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Cette fiche vous est proposée par : Ex-Floodeur


Terre des hommes

La fin d’un monde

La grande bataille entre Athéna et Hadès touchait à sa fin, Elysion, Giudecca et tout l’enfer s’effondraient.
Dans ce vacarme assourdissant et cette obscurité grandissante, seule une lumière venait effleurer et réchauffer le cœur des derniers survivants de cette sanglante guerre sainte. Une aura chaleureuse, pleine d’espoir, le tout contrastant plus avec ses sanglots et ses larmes qu’avec cet endroit crépusculaire qui d’ici peu n’existerait plus : Athéna, notre Princesse, Saori Kido. Elle était blottie tout contre lui, ce frère qui nous avait tant de fois sauvés, qui l’avait tant de fois préservée de la mort. À présent c’est lui qui était mort, cruellement transpercé par l’épée divine d’Hadès, alors qu’il tentait de sauver celle qu’il aimait par-dessus tout, non pas Athéna, mais Saori.

Nous étions restés là, face à cet acte désespéré, comme immobilisés par cette puissance qui cherchait à nous renvoyer sur Terre, pour nous éviter de sombrer dans le néant : la force sage d’Athéna. Si faibles, nous demeurions si faibles en ce triste moment. Mon corps était brisé sous le poids des batailles, mais ce n’étaient pas ces blessures qui me meurtrissaient, mais le fait de voir mon frère mort, ensanglanté dans les bras de ma Déesse dont le visage et le cœur étaient inondés de larmes. Je ne pus m’empêcher moi-même de fondre en sanglots : jamais victoire ne m’avait parue plus amère, moi, celui qui avait abrité ce monstre en mon corps. Pourquoi n’ai-je pu surmonter ma faiblesse pour tuer ce corps qui abritait son âme, et ainsi épargner tant de souffrances à ceux que je chéris le plus ?

C’est alors qu’Athéna se leva, déterminée, brandissant le sceptre de la victoire, faisant exploser son divin cosmos et, nous emportant avec elle dans une course effrénée qui nous ramenait sur Terre. Je ne sais combien de minutes, d’heures, de jours peut-être cela prit, mais nous traversions à la dérive maintes dimensions, dirigés par ce cosmos si doux qui, étrangement, malgré les épreuves passées, devenait de plus en plus fort. Maintes fois j’ai cru abandonner, dans ces étendues pourpres, noires parfois, glacées toujours. Mais Athéna nous réchauffait de son énergie, tenant dans ses bras Seiya, comme endormi. Et Ikki était là, me tenant fermement par la main. J’avais confiance, confiance en lui et en ma Déesse qui nous conduisait chez nous, alors que derrière nous craquaient encore les colonnes de jais, dans un bruit sordide qui parvenait jusqu’à nous, malgré les dimensions que nous traversions.

Bizarrement Saori ne semblait pas se diriger vers la Terre, mais vers un endroit plus lointain, comme en quête d’un trésor inestimable, un trésor d’amour. Car telle était la seule chose qu’Athéna espérait instaurer sur notre planète bleue : un règne d’amour. Je lui faisais confiance et je vis, dans le regard de Hyoga, Shiryu et Ikki, cet espoir qui brillait dans mes yeux, ainsi que cette peine qui s’insinuait brutalement dans notre âme, Seiya…

C’est alors qu’Athéna s’arrêta, dans cet espace dénué de toute logique, cette dimension glaciale. Elle nous sourit gracieusement, tristement, avec humilité, comme souvent par le passé, et fit brûler son cosmos d’une intensité que nous n’aurions jamais cru possible. Soudain un son harmonieux, magnifique, retentit à nos oreilles. Un son présageant un avenir meilleur : le bruit des cloches. C’est là que, malgré la douleur que mon enveloppe charnelle me rappelait cruellement, je ne pus m’empêcher de serrer la main d’Ikki pour lui montrer ce que je voyais : chaque armure d’or ramenant sur son dos son propriétaire évanoui.

