le statut de chevalier d’or. Pensant à tort que Saga est au courant du crime d’Asmon, Kanon décide de s’entraîner afin de tuer son frère et de lui prendre un statut qu’il estime lui revenir. Il est finalement largement surclassé par Saga, mais, après que leur différent a été aplani, ce dernier décide de le former, afin que Kanon puisse prendre sa place un jour en cas de besoin, seul Akiera étant au courant de son existence. Si le sentiment de s’être fait voler sa destinée ne l’a pas quitté, il aide néanmoins Saga et Akiera à traquer l’entité commandant les chevaliers noirs.


Amon Râ :
Fils du Soleil et Seigneur du Nil. Il est le plus fidèle et proche ami de Mardouk qu’il accompagne souvent lorsque celui-ci parcourt le monde en quête d’alliés.


Gilgamesh :
Membre du Conseil Mésopotamien et gardien de la cité d’Ourouk. Présent lors de la venue de Praesepe et Akiera à Babylone, il prend à partie un Akiera arrogant et est vaincu en un éclair par le chevalier d’or.


Angelos et Yvan :
Partenaires d’entraînement de Saga à l’époque où celui-ci s’entraîne encore avec son père, Asmon. Ni l’un ni l’autre ne devient chevalier, mais Yvan obtient le titre de sergent de la garde.


Taliradis :
Troisième partenaire d’entraînement de Saga à l’époque où celui-ci s’entraîne encore avec son père, Asmon, il est le plus proche de devenir chevalier. Reconnaissant sa valeur, Stellio lui propose la fonction d’assistant formateur sur l’île de Milos. Taliradis est blessé lors de l’attaque de l’île et doit la vie sauve à Milo. En signe de reconnaissance pour leur aide, il accompagne Diomède et Jacob lors de leur voyage à Jamir pour faire réparer leurs armures endommagées.


Lyn :
Epouse d’Akiera et mère d’Aphrodite. Elle rencontre Akiera lors de son exil loin du Sanctuaire. Leur relation se termine après qu’Akiera a entraîné Aphrodite et que celui-ci est devenu chevalier.


Shamash :
Membre du Conseil de Mésopotamie, il suit fidèlement Mardouk dans sa quête. Doté de pouvoirs dimensionnels développés, il se rend sur l’île de la Reine Morte lors de l’évasion des chevaliers noirs où il rencontre Cygne Noir. Plus tard, il fait équipe avec Saga, Kanon et Akiera lors de leur traque des chevaliers noirs.


Hanpa :
Membre du Conseil de Mésopotamie et descendant de Pazuzu. Il est opposé à Saga et Aioros lors du défi de Mardouk et est finalement vaincu par l’Another Dimension du chevalier des Gémeaux.


Inanna :
Membre du conseil de Mésopotamie et héritière d’Ereshkigal. Elle est opposée à Saga et Aioros lors du défi de Mardouk. Le chevalier du Sagittaire parvient à déjouer son Hell Seven Gates et à la vaincre. Plus tard, Aioros rentre en contact avec elle, pensant que les cauchemars qui le tourmentent régulièrement sont des séquelles de leur combat. Après avoir fait communier leur cosmos, Inanna pourra le détromper, suggérant que ces cauchemars ne sont qu’une manifestation non maîtrisée du cosmos du chevalier. A cette occasion, Aioros sentira en elle la crainte d’un nouveau combat les opposant.


« L’être d’ailleurs » :
Être mystérieux doté de capacités dimensionnelles particulièrement développées et de pouvoirs lui permettant d’avoir largement le dessus face à un chevalier d’or aussi puissant que Saga des Gémeaux. En tuant Guilty, c’est lui qui libère les chevaliers noirs puis leur permet d’augmenter leurs pouvoirs en fusionnant avec des créatures issues d’autres dimensions. Il communique la plupart du temps avec ses serviteurs par l’intermédiaire de Dragon Noir, le seul qu’il lui arrive de considérer avec autre chose que du mépris. Il affronte une coalition de guerriers du Sanctuaire et d’alliés de Mardouk et feint de périr sous un assaut de Kanon et Saga des Gémeaux. Il sert un maître tout aussi énigmatique que lui.


Un müvien :
Il vient au Sanctuaire afin de révéler au Grand Pope la nature du pacte liant Athéna au peuple de Mü.


Tokoyo :
Elle est la dernière représentante des kamis, les gardiens séculaires du Japon. Mardouk vient la trouver à Tokyo et lui propose d’agir à une plus grande échelle que ce à quoi elle est limitée seule.


Mû :
Chevalier du Bélier, formé par Sion du Bélier et Praesepe du Cancer. D’ascendance müvienne, il est amené au Sanctuaire par un membre de son peuple en vertu d’un accord passé avec Athéna. Celui-ci veut qu’en échange de l’aide fournie dans le passé par la déesse aux Müviens pour disparaître, le défenseur de la maison du Bélier, chargé de réparer les armures, soit à jamais un descendant de ce peuple. Entraîné au Sanctuaire ainsi qu’à Jamir par le Grand Pope Sion, précédent porteur de la protection, et par Praesepe, Mû acquiert rapidement les pouvoirs correspondant à son rang. Il a à plusieurs reprises l’occasion de démontrer sa valeur guerrière et ses compétences de réparateur.


Aphrodite :
Chevalier d’or des Poissons, formé par Akiera des Gémeaux. Fils d’Akiera des Gémeaux et de Lyn, il tombe gravement malade. Estimant que la seule solution pour le sauver est de le faire s’éveiller au septième sens, Akiera entraîne son fils. Aphrodite devient bien chevalier d’or, son ultime cosmos guérissant sa maladie, et rejoint le Sanctuaire (entraînant ainsi la séparation de ses parents). Proche de Saga, il sert depuis fidèlement le Sanctuaire.


Les chevaliers noirs :
Renégats emprisonnés sur l’île de la Reine Morte, ils s’enfuient grâce à l’aide d’un être mystérieux. Suite à cela, ils entrent en symbiose avec des entités issues d’autres dimensions, ce qui augmente considérablement leurs pouvoirs. Plus tard, ils attaquent l’île de Milos dans le but d’obtenir de nouveaux corps susceptibles d’être possédés, ce qui entraîne une réaction virulente du Sanctuaire. Pourchassés par plusieurs chevaliers d’or ainsi que par Mardouk et ses alliés, ils sont finalement éliminés lors d’une dernière bataille en Amazonie.


Dragon Noir :
Leader des seigneurs des chevaliers noirs. C’est avec lui que l’entité ayant libéré les chevaliers noirs communique le plus souvent. Il est le plus puissant des chevaliers maudits, capable de vaincre aisément Stellio du Lézard et de tenir tête à Aioros du Sagittaire lors de la bataille de l’île de Milos. Il est néanmoins largement dominé lors de sa deuxième rencontre avec le chevalier d’or et perd la vie.


Cerbère Noir :
Seigneur Noir de l’île de la Reine Morte. Il est vaincu par Shura du Capricorne lors du combat final des chevaliers noirs en Amazonie.


Ours Noir :
Seigneur noir de l’île de la Reine Morte. Il est l’assassin des parents de Shura et meurt sous les coups vengeurs du futur chevalier d’or.


Shura :
Chevalier d’or du Capricorne, formé un temps par Sérapis du Taureau, puis par Amalthée du Capricorne. Encore nourrisson, il s’échoue avec ses parents sur l’île de la Reine Morte. Ceux-ci sont assassinés par des chevaliers noirs, mais lui-même est recueilli et élevé par Cygne Noir, un ancien chevalier d’Athéna. Il s’entraîne au combat et finit par venger la mort de ses parents. Cygne Noir contacte alors le Sanctuaire pour que Shura y soit emmené. Le garçon est ensuite formé par Sérapis du Taureau, mais face à un constat d’échec, ce dernier décide de laisser cette charge à Amalthée du Capricorne. Au contact de sa devancière, Shura s’épanouit et obtient son armure. Plus tard, il participe à la traque des chevaliers noirs en faisant équipe avec Aioros du Sagittaire et Deathmask du Cancer.


Guilty :
Gardien de l’île de la Reine Morte. Il a été condamné à porter le masque du coupable par le Grand Pope Akbar, prédécesseur de Sion. Il est tué lors de l’évasion des chevaliers noirs. Sa fonction est reprise plus tard par Asmon d’Orion.


Calli Huemac :
Quinzième descendant d’Acatl Topiltzin Quetzalcóatl. Il accueille Mardouk et Amon Râ sur l’île où son peuple s’est réfugié depuis mille ans, et les conduit auprès de son aïeul.


Acatl Topiltzin Quetzalcóatl :
Seigneur de la mythique cité de Tula, il est âgé de plus de mille ans. Il quitte son pays en 987 avec une poignée de fidèles lorsque son ancien peuple se tourne vers son ennemi, Tezcatlipoca. Il ne bouge plus un muscle à partir de 1521, année où son retour avait été prophétisé, mais durant laquelle il a été confondu, par les descendants de ses anciens sujets, avec Cortès. Il accepte de suivre Mardouk, pensant que cela est la seule voie possible pour éviter l’anéantissement de l’humanité.


Aldébaran :
Apprenti chevalier, élève de Sérapis du Taureau. Fils adoptif de Sérapis et entraîné depuis son plus jeune âge avec les autres élèves de celui-ci, le jeune garçon montre lors d’une confrontation avec les chevaliers noirs qu’il possède un potentiel le promettant sans doute à prendre la charge de défendre la deuxième maison du Zodiaque.


Paul :
Héritier de Mithra. Sa lignée est perdue depuis des siècles lorsque Mardouk parvient à le trouver et lui révèle son ascendance. Elevé comme un humain ordinaire, il est intimidé par le fait de côtoyer des demi-dieux mais accepte de suivre le Babylonien. Il devient ami avec l’Amérindien Moki et le jeune Mani.


Moki :
Amérindien, semble-t-il descendant de la tribu des Anasazi. Si les autres membres de la tribu sont « partis », il fait partie de ceux qui sont restés pour « attendre ». Il suit Mardouk car il croit en la sincérité de sa quête. Ami de Paul.


Mani :
Descendant du prophète homonyme. Il est élevé dans le cadre secret de sa secte et adoré comme un dieu vivant depuis sa naissance. Un garde du corps arabe stoïque veille sur lui en permanence. Il devient ami avec Paul lorsqu’il le rencontre, lui proposant de visiter ensemble Babylone dont leurs deux lignées sont originaires.


Garde du corps de Mani :
Guerrier d’origine arabe qui veille sur le jeune prophète depuis sa naissance.


Deathmask :
Chevalier d’or du Cancer, formé par Praesepe du Cancer. Jeune orphelin italien se faisant appeler « The Thief », il utilise de façon instinctive son cosmos pour survivre à Rome grâce à divers larcins (n’hésitant pas à tuer en cas de besoin). Il est découvert par Praesepe qui lui propose de devenir chevalier ce qu’il accepte, y voyant une occasion d’augmenter considérablement sa force. Il entame donc son entraînement et se révèle doué, malgré des relations difficiles avec son maître. Seule la femme de ce dernier parvient à devenir plus ou moins proche avec le jeune Italien. Deathmask découvre le septième sens en tuant l’apprenti Arimathy sous le coup de la colère. Malgré ce crime, le Grand Pope lui reconnaît le titre de chevalier d’or, mais le somme de ne libérer ses pulsions sanguinaires que contre les ennemis du Sanctuaire. Depuis, Deathmask remplit avec efficacité les tâches qui lui sont allouées, n’hésitant pas à aller là où ses semblables répugneraient, par exemple en exécutant sans état d’âme les enfants noirs.


Jason :
Chevalier d’argent de la Carène. Membre du groupe de six chevaliers envoyés à la poursuite des chevaliers noirs, avec qui il vivra diverses aventures à travers le monde. Il échappe au destin funeste de la plupart de ses compagnons sur l’île de Milos. Il repart ensuite sur la trace des assassins avec trois chevaliers d’or et participe même à leur chute finale.


Bayer :
Chevalier de bronze du Toucan. Membre du groupe de six chevaliers envoyés à la poursuite des chevaliers noirs avec qui il vit diverses aventures à travers le monde. Il meurt sur l’île de la Reine Morte de la main de Toucan Noir.


Jacob :
Chevalier d’argent de la Girafe. Membre du groupe de six chevaliers envoyés à la poursuite des chevaliers noirs avec qui il vit diverses aventures à travers le monde. Sur l’île de la Reine Morte, Toucan Noir lui brise la nuque et il reste paralysé. Il offre finalement son sang et sa vie pour réparer les armures de ses compagnons.


Belial :
Chevalier de bronze du Foureau. Membre du groupe de six chevaliers envoyés à la poursuite des chevaliers noirs avec qui il vit diverses aventures à travers le monde. Il meurt en Norvège de la main de Toucan Noir.


Mirfak :
Chevalier d’argent de Persée. Membre du groupe de six chevaliers envoyés à la poursuite des chevaliers noirs avec qui il vivra diverses aventures à travers le monde. Il meurt sur l’île de la Reine Morte en entraînant plusieurs chevaliers noirs avec lui.


Ogier :
Guerrier vêtu d’une armure de chevalier chrétien médiéval, il semble rompu à l’art de la guerre et avoir une très longue expérience en la matière. Au côté de Rudy, il prête main forte aux chevaliers de bronze et d’argent embarqués dans un combat difficile en Norvège. Plus tard, accompagné de Mardouk et Khamakhya, il fait équipe avec Aioros, Deathmask et Shura lors du combat final contre les chevaliers noirs.


Toucan Noir :
Chevalier noir. Il tue Belial du Fourneau en Norvège, puis Bayer du Toucan sur l’île de la Reine Morte. Il paralyse aussi Jacob de La Girafe avant d’être finalement tué par Diomède de Pégase.


Milo :
Apprenti chevalier, élève de Stellio du Lézard. Jeune Grec originaire de l’île de Canon, il a grandi dans l’adoration des légendaires chevaliers d’Athéna et a toujours rêvé d’en devenir un. Il est repéré par hasard par Aioros du Sagittaire et est placé sous la charge de Stellio du Lézard sur l’île de Milos, où il devient ami avec Camus lors des quelques mois que ce dernier y passe. Il démontre sa bravoure et sa ténacité lors de l’attaque de l’île par les chevaliers noirs.


Arimathy :
Apprenti chevalier d’argent de la Coupe. Tué par Deathmask, vexé de s’être fait tenir tête lors d’un combat d’entraînement.


Camus :
Apprenti chevalier, formé par Gienah. Seul rescapé d’un crash aérien qui tue toute sa famille, il est repéré par le Sanctuaire du fait du caractère exceptionnel de sa survie. Il est amené sur l’île de Milos où il se lie d’amitié avec le jeune Milo. Il est entraîné par Béatrice du Cerbère jusqu’à que celle-ci soit tuée lors de l’attaque des chevaliers noirs. C’est à cette occasion que Camus révèle qu’il est chevalier des glaces en sauvant par réflexe sa vie et celles de plusieurs autres apprentis. Il part ensuite s’entraîner en Sibérie avec Gienah, ancien Cygne Noir.


Béatrice :
Chevalier d’argent du Cerbère. Compagne de Stellio du Lézard et maître éphémère de Camus, elle est tuée par les chevaliers noirs lors de l’attaque de l’île de la Reine Morte.


Shaka :
Chevalier d’or de la Vierge. Jeune Indien que certains considèrent comme la réincarnation de Bouddha. Il maîtrise l’ultime cosmos depuis sa naissance et est par une foule de fidèles depuis qu’il s’est révélé au monde. Lorsque Praesepe vient à lui pour lui proposer d’être formé au Sanctuaire, Shaka répond qu’il n’a besoin d’aucun maître ou entraînement, ses échanges avec une entité supérieure ayant rempli cette fonction. Il promet finalement de rejoindre le Sanctuaire quand l’heure serait venue.


Khamakhya :
Dépositaire de la puissance destructrice de Kali. Alliée de Mardouk malgré la défiance d’Amon Râ qui la juge incontrôlable. Elle participe à l’extermination finale des chevaliers noirs en Amazonie, n’éprouvant aucune gène au moment d’exécuter les enfants noirs.


Aiolia :
Apprenti chevalier. Fils de Patrocle et Marie, frère d’Aioros du Sagittaire. Il est de sept ans le cadet d’Aioros qui a détecté en lui le potentiel d’un futur chevalier d’or. Préférant qu’Aiolia grandisse auprès de ses parents aussi longtemps que possible, Aioros a laissé leur père Patrocle commencer à former Aiolia, le Sagittaire prévoyant de prendre la suite plus tard.


Pélias :
Ancien apprenti, particulièrement médiocre. C’est lui qui révèle aux cinq chevaliers de bronze et d’argent que les chevaliers noirs s’apprêtent à attaquer l’île de Milos.


Bolthorn :
Blue Warrior. Il décide de suivre Mardouk après la dévastation par les chevaliers noirs de son royaume, Blue Graad, espérant ainsi offrir un meilleur futur à son peuple et ses enfants.


Les enfants noirs :
Désigne le groupe d’apprentis de l’île de Milos possédés par les créatures habitant les chevaliers noirs. Un grand nombre d’entre eux sont éliminés par Deathmask du Cancer.


Persée Noir :
Chevalier noir. Chef d’un groupe chargé de dérober des artefacts à Jamir, il est vaincu par Mû qui retourne contre lui l’effet du Bouclier de la Méduse.


Caméléon Noir :
Chevalier Noir. Il est le seul des renégats à survivre à la bataille finale en Amazonie mais est tué par l’être qui leur avait permis de s’enfuir de l’île de la Reine Morte.


 


Sanctuaire, Maison du cancer, mai 1971


Deathmask se trouvait dans l’une des pièces annexes de l’aile droite de la quatrième maison du zodiaque.
La pièce en question devait faire moins de cinq mètres carrés, sans doute avait-elle servi de garde-manger à une époque. L’épaisse couche de poussière semblait témoigner qu’elle n’avait plus été utilisée depuis plusieurs générations. Certainement au moins deux cent quarante ans, puisque l’Italien savait que son maître avait été le premier à revêtir l’armure d’or du Cancer depuis la dernière guerre sainte et n’y avait à priori jamais mis les pieds. Sans doute Sonya n’avait-elle pas trouvé suffisamment d’intérêt à la pièce pour trouver le courage de la nettoyer.
Ce n’était évidemment pas la poussière qui avait amené là le jeune chevalier. Il avait juste trouvé l’endroit adapté pour y conserver à l’abri des regards indiscrets un objet bien particulier.
La plupart des mortels qui se seraient trouvés dans la pièce n’auraient rien remarqué de particulier à moins de rester dans les lieux pendant une très longue durée. Les plus réceptifs auraient eu un frisson ou une légère chair de poule sans se l’expliquer.
Un chevalier ou un médium auraient été en revanche clairement mal à l’aise instantanément, mais seule une poignée d’entre eux auraient pu en comprendre la raison et encore moins auraient été capables de voir aussi bien que Deathmask la chose intangible qui était emprisonnée dans l’endroit.
Flottant dans l’air, parcourant inlassablement l’espace confiné, une âme hurlait sa douleur muette. Ou plus exactement une fraction d’âme.
Alors qu’il cherchait un moyen pour séparer les âmes des enfants noirs de leurs entités parasites (ce qui s’était révélé infructueux), Deathmask avait néanmoins trouvé une méthode pour diviser une âme en deux morceaux (voir, théoriquement, en une infinité) grâce à son Sekishiki Meikai Ha. Il était alors capable d’envoyer une partie de l’âme dans la dimension de la colline de Yomotsu Hirasaka la porte du royaume d’Hadès, et l’autre à l’endroit de son choix, en l’occurrence, dans ce cas, sa demeure. L’âme ainsi amputée se révélait incapable de faire le grand saut afin de rejoindre l’Hadès et se retrouvait donc de fait condamnée à errer éternellement à la fois dans la dimension spirituelle intermédiaire et cet endroit précis du monde physique.
Le jeune Italien était fort satisfait de cette découverte, d’autant plus qu’il n’avait trouvé aucune mention d’un événement comparable dans les mémoires de ses prédécesseurs. Cela signifiait donc que personne dans l’histoire n’avait aussi bien maîtrisé le Sekishiki Meikai Ha que lui. Après avoir déjà trouvé un moyen de parcourir de grandes distances dans le monde physique en passant par la porte des enfers, il continuait donc à améliorer la maîtrise de sa technique.
Deathmask avait songé à libérer l’âme (c’était après tout un ancien apprenti chevalier et donc d’un certain point de vue un frère d’armes), mais il avait estimé que garder à disposition un sujet d’expérience sur lequel tester son pouvoir était une bonne chose.
Evidemment, si Praesepe apprenait cela, sans doute le maître reprocherait-il à l’élève l’apparente cruauté de la manoeuvre. Cela lui permettait néanmoins d’accroître son expérience et d’être donc un serviteur du Sanctuaire plus efficace. La fin justifiant les moyens, l’Italien ne se laissait pas troubler par cette question morale.
Et de toute façon, depuis longtemps, Deathmask n’avait plus guère d’estime pour son maître qu’il savait avoir largement surpassé. Il n’avait cure de ses conseils et avait par exemple royalement ignoré celui lui demandant de développer sa maîtrise des autres techniques du Cancer. L’Italien pensait que cela était de la perte de temps, le Sekishiki Meikai Ha étant un coup fatal dont une maîtrise absolue lui assurerait la victoire quel que soit l’adversaire. Par ailleurs, aucune des autres attaques de l’arsenal du Cancer n’en arrivait à la cheville en terme d’efficacité.
Deathmask sentit alors une présence familière s’approcher de sa demeure et sortit de la pièce calmement en fermant la porte à clé derrière lui.


Il arriva sur le seuil de sa demeure au moment où Sonya y parvenait également.
-‘lut, fit-il.
-Bonjour, mon petit.
-J’croyais avoir déjà dit que je détestais qu’tu m’appelles comme ça.
-Je crois avoir dit que je continuerai tant que tu ne te seras pas trouvé un vrai nom.
-Pfff…
-Cela fait plusieurs semaines que vous êtes revenus de mission, tu aurais pu venir me voir.
-Oui… J’étais occupé.
Elle s’assit sur la dernière marche et il vint prendre place à côté d’elle.
-Il paraît que tu ne prends pas soin de ton intérieur, les gens qui doivent traverser le temple commencent à jaser, dit-elle en souriant.
-Ouais, ils ont qu’à faire le ménage eux…
-Attention, le Pope va peut-être bientôt recevoir une pétition à ce sujet.
L’idée arracha un sourire puis un rire au jeune chevalier.
-J’ai vu Aioros récemment. Il m’a dit que votre mission s’était passée au mieux vu les circonstances et que vous aviez réussi à cohabiter.
-On s’est toléré, précisa le garçon redevenu sérieux. On avait un travail à faire, c’était plus efficace qu’on coopère… et c’est ça qu’on a fait. Fin de l’histoire.
-Ca n’a pas été trop dur… je veux dire, de devoir combattre ces… apprentis ?
-Allons, tout le monde sait qu’j’suis un maniaque incontrôlable. Pourquoi j’aurais trouvé ça dur ?
Sonya connaissait trop bien le jeune italien pour ne pas prendre son ironie comme telle. Néanmoins, elle fut surprise de la morgue qu’elle avait sentie dans sa voix.
-Si tu veux, je peux t’dire c’que cette mission m’a appris… J’ai compris certaines choses. La première c’est que le Grand Pope, ton mari, Aioros et tous ces autres fichus chevaliers ne sont que des hypocrites.
-Qu’est-ce qui te fait dire ça ? demanda-t-elle du ton le plus neutre possible.
-Depuis un certain temps, tout le monde me fait bien comprendre qu’à leurs yeux j’suis la honte de la chevalerie… A cause de cet incident avec cet apprenti, tous me considèrent comme un tueur sans morale. Mais quand on a besoin de moi, tu peux être sûr que tout ça c’est oublié et ils ne jouent plus aux dégoûtés à la seule idée de me causer. Quand il fallait s’occuper des enfants noirs, Aioros et Shura étaient bien contents que j’sois là pour faire le sale travail.
Le jeune garçon se leva et se mit à marcher en rond devant Sonya qui le regardait sans rien dire.
-Mais prenons Sion par exemple, dit-il finalement en s’arrêtant et en fixant la femme de son maître. Chaque fois que j’suis en sa présence, j’ai l’impression que son mépris est palpable. Néanmoins, juste après la capture des apprentis par les chevaliers noirs, on savait pas encore s’il serait possible de briser la symbiose. La première fois qu’on leur est tombé dessus après ça, on avait pour ordre de tuer personne et de faire des prisonniers. Ceci afin de vérifier s’il serait possible de séparer à nouveau les âmes de l’hôte et de l’entité étrangère. Et qui a été désigné par notre grand maître pour cette tâche ? Moi bien sûr !
Deathmask avait susurré cette dernière phrase.
-Evidemment, il m’a présenté ça comme un truc « honorable ». Trouver un moyen de sauver tout le monde, sûr que c’était quelque chose de bien. Mais en pratique j’ai passé trois jours à tenter de séparer les deux essences spirituelles qui habitaient le corps d’une gamine qui avait mon âge. A la fin, même si j’y étais finalement arrivé, elle aurait été lobotomisée à cause du stress que j’ai dû faire subir à son âme. Mais, finalement, je l’ai juste tuée…
-Mon dieu, je ne savais pas…
-J’imagine qu’ton mari ne t’en avait pas parlé… Ce n’est pas très gai comme façon d’occuper son temps, j’dois dire. Je reconnais quand même qu’il était là pour me soutenir, on aurait cru que nos différents étaient tous oubliés. Mais s’il avait toujours des idées pour suggérer de nouvelles façons de procéder, il s’est bien gardé de me relayer.
-J’ai du mal à le croire…
Deathmask haussa les épaules.
-Pourtant… Quoi qu’il en soit, je trouverai extrêmement mal venue, à l’avenir, la moindre remarque sur ma façon de faire les choses. Car il semblerait que finalement mes « défauts de moralité » leurs sont très utiles. D’ailleurs, aucun d’entre eux n’a jamais réellement essayé de changer quoi que ce soit en moi… Il faut croire que finalement j’leur suis plus utile tel que je suis.