Ils étaient tous là, tous ces valeureux Chevaliers que nous avons combattus, il fut un temps, et qui s’étaient sacrifiés pour nous permettre de la rejoindre, celle qui représentait l’espoir pour des millions d’hommes. Tous étaient là. Dans mon esprit embrouillé je les distinguai chacun : Aphrodite, Camus, Shura, Aioros, Milo, Dohko, Shaka, Aiolia, Masque de Mort, Saga, Aldébaran et Mû.

Brusquement je fus aveuglé par une lumière rouge, rouge comme le sang. Mon cœur battait à tout rompre, me rappelant à mon intense douleur physique, et je la vis, celle dont provenait cette aura extraordinaire de vivacité, de rage et de colère, et je ne pus m’empêcher de ramener Ikki à moi pour me blottir contre lui : ce que je vis était impossible à croire, malgré ce que le destin m’avait montré par le passé. Je ne pouvais faire confiance à mes yeux. Mais je voyais dans les yeux de Hyoga la même lueur d’effroi que dans ceux de Shiryu, et c’est la vision de leurs visages qui me fit comprendre que ce que je pensais était réel.

Non, ce n’était pas fini, comment se pouvait-il ?
Non !!! hurlais-je intérieurement alors que mon corps se refusait à le faire.
Elle ? Mais comment pouvait-elle…



De doux adieux

Athéna. Athéna étendant un cosmos rougeoyant, un cosmos empli de colère et d’amertume, transpirant son énergie en vaguelettes infimes qui, dans cette dimension étrange, traversaient nos corps et nos esprits brisés par les combats. Elle acceptait de dévoiler ses sentiments, partageant ainsi avec nous ce qu’elle avait de plus intime, de plus précieux. Elle s’ouvrait à nous, pour exprimer dans nos âmes ce qu’elle ne pouvait dire, ce qu’elle ne pouvait exprimer par des mots. Nous pouvions ressentir cet amour qu’elle portait à notre frère qui gisait là, étendu dans ses bras de porcelaine, dans son étreinte qui malgré la rudesse d’un combat contre un dieu, demeurait fermes autour de ce corps inanimé. Sous la force brute de ce cosmos et sous l’intensité des sentiments, les Chevaliers d’or se réveillaient peu à peu. Nous ressentions la frustration de cette divinité et la douleur qu’elle portait en elle, la même que celle qui nous assaillait constamment, plus vive encore que toutes les souffrances que nos ennemis réunis avaient pu nous infliger jadis.

Et là le flash, comme si mon esprit tout entier s’était ouvert à elle. Ainsi je compris le pourquoi de cette mystérieuse cosmoénergie… Ses paroles nous pénétraient tous, nous ses fidèles défenseurs.

- Mes Chevaliers, mes amis, par ma faute vous avez trop souffert. Vous voir dans cet état me transperce le cœur, mais je me réjouis de vous voir saufs. La Terre à présent est sauvegardée et vous pourrez vous glorifier du titre de sauveteurs du monde. Malheureusement la joie que m’apporte la survie de l’Humanité, aussi intense soit-elle, ne ramènera jamais tous les morts que ces affrontements passés auront provoqués.

Elle regarda alors Seiya tristement, des larmes perlant sur ses joues livides, mais pourtant si parfaites. La douleur se lisait en elle, quand elle nous regarda, chacun notre tour, droit dans les yeux.

- J’ai donc décidé une bonne fois pour toutes que la douleur allait cesser, pour vous, pour la Terre. Je ne puis rêver meilleurs Chevaliers que ceux qui ont combattus sous ma bannière, celle de la Justice et de l’Amour. Ainsi, consciente de ce que je représente, je vous offre à présent une vie normale, une vie de plaisirs simples, à l’abri du sang, des cris et des batailles.

Sa voix devenait encore plus douce qu’à l’accoutumée, ce cosmos sanglant de colère qui nous avait auparavant glacés d’effroi n’ayant été que l’expression de ce sentiment d’impuissance qui l’animait lorsque son regard se portait sur notre frère.

- Comme vous vous êtes sacrifiés pour l’Humanité, moi, sa garante, me donne à présent à vous. Puisse mon cosmos vous guider sur Terre, panser vos blessures, et vous rendre le Chevalier Pégase. La Terre à présent est en paix, et ce pour un long moment. Alors profitez de votre vie d’hommes, et ne souffrez plus d’être Chevaliers.