Sanctuaire, Palais du Grand pope, juillet 1971


 


Le Grand Pope était assis dans la grande salle de son temple, plongé dans la lecture d’un rapport qui lui avait été remis en début d’après-midi et qu’il relisait pour la cinquième fois.
-Salut à toi, mon ami, dit-il à l’intention de Praesepe qui venait de pénétrer dans la salle, sans toutefois lever les yeux.
-Grand Pope, répondit l’ancien chevalier en s’inclinant légèrement.
-Alors quelles sont les nouvelles ? demanda-t-il lorsqu’il fut à quelques pas du trône.
-Je viens d’avoir le rapport de mon représentant au Conseil Secret des Nations. Il y a beaucoup été question des activités de Mardouk.
-Vraiment ? Comment connaissent-ils seulement son existence ?
-Parce qu’il est parfois allé les voir, tout simplement. Il lui est même arrivé d’utiliser mes propres réseaux et intermédiaires. A ceux qui lui ont demandé s’il représentait le Sanctuaire, il a répondu qu’il incarnait un nouvel ordre.
-Quel genre de choses fait-il exactement ?
-Il intervient dans les affaires intérieures de certains pays, appuie ou inspire des révolutions, renverse des dictateurs… Ce genre de choses.
-Comment savez-vous qu’il s’agit bien de lui ?
-Un faisceau de témoignages concordants et des schémas d’action caractéristiques. Pour le moment, il n’intervient que dans des états en situation instable, mais il gêne aussi le jeu auquel se livrent les deux superpuissances, éliminant ou neutralisant certains agents américains ou russes qui opèrent, à l’étranger. Les leaders des deux blocs souhaitent que nous le neutralisions le plus vite possible.
-Que comptes-tu faire ?
-Nous n’avons guère le choix. Lorsque Athéna a pris le contrôle de la Terre, elle a accepté que les pseudos-panthéons locaux subsistent à la condition qu’ils n’interviennent plus dans la vie de leurs peuples. Quand je pense à la façon dont il s’est moqué de nous lors de son défi… En outre, il est temps que le Sanctuaire redémontre sa force au Conseil Secret. Même s’ils savent en théorie de quoi nous sommes capables et qu’ils nous doivent le respect, il n’est jamais inutile de rappeler où se situe le vrai pouvoir sur cette Terre. Chaque nouvelle administration a toujours besoin d’une démonstration avant de croire vraiment en nous et de réaliser qu’ils ne font que passer alors que le Sanctuaire est perpétuel.
-Mais Mardouk et ses alliés nous ont aidés au moins trois fois directement dans l’affaire de l’Île de la Reine Morte. Tout porte même à croire qu’ils ont neutralisé des menaces enclenchées par les chevaliers noirs dont nous n’avons jamais eu connaissance.
-Je sais, c’est pour ça que je n’ai pas voulu réellement agir jusqu’à présent. J’espérais que Mardouk se retirerait à nouveau, ou au moins qu’il viendrait à notre rencontre pour que nous puissions nous entendre. Mais il commence à aller trop loin, et personne ne peut savoir où il va s’arrêter.
-Tu veux que je fasse quelque chose ?
-Non. Je vais envoyer Saga et Aioros. Je pense qu’ils ont gagné son respect lors de son défi à Babylone, j’espère qu’il les écoutera et les suivra jusqu’ici pour s’entretenir avec moi.


Babylone, août 1971


Aioros et Saga n’avaient guère parlé pendant le voyage qui les avait ramenés en Irak, plus de cinq ans après leur première visite pour répondre au défi de Mardouk. Revenir sur les lieux de leurs premiers combats était d’ailleurs une expérience étrange.
Aioros se souvenait de l’excitation et de l’inquiétude sur sa capacité à faire face ou non à ce qui l’attendait. Il se rappelait aussi comment Saga et lui s’étaient rassurés et motivés mutuellement et comment ils avaient fait face comme deux frères d’armes.
Cela semblait bien loin. Le seul sentiment qu’il éprouvait aujourd’hui était le doute. Comment les Babyloniens allaient-ils les recevoir ? La première fois tout avait été clair, et les intentions de Mardouk leur étaient connues (ou du moins elles étaient censées être connues, mais Aioros se doutait que Mardouk avait déjà en tête ses actions actuelles à l’époque). Rien de tel cette fois-ci. Ils n’étaient ni invités, ni attendus, et ne pouvaient que spéculer sur les raisons qui avaient conduit le seigneur de Mésopotamie à, semblait-il, rassembler autour de lui un groupe d’êtres sortant de l’ordinaire.
Seraient-il les bienvenus, allaient-ils devoir à nouveau se battre ?


Ces réflexions occupaient encore leurs esprits lorsqu’ils franchirent l’entrée anonyme du temple de Mardouk, qui se dressait depuis des milliers d’années dans l’indifférence des mortels. Nul ne vint à leur rencontre ou ne s’opposa à leur progression quand ils parcoururent les longs couloirs de marbre noir en n’accordant qu’un regard distrait aux fresques contant des exploits de jadis. Néanmoins, les deux chevaliers d’or sentaient plusieurs présences dans l’édifice, toutes rassemblées au même endroit. Aioros fut pourtant plus inquiété par ce qu’il ne sentait pas.
Lorsqu’ils pénétrèrent dans la salle centrale au luxe tapageur, le chevalier du Sagittaire eut la confirmation de son intuition : Mardouk n’était pas là et un autre homme se tenait sur le trône qui avait été occupé par les descendants du vainqueur de Tiamat pendant quatre-vingt sept générations.
L’individu en question devait aller sur ses quatre-vingt printemps et portait une toge aux broderies argentées. Son visage creusé par les années avait une blancheur lunaire et arborait une barbe blanche abondante.
Une demi-douzaine de personnes en armure encadraient le vieil homme, mais Saga et Aioros ne pouvaient mettre de noms sur aucun visage et se lancèrent un regard perplexe. Les deux envoyés du Sanctuaire s’inclinèrent protocolairement, puis Aioros parla après une légère hésitation.
-Nous sommes Saga des Gémeaux et Aioros du Sagittaire, chevaliers du Sanctuaire d’Athéna envoyés par le Grand Pope.
-Nous savons qui vous êtes, répondit le vieil homme. Vos exploits, voilà cinq ans, n’ont pas été oubliés et c’est un honneur de vous recevoir. Je m’appelle Sin. Maintenant que les présentations sont faites, et même si j’ai une petite idée à ce sujet, que puis-je faire pour vous ?
-Nous sommes venus apporter un message pour votre chef, Mardouk.
-J’ai bien peur que cela ne soit pas possible, malheureusement. Pour commencer, il vous faut savoir que Mardouk n’est plus notre « chef ». Il a renoncé à sa charge de maître du conseil de Mésopotamie et a depuis quitté nos contrées pour une destination connue de lui seul et de ses nouveaux amis. J’assure la régence, le temps qu’une nouvelle famille soit élue pour reprendre le trône.
Aioros et Saga se jetèrent un nouveau regard puis ce fut le second qui s’exprima.
-N’avez-vous vraiment aucune idée de l’endroit où il a pu se rendre ? Notre Grand Pope souhaite s’entretenir avec lui.
-Je pense qu’il s’agit plus d’une injonction non négociable que d’un simple souhait, n’est-ce pas ? dit Sin avec un léger sourire. J’imagine en effet que votre maître a beaucoup de questions à poser à Mardouk. Mais celui-ci n’a pas souhaité proposer au conseil de participer à ses actions, connaissant sans doute par avance sa réponse, et nous ne pouvons donc pas vous renseigner. Croyez bien que s’il était en notre pouvoir de vous être utiles nous mettrions tout en œuvre pour cela. Le conseil de Mésopotamie a toujours entretenu d’excellentes relations avec le Sanctuaire et notre souhait le plus cher et que celles-ci perdurent.
-Nous apprécions ces intentions. J’imagine que cela doit expliquer pourquoi Mardouk n’a pas jugé bon de vous laisser d’adresse, n’est-ce pas ? ajouta Saga en adoptant le même ton de politesse formelle que leur interlocuteur.
-J’imagine que vous imaginez bien.
-Très bien, je crois donc que nous n’avons plus grand-chose à faire ici, conclut Saga.
-Si jamais vous avez l’opportunité de contacter Mardouk, essayez de le convaincre de venir à nous, ajouta néanmoins Aioros. Cela serait mieux pour tout le monde.
-Je n’en doute pas, mais je doute fort d’avoir cette opportunité, répondit Sin avec une voix sincère. Veuillez transmettre nos amitiés à votre Grand Pope et que votre voyage de retour soit plaisant.
Les deux chevaliers s’inclinèrent puis quittèrent les lieux sans se retourner.


Ils marchèrent d’un pas rapide à travers la ville. Bien que toujours revêtus de leurs armures, ils passaient inaperçus au milieu des habitants, une illusion de Saga les faisant paraître comme des autochtones. Ils ne se parlèrent qu’une fois à l’extérieur de la ville.
-Ils en savaient plus que ce qu’ils ont bien voulu nous dire, observa Saga.
-Je le pense aussi. Mais je crois qu’ils ne sont bel et bien pas impliqués dans ce que Mardouk a en tête… Quoi que cela soit. Leur situation ne doit pas être évidente et leur loyauté est divisée : ils ne veulent pas trahir leur ami et ne veulent pas non plus compromettre l’existence de leur conseil.
-Pfff… Je ne sais même pas pourquoi Athéna a toléré qu’ils subsistent. Si le Sanctuaire s’était débarrassé de tous ces panthéons de pacotille, quand le moment était venu, au lieu de signer des pactes et des ententes, nous n’aurions pas ces soucis en ce moment.
-Sans doute Athéna les a-t-elle autorisés à subsister pour leur laisser la possibilité de protéger leurs peuples dans le cas où le Sanctuaire faillirait.
-Ce ne sont qu’un ramassis d’archaïsmes dont l’heure de gloire est passée depuis des milliers d’années. Si jamais la chevalerie échouait, ils ne pourraient rien faire, leur force s’est depuis longtemps diluée.
-J’espère que nous n’aurons pas bientôt l’occasion de vérifier le bien-fondé de ces paroles. Et je te rappelle que nous ne nous étions pas exactement baladés lors de notre dernière visite.
-Je ne vois pas comment il pourrait en être autrement. Si Mardouk a décidé de se cacher et d’agir dans l’ombre, c’est qu’il sait bien que la voie qu’il suit le mènera à nous affronter et qu’à ce moment-là il ne pourra espérer vaincre.
-Mardouk n’a rien fait de mal, jusqu’à preuve du contraire. Pour ce que nous en savons, il n’a même fait jusqu’à présent qu’une partie de notre travail : traquer les chevaliers noirs et mettre fin aux conflits que ceux-ci ont déclenchés.
-Mais comme tu l’as dit, c’est notre travail. Le Sanctuaire ne peut laisser à d’autres le rôle de rendre la justice sur cette Terre et doit rester maître chez lui. Sinon cela serait faire preuve de faiblesse au regard des autres dieux, qui convoitent depuis des milliers d’années le domaine d’Athéna.
-Peut-être… Mais est-il juste de s’opposer à des personnes animées d’intentions à priori louables, simplement pour des questions de suprématie ? Les victimes auraient sans doute été encore plus nombreuses si Mardouk et ses alliés n’avaient pas agi.
-Si nous le laissons agir maintenant qui sait ce qu’il fera ensuite ? Sion soupçonne qu’ils ont déjà commencé à s’ingérer dans des pays où les chevaliers noirs n’avaient eu aucune influence.
-Je sais, ils auraient apparemment mis à bas des seigneurs de guerre sanguinaires. Est-ce mal ? N’aurions-nous pas dû le faire nous-mêmes ?
-Nous n’intervenons pas dans les affaires humaines sauf en cas de force réellement majeure à l’échelle planétaire ou d’implication de forces maléfiques. Mardouk le fait et agit ainsi à l’encontre de la Loi d’Athéna. Et il en est conscient. Nous n’avons pas à nous poser de questions, mon ami.
Saga s’arrêta alors et enflamma son cosmos en levant la main pour ouvrir un passage dimensionnel menant au Sanctuaire.
-Viens, rentrons faire notre rapport au Pope, puis allons nous changer les idées, dit Saga avec un sourire amical en invitant du geste son ami à le précéder dans le passage.
Mais Aioros ne bougea pas.
-Je crois que je vais rentrer par mes propres moyens. J’avoue que je préfère continuer à réfléchir à tout cela…
-Comme tu voudras… dit Saga avec un air déçu. Je t’attends pour aller voir le Pope ?
-Si ça ne te dérange pas d’y aller seul…
-Pas de problème. Mais ne te tritures pas trop les méninges avec tout ça. Après tout, quels que soient nos avis sur la question, à la fin, nous ne ferons qu’obéir aux ordres du Grand Pope…
Saga franchit alors le seuil, laissant Aioros seul à l’entrée du désert.


*          *          *          *          *          *          *          *          *          *          *          *          *


-Peut-être devrions nous lui en dire plus ? dit l’un des Babyloniens. Nous avons vu il y a cinq ans à quel point c’était un garçon à la moralité admirable.
Les membres du conseil regardaient Aioros par l’intermédiaire d’une boule de cristal que Sin, légèrement transpirant à cause de la concentration, tenait dans sa main.


-Mardouk nous a demandé de garder le silence, répondit le vieil homme. C’est le dernier souhait qu’il a formulé avant de s’exiler pour ne pas risquer de nous impliquer. Il sait ce qu’il fait et je suis sûr que lui et le jeune Aioros se parleront bien assez tôt sans que nous ayons à intervenir.


 


Egypte, septembre 1971


Un bruit de conversation chuchotée réveilla la jeune Tokoyo. Elle se redressa en sursaut, chercha une arme sous son oreiller qui ne s’y trouvait pas. Pendant une fraction de seconde elle s’était crue dans sa demeure de Tokyo, mais son esprit entraîné ne mit qu’une demi-seconde de plus à sortir totalement de sa torpeur. Elle était en Egypte, dans la tente de l’homme qui lui avait fait quitter son pays voilà trois ans. L’homme qui avait été capable de convaincre la dernière des kamis d’abandonner sa mission héréditaire, protéger le Japon, et de le suivre dans sa quête idéaliste.
Mardouk était à l’entrée de la tente, simplement vêtu d’un drap enroulé autour de la taille, et discutait à mi-voix avec une personne se trouvant à l’extérieur. Si elle ne pouvait voir de qui il s’agissait, les quelques fragments de mots prononcés avec un accent germanique, qui lui parvinrent, lui indiquèrent qu’il s’agissait sans aucun doute de Rudy.
Elle se rallongea et attendit que la conversation se termine, ce qui prit une dizaine de secondes.
Puis, celui qui était son chef, et bien plus encore, revint s’asseoir à côté d’elle. Il la caressa avec une tendresse presque machinale, les yeux un peu dans le vague.
-Désolé de t’avoir réveillé, dit-il d’une voix distraite.
-Que se passe-t-il ? demanda-t-elle. Tu as ta tête de calculateur.
-On l’a localisée. Une information de première main, parfaitement sûre.
Elle hocha la tête puis se redressa avant de l’enlacer.
-Tu es tendu, observa-t-elle en caressant les muscles de son dos.
-Comment ne pas l’être ? Nous allons changer de dimension aujourd’hui. Ce n’est plus aux chevaliers noirs, à des surhommes de seconde zone, ou à des criminels de guerre humains que nous nous attaquons.
-Tu as tout préparé au mieux. Tes hommes sont prêts, tes alliés sont à tes côtés. Il n’y a aucune raison que cela se passe mal.
-Je le sais, là n’est pas la question.
Elle passa la main dans ses cheveux.
-Le Sanctuaire ?
-Après aujourd’hui… Ils ne pourront plus ne pas s’interposer.
Il se libéra des bras de son amante et se leva.
-Préparons-nous, nous devons aller retrouver les autres.
Elle l’imita et ils s’équipèrent en silence.
Tokoyo revêtit d’abord son kimono noir puis fixa chaque pièce de son armure avec un soin particulier. Sa protection de couleur pourpre consistait en des jambières de cuir renforcées par des lanières de métal à l’avant, de cuissardes et d’un plastron constitués d’écailles de fer fixées entre elles par des cordons de soie et de manches métalliques en mailles. Enfin son visage était protégé par un masque de fer représentant un démon grimaçant et son crâne par un casque surmonté de deux cornes.
Lorsqu’elle fut prête, elle constata que Mardouk était en train de contempler son épée qu’il brandissait à bout de bras.
-Aujourd’hui, elle va être trempée dans un sang qu’elle n’a plus connu depuis bien longtemps.
Tokoyo croisa alors le fer de Mardouk avec sa propre arme : un katana au manche en bois sculpté représentant un dragon et à la lame recouverte de gravures rappelant le mouvement de l’écume.
-Oui, bien trop longtemps.
Ils échangèrent un sourire et rengainèrent leurs armes.
-Allons-y, dit-elle en se dirigeant vers l’extérieur.


*          *          *          *          *          *          *          *          *          *          *          *


Ce matin-là, Franck mit un temps particulièrement long à vérifier et nettoyer chacune de ses armes ainsi qu’à astiquer les parties en cuir de sa tenue de combat. Il fit tourner le barillet de son pistolet, contrôla le mécanisme de la culasse de son fusil d’assaut, aiguisa la lame de son couteau de combat, ajusta son armure en kevlar et céramique, vérifia ses munitions dans son sac et sa ceinture. Une fois satisfait, il s’équipa intégralement, posa un genou à terre et pria.
Ce n’était pas un croyant à proprement parler, mais lorsque la tension avant la bataille se faisait particulièrement ressentir, il retrouvait les réflexes de son enfance et de la stricte éducation luthérienne qui avait été la sienne.
Il avait conscience que prier Dieu était quelque chose de presque hors contexte : il combattait et vivait depuis des années avec ceux qui étaient, après tout, les descendants de dieux païens. Néanmoins cela lui permettait de faire le vide avant de se concentrer sur son travail.
Franck était ce que l’on pouvait appeler un professionnel aguerri qui avait combattu dans la plupart des conflits des vingt dernières années en tant que mercenaire. Si sa vie n’avait pas pris un tour surprenant, sans doute serait-il en ce moment en train de combattre dans les jungles vietnamiennes, pour un camp ou pour un autre.
Mais, alors qu’il allait sur ses quarante ans, il avait eu ce que l’on appelle communément la crise de milieu de vie et s’était posé la question classique du sens de son existence. Il avait parfois vu le meilleur, mais surtout le pire, de l’humanité et était conscient que le monde était perdu à plus ou moins brève échéance, si quelqu’un ne faisait pas quelque chose.
C’est à cette époque que les rumeurs murmurées d’une armée secrète qui recrutait des idéalistes de tous les pays et les entraînait dans un endroit inconnu lui étaient parvenues.
Puis il avait été trouvé alors qu’il commençait à peine à chercher, et était entré dans un nouveau monde. Des secrets inimaginables lui avaient été révélés et il avait côtoyé des êtres qu’il ne pouvait qualifier autrement que de demi-dieux.
Et surtout, on lui avait proposé de livrer un combat qui en valait la peine, ce qui l’amenait à se préparer, en ce jour, pour une nouvelle opération.
Ce n’était pas la première mission dans laquelle il était impliqué depuis que Mardouk avait décidé que le temps de l’action était venu, mais c’était la première qui le faisait douter et presque trembler.
Il avait confiance en lui et en son entraînement, et était conscient que les potions qu’il ingurgitait faisaient de lui un peu plus qu’un humain ordinaire. Il savait également qu’il pouvait compter sur ses compagnons pour couvrir ses arrières. Leur commandant, Anhur, l’homme même qui les avait formés patiemment pendant plusieurs années, était d’une compétence stratégique ultime. Mais… Cette fois-ci, Franck savait qu’ils trouveraient un dieu en face d’eux. Et cela changeait tout. Le soldat n’avait pas su comment la rumeur avait commencé à courir. Mais lorsque celle-ci était arrivée à Anhur, ce dernier avait fait preuve de son honnêteté habituelle, et l’avait confirmée.
Franck jeta un regard désabusé à ses armes. Il était conscient que face à une telle adversité il aurait sans doute autant de succès en crachant en l’air… Son entraînement, son courage, sa motivation, tout cela ne compterait pas.
Evidemment, si tout se passait bien, jamais il ne se retrouverait face à face avec cet ennemi. C’était l’affaire de Mardouk et des autres, la véritable force de frappe de leur armée.
-Mais tout de même… Un dieu… Mon pauvre Franck dans quoi t’es-tu embarqué ? se demanda-t-il à voix haute.
Il sortit alors de sa tente et entreprit de rejoindre au pas de course ses compagnons à l’extérieur du campement. Seuls cinq cents hommes participeraient à cette mission, à peine un dixième des effectifs totaux.
Franck rejoignit aussi discrètement que possible la section de cinquante hommes dont il avait la charge, et aperçut Anhur en train d’inspecter les troupes.
Cet Egyptien était un homme de taille moyenne à la musculature sculptée par une vie consacrée à l’art de la guerre. Son visage mat était défiguré par une cicatrice qui partait de la commissure droite de ses lèvres pour remonter jusqu’à la tempe, tandis que son nez semblait aussi avoir été arraché et remplacé par une prothèse en ivoire. Son pied droit avait été également remplacé juste en dessous de la cheville par une pièce de bronze. Son regard, souligné par du fard vert, était alerte et amical tandis qu’il discutait avec ses hommes en passant dans les rangs, distillant quelques encouragements.
Il portait quelques pièces d’armure qui lui couvraient les avant-bras, les tibias et le haut du corps. Les protections étaient d’un acier chromé parfaitement lisse et dépourvu de la moindre décoration : fonctionnelles et légères afin de ne pas gêner les mouvements. Enfin, l’arrière de son crâne était protégé par une cotte de mailles dorée.
Contrairement à ses hommes, il ne portait pas d’arme à feu moderne, préférant un équipement antique : une hache de guerre était attachée à sa ceinture et un bouclier ovale fixé à son bras gauche. Un arc et un carquois bien rempli complétaient son armement. Evidemment, les pouvoirs d’Anhur compensaient largement l’aspect rudimentaire de son équipement, et Franck avait eu l’occasion de constater que leur commandant n’avait pas grand-chose à envier aux autres surhommes que comptait leur armée.
Anhur quitta alors les rangs et se plaça devant ses hommes avant de parler d’une voix suffisamment forte pour être entendue de tous.
-Très bien mes amis, nous allons y aller. Vous connaissez le travail : nous nous interposons, nous sauvons ces gens d’eux-mêmes, et nous attendons patiemment que les gros bras règlent le plus consistant des problèmes.


Quelque part en Amérique du Sud, le même jour


La ville était déchirée par la guerre civile, les voisins s’entretuaient, les frères se battaient, les fils se retournaient contre leurs pères. Le cliquettement des rafales de mitraillettes répondait au bruit sourd des mortiers. Ceux qui n’avaient pas d’armes à feu se battaient au couteau ou à la hache. Ceux qui n’avaient pas d’armes blanches s’entretuaient à mains nues ou à coup de pierres.
La folie s’était installée en quelques jours et, à présent, pris dans la tourmente, plus personne n’aurait pu se rappeler les incidents qui étaient à l’origine de toute cette destruction. Et si quelqu’un s’en était souvenu, il se serait demandé comment les choses avaient pu autant dégénérer pour des motifs aussi futiles.
Au milieu du chaos, une jeune femme souriante avançait d’un pas léger, comme indifférente au danger qui l’entourait. Elle semblait au contraire être tout simplement enchantée par le carnage, comme s’il s’agissait d’un spectacle ou d’une représentation théâtrale des plus plaisantes.
Ses longs cheveux bouclés étaient bleu marine et flottaient dans l’air comme s’il faisait grand vent.
Soudain un homme l’aperçut et décida qu’elle serait sa prochaine victime. Saisissant le gourdin avec lequel il venait de tuer son cousin, il se lança vers elle avec un cri de dément.
La jeune femme tourna simplement le regard vers lui, et le meurtrier s’immobilisa comme s’il venait de croiser le regard de Méduse. Tandis que la vie le quittait, son corps se flétrit et lorsqu’il s’écroula enfin dans l’indifférence générale, il était aussi desséché qu’une momie plusieurs fois millénaire.
La jeune femme leva alors les yeux vers un immeuble semblant dominer les environs, et son sourire s’élargit encore. Elle se volatilisa pour réapparaître sur le toit. Ravie, elle contempla, de cette position privilégiée, l’ampleur du désastre et éclata d’un rire satisfait.
Car tout ceci était son œuvre. Et en cet instant, la déesse que l’on nommait Eris estimait que cela était même un de ses chefs-d’œuvre. Depuis qu’elle avait été réveillée et réincarnée en cette époque, elle avait parcouru le monde en semant la discorde partout où elle passait. Il lui avait fallu plusieurs mois pour revenir à la plénitude de sa puissance, mais à présent elle se sentait prête à passer à la vitesse supérieure. Les villes et les conflits régionaux ne lui suffisaient plus, il était grand temps de s’attaquer aux nations, puis au monde.
La déesse savait qu’il ne s’écoulerait plus longtemps avant que ces gêneurs du Sanctuaire finissent par se rendre compte de sa présence, et viennent encore une fois se mettre en travers de son chemin. Comme à chacune de ses réincarnations, les chevaliers essaieraient sans doute de l’emprisonner. Sur les trois milles dernières années, Eris n’avait ainsi dû être libre de ses mouvements guère plus de quelques mois.
Mais, cette fois-ci, Eris sentait qu’Athéna n’était pas présente sur Terre, sa tâche en serait donc grandement facilitée.
C’est alors qu’elle était en train de réfléchir à sa prochaine destination qu’elle se rendit compte que quelque chose était en train de se produire.
Elle déploya sa conscience divine sur la ville et sentit que les combats étaient en train de cesser, une nouvelle faction inconnue semblait s’interposer entre les belligérants. Elle perçut alors que plusieurs cosmos étaient à l’œuvre en divers endroits et que ceux-ci repoussaient l’influence de son propre cosmos. Individuellement, ils ne soutenaient pas la comparaison avec sa puissance divine, mais ensemble ils parvenaient à dissiper le vent de folie qu’elle avait provoqué sur les lieux.
Comment cela était-il possible ? Une seule réponse vint à l’esprit de la déesse de la Discorde.
-Le Sanctuaire… Maudits, je ne les attendais pas si tôt !
Mais la déesse reprit très vite ses esprits, cela n’était rien d’autre qu’un contretemps. Il lui suffisait d’intensifier son effort pour balayer ces pitoyables énergies mortelles. C’est à ce moment-là qu’elle se rendit compte qu’elle n’était pas seule.