C’est ainsi que, pour la première fois depuis notre rencontre, je regrettais de n’avoir plus à combattre, car la fin des combats signifiait la fin… Non, non, c’était impossible. Si nous, humbles mortels, avions droit au repos, pourquoi ma déesse ne pouvait-elle y goûter ? Son cosmos à présent semblait s’étendre à l’infini, nous englobant de sa douce chaleur, nous tous, Chevaliers en pleurs.

Apparut soudain devant Athéna une urne, semblable à celle où elle avait emprisonné Poséidon quelques mois plus tôt.

- J’accepte ma captivité pour sauver mes Chevaliers. J’offre mon pouvoir divin pour leur rendre les leurs. Que mon essence soit captive dans cette urne de mes mains fabriquée, pour pouvoir leur offrir une vie libérée de tout affrontement barbare. Il n’est pas normal que des hommes aient à souffrir de la folie meurtrière des dieux. Mes Chevaliers sont avant tout hommes et je leur rends la vie qu’ils m’avaient dédiée. Adieu mes nobles combattants… Je vous aime, chacun d’entre vous…

Nous jetant un dernier regard, elle intensifia son cosmos comme jamais je n’aurais cru cela possible. Je ne pouvais voir ainsi Athéna se sacrifier pour nous, tout comme Andromède ma protectrice se sacrifia jadis pour sa patrie menacée par Poséidon. Elle était nous, sans elle nous n’étions rien… nous ne serions rien. Je ne voyais presque plus tellement mes yeux pleuraient. Niisan mon frère, me tenait dans ses bras, et je sentais que lui aussi pleurait, tout comme Shiryu, Hyoga et les douze Chevaliers d’or.

La dernière chose dont je me souviens fut d’un cri, son cri, un ultime adieu, déchirant. Puis une onde, étrange, le calme, la sérénité, du blanc, le vide…



Un nouveau départ

Quelle est donc cette douce lumière qui me ramène à la vie ? Le soleil, celui qui me manquait tant, celui qui a failli disparaître à jamais, dissimulé par l’alignement des planètes résultant de l’action d’Hadès, maître suprême des Enfers. Cela faisait à présent près de quatre mois que je m’étais réveillé allongé sur le sol caillouteux du Sanctuaire, et je dois avouer que je ne me sentais pas encore au mieux de ma forme. C’est Shina qui nous avait retrouvés, plus morts que vifs, alors que tout espoir de nous voir encore existants l’avait quitté.

Je me tournais doucement sur ma droite, écartant une mèche de mes cheveux, et là je souris, je l’aimais tant. Je ne pus m’empêcher de me lever pour m’approcher de lui, ma main à présent effleurant la sienne : c’est là qu’il ouvrit les yeux. Un bonheur intense m’envahit, car j’avais enfin la preuve que ce n’était pas un rêve, il était bien vivant, Seiya…
Un rire moqueur lui échappa alors quand il me dit :
« Alors Shun, pourquoi donc cette tête ? »
Je ne pus retenir le flot de larmes qui envahit mon visage et je le pris dans mes bras, ce frère que j’avais cru perdre à jamais, dans ce froid infini du monde des morts. Entrèrent à ce moment là Hyoga et Shiryu, suivis d’Ikki un peu en retrait. Je feintais l’étonnement car je ne voulais pas qu’ils me voient comme ça.

Étrangement, à mon réveil, j’avais craqué, car les émotions m’entraînaient avec force depuis ce que nous avions vécu, et, voyant mon frère vivant, je m’étais laissé submerger. Tous ces mois allongé, afin de laisser à mon corps le temps de cicatriser, m’avaient longuement permis de réfléchir. Je me savais fragile même si je pouvais faire preuve d’une force inaltérable, mais cette force me venait de ma foi en Athéna. Athéna…
Maintes fois je ressassai en ma mémoire le moment de sa disparition, me remémorant ses ultimes paroles. J’étais comme déchiré par une multitude d’émotions : cette joie infinie de voir tous mes frères vivants, cette peine plus qu’étouffante qui parfois m’empêchait même de respirer, ce sentiment de gratitude que je lui adressais, car nous étions tous là grâce à elle. Mais il y avait aussi cette rancœur que je portais en moi, comme une tumeur, car le destin nous l’avait prise, celle pour et par qui nous vivions.