*          *          *          *          *          *          *          *          *          *          *          *


Franck était ravi d’avoir fait équipe avec Paul pour cette mission. Il savait que le jeune français qui avait hérité des pouvoirs de Mithra n’avait appris son ascendance que quelques années plus tôt. Comme Franck, Paul avait grandi dans un monde ordinaire qui s’était finalement révélé bien plus étrange et merveilleux que ce qu’il paraissait.
Ils avaient été recrutés dans l’armée de Mardouk presque en même temps, à quelques mois près, et cela les rapprochait. Franck avait d’ailleurs l’impression que Paul se sentait plus proche des hommes de troupes que des autres surhommes. Parmi ces derniers, à sa connaissance, le descendant de Mithra n’était devenu réellement proche que de cet Indien et de ce très jeune garçon qui était toujours accompagné par ce garde du corps inquiétant.
Paul avait donc assisté leur section lorsqu’elle avait pénétré dans la ville. Ils avaient utilisé leurs capacités augmentées pour désarmer les belligérants quand cela était possible, et n’avait que très occasionnellement fait usage de leurs armes. Tout se passait bien. Puis, finalement, Paul se tourna vers son ami.
-Rudy vient de me contacter : les choses sérieuses commencent. Je dois y aller.
-Bonne chance.


*          *          *          *          *          *          *          *          *          *          *          *          *


Toute trace de sourire avait disparu du visage d’Eris lorsqu’elle se fut retournée et qu’elle eut découvert Mardouk.
Elle le dévisagea un instant, intriguée par la prestance et le charisme du mortel qui lui faisait face.
-Qui es-tu, mortel ?
-Je me nomme Mardouk, seigneur de Babylone.
-Mardouk ? J’aurais imaginé que votre lignée était éteinte ou perdue depuis des siècles. Le fait qu’Athéna ne vous ait pas exterminés jusqu’au dernier, vous et vos semblables, me dépassera toujours. Pauvre Athéna, si faible et si condamnée…
Un rictus de pur mépris s’était dessiné sur le visage de la déesse qui n’avait plus rien d’attirant.
-Qu’es-tu venu faire ici, seigneur de ruines et d’un pays dont la gloire remonte à plusieurs millénaires ?
La déesse eut alors un sourire carnassier.
-Serais-tu venu t’opposer à moi ? Ton ancêtre a peut-être vaincu Tiamat, mais il existe des choses bien plus puissantes en ce bas monde que l’un des premiers rejetons imparfaits de Chaos. Et le temps a dû, de toute façon, bien affaiblir la force de ton sang…
-Je ne peux que vous contredire sur ce dernier point… Sinon, je suis bel et bien là pour m’assurer que vous cessiez de nuire. J’espère néanmoins que nous pourrons nous entendre.
Mardouk tendit alors le bras pour montrer à Eris un objet qu’il tenait dans sa main.
Il s’agissait d’une pomme d’or et la déesse de la Discorde eut un mouvement de recul à sa vue.
-Si vous acceptez de rentrer dans votre prison de votre plein gré, cela éviterait une effusion de violence inutile. Pour être tout à fait honnête, cela me gênerait d’avoir à tuer le corps que vous habitez, si je peux l’éviter.
-MISERABLE VER DE TERRE !
Le cri de la déesse avait dû être entendu à l’autre bout de la ville. Un cosmos d’une intensité terrifiante entoura alors le corps d’Eris, et sa peau commença à changer de couleur pour prendre une teinte violacée, tandis que ses yeux devinrent uniformément bleus sous l’afflux de puissance. Les habits de la déesse s’enflammèrent et furent réduits en cendres en l’espace d’un clin d’œil, pour dévoiler une armure aux reflets noirs qui recouvrait son corps. Si la protection était très peu couvrante et laissait une grande partie du corps dénudé, elle n’en était pas moins magnifique, épousant parfaitement les courbes de la déesse et dégageant une impression de totale invulnérabilité.
-Comment oses-tu t’adresser ainsi à moi ? continua Eris d’une voix moins forte mais toujours habitée par la fureur. Comment peux-tu croire que je t’obéirai ? La dernière fois, il a fallu à Athéna l’aide de plusieurs de ses maudits chevaliers d’or pour m’enfermer ! Je suis une force primordiale de l’univers, je n’ai que faire des ordres et menaces des mortels ! Je vais te tuer et laisser les chacals se disputer ta dépouille !
Mardouk, qui n’avait jusqu’alors pas bougé d’un centimètre, laissa alors tomber négligemment la pomme d’or.
-Je suis sincèrement désolé d’entendre ça…
Eris se préparait à attaquer le Babylonien toujours immobile, quand elle sentit le toit du bâtiment trembler sous ses pieds. Elle commençait à baisser son regard quand le sol explosa tout à coup sous elle, et elle fut projetée dans les airs. Tous les belligérants de la ville virent alors un gigantesque serpent à plumes émeraude s’élever dans le ciel en emportant la déesse dans sa bouche.
Néanmoins, Eris n’était pas une divinité au rabais et était déjà en train de réagir à l’attaque : son cosmos explosa autour d’elle, dissipant le serpent fait d’énergie cosmique et la déesse découvrit l’homme qui l’avait attaquée : Quetzalcóatl, simplement vêtu d’un pagne.
La divinité voulut contre-attaquer, mais elle sentit une présence au-dessus d’elle ; elle leva la tête pour découvrir Khamakhya fondre sur elle comme un oiseau de proie, ses deux armes à la main.
-DANCE OF TERROR ! hurla la dépositaire de la puissance de Kali, et des millions de sabres d’énergie frappèrent la déesse de la Discorde.
La peau d’Eris se couvrit de cicatrices mais elle parvint néanmoins à éviter une grande partie des coups et à préserver ses points vitaux. Elle s’envola à la rencontre de son assaillante et lui porta un coup de pied au visage, tout en concentrant une boule d’énergie dans sa main droite dans l’intention de la foudroyer sur place.
La déesse ne vit pas arriver sur son flanc Tokoyo. Le katana de la Japonaise fendit l’air et frappa la déesse au coude, exactement entre les protections de l’avant-bras et du biceps.
La douleur due au membre tranché eut à peine le temps d’atteindre le cerveau de la déesse qu’elle fut remplacée par une autre : son bas-ventre non protégé venait d’être transpercé de part en part par une lance de lumière. Paul, l’héritier de Mithra, venait de l’empaler en lui sectionnant la colonne vertébrale.
Malgré sa douleur et ses blessures déversant son sang bleu, Eris garda la tête froide. Son cosmos compensa le fait que sa moelle épinière était coupée et elle voulut se retourner pour frapper celui qui l’avait lâchement attaquée dans le dos. Mais la lance d’énergie se dissipa, et Paul, Tokoyo et Khamakhya se volatilisèrent sans laisser de trace.
Eris chuta alors et s’écrasa lourdement sur ce qui restait de toit au bâtiment. Elle se releva et constata que Mardouk et Quetzalcóatl étaient invisibles.
La déesse de la Discorde savait que cette soudaine accalmie n’annonçait rien de bon et son sentiment fut confirmé quand elle sentit qu’un cosmos d’une fabuleuse intensité était en train de se concentrer dans le ciel. C’était comme si un deuxième soleil était soudain apparu dans le ciel, si brillant qu’il éclipsait presque totalement l’autre.
-Encaisse ça… murmura Amon en libérant l’énergie qu’il avait accumulée. Une colonne de feu et de lumière s’abattit sur Eris, pulvérisant et liquéfiant l’immeuble sous ses pieds.
Un souffle de débris et de chaleur balaya les environs, faisant plusieurs victimes parmi les habitants, et lorsque la colonne de lumière se tarit, il ne restait qu’un cratère vitrifié à l’endroit où s’était déroulé l’affrontement.
La déesse était allongée sur le dos, son armure endommagée et son corps noirci par la chaleur. Elle n’était néanmoins pas morte, et tentait de se relever très péniblement, sa volonté commençant à ne plus être suffisante pour faire bouger ses jambes. Mardouk apparut alors juste devant elle, et lui asséna un coup de pied qui la rejeta au sol.
-Vous auriez dû m’écouter, dit-il en mettant son pied droit sur la poitrine d’Eris pour l’empêcher de se relever.
Il sortit alors son épée noire de son fourreau.
-Voici le fléau de Tiamat. Savez-vous ce qu’il fait ?
Sans attendre une réponse, il lui planta la lame en plein visage, traversant sa tête de part en part jusqu’à enfoncer son épée de trente centimètres dans le sol.
-Il tue les dieux, conclut-il en retirant la lame dans une gerbe de sang bleu.
Ses cinq compagnons, qui avaient participé à l’exécution de la déesse, le rejoignirent alors, accompagnés par Rudy qui s’appuyait sur son bâton pour marcher, visiblement épuisé.
-Tu as très bien coordonné l’assaut, dit Mardouk à l’intention du vieil Allemand.
Les deux hommes échangèrent un sourire, puis le Babylonien se tourna vers Khamakhya.
-Pas de problème ?
-Elle m’a à peine effleurée, répondit l’Indienne.
-Très bien. Je crois que nous avons fait du bon travail, cela aurait pu beaucoup plus mal se passer.
-Je crois que l’attaque d’Amon a tout de même tué pas mal de monde, fit remarquer Tokoyo en faisant un geste pour désigner les environs.
-Les morts auraient été plus nombreux si nous n’avions rien fait, répondit Mardouk en essuyant le fer de son arme.
-Les Olympiens risquent de ne pas apprécier, déclara Quetzalcóatl.
-Elle n’était pas de la famille, dit Amon en haussant les épaules.
-Est-ce que tout le monde réalise que nous venons de tuer une déesse ? demanda Paul d’une voix tremblante.
Mardouk le regarda puis éclata de rire.
-Et comment ! Une de moins, encore combien à venir ?


Sibérie, octobre 1971


Gienah, chevalier destitué du Cygne, était en train de faire mijoter un repas qu’il estimait des plus décents dans la cheminée du petit chalet qu’il occupait depuis quelques mois avec son jeune élève Camus.
-Maître, comment vous êtes-vous retrouvé sur l’île de la Mort ?
Gienah resta pétrifié et interdit de longues secondes. Son élève avait posé sa question sur un ton normal, comme s’il lui avait demandé quel exercice il aurait à accomplir le lendemain.
-J’ai accompli des choses… terribles. Suffisamment terribles pour me faire perdre mon honneur de chevalier et mon armure, répondit-il finalement en recommençant à agiter le contenu de la casserole.
-Quel genre de choses ?
-Crois-moi, tu ne veux pas savoir.
-Pourquoi avez-vous fait ça ?
-J’avais perdu l’esprit. J’ai d’abord éprouvé une certaine désillusion par rapport à mon rôle de chevalier. J’avais l’impression que la tâche, que j’accomplissais, n’était pas exactement celle pour laquelle j’avais signé. En plusieurs occasions, j’ai été déçu par ce que j’ai vu.
-C’est-à-dire ?
-Les détails sont sans importance. Puis, j’ai perdu en peu de temps, plusieurs êtres auxquels je tenais, certains dans des circonstances malheureuses, d’autres en des occasions où j’aurais pu… J’aurais dû… Faire quelque chose. J’étais malheureux, triste, révolté… Je culpabilisais et je blâmais les autres pour le gâchis qu’était devenue mon existence. Toutes ces émotions cumulées ont été trop fortes, je me suis laissé aller et j’ai perdu pied. J’ai abusé de mes pouvoirs et j’ai fait tout le contraire de ce que je voulais réellement faire. Et quand je me suis réveillé, il était bien trop tard.
-La même chose ne m’arrivera jamais, dit le jeune garçon d’un ton sûr.
-Comment peux-tu en être aussi certain ?
-Ce sont vos sentiments et vos doutes qui vous ont fait faire ces erreurs. Ce sont de mauvaises choses, je me suis juré de ne plus jamais les éprouver.
-Ce n’est pas une chose que l’on peut décider comme ça, dit l’adulte en sortant la casserole des flammes. Tu es un garçon renfermé qui s’extériorise peu, mais tu ne peux te déclarer insensible pour autant. Personne ne le peut.
-Moi si. Vous m’avez dit que je pouvais tout geler, que c’était ça que je faisais. Je crois que je peux geler mon cœur et faire en sorte que je ne ressente plus jamais ces faiblesses... Ces imperfections.
-Je ne serais pas aussi définitif sur la question, reprit l’ancien chevalier noir. Certes, les sentiments peuvent parfois troubler le jugement et amener à commettre l’irréparable. Mais ils sont aussi la plus grande arme du chevalier. Même s’ils m’ont damné, je n’y renoncerai jamais, car cela reviendrait à renoncer à ce qui fait de moi un homme.
-Je ne suis pas d’accord. Ils ne sont qu’une gêne et un danger. Vous en êtes la preuve vivante.
Gienah réfléchit très longtemps avant de répondre.
-Si c’est cela que tu penses réellement, alors j’ai déjà échoué. Quel que soit le niveau technique que j’arriverai à te faire atteindre, quelle que soit la puissance de ton cosmos… Lorsque tu te retrouveras dans une situation désespérée, là où un chevalier beaucoup moins puissant que toi arriverait à se sublimer et à vaincre… Toi, tu perdras. Aussi sûrement et irrémédiablement que le soleil se lèvera demain matin.
Le maître et l’élève n’échangèrent plus un seul mot de la soirée.


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Plus tard, lorsque Camus fut endormi, Gienah sortit du chalet et marcha dans la neige un moment, jusqu’à atteindre un homme qui se tenait à l’entrée de la forêt.
-Que me voulez-vous ? demanda abruptement l’ancien chevalier noir.
-Bonsoir à vous aussi. Vous souvenez-vous de moi ?
-Bien sûr. Vous êtes Shamash, nous nous sommes rencontrés le jour où les chevaliers noirs se sont échappés de l’île de la Reine morte. Que me voulez-vous ?
-Simplement savoir quelle est votre décision.
-Je ne savais pas que j’en avais une à prendre.
-Allons, évitons de perdre du temps inutilement. Le mien comme le vôtre peuvent être utilisés à mieux. Vous savez ce que nous faisons et je sais que vous n’êtes pas insensible à notre façon de voir les choses. Quelle est donc votre décision ?
-Pourquoi vous intéressez-vous à un ancien chevalier de bronze, ne pensez-vous pas que je jurerai au milieu de votre groupe ? Au milieu de demi-dieux ?
-Nous savons l’un comme l’autre que cela ne serait pas le cas.
Gienah regarda le ciel et contempla la constellation du Cygne. Il savait qu’en suivant ce chemin, il s’éloignerait à jamais du Sanctuaire.
-J’ai fait une promesse et j’ai une tâche à accomplir. Une fois que je m’en serais acquitté, il a été convenu que je serai libre de mes actes.
L’ancien chevalier fit volte-face et repartit vers le chalet. Il s’arrêta à mi-chemin et parla sans se retourner.
-Une fois que j’aurais rempli mon engagement… Je marcherai avec vous. Oui, vous pouvez dire à votre Mardouk qu’il pourra compter sur moi.


Sanctuaire, Maison du Capricorne, décembre 1971


Deux jeunes chevaliers torses nus étaient en train de s’entraîner au corps à corps sur le parvis de la maison du Capricorne, faisant étalage d’une technique remarquable.
-Tu devrais te concentrer.
-Pardon ?
Shura ne s’expliqua pas davantage et tenta de faucher la jambe d’appui d’Aioros. L’aîné des deux chevaliers esquiva sans problème d’un petit saut tout en contre-attaquant simultanément de la jambe. Shura bloqua le coup, voulut reprendre l’initiative, mais le Sagittaire ne lui en laissa pas le temps et réduisit la distance de combat. Seulement séparés de quelques dizaines de centimètres, les deux chevaliers échangèrent une série de coups à une cadence extrêmement rapide, tentant de transpercer la défense de l’autre tout en parant chaque assaut.
Sentant qu’il ne pouvait pas suivre le rythme sur la longueur, Shura tentait de reprendre ses distances mais Aioros ne le laissait pas faire en maintenant une pression constante.
Sur un coup visant sa tête, Shura bloqua dans la paume de sa main droite le poing gauche de son compagnon. De sa main libre, il voulut atteindre le flanc d’Aioros mais celui-ci le bloqua de la même manière. Les deux commencèrent à engager une épreuve de force, mais le plus vieux céda instantanément en se laissant basculer en arrière. Surpris, Shura partit vers l’avant et, sans équilibre, ne put éviter le coup de genou que lui porta son adversaire sur le flanc. Ils se séparèrent et roulèrent sur le sol pour se relever en position de combat.
-Ca ira pour aujourd’hui, fit Aioros en se relâchant. Toujours des soucis sur le combat à courte portée, voisin.
-L’habitude d’Excalibur.
-Encore quelques coups dans les côtes et ça finira par venir, ajouta Aioros en riant.
-Tu as la tête ailleurs… contra Shura pour changer de sujet.
-Oh… Qu’est-ce qui te fait dire ça ?
-Simplement le fait que je sois presque arrivé à te toucher quelques fois… Et qu’il t’ait fallu autant de temps à percer ma défense.
-Cela n’a rien à voir. Tu t’améliores, rien de plus.
-A d’autres… N’oublie pas que nous avons fait équipe en mission pendant plusieurs mois, et que depuis nous nous entraînons ensemble régulièrement. Je sais à quoi cela ressemble quand tu te bats à ta véritable valeur.
Aioros regarda son compagnon et hésita un instant à lui parler de ses cauchemars qui étaient de plus en plus fréquents et éprouvants. Ses nuits étaient habitées par des combats interminables, souvent sans contexte précis, mais toujours avec le même sentiment de désastre inéluctable. Il hésita à évoquer comment il se réveillait l’esprit encore embrumé par des images de guerres civiles et de luttes fratricides.
Dans son dernier songe, dont il se souvenait pour une fois avec précision, Aioros s’était vu lui-même dans les rangs d’une armée s’apprêtant à livrer bataille, sur une gigantesque plaine, à un ennemi que l’on devinait à peine, noyé dans le brouillard. Il s’avançait alors, réalisant qu’il était le commandant, puis ordonnait la charge. Il partait alors en courant vers l’ennemi, mais au bout d’une cinquantaine de mètres il se rendait compte que personne ne l’avait suivi. Il se retournait et découvrait ses hommes en train de s’entretuer. Il retournait alors en arrière en hurlant d’arrêter cette folie, mais aucun son ne sortait de sa bouche, et la seule chose qu’il entendait était le rire de leurs adversaires de l’autre côté de la plaine. Il essayait alors de s’interposer entre les combattants mais nul ne faisait attention à lui, comme s’il était un fantôme intangible et invisible. Il se rendait alors compte que les rires lointains avaient disparu, et lorsqu’il se retournait, il découvrait leurs ennemis en train de les charger comme un seul homme. Il essayait de nouveau de faire entendre raison à ses hommes, sans plus de succès, et se réveillait finalement au moment où la charge adverse transperçait leurs rangs.
-Non, tout va bien, je t’assure, dit-il finalement à Shura.
-Si tu le dis… Quelqu’un vient, au fait.
Il suffit que son ami lui fasse remarquer pour qu’Aioros détecte deux personnes en train de monter l’escalier des douze maisons.
-Praesepe, dit-il en reconnaissant le cosmos de son maître.
Les deux chevaliers se concentrèrent alors pour essayer d’identifier l’autre visiteur.
-Et l’autre ? interrogea finalement Shura, perplexe, au bout d’un moment.
-Je ne sais pas.
Ils remirent leurs tuniques et attendirent, curieux.


Au bout de quelques minutes ils virent arriver l’ancien chevalier du Cancer, accompagné par un jeune garçon aux longs cheveux dorés, vêtu d’une robe blanche, et qui marchait les yeux fermés. Dès qu’il le vit, Aioros ne put plus détourner son regard du jeune inconnu, stupéfait qu’il était de ce que sa perception cosmique lui montrait.
-Shaka de la Vierge rencontre Shura du Capricorne et Aioros du Sagittaire, dit Praesepe pour faire les présentations.
-Enchanté de te rencontrer, dit Shura d’un ton amical au jeune Indien, mais celui-ci l’ignora.
Shaka avait en effet tourné son visage vers Aioros, et semblait rendre son regard curieux et étonné au Sagittaire malgré ses yeux clos. 
-Shaka de la Vierge… Tu es donc ce garçon qui n’a pas eu besoin de maître pour découvrir le septième sens, n’est-ce pas ? demanda le Sagittaire.
-Aucun maître humain, en tout cas, répondit Shaka.
-Ton contrôle cosmique… Je suis impressionné.
-Est-ce que l’on félicite quelqu’un parce qu’il est né avec une bonne vue ou une ouie fine ? En vérité, je n’ai guère de mérite en la matière. Je me dois de vous retourner le compliment, car vous en êtes bien plus digne. Qu’un homme né infirme parvienne à développer ainsi son cosmos me redonne espoir. En effet, moi, Shaka, ai été plutôt déçu par ce que j’ai vu jusqu’à présent des chevaliers que j’ai croisé. Je commençais même à craindre que malgré mon apport l’armée d’Athéna soit bien incapable de faire face à ses futurs défis. Mais, avec vous et un autre, il semblerait que l’on trouve finalement quelques êtres intéressants en ce Sanctuaire, et me voilà donc rassuré.
Shura fixait le jeune garçon, éberlué, et Praesepe ne put réprimer un sourire.
-Vous aurez l’occasion de faire plus ample connaissance plus tard, intervint néanmoins l’ancien chevalier. Nous devons nous rendre auprès du Grand Pope.
-Très bien. A plus tard donc, ajouta Shaka en s’inclinant pour saluer Aioros.


-Drôle de gamin, dit Shura lorsque les deux visiteurs eurent traversé son temple.
-Je n’ai jamais été confronté à quelque chose de comparable. Il y a quelque chose… D’un peu plus qu’humain en lui.
-En tout cas, j’avais l’impression de ne pas être là... Pour tout dire, il m’a semblé plutôt antipathique.
-Je pense que le réconfort de l’avoir à tes côtés lors d’une bataille compensera cela. Je n’ai pas l’impression qu’il évolue dans le même monde que nous, de toute façon.
-Mouais… Tu crois qu’il est aveugle ?
-Non. J’ai l’impression que cela doit faire partie d’une sorte de technique de concentration élaborée.
-Concentration, tu parles… Si jamais il se prend les pieds dans les plis de sa robe tu verras qu’il aura vite fait de les ouvrir ses yeux !
Les deux amis éclatèrent de rire à cette idée, même s’ils convenaient qu’elle n’avait guère de chances de se réaliser.


-Je vais faire l’impasse sur notre séance de demain, dit Aioros lorsque leur hilarité fut passée. En fait, peut-être le reste de la semaine aussi.
-Ha ? Pourquoi ?
-Je viens de prendre une décision.


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Le lendemain, Aioros descendit les escaliers des douze maisons avec son armure sur le dos. Il avait demandé à Sion l’autorisation de tenter son idée et avait dû mener une discussion serrée. Le Pope avait d’abord été opposé à l’idée, argumentant qu’il était trop dangereux de le laisser chercher Mardouk seul si jamais le Babylonien se révélait hostile, mais avait fini par se laisser convaincre, se fiant à l’intuition d’Aioros.
Le jeune chevalier avait décidé de chercher Mardouk en cherchant Inanna, faisant le pari que l’un ne serait pas loin de l’autre. Il avait déjà été capable de contacter une fois son ancienne adversaire lorsqu’il s’était rendu sur l’île de Canon.
Mais cette fois-ci, il savait que la tâche serait plus difficile, ce qui l’avait d’ailleurs dissuadé de l’essayer jusqu’à présent.
D’abord, parce que si la première fois il savait où chercher, cette fois-ci il ignorait tout de l’endroit où elle pouvait se trouver. Et ensuite, elle, Mardouk, et les autres devaient contenir leur cosmos afin de cacher leur présence.
Mais il avait suffisamment été en contact avec le cosmos d’Inanna pour le détecter, même noyé dans le bruit ambiant des micro-cosmos du reste du monde. Il suffisait qu’elle soit obligée de l’utiliser avec suffisamment d’intensité pour ne plus arriver à le dissimuler. Or, vu leurs activités actuelles, cela finirait fatalement par arriver tôt ou tard, il faudrait juste être attentif au bon moment. Cela ne durerait peut-être qu’une fraction de seconde, mais Aioros savait qu’il n’aurait pas besoin de plus…
Une fois arrivé en bas de l’escalier et libéré de l’enchantement d’Athéna qui limite les déplacements sur la montée des douze maisons, Aioros déploya les ailes de son armure et s’envola droit dans le ciel.
Il monta comme une fusée, encore et encore, le Sanctuaire rapetissant jusqu’à devenir indistinct. Il s’éleva jusqu’à dépasser de beaucoup les nuages et que l’air commence à se raréfier dangereusement.
Néanmoins, ce manque d’air n’était pas réellement gênant, vu le peu d’activité physique qu’il aurait et il lui était aisé de gérer la baisse de pression. Quant au froid, son armure compenserait facilement.
Quand il fut à plus de huit mille mètres du sol, il arrêta de monter, relâcha tous les muscles de son corps pour ne faire travailler que son armure et se laissa planer au gré des courants d’air. Il ferma les yeux et éteignit progressivement ses autres sens pour se concentrer uniquement sur les perceptions de son ultime cosmos, attentif comme il ne l’avait jamais été.