Il m’arrivait souvent de rêver des rares moments de répit, où, tous réunis dans la demeure Kido, nous écoutions Saori nous jouait un air au piano alors que nous riions ensemble des pitreries de Seiya. Je me remémorais ces moments où Shiryu nous racontait d’anciennes histoires apprises de son Vieux Maître, et ces après-midi simples où nous discutions gaiement de l’avenir, comme les enfants que nous n’avions jamais été. C’est en me réveillant d’un songe comme cela que ce matin j’avais craqué en voyant mon frère. Sa présence, alors qu’à jamais je l’avais cru perdu, avait éveillé en moi tant d’émotions…

Marine avait décidé de nous installer dans le temple d’Athéna pour la durée de notre convalescence. Il n’y avait pas de réelle alternative, car après toutes nos épreuves elle ne voulait pas nous séparer, et ce temple était le seul assez ample pour pouvoir accueillir dix-sept Chevaliers en piteux état. Il fut donc décidé que je partagerais ma chambre avec Seiya.

Le Sanctuaire peu à peu reprenait vie, mais il demeurait dans tous les yeux un éclat de résignation : Athéna n’était plus, seuls des Chevaliers sans déesse restaient à présent… Le monde nous semblait fade car son absence provoquait la pénombre en nos cœurs, mais pour Seiya, heureusement, un bonheur était retrouvé : Seika. C’est étrange et, avant de la rencontrer, je n’y avais jamais vraiment pensé, mais quelque part elle aussi était ma sœur, et voir leurs retrouvailles avait apaisé ma peine.
Les Chevaliers d’or quant à eux savaient rester dignes dans la douleur, et malgré leur peine, que je devinais aisément, ils avaient su reprendre le Domaine Sacré en main. Dohko avait même été nommé Grand Pope, ce qui signifiait bien un nouveau départ.

Malgré toute cette douleur qui nous étreignait, le bonheur avait quand même doucement repris ses droits sur nos vies. Shunreï était, dès l’annonce de notre survie, accourue au Sanctuaire et, pour la première fois depuis de très longs mois, Shiryu put enfin se laisser aller librement à lui accorder le temps qui leur avait jusque là toujours cruellement fait défaut.
Hyoga quant à lui passait ses jours avec Camus, car il est vrai que le retour des Chevaliers d’or était miraculeux, et, à défaut d’avoir perdu une part de lui, il avait retrouvé un ami, un maître, un père… Ils s’étaient pardonnés mutuellement pour tout le mal qu’ils avaient pu se faire et à présent ils se sentaient tous deux d’avantages libérés de leurs péchés. Les voir ensemble me sidérait toujours. Ils se parlaient si peu mais leur affection transparaissait pourtant à travers leur comportement glacial.
Quant à moi, peu à peu je reprenais goût à la vie, passant beaucoup de temps avec Niisan, mais pour mon plus grand bonheur aussi avec June, qui, à l’annonce de mon retour, avait abandonné sa solitude pour venir me voir. J’avais avec moi ceux qui m’avaient toujours protégé : June lors de mon entraînement, et Ikki lors de mon enfance et après nos retrouvailles. N’eut-ce été la déchirante absence de Saori, mon bonheur aurait été total.
Je soupçonnais d’ailleurs Ikki et June de s’être rapprochés de par leur affection commune à mon égard. J’étais ravi de voir que deux êtres solitaires comme eux étaient encore capables d’aimer.

La vie avait finalement repris le dessus et les survivants réapprenaient à vivre, lentement, mais sûrement. Malgré tout, chaque fois que mon regard se portait sur les hauts sommets du Sanctuaire, je la revoyais, Athéna, cette effigie de pierre dominant le Domaine Sacré pour le protéger, pour nous protéger, la Terre, l’Humanité…
Mon cœur doucement cicatrisait mais je savais qu’à jamais, tout comme celui de mes frères et de mes aînés, il serait meurtri, de par son éternelle absence. Ainsi je ne pouvais me résigner, car si elle nous avait encouragés pendant toutes ces batailles, c’était bien pour nous démontrer que l’espoir existait et existerait toujours.

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