Le Caire, Egypte, cinq jours plus tard


Sur un balcon d’une somptueuse demeure située sur la rive Ouest du Nil, un homme était en train de contempler le fleuve s’écouler paisiblement. On devinait au premier coup d’œil qu’il s’agissait d’une personne au sang noble que ce soit par la richesse de ses habits de soie ou son visage altier dont les traits étaient soulignés par du fard. Il devait être âgé d’une trentaine d’années et avait été doté par la nature d’une beauté largement au-dessus de la moyenne.
Alors qu’il suivait le mouvement d’une felouque qui descendait les eaux, il entendit de l’animation venant de l’intérieur de la maison, derrière lui : des cris et ce qui ressemblait à des bruits de luttes. Il fit volte face pour voir ce qu’il se passait et fut fixé immédiatement.
Contrarié par ce qu’il avait vu, il retourna néanmoins à sa contemplation.
Les bruits de combats se rapprochèrent rapidement, jusqu’à ce qu’une voix l’interpelle.
-Horus… Il serait temps que tu leur dises d’arrêter, ils vont finir par se faire mal.
L’Egyptien se détourna donc de son spectacle, s’appuyant nonchalamment sur la balustrade, et regarda Amon Râ, vêtu de son armure, en train de marcher vers lui en écartant sans ménagement les gardes qui tentaient de l’empêcher d’approcher de leur maître.
-Laissez-nous, dit finalement l’homme nommé Horus.
Les gardes le regardèrent un instant, semblant hésiter.
-Et emportez ça, ajouta-t-il en désignant les corps inconscients de ceux qu’Amon avait assommés.
Les gardes s’écartèrent finalement avec méfiance, tandis que les deux héritiers des pouvoirs des temps anciens se dévisageaient.
-Amon… Que me vaut le plaisir incertain de ta visite ?
-Est-ce si difficile à deviner ? Cela fait plusieurs mois que tu as entrepris de rassembler une armée sur tes terres. Depuis quelques semaines ce processus s’est accéléré, et il semblerait que tu tiennes tes hommes prêts à passer à l’action dans un futur proche. Je suis simplement venu te demander ce que tu projetais de faire.
-Et pourquoi devrais-je te répondre ?
-Aux dernières nouvelles, c’était moi le souverain du Nil.
-Tiens donc… Je trouve que tu ne manques pas de culot. Penses-tu que ce campement dans le désert soit hors de ma vue ?
Les yeux d’Horus brillèrent alors d’une lueur inquiétante.
-Crois-tu que je sois ignorant de ce que tu trames avec le Babylonien ? Crois-tu que je ne sais pas avec qui tu as osé t’allier ? Dis-moi, fils du Soleil, quel droit as-tu de venir t’enquérir de mes projets, aujourd’hui ? Nul n’est venu me consulter avant que vous ne mettiez vos plans en marche !
-Me reprocherais-tu de ne pas t’avoir proposé de te joindre à nous ?
-Bah, je n‘ai que faire de votre croisade ! Vous pouvez avoir le Monde, si jamais vous y parvenez. Seule l’Egypte m’intéresse.
-Vraiment ? Et que veux-tu en faire ?
-Lui rendre sa gloire, en refaire un empire qui compte et dont son peuple puisse être fier !
-N’est-ce pas plutôt la gloire de ta lignée qui t’importe avant tout ? N’est-ce pas ta fierté démesurée qui te dicte tes actes ?
Le cosmos d’Horus s’enflamma autour de son corps tandis qu’il pointait un doigt furieux vers Amon.
-Comment oses-tu ?
-Je vais te dire pourquoi Mardouk et moi ne t’avons pas proposé de nous rejoindre. Ta lignée a sombré dans la déchéance depuis des siècles, si ce n’est des millénaires, et tu en es le digne rejeton. Le peuple ne pourra jamais commettre d’erreurs suffisamment graves pour mériter d’être puni par le fait d’avoir un dégénéré tel que toi à sa tête.
-Tu oses m’insulter ?
Horus venait de se mettre en position en combat, son beau visage déformé par la colère.
-Oui, j’ose. Je vais te le dire une première fois : démantèle ton armée et repart vivre ta médiocre existence dans l’oubli qui te sied. Ce monde n’a pas besoin d’anachronismes imbus d’eux-mêmes dans ton genre.
-Je vais te tuer ! OUDJAT SIGHT !
Les yeux d’Horus lâchèrent alors deux éclairs d’énergie blanche en direction d’Amon.
Avec une rapidité foudroyante, le détenteur de la puissance du Soleil dévia les deux attaques du revers de la main droite et fonça sur son opposant dont il saisit le cou de la main gauche, le soulevant de terre comme s’il s’agissait d’un enfant. Simultanément, l’héritier de Râ semblait concentrer son cosmos dans sa main droite.
-Voici donc cette fameuse technique légendaire… D’après la légende Seth avait arraché l’œil gauche de ton ancêtre lors de leur bataille, puis Osiris et Thot l’avaient soigné. On dit que depuis, à chaque génération, l’œil gauche des descendants d’Horus renferme la puissance de la Lune et le droit celle du Soleil. Mais, honnêtement, pensais-tu que cela serait suffisant face au véritable Soleil ?
-Sois maudit… parvint à articuler Horus malgré la poigne de fer qu’il lui était impossible de desserrer.
Il frappa alors Amon avec ses jambes et ses poings mais celui-ci encaissa les coups comme s’il s’agissait de piqûres de moustiques. La main droite de l’allié de Mardouk était à présent rougeoyante comme si le métal de l’armure avait été porté à une température proche de celle de fusion, ce qui faisait ondulé l’air ambiant. Il saisit alors le visage de son adversaire au niveau des yeux, lui calcinant instantanément les chairs.
Horus laissa échapper un hurlement de douleur, tentant désespérément d’enlever la main de son visage et frappant vainement Amon de coups de genoux. Finalement, celui-ci lâcha sa prise et laissa choir son adversaire qui s’écroula et se roula de douleur sur le sol.
Son visage était marqué à tout jamais par la main de Râ, et plus jamais l’œil d’Oudjat ne verrait  la lumière du Soleil dont l’incarnation venait de le mutiler.
-Je te le dis pour la deuxième fois : démantèle ton armée et retourne dans l’oubli, dit Amon d’une voix sans émotion. Tu n’as pas envie que je revienne te le dire une troisième fois, n’est-ce pas ? ajouta-t-il en quittant les lieux, les gardes n’osant pas s’interposer devant lui.


Environs de Kazanlak, Bulgarie, le même jour


Franck, accompagné de deux hommes sous ses ordres, se hâtait de rejoindre le point de rendez-vous que lui avait fixé Anhur. Ils venaient d’effectuer une mission de reconnaissance et devaient à présent faire un rapport avant que ne soit lancée l’attaque.
Ils quittèrent le chemin qu’ils arpentaient, puis traversèrent rapidement un champ de roses (la région était connue dans le monde entier sous le nom de vallée de la rose pour ses exploitations) avant de se diriger vers un bâtiment abandonné qui avait dû être un atelier de fabrication de parfums jusqu’à un passé relativement récent.
Franck donna deux coups rapides à la porte d’entrée, puis jeta un dernier regard derrière eux pour s’assurer qu’ils n’avaient pas été suivis. La porte s’ouvrit alors pour révéler Anhur, qui les invita du geste à pénétrer à l’intérieur.
Ils trouvèrent là les Babyloniens Mardouk et Inanna d’Ereshkigal, le jeune Mani et son garde du corps stoïque, ainsi que Paul, l’héritier de Mithra et Moki, l’Amérindien sans tribu.


-Alors ? interrogea Mardouk.
-Nous avons suivi les indications à la lettre et n’avons guère eu de mal à franchir les protections magiques entourant le palais de Seuthopolis. Il suffit d’avoir conscience du sort, et la volonté d’atteindre le palais, pour ne pas subir la désorientation qui affecte les personnes voulant s’approcher.
Franck déroula alors un plan relativement précis de l’endroit. Le palais était constitué d’une structure principale de forme vaguement trapézoïdale. On y parvenait en passant par une petite esplanade et qui comportait toute une série d’escaliers, de balcons et de terrasses. Enfin deux ailes annexes encadraient le bâtiment principal.
-Du fait de la protection, le périmètre est plutôt mal gardé. Nous avons vu quelques berserkers faire des tours de garde, ici, ici et ici, ajouta Franck en désignant la carte. Mais cela semble être plus une routine qu’autre chose.
-Combien avez-vous compté d’hommes ?
-Quinze, mais moins de la moitié portaient des protections sacrées, les autres ne sont sans doute que des adeptes ordinaires.
-Et lui ?
-Nous n’avons pu que l’apercevoir furtivement, si c’était bien lui… Dans cette zone, il semble que cette terrasse donne sur ses appartements.
Mardouk se gratta le menton en réfléchissant.
-Qu’est-ce que vous en pensez ? Quelqu’un pense-t-il que nous devrions demander à d’autres de venir nous rejoindre ?
Les alliés du Babylonien se sondèrent les uns les autres du regard rapidement, ne lisant de doute chez aucun d’entre eux.
-C’est bien ce que je pensais.


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Oenomaos, berserker du Char de l’armée de la Terreur, était en train de faire distraitement sa ronde du côté de l’aile ouest du palais lorsqu’il aperçut un homme s’avancer vers lui. Totalement pris de cours, il lui fallut quelques longues secondes pour réagir correctement à la situation et se mettre en position de combat.
Si Oenomaos était d’une carrure impressionnante et avait son corps protégé par une lourde armure de guerre aux formes agressives et pourvue de nombreux pics, l’inconnu au physique longiligne était vêtu d’un simple pagne et ne portait que des peintures tribales multicolores sur sa peau.
-Ne fais pas un pas de plus, ou alors tu devras faire face à l’un des berserkers d’Arès, Oenomaos du Char ! , déclara le garde.
-Je me nomme Moki, et j’ai bien peur qu’il ne me faille ignorer cette mise en garde. En outre, si nous pouvions commencer sans plus attendre… J’avoue n’avoir que guère de temps à vous consacrer.
-Comment ? Je te déconseille de me sous-estimer !
Le berserker concentra son cosmos et chargea son adversaire.
-IMPETUOUS RUSH ! hurla-t-il.
Oenomaos s’était entraîné pendant des années pour maîtriser cette technique basée sur la force brute et l’énergie cinétique dégagée. Lorsqu’elle était lancée aucune force au monde n’était censée pouvoir l’arrêter. Il découvrit que, malheureusement, certaines choses que l’on tient pour sûres s’écroulent rapidement à l’épreuve des faits.
L’Indien ne fit en effet aucun geste pour s’écarter et se contenta de tendre les bras pour bloquer net l’assaut de son adversaire.
-La force du Bison m’habite et cette attaque est bien dérisoire en comparaison, dit-il. A mon tour maintenant, AYAHUASCA PATH !
Moki frappa du poing le visage du berserker qui accompagna l’impact et se remit en garde après avoir effectué un mouvement de dégagement.
-Tu pouvais railler mon attaque, tu n’as pas été plus efficace !
-Vraiment ?
Oenomaos poussa soudain un cri et eut un pas de recul. Il fit de grands mouvements de bras anarchiques comme s’il essayait de chasser des choses visibles par lui seul.
-Qu’est-ce… qu’est-ce que tu m’as fait ? fit-il d’une voix emplie de terreur.
-Tu contemples le monde des esprits, là où mes frères shamans et moi allons pendant la transe. Pour nous tous le premier voyage est souvent fort délicat : nombreux ceux qui se perdent et ne reviennent jamais, et au contraire rares ceux qui parviennent à faire face. D’autant plus quand ils sont seuls, sans guide, et que le dosage des plantes sacrées a été fait avec peu de soin.
Le berserker, les yeux dans le vague et de la bave aux lèvres, se mit à marmonner des paroles vides de sens puis s’écroula lourdement face contre terre.
-Il semblerait que tu appartiennes à la première catégorie, conclut Moki en regardant le corps agité de spasmes de son adversaire. Adieu, Oenomaos, berserker du Char.
Sur ce, l’Indien repartit en direction du palais. Il fut rejoint au bout d’une cinquantaine de mètres par Paul.
-Eh bien, mon ami ? , interrogea Moki.
-J’ai neutralisé le mien. Il semblerait qu’Anhur se soit bien débrouillé également, ajouta-t-il en désignant la façade ouest du palais.
Un berserker inconscient avait été cloué sur le mur de pierre par quatre flèches, une dans chaque  poignet et cheville.
Un bruit métallique se fit entendre derrière eux, caractéristique de la démarche d’Anhur du fait de sa prothèse.
-Rejoignons les autres, dit simplement l’Egyptien qui passa à côté d’eux sans s’arrêter.


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Pendant ce temps-là, le jeune Mani montait l’escalier frontal du palais. Il s’arrêta pour jeter un regard ennuyé sur le cadavre du berserker dont son garde du corps venait de trancher la gorge après s’être glissé dans son dos.
L’assassin, qui veillait sur le jeune Mani depuis sa naissance, était en train d’essuyer la lame de son poignard sur le tissu de sa cape. Seuls les yeux de l’homme, aux aguets et scrutant les environs, étaient visibles sous son turban. C’est à ce moment-là qu’ils entendirent une voix donner l’alerte sur la gauche du bâtiment.
-Suis-je le seul à savoir ce que discrétion veut dire ? maugréa le plus âgé des deux.
-Mardouk ne nous a-t-il pas demandé de limiter les morts si possible ? interrogea Mani qui regardait toujours le cadavre.
-Ce n’est pas ma façon de faire… Celui-là n’a même pas eu le temps de comprendre ce qui se passait, de toute façon.
-Soit. Mais je m’occuperai tout de même de celui-ci.
Un autre berserker venait en effet d’apparaître en haut de l’escalier et descendait vers eux. Lorsqu’il fut proche, Mani et son gardien constatèrent qu’il s’agissait d’une femme dont l’armure semblait consister en des boucliers de différents styles et tailles fixés les uns aux autres.
-Maudits, vous allez connaître le sort funeste de ceux qui s’opposent au seigneur Arès ! déclara-t-elle théâtralement.
-Nous ne vous voulons pas de mal. Vous n’êtes pas notre ennemie, seul Arès nous intéresse.
-A lui non plus vous ne vouliez pas de mal ? se moqua-t-elle en désignant le cadavre.
-Justement le sang a déjà été versé une fois, il est inutile qu’il le soit de nouveau. Et croyez-moi, si vous vous battez contre nous, vous ne pourrez vaincre de toute façon.
-Toute personne voulant approcher le seigneur de la Guerre devra enjamber mon corps sans vie.
-Voulez-vous vraiment perdre la vie en défendant un dieu assassin ? N’avez-vous pas déjà en partie gâché votre existence en le servant dans ce palais isolé ? Depuis que vous êtes entrée à son service, avez-vous réellement ressenti le sentiment d’accomplissement d’une personne qui réalise ce pour quoi elle est venue au monde ? Votre dieu n’a-t-il jamais fait preuve d’égards à votre encontre ? A-t-il ne serait-ce qu’une seule fois accompli devant vous quelque chose qui vous ait fait penser que cet être méritait que vous mouriez pour lui ? Vous êtes dotée d’une force extraordinaire, vous pourriez la consacrer à faire le bien, au lieu de la gaspiller au service d’un dieu corrompu. Vous pouvez aussi encore fonder une famille et laisser une véritable trace sur cette Terre. Vous n’avez pas à mourir inutilement aujourd’hui. Je pense qu’il est temps maintenant que vous preniez le temps de réfléchir sur votre existence et ce que vous voulez en faire.
La berserker regardait l’enfant, totalement hébétée. Puis, lentement, elle hocha la tête.
-Il vous faut partir, maintenant.
Sans un mot, la guerrière retira son casque, puis les autres pièces de sa protection qu’elle laissa choir à ses pieds. Puis, toujours sans prononcer la moindre parole, elle descendit l’escalier et partit sans se retourner.
-D’accord, c’était moins sanglant que ma méthode… Mais que fera-t-elle quand elle ne sera plus sous l’influence de ton cosmos ?
-Elle comprendra que j’avais raison.


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Mardouk entendit le cri d’alerte du berserker vaincu par Moki alors que lui-même s’approchait de l’aile est du refuge d’Arès. Il se mit alors à courir vers le palais, mais s’arrêta net en sentant deux ombres bouger sur chacun de ses flancs.
Il se mit en garde juste à temps pour dévier deux projections d’énergie cosmique envoyées par deux berserkers. Les deux guerriers le chargèrent alors, mais il se dégagea au dernier moment d’un bond prodigieux. Après une acrobatie élégante, il atterrit sur ses pieds, face à ses adversaires qui se tenaient à présent là où il se trouvait, l’épée en main.
Le premier adversaire était un géant de près de trois mètres dont la musculature parfaitement épousée par son armure aurait pu illustrer un livre d’anatomie. L’autre était fin et élancé, et portait une armure qui semblait privilégier la mobilité à la protection.
-C’est quand vous voulez, messieurs, déclara Mardouk en les invitant à venir d’un petit mouvement de la lame.
Les corps des deux berserkers s’entourèrent d’auras rouge sang tandis qu’ils concentraient leurs forces, sans doute pour lancer leurs techniques secrètes respectives.
-NAMTAR AWFUL FATE ! hurla une voix à proximité.
-Non ! répondit la voix indignée de Mardouk en reconnaissant l’arcane d’Inanna.
Des démons de lumière noire armés de cimeterres s’abattirent alors du ciel sur les deux serviteurs d’Arès. Surpris par l’attaque, ils ne purent esquiver et furent terrassés instantanément, s’écroulant dans les débris de leurs protections.
-C’est moi qu’ils ont attaqué ! s’exclama Mardouk, contrarié. Tu aurais au moins pu m’en laisser un.
-Ce n’est pas un jeu... Et puis ils faisaient une belle cible groupée, répliqua l’adolescente avec un sourire en coin.


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Aioros, qui volait à ce moment-là au-dessus de l’Iran, sortit en sursaut de son état de transe prolongée, toute sa concentration tournée vers l’endroit où il venait de percevoir le cosmos d’Inanna. Son cosmos s’enflamma instantanément à son paroxysme et les ailes de l’armure du Sagittaire qui n’avait fait que planer depuis plusieurs jours se déployèrent en grand. Puis, dans un boom supersonique qui fut entendu jusqu’en Irak, il partit comme un météore dans la direction que son septième sens lui indiquait à près d’une centaine de fois la vitesse du son.


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Après avoir neutralisé les derniers adeptes d’Arès, les sept compagnons se retrouvèrent au bas de l’escalier montant vers la grande terrasse du palais. Arès, le dieu de la Guerre, les attendait en haut.
Le corps de la divinité était celui d’un jeune homme d’une vingtaine d’année au visage frustre, de taille et de corpulence très ordinaires. Il était vêtu d’une tenue en cuir clouté et brandissait une lourde hache de guerre à double tranchant qu’il tenait à deux mains.
-Mortels, comment osez-vous profaner la demeure d’Arès, tout puissant seigneur de la Guerre ? Que venez-vous faire ici ?
Mardouk s’avança en premier, ses compagnons montant quelques marches derrière lui.
-Pourquoi sommes-nous ici ? Simplement parce que nous avons appris que vous étiez sorti de votre sommeil la semaine dernière et que vous habitiez un nouveau corps.
-Quoi ? Comment pouvez-vous savoir ceci ?
-J’ai accès à une source d’informations à peu près exhaustive pour ce genre de choses.
-Bah, bientôt votre sang recouvrira les marches de cet escalier !
-Pensez-vous vraiment ce que vous dites ? répliqua Mardouk en dégainant son arme.
Il marcha sans hésiter droit sur le dieu qui attaqua, quand Mardouk ne fut plus que quelques marches en contrebas, en exploitant l’avantage de la hauteur.
Mardouk para le coup de hache sans effort et riposta dans le même mouvement, obligeant Arès à reculer précipitamment. Le Babylonien prit pied sur la terrasse puis enchaîna plusieurs passes d’armes, contraignant son adversaire à défendre en reculant.
-Qui es-tu mortel ? demanda l’incarnation du concept de la guerre.
-Je suis Mardouk.
Une lueur passa dans les yeux du dieu, qui tenta de nouveau d’attaquer, sans plus de succès.


-De la visite ! cria alors Mani.
Moins d’une seconde plus tard, Aioros se trouvait là. Son armure fumait encore à cause des frottements causés par la terrible vitesse à laquelle le chevalier s’était déplacé, et qui était même au-delà de la limite théorique que pouvait supporter l’armure sur une telle durée.
Instantanément, le chevalier fut entouré par les alliés du Babylonien, qui resta quant à lui face à Arès.
-Aioros du Sagittaire, quel plaisir que vous vous joigniez à nous ! dit Mardouk.
-Que se passe-t-il ici ?
-Rien qui vous concerne. Accordez-moi quelques petites minutes pour achever de mater ce dieu, et je suis tout à vous.
-Maudit mortel, je te ferai payer ton arrogance en me baignant dans ton sang.
-Allons, s’il existe une personne dans l’univers qui devrait avoir assez d’expérience du combat pour savoir que cela n’arrivera pas, c’est bien vous.
Pour appuyer ses paroles, Mardouk frappa d’estoc, Arès voulut dévier le coup avec sa hache et y parvint, mais l’épée fendit néanmoins en deux l’une des deux lames de l’arme et s’y enfonça. Mardouk fit alors un grand mouvement, ce qui arracha la hache des mains du dieu. Il asséna ensuite un coup de pied au ventre d’Arès qui se retrouva allongé sur le sol, la lame de l’épée noire à quelques centimètres de sa gorge.
-Non… Un mortel ne peut me vaincre !
-Fut un temps, cela était sans doute vrai. Mais vous savez que cela fait plus de mille ans que les choses ont changées. Depuis votre dernière bataille contre Athéna, pour être précis. Je suis d’ailleurs ici pour faire ce que la déesse de la Sagesse a commis l’erreur de ne pas faire.
-Arès est en paix avec ma déesse depuis des siècles… intervint Aioros.
-Uniquement parce qu’elle l’a si gravement blessé qu’il n’a toujours pas récupéré de cette défaite humiliante, répondit Mardouk en regardant Aioros en coin.
Il pointa alors les yeux d’Arès de son épée.
-Et que vous ne récupérerez sans doute jamais totalement, n’est-ce pas ? On dit que la fureur d’Athéna à votre encontre était si grande à cette occasion, qu’elle a même été à deux doigts de vous tuer définitivement. Seul son respect pour vos règles divines a retenu son bras au dernier moment. Vous n’êtes plus que l’ombre de ce que vous étiez, incapable même de vous réincarner et d’avoir une existence physique autrement qu’en parasitant les corps d’hôtes volontaires, incapable de porter vos armes et armure divines. Dans cet état de faiblesse, je me demande même si vous pourriez vaincre un chevalier d’argent de votre ennemie jurée.
Le Babylonien fit alors un geste englobant les environs.
-Il ne faut pas d’ailleurs chercher d’autres raisons que votre déchéance pour expliquer le fait que vous surviviez ici, sur les terres thraces de vos origines, avec seulement une poignée de faibles serviteurs. Un dieu de la Guerre, affaibli au point d’être surpassé par nombre de mortels, n’est guère susceptible de rassembler autour de lui de puissantes armées à la dévotion fanatique comme au temps jadis, ne croyez-vous pas ? Athéna vous tolère parce qu’elle pense que vous ne représentez plus de danger, au moins à court terme. Mais je ne suis pas aussi laxiste. Je ne veux tout simplement pas d’un être tel que vous sur ma planète et je ne veux pas prendre le risque que vous redeveniez un jour le boucher que vous avez été.
-Vous n’oserez jamais me tuer, j’ai été un dieu de l’Olympe !
-Cela serait censé nous faire reculer ?
-Mardouk… murmura Aioros en se mettant en position de combat.
Inanna et les autres avancèrent encore d’un pas, parés à attaquer au moindre geste du chevalier.
-Mais en vérité, nous ne souhaitons pas vous tuer, continua Mardouk sans faire attention à ce qui se passait derrière lui. Entre autre chose, car il n’y aurait nul honneur à abattre un être aussi amoindri. Et aussi, pour que vous ayez l’éternité pour réfléchir à ce à quoi vous avez utilisé votre statut de dieu.
Mardouk se décala alors légèrement pour désigner l’escalier menant à la terrasse. Franck, aidé par ses deux camarades, était en train de monter avec difficulté une jarre d’airain faisant la taille d’un homme. A cette vision, le dieu de la Guerre blêmit encore plus. Les trois hommes amenèrent leur charge au niveau de Mardouk qui en enleva le bouchon.
-La Jarre des Aloades ! s’exclama le dieu.
-Je me doutais que vous n’auriez pas oublié la prison d’airain dans laquelle vous avaient enfermé Otos et Éphialtès. Vous n’aviez pas été capable d’en sortir seul dans les temps mythologiques, je doute que vous le puissiez davantage aujourd’hui.
-Comment… Comment l’avez-vous trouvée ?
-Comme je vous l’ai dit, j’ai une très bonne conseillère.
Mardouk se tourna alors vers le plus jeune de ses alliés.
-Mani, si tu veux bien…
Après un petit hochement de tête, le garçon s’éloigna d’Aioros et s’avança vers le dieu déchu.
-Recule gamin ! s’exclama Arès d’une voix apeurée et en se mettant en position de combat.
Le corps de Mani s’enveloppa d’une aura blanche et il tendit ses bras, paumes dressées, vers le dieu de la Guerre.
-Sortez, dit simplement l’enfant.
-Quoi ? Non !
L’âme divine fut arrachée du corps, qu’elle habitait, instantanément, n’offrant qu’une résistance dérisoire. L’homme qui avait été le réceptacle de l’essence divine s’écroula, inconscient. L’âme d’Arès, floue et immatérielle, ressemblait à un homme décharné se débattant et poussant des hurlements sourds.
Mani bougea les bras, l’âme suivant le mouvement jusqu’à se retrouver entièrement dans la jarre.
Puis Mardouk replaça le bouchon, et ce fut fini.
Il y eut ensuite un long silence
-Mardouk… Cette fois, il faut vraiment que nous ayons une sérieuse discussion, dit finalement Aioros.
-Soit. Parlons.


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